1 mars 2012

Couper le cordon

Y a des gens qui nous rejoignent. Sans qu'on sache trop pourquoi, sans qu'on les connaisse vraiment. Par leur plume, leurs idées, leur présence, leur aura. Parfois c'est aussi par leur façon particulière qu'ils ont de nous renvoyer notre image. Y a des gens qui savent tellement manier le miroir pour faire ressortir qui l'on est vraiment.

J'aime David Desjardins, rédacteur-en-chef du Voir Québec et homme de mots à l'Actualité et dans Vélomag. J'ai eu la chance de le croiser à deux ou trois reprises, y compris dans quelques partys que la morale réprouve. Ça n'en a que rajouté à son charisme et sa simplicité. Charmant bonhomme, l'oeil vif, l'esprit allumé, la cuisse de ciment. Ouep. Comme dans toc toc toc, Mesdames. C'est que, comme moi, il est amateur de vélo. Sauf que c'est tout un athlète. Il est assez bon pour me dévisser dans le bas d'une montagne mais assez gentleman pour m'attendre en haut de la côte en sifflant. Un sacré bon jack. Comme moi, il joue aussi avec les mots. Sauf que lui a vraiment du talent. Je veux dire, vraiment. David est à mon avis le deuxième meilleur chroniqueur au Québec en ce moment, toutes catégories confondues, tout juste derrière Foglia, un autre gars de bicyk, duquel il chauffe les fesses. Ça doit être une question de selle. La preuve que toute est dans toute. Je lis religieusement David chaque semaine dans le Voir Québec. Tiens, c'est un autre truc que j'aime d'Internet. Même plus besoin d'aller à Québec pour lire le Voir de la place. David écrit dans sa chronique de cette semaine qu'il se sent bien seul d'être comme il est. Join the gang mon David. Combien de fois ai-je avoué être un extra-terrestre?

Ironiquement, son texte de la semaine parle de contenu télévisuel et d'insipidité qui tapissent nos ondes hertziennes mur à mur. Ironique parce qu'avant de le lire, j'étais à écrire un billet sur le pourquoi je viens de débrancher le câble à la maison. Cord cutters qu'on dit en anglais. Le menu télévisuel est devenu une sauce à poutine. Brun et dégoulinant. Ça donne envie de mourir jeune du coeur.

En décembre, j'avais viré la maison à l'envers pour changer le mal de ma séparation de place. Ma chambre s'est retrouvée dans l'ancien salon, le salon dans la chambre de la progéniture et la sienne dans la mienne. Fourrant vous dites? Parlez m'en pas, ça m'a pris un mois avant d'être capable de faire mes nuits (salutations à tous les parents). Toujours est-il qu'en débranchant les appareils électroniques pour les déménager d'une pièce à l'autre, j'en avais profité pour faire des tests d'antenne avec mon téléviseur, chose que je n'avais pas osé essayer, faute de temps et d'antenne (pas faute de temps d'antenne). À ma grande surprise, j'avais réussi, à l'aide d'une simple paire d'oreilles de lapin à 5$, à capter Radio-Canada, CBC, TVA, CTV, Global, Télé-Québec et V, le tout en HD. J'avais laissé l'antenne en place mais gardé Vidéotron, question de pouvoir naviguer entre les deux branchements. J'ai fait ça durant deux mois.

Ça m'a permis de me rendre à l'évidence d'une foule de trucs. Premièrement, 90% du matériel télévisuel que je regarde provient de deux postes: Radio-Canada et Télé-Québec. Le reste me donne des nausées. Je dois avoir un problème avec le gras. Deuxième constat, l'antenne me permet de capter les émissions en HD. Pourquoi payer 30$ par mois avec Vidéotron pour être pogné avec une résolution de marde? Troisième évidence, les trucs les plus intéressants se retrouvent maintenant sur le Web. Les séries américaines, les documentaires, les films, l'offre internet est sans fin. C'est fou les choses qu'on peut se mettre sous la dent quand on possède une télé récente, une antenne à 5$ et une connexion Internet. Pas besoin de rien de plus. Pas de décodeur, pas de gizmos pis de gadgets inutiles. J'ai toujours été pour la simplicité volontaire, surtout quand elle est gratuite et en HD.

Alors voilà, le technicien de Vidéotron est passé hier soir pour me couper le cordon télé-ombilical. Ça n'a pas fait mal et je n'ai même pas pleuré. Il était temps que j'entre dans ma vie d'adulte du futur.

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