La première fois que j'ai lu le titre du dernier roman de Jean-Simon Desrochers, je me suis demandé s'il avait eu recours au générateur de titres de romans que l'on retrouve sur le site d'Omer Pesquer. Ça m'avait bien fait rire ce titre. Parce que ça veut tout dire et ça ne dit rien du tout non plus. Le genre de titre accrocheur à la "Comment devenir une star des médias sociaux". Le genre de titre qui déclenchera une étincelle de questionnement quand ton oeil le croise. Une chose est sûre, je n'avais aucune idée à quoi m'attendre avec ce bouquin. J'en avais eu pour mon argent avec La canicule des pauvres. En fait, j'en avais eu pour mon argent, pour l'argent de mon voisin, pour l'argent du CAL, du CALQ et de toutes les librairies Renaud-Bray de la province: près de 700 pages, une galerie de 26 personnages, autant d'histoires que de chassés-croisés, du sexe, de la solitude et de la soif de vivre à profusion. Les trois S qui maintiennent en vie la plupart des protagonistes de ses univers. Avouez que ça ressemble pas mal à notre histoire à tous au fond. Mais bien que je me sentais interpelé, la pilule avait été plus difficile à avaler. La lecture était ardue, elle demandait un effort. Étant le pire des paresseux de la planète, il aura fallu que je m'y prenne par deux fois pour en terminer la lecture. Je devais être prêt et disposé j'imagine.
J'avais donc quelques appréhensions en débutant Le sablier des solitudes. Mais je fus rapidement conforté dans ma paresse intellectuelle toute moderne. Cette fois-ci m'attendait une briquette de 358 pages. Tac tac tac, pas de niaisage. On retrouve encore une fois de nombreux personnages hauts en couleur mais ils sont ici présents au nombre de treize. Les chapitres sont courts et bien structurés et on se retrouve aisément dans cet intéressant labyrinthe. L'histoire d'un carambolage n'est véritablement là que pour mettre en relief différentes vies, toutes plus magnifiquement ordinaires les unes que les autres. Ces vies, ce pourrait être la mienne, ce pourrait être la vôtre.
Ce que j'aime particulièrement de la plume de Jean-Simon, c'est qu'on sent qu'il ne porte jamais de jugement sur ses personnages. Il les scrute, les examine et raconte leur existence telle quelle, sans fioriture, sans dentelle, sans a priori. On a tout de suite l'impression qu'il les aime inconditionnellement, malgré leurs travers et leurs imperfections. Et même si la vie de certains d'entre eux se retrouvent probablement à mille lieues de la sienne, aucun n'est jamais unidimensionnel. On a ici affaire à toute la palette des émotions de chacun. Qu'ils soient militaire, ministre ou simple étudiant banlieusard, ils demeurent des êtres complets, croches, remplis d'espoir, imparfaits, à la fois apeurés et confiants et tout aussi bons que méchants. Comme vous et moi. Parce que tout n'est jamais blanc ou noir, j'aime comment Jean-Simon peint les zones grises de l'être humain.


3 commentaires:
J'avais adoré la canicule, alors c'est certain que je vais lire ce bouquin.
J'avais aussi adoré la canicule des pauvres, même si j'avais trouvé ça un brin trop pornographique.
Qu'en est-il du cul ici? :-)
Comme en droit, y en a plus que le client en demande. ;-)
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