11 mai 2011

Nouveau projet

Il en parlait dans son excellent récit Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles. Il en a également glissé un mot à quelques occasions, en entrevue dans certains médias. Steve Proulx renchérissait sur le même sujet lors d'une récente chronique dans le Voir. Nicolas Langelier soutient qu'une grande part des jeunes de la génération Y ne se retrouve pas dans l'offre médiatique québécoise. Radio, télé, magazine, Nicolas affirme qu'on ne s'adresse pas vraiment à sa génération. Et il a raison. L'offre aux 25-35 ans est minuscule. Non, correction, l'offre intelligente, inspirante et rassembleuse est rare comme une belle et chaude journée de mai. Pour le reste, il y a beaucoup de papier cul qui s'imprime sur les presses rotatives du Québec.

Pour contrer ce manque, Nicolas tente aujourd'hui sa chance comme co-éditeur et rédacteur-en-chef de Nouveau projet, un tout nouveau magazine à voir le jour à l'automne. "Un magazine culture et société qui aura pour raison d'être la publication de textes nouveaux, soignés et susceptibles de nous permettre de mieux comprendre les enjeux de notre époque et de mener une vie plus équilibrée, satisfaisante et signifiante." Gros contrat. Pour ce faire, Nouveau projet organise en ce moment une levée de fonds sur le site spécialisé Kickstarter et demande l'aide du public. Mon aide. Votre aide. L'aide d'une génération.

Vraiment bravo. Ça prend des couilles de fer pour débuter un méga-projet comme ça, surtout en pleine convergence médiatique québécoise. J'aime bien l'idée et le concept du magazine aussi. C'est vrai que l'offre est boiteuse pour cette tranche d'âge de la population, à moins que vous ayez un faible pour la nourriture intellectuelle à perruches, pour la galette pré-cuite et pré-mâchée qui offre des colliers en plastique en bonus à l'achat du second numéro ou du vide artistique sous forme accrocheuse genre "Le dur cauchemar d'un chanteur et sa constipation". Bon, il y en a pour tous les goûts, je l'accorde. Mais faut aussi parfois viser plus loin dans la vie, ouvrir ses horizons et botter sa curiosité. C'est pas moi qui l'ai dit, c'est Antoine Betrand au Verdict cette semaine.

Mais je me questionne vraiment. Est-ce une bonne idée, en 2011, de démarrer un magazine papier? Même si Nouveau projet prévoit offrir une version électronique de son magazine, est-ce réellement viable d'envisager imprimer un magazine-papier sans pertes financières, surtout si on se fie aux ventes en kiosque et aux abonnements? N'est-ce pas un peu ironique que la génération Y, la plus susceptible de se procurer moult cossins et bidules électroniques à la sauce iPad et Kindle, jette son dévolu sur un format pulpeux? Personnellement, je préfère tenir du papier entre mes doigts. Mais je pense honnêtement être un extra-terrestre. Croyez-moi, je souhaite de tout coeur que ce projet fonctionne. Je vais même y aller de mon propre don. Mais l'impression papier devrait-elle être la voie à suivre?

4 commentaires:

Nicolas Langelier a dit...

Nouveau projet, c'est aussi pour les vieux X comme moi ;)

Merci de tes bons mots, Patrick.

Patrick Dion a dit...

C'est pas toi qui es un vieux X, c'est moi. Bonne chance pour la suite.

modotcom a dit...

moi j'dis go!!!

Jordan Chénard a dit...

Je trouve qu'imprimer ce document est à l'image du projet en soi. Personnellement, j'ai remarqué que la majorité des gens qui consomment le contenu électroniquement ne se penchent pas pleinement sur les sujets qu'ils lisent.

Un lien dans le texte les emmènent déjà ailleur. La toune sur iTunes est plate, ils quittent le texte pour la changer. Y a un copain qui "reply" sur Twitter, y a Facebook qui manque d'attention... Tra la la...

Si ce Nouveau Projet se concentre sur un contenu brillant et élaboré, il est logique de croire que ceux qui seront interpellé par ce document vont préférer le tenir physiquement pour bien s'imprégné de ce qu'il présentera.

Mais bon... Logique et loi du marché n'ont absolument rien en commun. Nous verrons bien!

Bonne chance!