Ce billet ne comporte aucune aigreur, que des questionnements. Une foule de questionnements. J'avais fait, il y a deux semaines, une analyse complète de mes revenus d'auteur dans ma chronique sur Bang Bang. Selon les chiffres de ce compte-rendu, je démontrais en gros que pour vivre de son art au Québec, il fallait se résigner à devenir pauvre. Mais je me considérais privilégié, stipulant que j'allais vendre environ 1400 copies de Fol allié à 2,30$/pièce.Voilà que je reçois finalement ce matin les chiffres de vente officiels de mon éditeur pour la période se terminant le 31 décembre 2010. Comble de pétage de balloune, j'aurai finalement écoulé 617 copies du roman, dont 122 de ma propre initiative. 495 copies pour un chèque de 1062 misérables dollars (1062μm$). Vous vous en doutez, je ne prévoyais pas devenir riche en écrivant ce livre. Je me considère même hyper chanceux (et heureux) que plus de six cents personnes aient daigné lire les mots que j'ai couchés sur papier. Mais tant d'efforts pour si peu de résultats? Est-ce que tout ça valait la peine?
Je n'écris pas par nécessité. Ce n'est ni un besoin viscéral ni un exutoire. J'écris parce que j'aime avoir écrit. C'est tout. Pas de cheval blanc, pas de prince, pas de fausse romance et encore moins de rêve d'enfant®. J'ai cherché par différents moyens de laisser ma trace sur Terre. J'ai longtemps cru que ça se ferait par le biais de ma plume. Pour être honnête, je sais que ça ne sera pas le cas. Ça ne l'est jamais à moins de vous appeler Baudelaire, Nelligan ou Lise Dion...
Si on considère qu'un auteur (à moins d'être une vedette, d'avoir écrit un livre de recettes ou encore mieux, d'être une vedette qui aura écrit un livre de recettes) vendra en moyenne 500 ou 600 copies de son "oeuvre", on est en droit de se demander ce qui se passe. What de f*ck is wrong?, comme disent les pandas géants du Japon. Comment se fait-il que, dans un bassin de population de sept millions d'habitants, on ne réussisse pas à vendre plus de livres d'ici? En publie-t-on trop? En importons-nous trop de l'étranger? Publie-t-on trop de livres québecois? C'est le sempiternel questionnement littéraire. On le relève souvent mais on n'y répond vraiment jamais. Je n'en suis pas plus en mesure, pitchez-moi des roches. Mais une autre question me taraude en particulier. Comment se fait-il qu'on lève le nez à ce point sur la littérature québécoise? J'ai toujours été un ardent défenseur et un amoureux fou de la littérature d'ici. J'aime suivre les pas des auteurs, j'aime reconnaître les paysages, les odeurs. J'aime que la langue qu'ils utilisent soit colorée, qu'elle me représente, qu'elle me fasse vivre et vibrer. J'aime savoir qu'il y a un peu de moi, de mon histoire et de mes aspirations dans leurs mots. Mais pourquoi diable ai-je l'impression d'être le seul à tenir bien haut le drapeau de cette fierté littéraire québécoise?
Mon amie Sandra Doyon, aka Camionneuse, était à l'émission Tout le monde en parle hier soir parce qu'elle publie ce jeudi son tout premier livre, Je vous écris de mon camion. Après avoir été relégué au fin fond du trou du cul de l'émission (vers 22h05, après que Ricardo soit venu nous vendre ses chaudrons!), Guy A. Lepage n'a même pas daigné discuter de son travail d'écriture, ne s'intéressant qu'au fait qu'elle exerce le métier de camionneuse. Quand on invite des auteurs et qu'on se fout de leur livre, est-ce qu'on peut dire que la littérature est sur le bord de prendre le champ? Bien sûr, l'émission a déjà reçu des auteurs et parlé de leur oeuvre: Dany Laferrière, Marie Laberge et... Lise Dion. Tous ces auteurs qui ont tellement besoin qu'on parle d'eux dans les médias pour mousser la sortie de leurs trucs.
Alors oui, on se fout de la littérature, surtout celle d'ici. Ça me désole et ça m'attriste. Il est déjà difficile d'avoir une voix différente dans ce méga-troupeau de 350 millions d'anglo-américains qui nous avale. Alors on fait quoi? On continue de crier dans le désert pour quelques pèlerins déjà convertis ou on abandonne tout de suite, en se résignant à perdre nos voix une à une? Y a de quoi baisser les bras et devenir plombier. Mais il y a peut-être une lueur d'espoir. Ça fait quand bien même 740 mots que je vous écris pour vous dire tout ça...


48 commentaires:
C'est toujours décourageant de constater qu'avec 8 millions de personnes il y a si peu de consommation culturelle. On fait pas mal le même constat en regardant du côté de la musique et du cinéma, par exemple.
Mais ça doit être pareil partout dans le monde. On trouve un baume où on peut...
Est-ce qu'une oeuvre en e-book à prix réduit aurait attiré quelques geeks...?
je parTage ton sentiment à 100%.quand on regarde quels livres sont les best-seller, c'est la désolation. rien qui reflète la réelle qualité du talent littéraire qcois. ce matin Denis Villeneuve à CBMLM disait qu'on sentait un vrai appui, un enthousiasme des médias pour le cinéma québ. Les cinéastes le sentent, ça les nourrit. mais quelle place pour la litt dans les médias? rien pour motiver les auteurs en herbe...
Candide
Patrick, je ne partage pas votre opinion. Mais je comprends votre déception (et je la partage aussi en regardant les ventes anémiques des mes livres).
La littérature québécoise est pourtant TRÈS vigoureuse. Il y a plein de librairies au Québec et dans chacune d'elle une belle section québécoise.
Il y a des milliers de parutions chaque année. On voit des auteurs dans les médias. On entend parler de livres à la radio. Il est vrai qu'il s'agit plus souvent de biographies de stars ou de témoignages de vedettes, mais entre les livres de recettes et les manuels de croissance personnelle, on découvre (parfois) des perles d'écriture.
En comparaison, en Belgique, patrie que je connais particulièrement bien, terre natale de Marguerite Yourcenar et d'Amélie Nothomb, il n'y a nulle par de section "littérature belge". Celle-ci est fondue dans la "littérature française".
Tous les auteurs n'ont pas les revenus de Marie Laberge, mais ne sont-ils pas déjà immensément heureux d'avoir été publiés et d'avoir été lus? Moi, en tout cas, je suis heureux et encore abasourdi de voir que mes écrits ont trouvé un éditeur qui médite.
Renart: C'est aussi vrai en cinéma et en musique, t'as raison.
Pierre-Luc: Je sais pas, je ne crois pas que ça aurait fait une si grosse différence. Parce que la promotion s'est de toute façon faite sur le web.
Candide: Pour Denis Villeneuve oui. mais combien de projets ont été refusés pour un seul d'accepté? Je ne crois pas que ça aille mieux dans le domaine du cinéma.
Pascal: Mais non! Tu n'es pas chanceux d'avoir été publié. Tu le méritais parce que tu as le talent! Je trouve dommage cette façon fréquente de voir les choses.
Hmm, décevant en effet. Je crois malgré tout qu'il ne fait pas baisser les bras si vite!!
Je ne suis pas en mesure de répondre à toutes tes questions, mais je sais deux choses.
La première, il ne faut jamais cesser l'importation. L'art est et doit rester universel, contrairement à plein d'autres produits de consommation. On doit rester ouverts aux autres cultures.
Secundo, ce qui fait très mal aux écrivains, c'est "l'industrie" et les deux grosses chaînes de librairies. Il faut encourager les libraires indépendants et cesser d'enrichir ces deux qui risquent éventuellement de devenir un seul. Le danger est grand pour la littérature et pour les arts en général lorsque le capitalisme prend le contrôle.
Voilà ce que je pense, mais bon, je ne suis qu'une simple consommatrice...
Je partage l'avis de Pascal. Je comprends ta déception, on la vit tous quand on reçoit les chiffres réels (sauf exceptions). Plusieurs éditeurs disent effectivement qu'il se publie trop de livres au Québec, mais l'un d'eux m'a aussi déjà dit que de plus en plus de manuscrits de qualité leur parviennent. Mon expérience avec le collectif Cherchez la femme m'a démontré une chose: tous les goûts sont dans la nature. Des nouvelles qui m'ont laissée indifférente ont été encensées par d'autres et vice-versa. Je ne dénoncerai donc jamais le fait que trop de livres sont publiés: les lecteurs ont des goûts variés et je trouve génial qu'ils aient l'embarras du choix.
Même une bonne couverture médiatique ne garanti pas l'écoulement de toutes les copies en circulation. C'est comme ça. Il faut parvenir à un certain détachement et se concentrer sur l'essentiel: le désir de mettre au monde un nouveau livre essentiel pour soi.
J'ai personnellement l'impression que la littérature québécoise a connu un regain d'intérêt au cours de la dernière décennie (peut-être est-ce parce que j'ai recommencé à m'y intéresser récemment, après avoir été traumatisée par plusieurs lectures obligatoires du cours «littérature québécoise» à l'université, cours que j'ai finalement abandonné avant de mourir d'ennui).
Maintenant, la vraie question: en sachant tout ce que tu sais maintenant, le jeu en vaut-il la chandelle? As-tu envie de t'investir dans un projet en ayant jamais aucune garanti? Est-ce que l'écriture t'apporte suffisamment sur le plan personnel pour arriver à faire fi du reste?...
Quant au passage de Sandra à Tout le monde en parle, je trouve déjà louable que des auteurs y soient invités chaque semaine. Non, ils n'ont pas assez parlé de son livre. Mais au moins, les Québécois savent maintenant qu'il existe.
J'avoue que de voir les chiffres, c'est désillusionnant. Mais l'accomplissement de soi ne se mesure pas en chiffre. Laisser quelques choses derrière nous? Le bonheur, il est là, maintenant, pas derrière ou devant soi. Je trouve le sens à ma vie en étant inspirée par des gens passionnés et tout en tentant bien humblement d'inspirer à mon tour. Biensûr, à travers ça, il faut gagner sa vie.
J'ai pris l'entrevue de TLMEP comme un teaser pour les gens. Peut-être aurai-je allumé l'étincelle dans leur yeux qui les fera saisir mon livre dans une librairie jusqu'à leru table de chevet comme le tient a trainé longtemps sur les miennes.
Pendant l'émission, j'aurais voulu ramener l'entrevue à mon livre que ça aurait paru forcé, car visiblement, Guy A ne l'avait pas lu, alors comment parler d'un livre quand on ne l'a pas lu? Par contre, je sentais que Dany voulait me faire parler des sujets qu'il semblait avoir lu dans le livre.
C'était quand même tout un honneur d'y être invitée. J'y retourne anytime et j'espère pas en dernier! :)
Les livres en français au Québec, sont BEAUCOUP plus cher que les livres anglophones. Peut-être que c'est là une partie du problème.
Bonsoir... Je te dirai qu'en France, c'est un peu la même chose... A part quelques auteurs appointés chez Grasset ou Gallimard et une floraison de méga-daubes pipeulesques...
Pour ma part, si je n'avais pas un ami dans une "petite" maison spécialisée dans le Rock, je n'aurais jamais eu de porte ouverte...
Mon futur opus sort dans quelques semaines... je te dirai ce qu'il en est à ce moment là.
Salutations amicales d'une écrit-vaine à un écrit-vain.
Nathalie
Il y a une CRISSE de déficience de dissémination du potentiel "commercial" (je mets ce mot entre guillemets parce que plusieurs d'entre vous, artistes, ne l'aimez pas mais n'avez pas de problème à recevoir le chèque ;) de dizaines, voire de centaines "d'oeuvres" culturelles québécoises.
Autrement dit, nombre de ces projets, qu'ils soient musicaux, littéraires, cinématographiques, auraient "ce qu'il faut" pour attirer l'intérêt (et les sous) du "grand public".
Toutefois, aucun canal d'existe pour les "dés... alternativifier?
Des Alexandre Belliard, des Ève Cournoyer, des Maryse Letarte, et j'en passe, ne sont pas si "inaccessibles" au grand public, mais ne sont pas poussés par les "machines qu'il faut" pour avoir l'occasion de séduire le public.
Pour ma part, si je n'étais pas "un peu" actif sur les blogs, je n'aurais jamais su que tu avais publié un livre... et imagine: tu as quand même joui d'une certaine notoriété.
Je voudrais aussi questionner une choses: vous consommez-vous entre vous, auteurs, chanteurs, cinéphiles québécois?
Je crois que la littérature québécoise a encore grandement sa place, mais il faut réussir à percer, ce qui est loin d'être facile avec tout le contenu déjà existant !
Pour ma part je lis surtout des romans, plus particulièrement du suspense et du fantastique. Donc si je trouve des oeuvres dans ces deux champs je vais d'abord les acheter de chez moi, au Québec.
Un autre problème de la littérature québécoise, c'est que l'on ne publie pas encore beaucoup de livre électronique, pourtant c'est une chose très facile à mettre en place, plusieurs éditeurs (dont À lire) l'on déjà fait et même quelques auteurs à titre privé, qu'attend-t-on pour le faire alors ?
Je crois que si on rendait la littérature plus facile d'accès, par le fait même elle serait plus lu car plus abordable ! Pas de distribution, pas d'impression non plus !
Alors qui va vraiment lancer le bal au Québec ???
Un point important aussi : c'est l'offre qui est... gigantesque. On manque d'information quand vient le temps de choisir. Je me considère comme un assez bon lecteur et je dois lire une vingtaine de romans par année. Ça laisse un nombre incroyable de bouquins que j'aimerais lire et que je ne lirai jamais. Même chose pour le cinéma, même chose le théâtre et pour toutes autres formes d'art.
Imagine maintenant le lecteur moyen qui lit encore moins que moi. Va-t-il choisir le roman québécois d'un inconnu ou le «Millenium» dont tout le monde parle (et qui est en vitrine et en 500 copies chez son libraire) ?
Il faudrait remplacer une ou deux chroniques/émissions de bouffe par un peu de littérature dans nos médias.
Le dernier commentaire est le plus intéressant. Et vous, que lisez-vous. qu'écoutez-vous et que regardez-vous? L'offre est de plus en plus abondante et le temps ne suffit plus. Malheureusement, je ne lirai pas votre livre même s'il est intéressant. Je lis un livre ou deux par mois et je me consacre à l'essentiel de la littérature francaise. La vie est courte!!!
Suzanne
500 à 700 copies pour 8 millions d'habitants ! Amusant de constater que les chiffres moyens de vente d'un roman en France (avec pourtant 60 millions d'habitants) ne sont pas meilleurs. Comparativement, ils sont mêmes moins bons.
L'augmentation de la taille d'un pays développe la production, mais pas la pénétration moyenne des oeuvres. Cela montre qu'il y a un problème de diffusion de l'information et de distribution...
Pat, je ne commenterai que par : ouf, vous en avez du mérite! et pour tous vos fabuleux mots quenous avons le plaisir de lire, merci d'écrire!
Et ben, la seule chose que je me souviens de cette émission (TLMEP), et pour avoir été choquée, je l'ai même écrit sur le Twit. Crimmmme... il a même pas parlé de son livre! La Camionneuse aurait quand même pu en glisser un mot, sans que ça paraisse déplacé... mais au montage, il aurait peut-être coupé l'intervention. "Faut en parler", justement, pour le savoir, pour avoir le goût, pour l'acheter. Et le lire.
Comme Pierre-Luc a dit, je crois que l'avenir est dans le e-book. Un petit nombre de copies papier, puis tu négocie directement avec Amazon ou itunes. Et tu t'arranges pour que ce soit exportable.
Patrick, je pense qu'y a une loi non écrite dans toute la culture québécois qui fait en sorte qu'on veut voir si quelqu'un a les reins solides et s'il va durer avant qu'on l'adopte.
Bref, je te souhaite de continuer d'écrire. T'es plus inspirant que tu penses.
Alors à quand un concept afin de présenter des auteurs et des œuvres québécoises? Ça ferait un beau concept de docu, savoir ce que M. et Mme. tout le monde lit, ce que les enfants lisent (à la maison et à l'école) car c'est là que ça commence. Si je me fie aux lectures présentées à ma fille de deuxième année, à son école, ils présentent encore les "Luc va à l'école" alors qu'il y a une quantité impressionnante de lecture jeunesse. Même chose pour les adultes...
Ève
Les e-books...
Come on. Même à prix réduit, il ne s'en vend guère.
Je crois que j'ai vendu 10 copies du mien en version numérique, bien qu'un peu moins chère que la version papier.
Même avec la promo faite sur le web, très peu de personnes sont intéressées par ça en ce moment et utilisent leur iPad pour la littérature gratuite. Sinon, tant qu'à payer, ils vont vers la version papier.
Je suis d'accord, les e-books ne se vendent pas. Pour Comment devenir une star, qui s'adresse directement à ce type de public, on n'en a vendu qu'une poignée.
c'est vrai, ce serait intéressant que plus de livres d'ici soient achetés par des québécois. pourquoi penser autrement? personnellement, je crois être un consommateur culturel assez glouton et si je m'interroge sur la part québécoise de cette consommation, je calcule qu'elle est bien comme elle est. breaking news, le monde existe et j'achète des livres de partout, j'écoute des films, de la musique de partout. il n'y a que le théâtre que je consomme local (mais parfois les textes sont d'ailleurs). 600-700 copies pour 7-8 millions de québécois? c'est énorme. c'est énorme car il y a des centaines d'auteurs qui gagneraient à être lus également (je dis bien centaines, pas milliers). à 600-700 copies chacun, ça commence à en faire des livres québécois per capita. ça s'appelle un marché réduit. et la personne qui disait que les livres français ne se vendent pas mieux, en proportion, a bien raison, avec la différence qu'ils connaissent une diffusion mondiale plus grande au sein de la francophonie (on doit réellement s'amuser à comparer boréal à gallimard?) enfin, my two cents là-dessus, ce n'est pas parce qu'un auteur a du talent qu'il doit être acheté absolument: c'est une question de marché. c'est moche, c'est bien? je ne sais pas, mais c'est la game: tes tomates ont beau être les plus juteuses et les plus postmodernes de toutes celles au québec, si le marché n'y est pas, voilà tout, et faudra pas blâmer les consommateurs car ils aiment aussi les kiwis d'ailleurs. il y a, en comparaison, des danseurs formidables qui resteront toujours dans l'ombre car il n'y a pas de marché, de public pour 17 469 danseurs professionnels au québec. c'est à peine désolant: il n'y a pas non plus assez de place au théâtre, comme prof de musique, etc. la consommation culturelle, selon moi, va bien au québec: il faut peut-être la considérer dans son intégralité et sa diversité nationale. n'empêche, en effet, que ça doit être démoralisant de faire tous les efforts que nécessitent la création d'un livre et de constater au final le peu d'intérêt, relatif, que ce dernier remporte.
Ton billet démontre très bien pourquoi les entreprises dépensent des millions de dollars en marketing et publicité.
Dans notre société de surconsommation, ''Build it and they will come'' ça se passe que dans les films . Sans effort marketing rien ne se vend.
Fol Allié, je l'ai acheté après avoir été séduite par ta bande-annonce.
En ce qui a trait à ton format eBook, même chose pour Daniel Rondeau, quessé que vous attendez pour le crier sur vos blogues, et ceux d'autres blogueurs, qu'ils sont disponibles ? Je vous lis tous les deux régulièrement et c'est la première fois que j'en entends parler.
Vivre de l'art est depuis toujours un luxe, un miracle, une aberration. Des mécènes à la SODEC, c'est du pareil au même. Une poignée d'artistes arrivent à force de compromis douteux à gagner leur croute, et les autres bien pondent leurs chef-d'oeuvres après leur shift au McDo ou meurent de faim.
Ça fait partie du processus créateur.
Just sayin' : 1500 e-copies vendues de J'irai me crosser sur vos tombes. Avec un contrat soigneusement négocié, c'est payant.
Ne traite donc pas le e-book comme la dernière des mardes (comme je t'ai déjà vu le faire), pis tu vendras peut-être quelques exemplaires de plus.
Mais de quoi tu parles?
23 euros pour un livre? Criss, ils en auraient parlé à TLMEP, à toutes les émissions de télé et radio, il aurait fallu que le sujet m'intéresse vraiment pour que je l'achète.
Québécois ou pas, pour qu'un livre attire un public, il faut qu'il lui parle. Le problème, ce n'est pas le manque de canal. Oui, les artistes vivraient un peu mieux si on parlait plus d'eux dans les médias. Juste un peu mieux.
Le problème, c'est le désintérêt du public (Monsieur Dion, votre livre ne me parle pas, j'en ai entendu parlé mais je ne le lirais pas) et soit on choisit d'éduquer les gens à consommer de la culture en regardant le téléjournal, soit on leur apprend à aimer la culture.
Et ça, croyez-moi, ça passe par autre chose que par TLMEP.
Je parle de « la poignée de e-books » que tu dis avoir vendue dans un commentaire un peu plus haut.
Pis je fais référence à un billet que tu as posté, il y a peut-être plus d'un an à propos des e-books, où tu te positionnais plutôt contre.
Anonyme: Pas 23 Euros, 23 piastres. Ce qui donne environ 16 Euros. Mais de toute façon, ça n'a aucun rapport. Je ne parle pas de mon livre en particulier, je cause de littérature en général.
Ed: J'ai jamais été contre, j'ai dit que ce n'était pas pour moi. Y a une différence entre dire ça pis "traiter ça comme la dernière des mardes".
D'autres questions...
Comment va-t-elle cette littérature ?
L'aime-t-on mal ?
«Publie-t-on trop de livres québecois?» Assurément. Ok, mais comment faire autrement dans une société de libre expression ?
Dans une société à l'américaine où «tout est possible», tous les goûts semblent également possible. Les goûts se discutent, mais ne se disputent pas, enfin...
Des idées, il y en a à revendre. Les créateurs québécois émergent de toutes les sphères... encore faut-il savoir reconnaître le talent littéraire...
Ce n'est donc pas pour toi*, et tes ventes de e-books te le rendent bien.
* Ce que j'ai de la difficulté à concevoir, mais ça, c'est une autre histoire.
Ed,
le lien que tu fais entre « vente de e-books des livres de Patrick Dion » et « attitude de Patrick Dion envers les e-books » me semble plus ésotérique que réaliste.
Désolé de m'immiscer. J'arrive comme le gars qui dit : je peux me joindre à vous au lit?
Get naked! ;-)
Renart,
J'ai fait la promotion de mon e-book à la radio, dans les journaux, en conférence et sur divers sites Internet. Résultat : j'en ai vendu une quantité tout à fait respectable, ce fut même plus payant qu'un an de chroniques chez Bang Bang... Et surtout, mon histoire a été lue.
Patrick a dit que le e-book n'était pas pour lui, et pour son roman, il ne semble avoir fait aucune promotion pour la version électronique. Résultat : sa « poignée » de ventes.
Voilà pour mon raisonnement ésotérique.
Ed, mon roman n'a jamais été disponible en format numérique. J'ai toujours parlé du guide sur les R.S. et malgré la disponibilité de ce dernier sur différentes plate-formes (Amazon, Fnac, etc), la version papier noie totalement la numérique en termes de copies vendues.
Le ebook n'est pas pour moi en tant que lecteur et non pas en tant qu'auteur. Je n'ai jamais dénigré l'utilisation et/ou la commercialisation du livre numérique. Au contraire, combien de fois ai-je encensé ce que Robert ne veut pas lire fait?
D'accord. Je ne savais pas pour ton roman. My bad.
Pas de trouble.
Le suicide flirte avec nous à tout instant. Encore une chance qu'on n'y ait aucune inclination. La pauvre Nelly ne peut plus en dire autant...
En fait, ce que je voulais dire, concernant le e-book, c'est que c'est la voix de l'avenir à moyen terme concernant l'exportation vers la francophonie.
À moins que le protectionnisme ne se rende jusque là, et là, vraiment, on se tire dans le pied.
J'ai une amie qui a publié un premier roman qui s'est très classé niveau critique et exposure, mais tant que Renaud-Bray étampe pas coup de coeur dessus, ça sert à rien. Son éditeur a détruit 2000 copies.
Pis on sait tous que les "coup de coeur" c'est vraiment plus une opération marketing que de véritable coups de coeur.
Je suis vraiment surpris du nombre de vente.. en esperant que le salon du livre t'auras permis de doubler, tripler our quadrupler ce nombre
Hahaha, ça n'a pas été le cas l'an passé. Je vois pas pourquoi ça le serait cette année.
Je suis auteur jeunesse. J’écris pour les petits de 3 à 8 ans. La pub, la promotion, inexistante. Je me tape tout le travail en quémandant du temps dans les salons du livre, ce qui n'est pas du tout automatique ou facile. Même pour celui de Montréal, je fais 2 heures de transport pour une heure de dédicace chaque jour si je veux avoir plus d'une séance.
À l’extérieur de Montréal, si je ne suis pas invitée du salon, je dois débourser tous les frais.
Depuis la parution de mon premier album pour enfants, en 2004, toutes les interventions médiatiques ont été mon initiative.
Et attends… Étant un album, les droits d’auteurs sont partagés à 50% avec l’illustratrice, que j’adore soit dit en passant, mais cela veut dire que chaque vente me rapporte entre .39cents et .50 cents.
Mais je persiste pour les enfants. C’est le but et quand ils viennent me voir pour une dédicace, ou quand je les rencontres dans une classe pour un atelier (je ne suis pas encore artiste à l’école, donc pas de promo là non plus) mon énergie est décuplée.
Cela dit, j’ai rencontré une éditrice d’Islande. Saviez-vous qu’il n’y a que 300 000 habitants en Islande ? Leur moyenne de vente d’un livre : 2000 copies !!! Disons que l’importance de la lecture n’est pas la même dans chaque pays…
Combien d’albums je vends : Une moyenne de 3500 copies par titre. Est-ce que je suis reconnue ? Pas du tout, félicitée ? Pas du tout. J’ai gagné deux prix internationaux. En avez-vous entendu parler ? Pas du tout. LE PROBLÈME : NOUS DEVONS DEVENIR PROACTIFS, NOUS LES AUTEURS.
C’est d’ailleurs ce que j’ai décidé de faire depuis un an et ce que je veux développer pour nous tous d’ici quelques mois.
Bonjour. De mon côté, je suis à même de constater la main mise des femme sur la littérature québecoise. Je suis un fan de roman d'action à la Lundlum et croyez-moi, aucun auteur québecois n'écris comme lui. J'asspire à devenir auteur de roman d'action| fiction mais comble de malheur, tout ceux qui lisent nos manuscrit sont des femmes. Des femmes ça ne comprend pas les hommes. Il n'ont pas de couilles il ne connaisse pas l'action. C'est un fait. L'exemple est les professeurs dans les écoles qui emascule les garçons. Alors lorsqu'on leur demande: Hey! avez-vous des auteur masculins qui écrive autre chose que de la poésie? Avez-vous de VRAI livre d'action à me proposé? Voici la réponse:
"Sachez que nous recevons majoritairement des manuscrits écris par des femmes et que la mince quantité de manuscrit par des hommes ne satisfait pas à nos critères de sélection, tant au niveau de l’histoire que de la qualité de la langue.
Toutefois, nous pouvons vous suggérer monsieur Roger Lafrance et son roman L’affaire Tellier de même que monsieur Luc Saint Hilaire et ses séries l’Eldnade et Les Princes de Santerre.
Wow. Je suis désolé de constater qu'ELLE me propose des livre platte d'enquête policière d'un policier déchu... très original.
Patrick, je suis un homme, qui cherche à lire des livres qui me ressemble. Un homme peux manger de la salade, mais ce n'est pas satisfesant comme de manger un bon steak patate!
Le jour où une maison d'édition sortira ses couilles pour les montrer là seulement, je commencerai à acheter québecois et non des traduction américaine.
Vraiment pas d'accord avec toi. Je pense que tu généralises et je ressens beaucoup d'amertume dans tes propos. Je pense que tu devrais justement fouiller encore plus. Tu y ferais de belles découvertes de la littérature policière d'ici.
Patrick, je ne suis pas un fan de roman Policier mais d'action. Pour moi, les roman policiers sont tous écris dans le même plan. La réponse de la maison d'édition est véridique et je te mets au défi de faire le tour des maisons d'édition et de chercher par auteur. Tu découvriras que les hommes écrives des poésies, des recettes, des livres d'introspections. À part Sénécal, qui je trouve trop "over the top" moi l'horreur, pas un gros fan.
Va dans les sections roman et tu vas constater que c'est 99% des femmes et lorsque c'est un homme, c'est un roman jeunesse. Oui j'ai de l'amertume. De l'amertume d'être obligé d'écrire pour des femmes. Des triangle amoureux, des hoo! et des haa! Aujourd'hui, avec la mondialisation, il est clair qu'il nous faut des auteurs qui font la une, qui on du carisme, qui on de la gueule. Tout est féminisé à un point que l'homme ne se retrouve pas dans cet univers bondée d'estrogène. Je n'ai rien contre les femmes, je dis juste qu'il doit y avoir un ratio égale d'auteur masculin féminin. Est-ce que tu connais beaucoup de fan feminine de Star trek, star wars, Bourne identity...de Tom clancy, Lundlum, Connely?
Trouves-moi 1 titre d'un bon roman d'action québecois qui n'est pas un roman policier et je l'achète et le lit.
Toute la saga des Gestionnaires de l'apocalypse de Jean-Jacques Pelletier.
extrait du plus récent bulletin de l'UNEQ:
"Parmi les faits saillants de l’enquête, mentionnons que les deux tiers des écrivains reçoivent moins de 5 000 $ de leur pratique de création littéraire, mais aussi que les écrivains consacrent en moyenne 43 % de leur temps de travail à la création littéraire. Ceux qui consacrent plus des deux tiers de leur temps de travail à l’écriture sont aussi ceux dont les revenus personnels sont les plus faibles. Il y a toutefois un petit nombre d’écrivains (30) qui tirent des revenus de création de l’ordre de 60 000 $ et plus. Notons également qu’en 2008, seulement 13 % des écrivains ont reçu 20 000 $ ou plus de leurs activités de création littéraire, alors que le revenu personnel médian au Québec en 2006 se chiffrait à 29 975 $."
Très intéressants comme chiffres. Merci.
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