J'avais sauté le Tour de l'île l'an dernier compte tenu de la température exécrable qui régnait à ce moment-là. Douze misérables degrés Celsius et une pluie froide torrentielle avaient eu raison de ma fausse témérité. Je l'avais oublié. C'est le Devoir qui me l'a rappelé ce matin. J'avais oublié qu'à chaque fois que je sors ma bécane pour un défi organisé, des trombes d'eau me tombent immanquablement sur la tête. Quand une activité à vélo est organisée à l'avance, y a de la flotte pour les fins pis les fous. Que ça soit pour le défi VéloMag, Métropolitain, des Cantons-de-l'Est, le Tour de l'île ou de Nuit, c'est presque toujours pareil. La pluie, c'est écrit dans le ciel.
Je ne sais pas ce qui a piqué Mère Nature cette année. Le Père Nature lui a probablement donné son bonbon la semaine passée. Un Tour de nuit à sec, et un Tour de l'île sous le signe de quelques nuages seulement. Une température relativement cchaude de dix-sept, dix-huit degrés. Au total, on en a eu pour cinquante-deux kilomètres sans une goutte d'eau. La joie!
Grâce aux bons soins de Vélo Québec, j'aurai en plus vécu un Tour de rêve cette année. Décoincés en début du peloton, on faisait partie, mon fils et moi, des cent quelques premiers fervents à décoller du parc Jeanne-Mance. Sur vingt-cinq mille cyclistes, on se retrouvait en maudite belle position pour rouler en toute tranquillité durant deux heures et demie. Et malgré le fait qu'on se soit arrêtés quelques instants à deux aire de repos sur trois, on a glissé sur le bitume comme si on était seuls au monde. Merde, on était tellement tout seul au monde que j'en ai même profité pour chanter à tue-tête du Nicole Martin en plein milieu de la rue Ste-Catherine. On ne m'a pas pris pour un cinglé. Y avait un gars sur le trottoir qui chantait plus fort que moi.
Quand Montréal se donne des airs de ville fantôme, on serait fous de ne pas en profiter. Qu'on aime le vélo ou non.




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