31 mars 2011

Un hymne à la création

Je suis assis et je patiente depuis de longues minutes. Alors que je suis à deux doigts de m’endormir, je reçois un coup de coude dans les côtes.

- As-tu vu qui est derrière nous?, me lance Julie la photographe, tout énervée.
- Ouais, je les ai entendus. C’est normal, c’est quand même LEUR première.
- Ah, mais pourquoi est-ce qu’ils se sont assis là? Merde, personne ne m’intimide dans la vie sauf eux.

Tout comme la bande qui s’amuse derrière moi, je rigole. Elle, beaucoup moins. Elle se met à gesticuler, bafouiller, chercher des trucs inexistants au fond de son sac, n’importe quoi pour l’aider à dissimuler sa voix chevrotante et ses mains légèrement tremblantes. Mais voilà, la chance lui sourit et les lumières de la salle se tamisent subtilement. Fondu au noir, place au cinéma. Mais est-ce vraiment du cinéma que nous sommes venus voir?

La suite sur Bang Bang

29 mars 2011

Une tempête dans un téléphone

Bizarre montée de lait de la part d'Hugo Dumas dans La Presse d'aujourd'hui, alors que le chroniqueur monte aux barricades suite à une suggestion de TVA à ses producteurs d'utiliser un autre téléphone intelligent que le iPhone dans leurs productions, sous prétexte que Vidéotron n'offre pas le téléphone d'Apple à sa clientèle.

Je dis: C'est du n'importe quoi!

Les faits (© Hugo Dumas): Uno, ce n'est pas un secret que le journaliste n'aime pas particulièrement le réseau privé. Et je n'ai aucun problème avec ça. Y en a pour tous les goûts dans le paysage télévisuel et ça fait bien mon affaire. Deuzio, je suis rarement moi-même le défenseur de TVA. Souvent le premier à critiquer ses décisions et ses prises de position, j'affiche toujours mes vraies couleurs malgré le fait que le réseau m'emploie six mois par année. Terrazzo, on ne nous a jamais fait, à ma connaissance, de pressions pour ne pas mentionner ou ne pas montrer un iPhone à Vlog. Et on est une émission dite "techno". Je serais très curieux de savoir le nombre de fois qu'on a mentionné The iWord à l'émission. Certainement des dizaines et des dizaines de fois.

Ceci dit, je trouve normal qu'un diffuseur demande à un producteur d'utiliser, lorsque c'est possible, un téléphone intelligent d'une autre marque que le iPhone pour faire la promotion des services de l'entreprise. Un genre de You scratch my back and I scratch yours. Et à mon avis, ce n'est pas du placement de produit tant qu'il n'y a pas obligation. Il appartient à la maison de production de décider ou non de se plier à ces demandes. Je ne crois pas que TVA empêcherait le renouvellement d'une émission comme Yamaska sur le simple fait qu'ils utilisent des téléphones de la Pomme.

Je pense que c'était inutile et malhonnête de la part de Dumas de relever un tel fait divers. Y a des placements de produits bien plus agressant qu'on nous passe sous le nez quotidiennement.

21 mars 2011

Foutue littérature

Ce billet ne comporte aucune aigreur, que des questionnements. Une foule de questionnements. J'avais fait, il y a deux semaines, une analyse complète de mes revenus d'auteur dans ma chronique sur Bang Bang. Selon les chiffres de ce compte-rendu, je démontrais en gros que pour vivre de son art au Québec, il fallait se résigner à devenir pauvre. Mais je me considérais privilégié, stipulant que j'allais vendre environ 1400 copies de Fol allié à 2,30$/pièce.

Voilà que je reçois finalement ce matin les chiffres de vente officiels de mon éditeur pour la période se terminant le 31 décembre 2010. Comble de pétage de balloune, j'aurai finalement écoulé 617 copies du roman, dont 122 de ma propre initiative. 495 copies pour un chèque de 1062 misérables dollars (1062μm$). Vous vous en doutez, je ne prévoyais pas devenir riche en écrivant ce livre. Je me considère même hyper chanceux (et heureux) que plus de six cents personnes aient daigné lire les mots que j'ai couchés sur papier. Mais tant d'efforts pour si peu de résultats? Est-ce que tout ça valait la peine?

Je n'écris pas par nécessité. Ce n'est ni un besoin viscéral ni un exutoire. J'écris parce que j'aime avoir écrit. C'est tout. Pas de cheval blanc, pas de prince, pas de fausse romance et encore moins de rêve d'enfant®. J'ai cherché par différents moyens de laisser ma trace sur Terre. J'ai longtemps cru que ça se ferait par le biais de ma plume. Pour être honnête, je sais que ça ne sera pas le cas. Ça ne l'est jamais à moins de vous appeler Baudelaire, Nelligan ou Lise Dion...

Si on considère qu'un auteur (à moins d'être une vedette, d'avoir écrit un livre de recettes ou encore mieux, d'être une vedette qui aura écrit un livre de recettes) vendra en moyenne 500 ou 600 copies de son "oeuvre", on est en droit de se demander ce qui se passe. What de f*ck is wrong?, comme disent les pandas géants du Japon. Comment se fait-il que, dans un bassin de population de sept millions d'habitants, on ne réussisse pas à vendre plus de livres d'ici? En publie-t-on trop? En importons-nous trop de l'étranger? Publie-t-on trop de livres québecois? C'est le sempiternel questionnement littéraire. On le relève souvent mais on n'y répond vraiment jamais. Je n'en suis pas plus en mesure, pitchez-moi des roches. Mais une autre question me taraude en particulier. Comment se fait-il qu'on lève le nez à ce point sur la littérature québécoise? J'ai toujours été un ardent défenseur et un amoureux fou de la littérature d'ici. J'aime suivre les pas des auteurs, j'aime reconnaître les paysages, les odeurs. J'aime que la langue qu'ils utilisent soit colorée, qu'elle me représente, qu'elle me fasse vivre et vibrer. J'aime savoir qu'il y a un peu de moi, de mon histoire et de mes aspirations dans leurs mots. Mais pourquoi diable ai-je l'impression d'être le seul à tenir bien haut le drapeau de cette fierté littéraire québécoise?

Mon amie Sandra Doyon, aka Camionneuse, était à l'émission Tout le monde en parle hier soir parce qu'elle publie ce jeudi son tout premier livre, Je vous écris de mon camion. Après avoir été relégué au fin fond du trou du cul de l'émission (vers 22h05, après que Ricardo soit venu nous vendre ses chaudrons!), Guy A. Lepage n'a même pas daigné discuter de son travail d'écriture, ne s'intéressant qu'au fait qu'elle exerce le métier de camionneuse. Quand on invite des auteurs et qu'on se fout de leur livre, est-ce qu'on peut dire que la littérature est sur le bord de prendre le champ? Bien sûr, l'émission a déjà reçu des auteurs et parlé de leur oeuvre: Dany Laferrière, Marie Laberge et... Lise Dion. Tous ces auteurs qui ont tellement besoin qu'on parle d'eux dans les médias pour mousser la sortie de leurs trucs.

Alors oui, on se fout de la littérature, surtout celle d'ici. Ça me désole et ça m'attriste. Il est déjà difficile d'avoir une voix différente dans ce méga-troupeau de 350 millions d'anglo-américains qui nous avale. Alors on fait quoi? On continue de crier dans le désert pour quelques pèlerins déjà convertis ou on abandonne tout de suite, en se résignant à perdre nos voix une à une? Y a de quoi baisser les bras et devenir plombier. Mais il y a peut-être une lueur d'espoir. Ça fait quand bien même 740 mots que je vous écris pour vous dire tout ça...

15 mars 2011

En audition avec... Serge

J'en avais glissé un mot ici. J'ai de nouveau l'appel des planches. J'ai retrouvé ce besoin de jouer qui m'avait quitté par manque d'espace libre. Mais depuis près d'un an, je me répétais sans cesse que lorsque j'aurais le temps, je me lancerais de nouveau dans l'aventure théâtrale. Ça me manquait trop. Bien vous savez quoi? Le temps, si on ne le trouve pas, si on ne le prend pas, on n'en aura jamais. J'ai donc décidé de prendre le rideau par les cordes et de tirer un bon coup vers moi.

J'ai tout d'abord décroché un petit rôle dans la websérie Reine rouge de Patrick Sénécal, Olivier Sabino et Podz, qui verra le jour d'ici quelques semaines et je suis à en mettre deux autres sur pied, dont une de fiction avec quelques amusants comparses. Je tiendrai d'ailleurs plusieurs rôles dans cette dernière.

- Hein ? Plusieurs rôles? WTF?
- Gna gna.

La troisième mission à laquelle j'ai accepté de participer se tiendra le 5 avril prochain au Lion d'Or. Il s'agit du Cabaret bénéfice Absolu, un spectacle qui vise à remplir les coffres ultra-vides de la troupe Absolu Théâtre. Sous la présidence d'honneur du réalisateur Simon-Olivier Fecteau, vous êtes conviés au spectacle-cabaret En audition avec Simon Serge, où Serge Mandeville, en compagnie d’Étienne de Passillé, fera auditionner comédiens professionnels et amateurs, dont Jean-Pierre Bergeron, Sophie Cadieux, Marie-Pierre Bouchard, Véronique Raymond et moi-même. Tous les détails sont disponibles sur la page Facebook de l'événement. Pour les plus deux point zéro d'entre vous, sachez que le spectacle-cabaret sera suivi d'un TweetUP.

Et maintenant, place au théâtre! J'ai tellement hâte!

12 mars 2011

De la botanique et des sciences animales

Grosse soirée de fiesta hier soir dans un théâtre National bondé et aussi chaud et humide qu'un spa turc alors que Plants and animals chauffaient les planches et les corps d'une foule conquise d'avance, moi compris. C'est que ça devait faire plus de deux ans que je me promettais d'aller voir la formation québéco-nova-scotoise en spectacle mais ça ne s'était jamais concrétisé. En fait, ça avait passé très près de se produire quelque part en 2009 alors qu'on s'était arrêtés dans un Divan Orange presque vide et dont les rares clients fixaient de leurs yeux embrumés les écrans qui retransmettaient un quelconque match du Canadien. À l'instar du club de hockey, on avait abandonné après la première période.

Mais tout ce temps d'attente en aura vraiment valu la chandelle. Si la musique de Plants and animals peut sembler, pour le néophyte, austère, intellectuelle et cérébrale sur album, elle laisse complètement place à la fête et à la folie lorsqu'elle est transposée sur scène. Bien qu'ils ne soient que trois musiciens, ces gars-là se défoncent, s'amusent comme des enfants et s'approprient tout l'espace alloué. Du coup, on n'avait pas l'impression d'assister à un concert intimiste hier mais plutôt à une rafale de notes provenant d'un orchestre symphonique tellement la musique avalait l'air ambiant pour nous rentrer dans le corps, à grand coup de mitrailles électriques et d'explosions de décibels. Les gars de la bande se sont donnés hier des airs de tireur fou.

Bizarrement, on aura eu droit tout au plus qu'à trois ou quatre titres de leur plus récent album, La La Land, les musiciens nous présentant plusieurs inédits et des succès revisités de leur premier album. Mais qu'on connaissait ou pas le menu proposé, il aurait été vain de s'empêcher de se branler les fesses avec une telle orgie de rythme. Le trémoussage était visiblement contagieux hier soir.

Un concert de Plants and animals, c'est un des trucs à ne pas manquer dans sa vie. Groove!

3 mars 2011

Les sites d'achat en ligne

J'avais l'honneur de participer à un laboratoire sur les sites d'achat en ligne à l'émission L'après-midi porte conseil hier. La chronique d'une vingtaine de minutes se retrouve ici. Bien que ce n'était pas ma première présence à une émission de la Première Chaîne de Radio-Canada, j'en étais à ma première expérience avec Dominique Poirier.


Comment travaille-t-elle, Madame Poirier, vous demandez-vous? Eh bien, autant Christiane Charette est un peu brouillonne et complètement spontanée, autant Dominique Poirier est ordonnée et méthodique et sait exactement où elle s'en va. Christiane est toujours noyée de feuilles de notes mais se retrouve quand même dans son fouillis. À l'opposé, Dominique n'a sur sa table qu'un seul et unique truc: son iPad. Le Yin et le Yang de la Première Chaîne. Et pour l'invité, c'est tout aussi plaisant de se retrouver à une émission ou à l'autre.

Dieu que j'aime toujours autant faire de la rédio!