26 mars 2012

Du timing et d’autres nécessités

Jeudi dernier, 9:30 du matin, métro Beaubien, direction boulot. Je me mêle de mes affaires, mou et nonchalant, l’œil cross-side d’un mercredi trop arrosé. J’entre dans un wagon peu bondé pour l’heure. Je tangue au rythme de la bête qui s’active sur la ligne orange et me dirige vers le fond du wagon, là où je m’adosse comme à l’habitude, désinvolte, hors de la portée des autres voyageurs. Je ne suis pas asocial, c’est juste que le monde me tombe sur les nerfs. (la suite sur Bang Bang...)

8 mars 2012

Broyer du noir

J'écris de moins en moins ici. Ce n'est pas que ça ne me dit guère (quoique j'ai un peu perdu le goût de bloguer), c'est surtout que je suis complètement débordé avec Cliquez. De plus, Twitter et Facebook ont fait en sorte que je déverse ma logorrhée de façon constante sur la Toile. Je ne trouve pas toujours nécessaire d'en rajouter sur ce blogue, qui a d'ailleurs vu son nombre de visiteurs péricliter au fil du temps.

Mais il y a deux choses qui se sont passées dans le paysage depuis les derniers jours qui m'interpellent particulièrement: l'histoire de Joseph Kony et de la société Invisible Children puis la violence policière dans les manifestations étudiantes contre la hausse des frais de scolarité. Et j'ai senti le besoin d'ajouter quelques éclaircissements à ma position virtuelle déjà claire.

Tout d'abord la saga Joseph Kony. Si vous n'avez aucune idée de qui ce gars est, je vous encourage à lire sur lui ici. À la lumière de ces informations, on peut dire sans équivoque que c'est un vrai trou du cul. Maintenant, un organisme nommé Invisible children a mis en ligne cette vidéo qui encourage la traque de ce malfrat. Jusqu'à date, tout va bien, on ne peut pas être contre la vertu. Sauf que les façons de faire de cet organisme sont remises en question. Et avec raison. Plus de détails ici et ici.

Je suis le pire avocat du diable que la Terre ait porté. No kidding, je suis un vrai rabat-joie. Quand j'ai vu passer la vidéo Kony 2012, je me doutais qu'il devait y avoir anguille sous roche. C'était trop beau pour être vrai. Que voulez-vous que j'y fasse, je suis un comme Thomas. Faut toujours que je mette les doigts dans les trous (sauf que moi je les choisis). J'ai donc partagé les liens ci-haut en me doutant qu'il y aurait des mécontents, des gens qui grimperaient aux barricades. Quand notre émotivité est touchée dans son centre comme un caramel mou, la cause devient parfois plus forte que la raison. Je pense qu'il est important de se questionner, de remettre en perspective et ce, peu importe que la cause soit bonne ou mauvaise. Rien n'est jamais noir ou blanc. Il est important de connaître tous les tenants et aboutissants d'un sujet avant de prendre position, surtout lorsqu'on nous sollicite de l'argent. Dans le cas présent, ce n'est pas la cause que certains questionnent, ce sont les moyens utilisés pour la supporter. Le problème, c'est que les internautes ne se soupèsent plus le pour et le contre avant de partager un lien dans leurs réseaux sociaux, trop occupés par la maudite course au scoop. De grâce, évaluez tous les côtés de la médaille avant de partager un truc. Pour ce qui est de cette vidéo, je pense que le simple fait de conscientiser et mobiliser les peuples, de propager la nouvelle, de la partager et de dénoncer cette aberration qu'est la formation d'enfants-soldats, c'est tout ce que ça prend pour qu'il y ait des résultats. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'acheter des posters ou des bracelets avec de la petite corde cheap pour supporter une cause. Cette manie qu'on a de toujours avoir à mettre un prix sur tout. Je décroche toujours un peu lorsqu'on demande trente dollars pour acheter un "action kit" qui ne changera en rien le sort du monde, sauf celui du portefeuille d'un président.

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Deuxième truc qui est venu titiller ma fibre émotive, c'est cette manifestation étudiante d'hier devant les locaux de Loto-Québec, manifestation qui a dégénéré et où les forces policières s'en sont donné à coeur-joie en tapochant de l'étudiant. Je déteste la violence, qu'elle vienne des forces de l'ordre ou de celle du désordre. Je pense qu'il est primordial pour un peuple de manifester son désaccord sur un sujet, que ça soit contre la hausse des frais de scolarité ou quoi que ce soit d'autre (contre l'ignorance d'un gouvernement crasse, par exemple). Je me suis demandé comment on pourrait empêcher cette absurdité policière. Et c'est là que ça m'a frappé (oups, pardon madame). Pourquoi ne pas accompagner nos enfants durant ces manifestations? Si vous êtes parents et que vous êtes d'accord avec les revendications étudiantes, pourquoi ne pas marcher avec eux dans les rues? Peut-être que les policiers seront moins enclins à jouer de la matraque et asperger de poivre de cayenne une mère ou un père outrés de l'immobilisme gouvernemental. Si j'appuie mon fils qui apprend à se tenir drette dans la vie, pourquoi n'irais-je pas me tenir drette à ses côtés? Mettons que c'est plus difficile de jouer au bowling quand toutes les quilles restent debout.

On m'a dirigé vers cet événement sur Facebook, une marche pacifique qui aura lieu le 18 mars à 13h au Parc Lafontaine. J'y serai. Il est temps de montrer à nos enfants que nous aussi avons une colonne vertébrale.

1 mars 2012

Couper le cordon

Y a des gens qui nous rejoignent. Sans qu'on sache trop pourquoi, sans qu'on les connaisse vraiment. Par leur plume, leurs idées, leur présence, leur aura. Parfois c'est aussi par leur façon particulière qu'ils ont de nous renvoyer notre image. Y a des gens qui savent tellement manier le miroir pour faire ressortir qui l'on est vraiment.

J'aime David Desjardins, rédacteur-en-chef du Voir Québec et homme de mots à l'Actualité et dans Vélomag. J'ai eu la chance de le croiser à deux ou trois reprises, y compris dans quelques partys que la morale réprouve. Ça n'en a que rajouté à son charisme et sa simplicité. Charmant bonhomme, l'oeil vif, l'esprit allumé, la cuisse de ciment. Ouep. Comme dans toc toc toc, Mesdames. C'est que, comme moi, il est amateur de vélo. Sauf que c'est tout un athlète. Il est assez bon pour me dévisser dans le bas d'une montagne mais assez gentleman pour m'attendre en haut de la côte en sifflant. Un sacré bon jack. Comme moi, il joue aussi avec les mots. Sauf que lui a vraiment du talent. Je veux dire, vraiment. David est à mon avis le deuxième meilleur chroniqueur au Québec en ce moment, toutes catégories confondues, tout juste derrière Foglia, un autre gars de bicyk, duquel il chauffe les fesses. Ça doit être une question de selle. La preuve que toute est dans toute. Je lis religieusement David chaque semaine dans le Voir Québec. Tiens, c'est un autre truc que j'aime d'Internet. Même plus besoin d'aller à Québec pour lire le Voir de la place. David écrit dans sa chronique de cette semaine qu'il se sent bien seul d'être comme il est. Join the gang mon David. Combien de fois ai-je avoué être un extra-terrestre?

Ironiquement, son texte de la semaine parle de contenu télévisuel et d'insipidité qui tapissent nos ondes hertziennes mur à mur. Ironique parce qu'avant de le lire, j'étais à écrire un billet sur le pourquoi je viens de débrancher le câble à la maison. Cord cutters qu'on dit en anglais. Le menu télévisuel est devenu une sauce à poutine. Brun et dégoulinant. Ça donne envie de mourir jeune du coeur.

En décembre, j'avais viré la maison à l'envers pour changer le mal de ma séparation de place. Ma chambre s'est retrouvée dans l'ancien salon, le salon dans la chambre de la progéniture et la sienne dans la mienne. Fourrant vous dites? Parlez m'en pas, ça m'a pris un mois avant d'être capable de faire mes nuits (salutations à tous les parents). Toujours est-il qu'en débranchant les appareils électroniques pour les déménager d'une pièce à l'autre, j'en avais profité pour faire des tests d'antenne avec mon téléviseur, chose que je n'avais pas osé essayer, faute de temps et d'antenne (pas faute de temps d'antenne). À ma grande surprise, j'avais réussi, à l'aide d'une simple paire d'oreilles de lapin à 5$, à capter Radio-Canada, CBC, TVA, CTV, Global, Télé-Québec et V, le tout en HD. J'avais laissé l'antenne en place mais gardé Vidéotron, question de pouvoir naviguer entre les deux branchements. J'ai fait ça durant deux mois.

Ça m'a permis de me rendre à l'évidence d'une foule de trucs. Premièrement, 90% du matériel télévisuel que je regarde provient de deux postes: Radio-Canada et Télé-Québec. Le reste me donne des nausées. Je dois avoir un problème avec le gras. Deuxième constat, l'antenne me permet de capter les émissions en HD. Pourquoi payer 30$ par mois avec Vidéotron pour être pogné avec une résolution de marde? Troisième évidence, les trucs les plus intéressants se retrouvent maintenant sur le Web. Les séries américaines, les documentaires, les films, l'offre internet est sans fin. C'est fou les choses qu'on peut se mettre sous la dent quand on possède une télé récente, une antenne à 5$ et une connexion Internet. Pas besoin de rien de plus. Pas de décodeur, pas de gizmos pis de gadgets inutiles. J'ai toujours été pour la simplicité volontaire, surtout quand elle est gratuite et en HD.

Alors voilà, le technicien de Vidéotron est passé hier soir pour me couper le cordon télé-ombilical. Ça n'a pas fait mal et je n'ai même pas pleuré. Il était temps que j'entre dans ma vie d'adulte du futur.