24 février 2012

Créativité Web et préoccupations estudiantines

Outre la grande liberté d’expression, c’est le fil inépuisable de créativité qui fait que j’aime tellement Internet. J’ai la chance de surfer toute la journée sur le web, que ce soit pour ma job, pour ma job ou pour ma job. Je me démarre le matin comme une vieille tondeuse à gaz, teuf teuf teuf, sauf que moi, je carbure au café. Puis j’y erre des heures durant, allant de surprise en surprise, de OH! en AH!, de vidéos de minous en commentaires de trolls sans cervelle. C’est si beau la virtualité.

La suite sur Bang Bang...

En complément à ma chronique, vous devez absolument écouter cette vidéo d'une jeune étudiante québécoise en médecine. C'est le discours le plus clair et le plus sensé que j'ai entendu sur la hausse des frais de scolarité. Brillant.

17 février 2012

Richard Stallman, logiciel libre et copyleft

J'étais à Médium large ce matin pour parler de Richard Stallman, de logiciel libre et de copyleft. Le segment de l'émission est disponible sur le site de Radio-Canada et, ci-bas, mes notes de chronique.


Qui est Richard Stallman?

C'est un informaticien et le père de ce qu'on appelle les logiciels libres. Il est né en 1953 et fut mis en contact avec un premier ordinateur en 1969. Dans le temps où ces derniers avaient la grandeur d'un mur et calculaient moins rapidement que votre montre électronique d'aujourd'hui. Il a créé son premier programme au centre scientifique d'IBM en à 17 ans. Après des études à Harvard, il devient hacker pour le MIT, où il teste des programmes. Il prend conscience des limites des logiciels privateurs (le contraire des logiciels libres au début des années 80 alors qu'il tente de régler un problème avec son imprimante et que personne lui donner les codes sources pour régler un problème récurent. Il conçoit en 1983 un système d'exploitation qu'il baptise GNU, un système qui ressemble à UNIX.

Qu'a-t-il fait?

Mise à part GNU, il est celui qui a popularisé la notion de copyleft (en opposition au copyright) et a mis sur pied la FSF, la Free Software Foundation. En 1999, il a lancé dans The Free Universal Encyclopedia and Learning Resource, les idées à la base de Wikipédia. Il parle anglais, français, espagnol et indonésien. Ce n'est pas un deux de pique. Stallman est contre toute forme de privation de jouissance en ce qui a trait à l'informatique. De ce fait, il est contre les façons de faire des entreprises comme Microsoft, Apple, Adobe, etc. C'est un acteur de la contre-culture d'entreprise.

Pourquoi il est controversé?

Parce qu'il n'a pas la langue dans sa poche. C'est aussi un amateur de sarcasme et d'humour noir. Il ne faut pas oublier qu'il a toujours été un hacker.

Dans une entrevue à un journaliste français où il expliquait ce qu'était le logiciel libre, il a dit : Je peux expliquer ce qu'est le logiciel libre en 3 mots. Liberté, égalité, fraternité, c'est-à-dire 3 choses que Sarkozy déteste (et la devise de la France).

Il a aussi avoué après la mort de Steve Jobs qu'il était malheureux que Jobs soit mort mais qu'il était heureux qu'il soit parti.

Pourquoi parle-t-on de lui ces temps-ci?

Conférencier réputé, il est souvent invité pour parler de la menace de censure imposée par les projets de loi, SOPA, PIPA et ACTA.


Qu'est-ce que le logiciel libre?

Un logiciel libre est un logiciel dont l'utilisation, l'étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement1, afin de garantir certaines libertés induites, dont le contrôle du programme par l'utilisateur, et la possibilité de partage entre individus.

La base philosophique du logiciel libre est liberté, égalité, fraternité. Liberté, parce que les utilisateurs sont libres. Égalité, parce qu'ils disposent tous des mêmes libertés. Fraternité, parce que nous encourageons chacun à coopérer dans la communauté.

Un logiciel libre ne veut pas dire pour autant qu'il est gratuit. Il rend simplement accessible et légal la manipulation du code source pour l'amélioration (d'où l'expression anglaise « open source »). Ça me fait penser à ce reportage de la chaîne Arte qui s'appelait Obsolescence programmée qui expliquait comment la compagnie Epson limitait la vie de ses imprimantes en la faisant s'arrêter de fonctionner après un certain nombre de copies. En ayant accès au programme interne d'un des micro-processeurs, il est possible de redémarrer l'imprimante. Le problème, c'est que faire cela est en ce moment illégal. D'un autre côté, imaginez si Microsoft empêchait tout document Word de s'ouvrir par n'importe quel autre programme qu'un de la suite Office. Pour Stallman, ce n'est rien d'autre qu'un hold-up pur et simple de votre ordinateur.

Bref, c'est anti-capitaliste. Et c'est une des raisons pourquoi on ne l'aime pas. Comme il le dit lui-même, un logiciel privateur ou non-libre est un gâteau qui vous interdit la recette alors qu'un logiciel libre vous donne la recette et le droit de la partager.

62% des poursuites de droits de propriété aux USA viennent du domaine du logiciel.

Stallman est aussi contre Facebook, l'informatique dans le nuage, la technologie RFID, et tout ce qui laisse des traces de consommation. Par exemple, Visa sait ce que vous avez acheté, où et quand. On est devenus une cible pour publicitaires. Le problème c'est qu'on ne peut pas se permettre de ne pas y participer, ça fait partie de notre évolution technologique.

Il est aussi contre toute forme de restrictions numériques comme les DRM (digital restrictions management) qu'il qualifie de menottes numériques. Dans les livres et la musique par exemple. Ces restrictions, nous obligent à se procurer trois fois le même album musical. On parle même d'inclure des DRM dans les courriels afin qu'ils s'auto-détruisent au bout d'un certain temps...

Copyleft

Le copyleft est la possibilité donnée par l'auteur d'un travail soumis au droit d'auteur (œuvre d'art, texte, programme informatique, etc.) de copier, d'utiliser, d'étudier, de modifier et/ou de distribuer son œuvre dans la mesure où ces possibilités restent préservées. Son symbole est la lettre C inversée.
Stallman est clair. Le copyright n'existe pas pour venir en aide aux artistes mais plutôt pour permettre aux entreprises de faire encore plus d'argent sur le dos de ces derniers.

Les licenses Creative commons proposent une solution alternative légale aux personnes qui ne souhaitent pas protéger leurs œuvres en utilisant les droits de propriété intellectuelle du copyright. Je suggère la lecture du document The power of open, disponible gratuitement en français, qui raconte de belles réussites de ce genre de licence, dont celles de Vincent Moon, réputé réalisateur français derrière le blogue musical La Blogothèque.

Le combat du copyright en est un des artistes versus l'industrie. Les entreprises n'ont qu'une raison d'exister : la rentabilité. Et c'est normal. Nous vivons dans un monde où la libre entreprise prime. Le problème c'est qu'elles tentent de fermer leurs systèmes pour obliger les consommateurs à acheter chez eux. C'est le rêve de toutes les entreprises. Apple en est un bon exemple. Malgré la beauté de l'iPad, une foule de trucs demeurent inaccessibles : applications, format de films, ibooks. Pourquoi avoir à acheter un livre deux fois si on change de tablette? Même chose avec Amazon et son Kindle, Microsoft et ses logiciels.

Créer socialement c'est ce qui nous fait avancer. 

En lien, voici quelques films à voir absolument.
Everything is a remix de Kirby Ferguson

10 février 2012

Détonner

Un souffle constant
Un maelstrom d'air
Dessous le lit
Des poils félins
Qui se crissent de toi autant que de leur propriétaire
J'ai les yeux secs
La tête sale
Le coeur malade
J'avale de la poésie
Comme d'autres s'enfilent des pilules
Pour étourdir
Oublier
Noyer
Le trouble

Étouffé
Entre les pages d'un cahier
Griffonné
Par plus mal en point
J'amplifie ma souffrance
Et pourtant
Son ahurissant deuil
Plus facile
Que la douleur de mes ongles arrachés
Incarner

Une bombe à neutron
Intérieure
Mais la détresse
Ne se mesure jamais
À hauteur quantique