Tuer le temps à grands coups de rien. Espérer une année-lumière, un flottement dans l'espace, un hoquet d'aiguilles. Abdiquer.
Appeler le chat. Le flatter. Le crisser en-bas du sofa parce qu'il aime trop. Le regretter. Ouvrir la télé. Tout trouver insignifiant. La fermer. Se trouver insignifiant. La réouvrir. Abdiquer.
Ouvrir l'ordi. Mettre le doigt sur le curseur qui clignote. Penser que le malheur fait de la belle littérature mais n'avoir rien à écrire quand même. Abdiquer.
Se coucher. Feuilleter le roman que t'es incapable de terminer. Lire dix pages sans t'en rappeler aucune. Abdiquer.
Fermer la lumière. Ne pas dormir. Fermer les yeux. Te voir quand même. Abdiquer.
Se lever. Tourner en rond dans le noir. Arrêter de respirer. Espérer un seul bruit, une latte qui craque, une voiture qui passe, un mur qui tombe, une vie qui s'effondre. Respirer. Abdiquer.


2 commentaires:
Accepter
Renoncer... Respirer... Lâcher prise...
Respirer, respirer à fond pour desserrer le noeud dans la gorge et l'oppression dans la poitrine, s'agripper à ses ancrages quand les vagues se remettent à déferler, s'émerveiller de sa "perceptivité" parce que ses sens sont à vif...
Respirer, retenir sa respiration pendant que la vague redéferle... Respirer... C'était moi, il y a 19 mois, déjà. Bon courage... Sonia
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