27 novembre 2010

Brun (et frette)

Mais t’as l’goût et pis t’as soif frette

T’as envie T'es en crisse d’en prendre plein la face bette

Salut rengaine c’t’un n’autre jour de pluie neige

Chus l’capitaine déneigeur, de mon propre ennui malaise

Brun, la couleur de l’amour du printemps

23 novembre 2010

Irrévérences et beaux bonhommes

J'aime les gens et les concepts qui ne se prennent pas au sérieux. La vie est trop courte pour ne pas lui tirer la langue quand l'occasion se présente. J'essaie moi-même de lui faire la grimace quand je peux (quand ce n'est carrément pas un doigt d'honneur). La preuve, cette prise d'otage du kiosque de l'éditeur de mon roman Fol allié, la Grenouille Bleue, au Salon du livre ce weekend dernier. On ne m'avait pas invité à signer quelques livres pour le salon du livre? Qu'à cela ne tienne. J'ai vérifié en ligne si la table de l'éditeur était occupée, m'y suis rendu, ai pris mes livres sur le présentoir et me suis assis. Vous auriez dû voir les faces des petites madames responsables du kiosque. Pissant! La première n'avait pas l'air d'en croire ses oreilles lorsque je lui ai dit que j'allais signer, même si je n'étais pas invité. Elle courait à gauche et à droite pour trouver sa boss, perdue devant cette improvisation mixte ayant pour titre "Haut les kiosques!". Quant à la big boss, justement, elle était si mal à l'aise de n'avoir pu me gosser un petit carton avec mon nom dessus qu'elle en était à me chicaner d'avoir pris possession de la précieuse table. Je vous le dis, ça valait cent piastres (ce qui est cent fois plus que l'argent que j'ai fait avec ce hijack littéraire).

Une autre bande qui s'amuse à tourner la vie en rigolade et à rire de concepts qui se prennent trop au sérieux est la gang chez Bang Bang. À la fin de l'été dernier, les marketeux du Complexe Dix30 de Brossard avaient créé le concours Le Gentleman Dix30, où les internautes étaient appelés à élire le gars qui représentait le mieux le complexe du magasinage en formule voiture. S'y sont succédés une foule de copies des participants d'Occupation Double, musclés, bronzés et savamment dépeignés. N'en fallait pas plus pour chatouiller la fibre alternative de Bang Bang. En collaboration avec la Plaza St-Hubert, ils ont donc accouché du concours Le Beau Bonhomme de la Plaza, mettant en vedette les plusse pires des moins pires spécimens pour représenter le paradis des magasins à une piastre et de la robe de mariée, dont votre humble et peu coiffé serviteur.

En lice, donc, Kristof G (Un chapeau? Come on! Soyons sérieux!), Dominique Hamel (On dirait un majordome avec un rat mort sur l'épaule), André Péloquin (Le gars vient de Sorel, gimme a break), Urbain Desbois (Un chauve? On aura tout vu!), François Gourd (Un barbu? C'est encore pire), Yan Thériault (trop laid pour mettre sa vraie photo j'imagine) et l'homme invisible (un illetré qui n'a même pas osé se commettre par écrit). Ne reste que moi, dans toute ma génialité... Si l'envie de voter pour le parfait exemple du genre humain que je suis, vous pouvez le faire drette ici. Les participants courent la chance de gagner un chèque-cadeau de cent dollars à dépenser dans n'importe quelle boutique de la Plaza. Le beau bonhomme, lui, se fera habiller du cou aux chevilles par Gamache tailleur. Quant au kodak que j'ai failli briser à cause de mon magnifique minois, il appartient à Lihu Photographie.

Allez vous gâter le regard, ma gang de chanceux!

17 novembre 2010

Quand Twitter fait de la musique

Saviez-vous qu'il était maintenant possible d'afficher et d'écouter des extraits de chansons et d'albums sur iTunes, directement dans Twitter? Depuis quelques jours, et comme la vidéo plus bas vous le montrera, Twitter permet l'écoute de vos coups de coeur musicaux à même l'interface web. Ça donne le goût de partager de la musique de façon tout à fait légale!

Salon du livre de Montréal 2010

Lorsque j'ai écrit Fol allié, je rêvais du jour où j'étais pour fouler le tapis du Salon du livre de Montréal en tant qu'écrivain. Je m'imaginais arriver en big shot à mon kiosque, sous les salves d'applaudissement et les flashs ininterrompus des fans en liesse.

Le Salon du livre de Québec m'a légèrement reconnecté à la réalité au printemps dernier, alors que je participais à mon premier salon du livre à vie. Les criquets, omniprésents durant les séances de signature, remettent les choses en perspective et font que l'expérience devient une méchante séance d'humilité. Bienvenue sur la planète Québec. Attachez vos ceintures, mettez votre casque et prenez une grande respiration, l'atterrissage dans le milieu de la littérature québécoise ne se fera pas en douceur.

Je participe donc finalement à mon premier Salon du livre de Montréal. La Grenouille Bleue dormant un peu sur la switch, aucune séance de signature n'a été prévue pour Fol allié. Par contre, je serai présent vendredi de 17h à 19h au kiosque 561 des Éditions Quebecor, pour mousser la sortie de Comment devenir une star des médias sociaux, en compagnie de mon compatriote Dominic Arpin. De plus, Dominic et moi participons, en compagnie de l'auteur Raymond Morin, à une table ronde sur les médias sociaux animée par Bruno Guglielminetti à l'espace Grande Place, à 19h30. Si jamais il vous prenait l'envie de vous faire dédicacer une copie de Fol allié, il me fera plaisir d'aller en chercher une avec vous au kiosque de la Grenouille Bleue.

Au plaisir de vous voir bientôt!

14 novembre 2010

Si la politique était une partie de hockey

Je venais tout juste de lire la dernière chronique de Pierre Foglia qui parlait du Plateau, de la récente "étude" prétendant que quatre journalistes québécois sur cinq proviennent du fameux quartier branché mais surtout, de la place de la gauche et de la droite dans les médias. En fait, j'avais fini depuis un bout la lecture de son article. J'étais même à la douche, à me rincer la droite, la gauche et surtout le centre. Mais vous savez ce que c'est, les articles de Foglia, c'est meilleur que la crasse pour s'infiltrer dans le confort lubrifié de ton quotidien, un petit grain de sable dans tes idées préconçues. Ça me tournait comme un Q-Tips entre les deux oreilles lorsque je me suis aperçu que la politique s'apparentait beaucoup au hockey. Enfin, à quelques trucs près.

Si la politique était une partie de hockey, il n'y aurait que deux équipes: les bleus et les rouges (les verts jouent dehors tout seuls). Durant un match, il y aurait 8 joueurs de chaque équipe sur la glace, en même temps: l'ailier droit, l'ailier de centre-droit, le centre, l'ailier de centre gauche et Amir Khadir. Il y aurait deux défenseurs, chacun jouant dans sa propre langue. Trop occupés à ne pas se comprendre, trop emmêlés dans leur langue, ils passeraient leur temps à se rouler des patins. Dans les buts, le joueur des bleus serait appelé le gardien de la morale et celui des rouges, comme au baseball, le receveur (général). Tous les coups seraient permis et le gagnant ne serait pas celui qui compte le plus de buts mais celui qui fait le plus de passes. Alors que les joueurs s'époumoneraient dans la mêlée (qui n'aurait jamais si bien porté son nom), les joueurs sur le banc en profiteraient pour piquer un (ou une) somme, à leur choix. Pour terminer, on jouerait toujours avec le même disque...

À la lumière de ma révélation, ce n'est pas surprenant que j'aie lâché le hockey en devenant adulte.

12 novembre 2010

Ça rouleeee

Ça roule superbement bien pour #CDSMS (Comment devenir une star des médias sociaux). Semble-t-il que notre éditeur a même décidé d'en réimprimer déjà mille autres copies. Un best-seller en vue?

On a reçu trois autres excellente critiques du livre. Celle de Simon Jodoin du Voir, celle de Catherine Mathys, chroniqueuse à Musique Plus et celle de François Charron, chroniqueur à Salut Bonjour.

Le livre est disponible en librairie depuis ce matin. Courez vite vous le procurer (ben, pas trop vite, faudrait pas que vous vous enfargiez dans une marche à l'entrée quand même).

Mise à jour: Vient tout juste de paraître sur Triplex, le tout nouveau blogue techno de Radio-Canada, ce billet du journaliste Philippe Marcoux. Pouce en l'air, comme qu'on dit sur Facebook.

9 novembre 2010

Ze lancement

Parce que tout est dans tout (parlez-en à Jésus), c'est aussi le cas de cette magnifique et dernière capsule Twinterview: tout est là-dedans (pour le reste il y a le livre). ;-)

Merci beaucoup Yan pour un travail incroyable à l'animation et merci à toi, Dom, d'avoir ouvert la porte à une belle complicité personnelle et professionnelle, il y a de cela déjà 4 ans.

On se revoit après la pause signature.

8 novembre 2010

A star is born fontaine

D-Day moins un! Le lancement de notre livre se fait demain soir et il sera en librairie vendredi. On vous mentirait si on vous affirmait qu'on n'est pas impatients.

Première entrevue ce matin, donc, chez la très animée animatrice Christiane Charette. Si vous ne l'avez pas entendue, vous la retrouverez sur le site de Radio-Canada. Une entrevue hyper-sympathique où j'avais l'impression, encore une fois, d'être complètement éparpillé et d'être incapable d'approfondir ma pensée. Maudite insécurité de marde! Au moins, cette fois-ci, je n'avais pas les écouteurs en plein milieu de la face!


Et comme une plogue n'arrive jamais seule (ça se tient ensemble ces petites bêtes-là), il y a Nathalie Collard de La Presse qui y allait de bons mots à l'endroit du livre ce matin. Vous les retrouverez du côté de Cyberpresse. Il y a aussi Josianne Massé de Branchez-vous qui en fait une critique plutôt élogieuse.

Voilà, c'est lancé dans l'Univers. Ne reste plus qu'à espérer que vous aimerez ça. Sincèrement, je crois que ça augure plutôt bien.

2 novembre 2010

Grande gueule

Les jours de mon enfance ont été bercés de silences. Ceux de mon père, bien sûr, mais aussi les miens. Pas que je n'avais rien à dire. Mais à chaque fois que j'osais braver la sacro-sainte vérité paternelle, je me faisais fusiller par d'horribles yeux mangeurs d'enfants.

- Patrick, pourquoi t'as fait ça?
- C'est pas de ma faute, papa...
- Ben non, c'est de la mienne!
- Non mais c'est...
- RÉPONDS-MOI PAS !!!

Voilà comment la discussion se terminait à chaque fois. J'imagine que je ne suis pas le seul enfant à s'être vu rabattre le clapet par son géniteur. Mais je ne me la zippais pas que dans la confrontation. Je ne disais surtout rien lorsque ses gestes inconscients de père alcoolique et manipulateur transperçaient mon coeur d'enfant. C'est ma douleur silencieuse qui me tuait à petit feu. Je n'ai pas décidé d'arrêter de parler. Le silence s'est insinué en moi tranquillement, insidieusement, comme un cancer qui gruge les cordes vocales.

Plus tard, ce fut au tour de mes relations de couple de pâtir de mes silences. Au bout du compte, j'étais celui qui en souffrait le plus. Je n'étais pas heureux mais je n'en glissais surtout pas un mot. À courir après la paix qu'on essaie d'acheter, on finit vite par faire le tour de la piste. J'avais pris l'habitude fermer ma gueule. Parce qu'il était hors de question que je fasse des vagues, que je déplace de l'air, que je lève le doigt. J'avais bien trop peur qu'on arrête de m'aimer. J'ai donc préféré ne rien dire et être quelqu'un d'autre.

Puis un jour, avant que la soupape n'explose, j'ai décidé de parler. En fait je n'ai pas parlé, j'ai crié. Tellement fort que j'en ai fait peur à mes fantômes. À partir de ce jour, je me suis promis de ne plus jamais me taire. De lever le doigt contre mes insatisfactions, de lever la main contre mes malheurs, de brandir le point contre l'injustice.

Au fil du temps, j'ai compris que ça prenait aussi des gens pour revendiquer des choses, pour soulever les incohérences, pour ouvrir les yeux. Ça prenait des grandes gueules. Peut-être avais-je envie d'en faire une mission, je ne sais pas, mais c'est la voie que je me suis tracée. Je ne crois pas détenir la vérité. Mais je me suis donné le droit de dire aux autres qu'ils ne la possèdent pas non plus.

Ce constat, combiné aux efforts que j'ai fait pour changer, m'a propulsé à l'autre bout de l'arc-en-ciel. D'homme muet, je suis passé au statut de grande gueule. Certains aiment, d'autres pas. Et je vivais plutôt bien avec ça. On ne peut pas plaire à tout le monde, même si on aimerait mauditement ça. Mais celui qui gueule se sent parfois bien seul. C'est fou comme les gens rampent puis désertent quand vient le temps de se tenir debout.

Depuis les derniers mois, je m'aperçois que mon attitude me ferme probablement des portes que je désire ouvertes. Et je me questionne. Est-ce que mes écrits font peur à ce point? Est-ce que ma propension à décrier différentes conneries humaines m'a amené à ériger des barrières au lieu de construire des ponts? Me suis-je trompé à ce point tout ce temps? Et si c'est le cas, renverser la vapeur est-il encore possible?

L'authenticité, être vrai, être soi, tout cela est une belle utopie.