C'était un gros pari à relever. Haler une société au complet dans un combat qui allait plus loin qu'une simple question de hausse de frais de scolarité. Les étudiants avaient fondé la base, le peuple a suivi en y construisant un mur de protestations, brique par brique, un citoyen à la fois, un écoeurement à la fois. C'était beau à voir, un pays qui se lève.
Mais là, il y a entente de principe. Et on dirait bien que les étudiants vont accepter cette offre qui n'en est pas vraiment une. Changer quatre trente sous pour une piastre? Retour à la case départ? Le problème, c'est que le mouvement étudiant n'a presque plus le choix d'accepter cette fausse offre garochée nonchalamment sur la table. Ils sont dans une impasse, il n'y a pas de porte de sortie. Je pense qu'ils accepteront la première offre qui passera qui ne les fera pas paraître perdants. J'ai juste l'impression que tout le monde veut sauver sa face à présent.
Ce qui m'écoeure avec cette entente, c'est que le gouvernement libéral n'a nulle part indiqué qu'il était pour faire le clean-up de ses propres finances. Il pointe les autres du doigt en riant dans sa barbe: vous autres les étudiants, vous autres les universités. Il est comme une mauvaise mère qui ordonne à ses enfants de faire le ménage de toute la maison alors que sa propre chambre est un ostique de bordel. Pis ça pue le linge sale en tabarnane. Pour le gouvernement libéral, tout le monde doit mettre de l'eau dans sa chaudière sauf son propre parti. La corruption persiste, les magouilles et la politicaillerie aussi. Quand aurons-nous droit à une vraie refonte du système? Qui fera sauter cette marmitte de merde, qui mettra de vraies solutions en branle? Le financement public des partis, la représentation équitable en chambre, ça ne devrait pas être une utopie. Et ça serait au moins un début de piste de solution. C'est de notre survie dont il est question. On s'en va tout droit dans le mur, avec pas d'casque.
Maintenant que les étudiants vont retourner en classe, que le gouvernement se frottera les mains en se disant qu'il a remporté la victoire sans n'avoir cassé aucune vaisselle dans son buffet à volonté, on fait quoi? Comment est-ce qu'on continue le combat? J'ai peur que parce qu'il n'y aura plus d'étudiants pour supporter une cause, on s'endorme, gazé par des discours politiques qui nous font avancer dans la vie à coup de quatre ans. Et dire que j'avais l'impression qu'un peuple était à se réveiller.
J'ai peur qu'on ait tout fait ça rien que pour ça. J'ai peur que la jeunesse retourne en classe, la tête entre les jambes, entre dans le rang, devienne vieille et étouffe ses rêves. J'ai peur de replonger dans mon cynisme.
Fait que, qu'est-ce que tu dirais si on continuait d'essayer de changer le monde pareil?



1 commentaire:
En démocratie, pas besoin de vandalisme ou de violence. Tu vote ou tu peux même partir ton propre partie politique. Ce qui c'est passé depuis 3 mois ça pas ça place au Québec. Bonne chance
Publier un commentaire