21 avril 2011

Un jeudi saint dans un corset

Jeudi 21 avril. Jeudi saint. Une fin de semaine de quatre jours à l'horizon. Vous faites quoi de votre côté? Nous, on enfourche nos vélos samedi matin pour la première grosse trotte de l'année. Malheureusement, je n'ai toujours pas ma nouvelle bête en carbone, pour cause de c'est-donc-ben-long-me-brancher-pis-prendre-une-décision. Trop de choix, trop peur de prendre la mauvaise décision. C'est l'histoire de ma vie...

Si vous n'avez rien à l'agenda, pourquoi ne pas en profiter pour renouer avec la littérature d'ici? Voici deux suggestions et demi pour vous aider à passer à travers les indigestions de chocolat et de rencontres familiales. Deux suggestions et demi parce que l'une de celles-ci est la suite de l'autre. J'ai dernièrement terminé les deux romans de Martin Michaud, Il ne faut pas parler dans l’ascenseur et La chorale du diable. Je ne suis habituellement pas le genre à dévorer du roman policier mais je dois avouer que les deux recueils de Martin m'ont fait passer un bien bon moment. C'est plein de rebondissements et d'humour. Martin a accouché d'une oeuvre multidimensionnelle et on n'a jamais l'impression qu'il nous prend pour des cons. La vie et les êtres sont constitués de zones grises et rien n'est jamais tout à fait blanc ou tout à fait noir. Martin a su le dépeindre avec justesse et profondeur. Du bonbon bang-bang.

Si le roman policier n'est pas votre tasse de thé, le recueil Amour & libertinage de Claudia Larochelle et Elsa Pépin est peut-être pour vous. Les deux jeunes femmes ont réuni un bouquet de trentenaires, hommes comme femmes, qui viennent raconter à leur façon l'amour en ce début de vingt-et-unième siècle. Comme pour tout recueil, le tout est peut-être un peu inégal. Mais certaines nouvelles valent à elles seules l'achat du livre. Je pense entre autre à celles de Véronique Marcotte, Émilie Dubreuil ou encore Matthieu Simard. Quinze auteurs, vingt piastres. À même pas 1,50$ par auteur, on serait fou de s'en passer.

Mardi est un nouveau départ. Pour le printemps (on espère) et pour l'ultime ligne droite avant les vacances estivales. De mon côté, je suis à fermer les livres de Vlog aujourd'hui puisque c'est la dernière journée de travail de la saison. Mardi, je me remets donc à la première réécriture de mon prochain roman. Si tout va bien, je devrais y mettre le point final dans une couple de mois. En attendant la suite, au plaisir de vous recroiser sur une terrasse ou sur une piste cyclable!

20 avril 2011

De long mais surtout en large

Imaginez être en voyage. Ces jours-ci, imaginez être en voyage dans un pays chaud. C'est déjà mieux, non? Maintenant, imaginez être témoin d'un magnifique paysage, une chaîne de montagne avec ses vallons et ses pics, un coucher de soleil sur une plage bordée de palmiers à perte de vue, un design d'architecture à couper le souffle, un pont, une ville entière même. Vous saisissez votre caméra et le croquez sur le vif. Tout semble potable dans le viseur ou à l'écran, jusqu'à ce que vous téléchargiez vos photos sur votre ordinateur. Vous vous apercevez assez rapidement que ces mirifiques endroits n'ont plus aucune profondeur et qu'il est impossible de leur rendre justice.

Microsoft a lancé dans un silence relatif une toute nouvelle application hier pour enfin vous permettre d'embrasser ces lieux dans toute leur splendeur, Photosynth. Déclinée en version iPhone et Androïd, l'application pour téléphone mobile est un exemple de simplicité. Même pas besoin d'appuyer sur l'obturateur de l'appareil, les clichés se prenant automatiquement. Vous n'avez qu'à scanner le paysage et le tour est joué. Photosynth assemblera les différentes parties de l'image pour en faire une photo panoramique. Une version web de l'application existe également mais votre ordinateur doit turbiner sous une version de Windows pour que ça fonctionne. Je n'ai donc pas pu tester cette dernière. Mais je dois avouer que les résultats de l'application iPhone en met plein la vue. La preuve, cette photo que j'ai prise de mon balcon.


Photosynth ne vous permet pas seulement de prendre des clichés panoramiques mais d'en croquer même en 360 degrés. En créant un compte sur le site de Photosynth et en téléversant vos oeuvres, vous pourrez alors interagir dans la photo: zoomer, regarder vers la gauche, la droite, le bas et le haut. Le plus beau de tout ça? L'application est gratuite. Gratos comme dans zéro, nada, rien, nothing, ziltch.

Vraiment, un beau coup de la part de Microsoft qui relèguera encore un peu plus votre appareil-photo dans le fond de votre tiroir.

15 avril 2011

Je vous écris de mon... autobus

Je vous écris présentement en direct d'un autobus. Pas de mon iPhone sur un bus de la STM. Non non, je vous écris d'un éléphant orange et bleu gentiment appelé Orléans Express (pas sûr que ça soit un éléphant d'Asie par contre, j'ai pas vu si c'était un Honda).

Comme vous le savez peut-être, je suis en direction de Québec pour le Salon du livre. Mon éditeur étant aussi cheap que l'avare de Molière, je dois défrayer les coûts de mon périple dans la Capitale Nationale, transport-hébergement, nourriture et beaucoup d'alcool. Étant donné que je n'ai pas de voiture, j'aurais très bien pu en louer une comme je le fais habituellement. Mais Orléans Express a été assez gentil de m'offrir un billet aller-retour pour Québec dans le but de tester leur nouvelle liaison avec connexion Internet sans fil à bord. Un fou dans une poche, on fait d'une pierre deux coups, bus qui roule n'amasse pas mousse, je me suis précipité sur leur offre comme un cyber-junkie sur son data fix. Confort, facilité, efficacité et divertissement. Je suis preneur. Le seul problème, c'est qu'il est un peu ardu de cliquer au bon endroit à force de heurter nos satanés nids-de-poule montréalais. Mais ça c'est une autre histoire.

Mais je jette un oeil par-dessus l'épaule du temps qui file et je me sens dépassé. Qui aurait pu prévoir, il y a de cela quelques années, à quel point il serait aisé de rester connecté peu importe l'endroit où on se trouve? Rappelez-vous seulement en 2008 alors qu'il était même impossible de payer par Interac à notre table au restaurant. C'est quand même pas si loin trois ans. Que de technologie coule sous les bridges. #jokedegeek

Maintenant imaginez vers où toute cette technologie nous emmènera. Vivrai-je assez longtemps pour voyager sur la lune, pour voir le premier homme fouler le sol de mars, pour voir Harper se faire sacrer dehors à coups de pied dans le cul? J'y pense et ça me donne le vertige. Ah ben tiens, justement, je pense que je vais m'étendre. Les sièges sont inclinables.

12 avril 2011

Le SILQ, c'est comme le silk mais en plus soyeux

Pour la deuxième fois en deux ans, je serai à Québec la fin de semaine prochaine pour le Salon international du livre de Québec. Cette fois-ci, je ne me ramasse pas tout seul dans le fond d'un placard puisque j'y serai avec mon comparse Dominic Arpin pour notre guide Comment devenir une star des médias sociaux.

Si vous habitez le coin, venez nous saluer au kiosque 613, samedi le 16 avril de 14 heures à 16 heures. Pour nous retrouver et si vous avez des yeux de lynx, le plan du salon est ici. Sinon, allez à l'encontre des files de fans. Elles mènent directement au stand d'India Desjardins ou à celui de Patrick Sénécal. Hâte de vous voir!

5 avril 2011

Pour en finir avec Cantat

- Je trouve que c'est un affront fait aux femmes que d'inviter un tueur de femmes à venir livrer une performance artistique.

- Mais il a purgé sa peine. Ne penses-tu pas qu'il a droit à une réhabilitation?

- Tout à fait. Mais pas vite comme ça, sous les projecteurs. Pourquoi n'effectue-t-il pas un retour graduel? Il peut pas débarquer comme ça avec ses grands chevaux compte tenu de ce qui est arrivé.

- Mais c'est impossible pour lui de revenir graduellement. Il aurait chanté des chansons country dans un sous-sol minable de Brossard que les médias se seraient garrochés sur lui comme des chiens enragés sur un os.

- Je trouve ça difficile. Ça vient profondément me chercher, dans mon ventre, dans mes tripes. C'est comme si on cautionnait un batteur de femmes et un meurtrier. Tu imagines le message qu'on envoie aux hommes de la province, du pays, du monde entier? C'est comme si on disait que c'est finalement correct de battre une femme, voire de la tuer. Qu'il y aura de toute façon rédemption peu importe l'acte. Tu ne peux pas permettre qu'une performance colporte un tel message de haine.

- Je comprends ce que tu dis. Mais tu oublies une chose. Le discours de Wajdi Mouawad en est un de paix. Toute son oeuvre transpire la rédemption et le pardon. Prends Incendies. Ce film est un hommage aux femmes du Moyen-Orient. Pourquoi enverrait-il subitement un message à double sens?

- Justement. Pourquoi? Je ne comprends pas.

- Peut-être est-ce ça que Mouawad et Cantat veulent exprimer? Peut-être peuvent-ils apporter un message différent, un angle nouveau parce que lui a été de l'autre côté de la lumière? Tu te rappelles une des dernières phrases d'Incendies? Il faut briser le cercle de la violence. Peut-être est-il là le message?

- Mais pourquoi Wajdi ne dit-il rien? Pourquoi ne se prononce-t-il pas?

- Ah mais ça, c'est une toute autre histoire. Combien gages-tu que l'équipe de Tout le monde en parle a réussi à l'inviter? Si c'est le cas, tu sais qu'il doit leur garder la primeur.

- C'est vrai. En tout cas, j'ai bien hâte de voir la suite des choses.

- Moi aussi parce que je suis peut-être finalement dans le champ et toute ma belle théorie ne tient pas du tout la route. Et ça serait vraiment dommage...

2 avril 2011

Tu mets un gros oiseau dans une petite cage, y va te chanter une chanson

Depuis les cinq dernières années, j'ai vu Patrick Watson en spectacle à au moins cinq reprises. À chaque fois, l'expérience revet quelque chose de magique, comme si l'amour de leur musique renaissait des cendres de mes souvenirs. Du coup, chaque prestation apporte son lot de surprise et de sacré. Je pense au spectacle Karkwatson que j'ai vu au National il y a environ deux ans, alors que le groupe donnait un concert vibrant et inspiré en compagnie de Karkwa. Je songe à celui où je les ai vus sur les vieilles planches en bois d'une église de Laval. À ce moment, j'ai pensé que plus rien ne pourrait jamais rivaliser avec ce moment où j'ai entendu Patrick chanter a cappella et sans micro dans ce bâtiment centenaire.

Je ne m'attendais donc pas à renouveler mes voeux hier soir. Tu te dis qu'un moment donné, tu as fait le tour, tu as tout vu et tout entendu. Tu te rends candidement à un spectacle pour te faire bercer dans le confort de chaudes pantoufles musicales, juste pour le plaisir de goûter une nouvelle fois ces chansons que tu connais sur le bout de la langue. Bien ça m'apprendra d'avoir des préjugés encore une fois. C'est que Patrick Watson en a profité hier soir pour tester sept nouvelles chansons qui feront probablement partie du prochain album à venir l'an prochain. Sept chansons, c'est plus que la moitié du spectacle! Et si je me fie à ce que j'ai entendu hier, celui-ci vous en mettra plein les oreilles. Première claque dans la face.

Comble de hasard, devinez qui était assis directement derrière nous? Ben oui, c'est ma semaine, un vrai deux pour un, un birdie sur un par 4, un cornet à deux boules musical: Louis-Jean Cormier. Imaginez la scène quand la foule entame d'une seule voix les Pa Pa Pa de Big bird in a small cage et que Louis-Jean vous souffle les siens en ambiophonie: frissons auditifs assurés. C'est fou à quel point il était drette sur la note en plus. Deuxième claque dans la face.

Vendredi aidant, on n'était pas pressés de s'y rendre pour la première partie, dont on n'avait jamais entendu parler. On est donc arrivés à la salle vers 20h15. Grand mal nous en fasse. Il est rare d'assister à des premières parties qui ferment littéralement le clapet, des prestations d'inconnus qui vous emportent par la beauté de leurs chansons. Ben maudite marde, c'était le cas hier. Ça m'était déjà arrivé à un show de Rufus Wainwright alors que j'avais entendu pour la première fois la troupe américaine A fine frenzy. Je me rappelle qu'on pouvait entendre une mouche voler dans la grande salle Wilfrid-Pelletier à ce moment-là. Je me souviens aussi que les spectateurs s'étaient précipités pour acheter l'album du groupe durant l'entracte. Hier, c'était au tour des Barr Brothers, un ensemble américano-québécois composé entre autres de deux frères du Rhode Island qui habitent maintenant Montréal, d'en mettre plein les tympans des quelques quatre cents personnes présentes. Comme prévu, tout le monde s'est précipité comme un chien sur un os à l'entracte pour se procurer leur album qui s'est écoulé dans le temps de crier sold out. Troisième claque dans la face.

Mais pourquoi essayer de vous vendre leur musique avec mes mots? Une seule écoute de leur folk éclectique vous convaincra (la bluesy Lord I just can't keep from cryin' vous clouera au plancher).