31 mai 2010

J'ai dû trop inhaler de fumée

Je me réveille cette nuit à 4h07 précisément. Une envie irrépressible me titille le sommeil. Ça m'apprendra à boire un thé avant de me coucher. Le problème avec mes réveils en pleine nuit, c'est qu'ils m'empêchent la plupart du temps de me rendormir. J'ai beau tout essayer, ouvrir un oeil déclenche immanquablement l'ouverture du second, ce qui enclenche le processus de réveil. Et quand ça commence, there ain't no turning back. Je peux parfois rester deux heures au lit à compter les craques au plafond après m'être levé, ne serait-ce qu'une toute petite minute. Du coup, je ne prends aucune chance. Quand je dois me diriger à la salle de bain, je le fais les paupières bien closes, en tachant de colmater toutes les fuites possibles, question de garder la moindre parcelle de sommeil à l'intérieur de moi. Visiblement, en colmatage, je suis aussi tapon que BP.

Mais la nuit dernière...

En quittant ma chambre, je sens une forte odeur de fumée. J'ouvre un oeil de façon imperceptible, juste pour voir si des ombres orangées ne tapissent pas les murs de ma maison. Sur un demi-qui-vive, je renifle comme un animal le moindre danger. Mais je ne perçois rien, outre cette odeur persistante. Là, tout déboule en panique dans ma tête. Et si une maison voisine était en feu? Et si l'appartement de mon propriétaire vivant à l'étage en-dessous était la proie des flammes? Ça spinne dans ma tête, ça va trop vite, y a trop d'informations qui déboulent. Et j'ai subitement peur... d'être incapable de me rendormir si ma conscience s'éveille encore plus. Avant qu'il ne soit trop tard, je retourne d'un pas de course à mon lit, me recouche et me vide l'esprit du mieux que je peux pour me rendormir le plus vite possible. Je me dis qu'au pire, si la maison passe au feu, je n'y serai pas demain pour le savoir!!! WHAT ???

Maintenant on sait que cette odeur de fumée provenait des feux de forêts qui sévissent un peu partout au Québec. Mais je repense à tout ça aujourd'hui et j'ai peine à comprendre ma réaction. J'ai une peur atroce de mourir. Et pourtant, hier, je me suis rendormi comme un bébé, comme si de rien n'était. Mais le pire, c'est que les gens que j'aime dormaient paisiblement dans cette maison: ma blonde couchée à mes côtés, mon fils à quelques pas à peine. Et pourtant, tout ce qui m'importait à ce moment était mon sommeil jusqu'au lendemain matin. Allo??? Où avais-je la tête? J'ai un peu honte je dois avouer...

La prochaine fois, je tenterai vraiment d'inventer une histoire à dormir debout, question d'être un peu plus "allumé".

28 mai 2010

Enfin!

Bon c'est fait. Après des mois à tergiverser, on s'envolera finalement cet été pour la Turquie. On a longuement hésité. Au tout début, on avait tenté de restreindre nos choix à quelques destinations: Le Japon, la Thaïlande, les Pays-Bas, la Grèce, l'Italie, la Croatie, l'Islande. Puis vinrent s'ajouter au fil des conseils d'amis et des lectures le Costa Rica, la Tunisie, l'Europe de l'Est et même Hawaii. Peine perdue...

Il y a trop d'endroits à visiter, trop de cultures à connaître, trop de peuples avec qui connecter. N'ayant qu'une seule vie à vivre, je sais fort bien que je n'aurai jamais la chance de voir et visiter tous les pays qui m'intéressent. Et c'est ça le problème.

En fait non, quand on y pense bien, on constate que le problème en est un de générations. On n'en a jamais assez, on en veut toujours plus. Vient donc un moment donné où on doit faire des choix. Le problème avec les choix est qu'ils impliquent immanquablement de laisser tomber quelque chose d'autre. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le cul de la fermière. On a donc décidé d'opter pour le fromage de chèvre, typique à la gastronomie turque. Et à essayer de vivre cette destination comme si c'était la dernière!

Pendant trois semaines, on cognera à la porte du Moyen-Orient, on essaiera de raccourcir les distances qui nous séparent des autres habitants de cette parfois trop grande planète. Si vous connaissez ce coin de pays, si vous y avez des amis, des coups de coeur, des suggestions, on est tout ouïe. Merhaba!

21 mai 2010

Questionnaire de Prout™

La gang de chez Urbania m'a gentiment invité à répondre à un questionnaire-entrevue de plus de 140 caractères, ce à quoi je me suis empêché de répondre avec beaucoup de plaisir. L'entrevue comptait plus d'une vingtaine de questions dont une quinzaine ont été mises en ligne sur leur site.



Pour le plaisir, je vous donne ici les quelques questions qu'ils n'ont pas (osé?) affichées.

Questionnaire urbanien pour les blogueurs

1- Pierre Côté ou Michelle Blanc (et dis pourquoi)? Pierre qui?...

2- Je ne twitterais jamais sur… Voir la question 1

3- Passe-Carreau ou Passe-Partout (et dis pourquoi)? PasseParGo parce que j'ai bien envie de réclamer 200$.

4- Ta maison prend en feu, tu sauves quoi en premier ? Mon disque dur externe où j'ai tous mes back-ups (mais je retourne vite à l'intérieur pour sauver mon fils).

5- Ta plus grande peur? Vieillir puis mourir

6- Comment aimerais-tu mourir? Je ne veux pas, point final.

7- Quel est ton moment de la journée préféré pour bloguer? Quand j'ai plein d'autres choses à faire. Je suis, comme la plupart des écrivains, un expert ès procrastination et je fais toujours tout pour repousser le moment où je dois écrire.

8- Si tu devais déclarer ton amour pour tes lecteurs en quelques mots… Je vous aime (ça fait trois, c'est votre record?)

Prochain questionnaire à remplir, celui de La Recrue du mois dont je suis la recrue du mois de juin. C'est à suire, comme dirait l'autre.

17 mai 2010

Don't cry for me Apostasia

J'ai été élevé dans un carcan religieux stricte. Je fus obligé, jusqu'à l'âge de dix-huit ans, d'assister à la messe à tous les dimanches. Eh oui... Je vous vois en ce moment, la bouche grande ouverte d'étonnement. Vous pouvez profiter des deux prochaine secondes pour ramasser votre mâchoire inférieure...

Puis, le premier dimanche suivant mon dix-huitième anniversaire, malgré la crainte d'une sur-réaction exagérée, j'ai statué à mes parents qu'à partir de ce jour, j'étais assez vieux pour décider que je ne voulais plus aller à l'église, que je respectais leur choix d'y aller mais que de mon côté, ça ne m'apportait rien du tout. Ils ne m'ont pas parlé durant deux jours...

Au fil des ans, j'ai cessé tout d'abord de croire en l'Église Catholique puis, par la suite, en Jésus, l'Esprit Saint et finalement Dieu le père. Exit la Sainte-Trinité, welcome la Simplicité. Par contre, on ne peut balayer du revers de la main une éducation judéo-chrétienne profonde et stigmatisante ainsi qu'un brainwash social de presque deux mille ans. Même si je crie de toutes mes forces, ça n'y changera rien. Ne m'en déplaise, l'Église catholique fait encore partie de moi, de ma quotidienneté, dans la plupart des gestes inconscients que je pose.

Je songe à me faire apostasier depuis de nombreuses années. Mais la sacro-sainte culpabilité et la peur du châtiment solidement ancrées en moi, jumelé à la peine que je pourrais faire à ma mère m'empêchent de quitter la grande "famille" catholique. J'ai renoncé à l'Église il y a plusieurs années mais les récents propos du cardinal Ouellet sur l'avortement me poussent aujourd'hui à vouloir enclencher ce processus et surtout, à vouloir le faire publiquement. Je profite donc aujourd'hui de ma tribune publique pour crier tout haut mon désaccord. Je suis moi aussi capable de déchirer ma chemise.

Ma seconde grande crainte est que le cardinal entretient en ce moment des discussions avec le gouvernement Harper et tente de faire criminaliser de nouveau l'avortement. Les Conservateurs s'apprêtent d'ailleurs à couper les vivres aux organismes qui défendent le droit à l’avortement, au Canada et ailleurs dans le monde. Et pourtant, on sait que les femmes continueront peu importe de se faire avorter et que la criminalisation de l'avortement ne fera que détériorer les conditions dans lesquelles on le pratique. Je dis non à un retour aux années 50, je refuse un retour aux années où l'Église contrôlait ce qui se passait au Parlement.

Monseigneur Ouellet,

Parce que vous dépassez de nouveau les bornes avec vos propos rétrogrades, serviles et inhumains, parce que la secte de l'église catholique (sans majuscule, elle n'en mérite même plus) que vous représentez va à l'encontre de mes valeurs de liberté, de choix et de démocratie, parce que par vos paroles vous considérez la femme en tant qu'être humain inférieur et qu'il n'en revient pas à l'homme de décider ce qu'elle doit faire de son corps, vous recevrez d'ici quelques jours ma demande en bonne et due forme d'apostasie.

Et vous, chères brebis, si tout comme moi vous en avez soupé des gestes impossibles et inhumains de la droite religieuse, je vous encourage fortement à faire de même.

Don't cry for me, vous aurez couru après.

15 mai 2010

Manger de la culture

On a tous nos raisons qui nous poussent au voyage. Certains aiment se ressourcer sur une plage durant des heures, dans un tout-inclus 3-4-5 étoiles, où l'on sirote des cocktails coupés à l'eau et où l'on s'amuse à frapper des ballons de volleyball dans un contexte qui nous protège des méchants habitants, pauvres et mendiants du pays. D'autres préfèrent suivre un troupeau qui suit lui-même un guide à travers les pâturages culturels d'un pays ou d'une ville.

De mon côté, j'aime l'inconnu, la surprise, narguer le hasard, j'aime vivre ce petit mélange d'insécurité et de forte confiance en moi dans mes déplacements. De ne pas savoir où je vais me ramasser et de quelle façon sont des leviers qui me permettent de me surpasser, de vaincre mes craintes et mes peurs. Ça ne fonctionne pas tout le temps mais ça marche souvent. Je pars rarement en voyage avec une planification en béton. C'est peut-être la recherche d'une shot d'adrénaline qui me fait sentir en vie, allez savoir.

Je ne sais pas ce qui poussent les gens à choisir une destination plutôt qu'une autre. Pour moi, les voyage ont toujours rimé avec la cuisine. Parce que ce sont deux vibrantes passions en moi. La bouffe a toujours été LA porte d'entrée vers une autre culture, me poussant à vouloir rencontrer les gens et en apprendre plus sur d'autres pays. Ce fut le cas avec le Vietnam, entre autres, et c'est définitivement ma porte vers le Moyen-Orient.

Ma curiosité envers une culture est souvent piquée par la télévision. Des émissions de cuisine ou des émissions de voyage m'emporteront à tout coup (ou presque). Imaginez alors quand on combine les deux: je jubile. Mais ce ne sont pas toutes les émissions qui savent aborder la cuisine et les voyages de façon ouverte et respectueuse. C'est le cas avec Fourchette et sac à dos et c'est définitivement le cas avec le Globe-Cooker, présenté le vendredi à 19h à Canal Évasion. Fred est un explorateur culinaire qui parcourt le globe pour échanger avec les peuples sur ce terrain humain commun qu'est la cuisine. Souvent drôle, parfois touchant, toujours plein de surprise et de spontanéité, il fait mouche à tout coup et l'émission me donne toujours cette envie folle de voyager, de rencontrer les peuples, d'échanger et de connecter avec les autres. N'est-ce pas là d'ailleurs le but réel des voyages ?


13 mai 2010

Twivage extra-terrestre

Une nouvelle tendance sur Twitter est le twivage (je déteste le nom, ça fait "craque de boules"). Le phénomène consiste à tweeter durant un événement télévisuel (Tout le monde en parle, C'est juste de la TV, Gémeaux, Artis, matches des Canadiens, etc.).

Bien que je fis partie des premiers Twitteux à commenter en direct l'émission Tout le monde en parle au printemps 2009, j'ai délaissé le phénomène quand tout le monde s'y est mis. Je suis niaiseux comme ça, je décroche souvent quand quelque chose devient populaire.

Mais hier avait lieu le septième match entre les Canadiens et les Penguins de Pittsburg. Tout le gratin Twitter s'était rassemblé pour commenter la partie en direct. On sentait la fébrilité dans l'air dès 19h25. N'écoutant que mon courage, mon humour et surtout pour faire le contraire de tout le monde, j'ai décidé de tweeter en direct l'émission L'Épicerie. Je devais vraiment avoir l'air d'un extra-terrestre avec mes tweets coincés entre les "C'est le but" et les "PUNITION!". Voyons ce que ça a donné. Je vous fais cadeau des quelques tweets que j'ai publiés hier soir entre 19h30 et 20h:

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L'Épicerie, ça commence !!! Yééééé ! #lepicerie ;-) about 13 hours ago via TweetDeck

Il est possible de faire ses propres craquelins à la maison, ce qui revient de 3 à 5 fois moins cher #lepicerie (mdrrr) about 13 hours ago via TweetDeck

On goûte maintenant à du fromage jaune nucléaire #tastetest#lepicerie about 13 hours ago via TweetDeck

50% des ingrédients du fromage jaune orange est du fromage #lepicerie (le reste est du caoutchouc) about 13 hours ago via TweetDeck

(je suis crampé) about 13 hours ago via TweetDeck

C'est moi ou Denis Gagné a encore perdu des cheveux #lepicerie about 13 hours ago via TweetDeck

Belle pub des kiwis et des hommes about 13 hours ago via TweetDeck

Et n'oubliez pas, la dorade est en spécial chez Métro #lepicerie about 13 hours ago via TweetDeck

Bon, y est 20h, est-ce que je twitte La Petite Séduction astheure ? #lapetiteseduction (lolllll) about 13 hours ago via TweetDeck

Nannn, je vous crisse patience. J'oserais pas twitter la petite séduction avec @DanyTurcotte qui me watche dans son coin ;-) about 13 hours ago via TweetDeck

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J'étais certain que j'aurais été le seul à me trouver drôle mais non, la folie s'est emparé de mes tweets. Durant cette demi-heure, j'ai reçu pas loin d'une cinquantaine de @reply sur ces derniers, tout le monde embarquant dans ma folie. La preuve, encore une fois, que Twitter s'adapte aux internautes et non le contraire et que la bête deviendra par le fait-même ce que vous en faites.

12 mai 2010

To tweet live or not to tweet live

Intéressante discussion Chez Nadia suite à la publication d'un billet de Michelle Blanc qui se demandait si on devait permettre l'utilisation de téléphones intelligents (donc de Twitter et Facebook) durant les spectacles. "Bonne idée pour l'exposure, mauvaise pour le dérangement, fausse bonne idée de promotion", les sons de cloche diffèrent mais ne laissent personne indifférent.

L'humoriste Martin Petit, sur son blogue, y va même d'une idée intéressante: offrir une pause Twitter entre les numéros. Quant à moi, je tergiverse un peu. Car malgré le fait que je n'utilise presque jamais mon téléphone lors d'un spectacle, je pense qu'il y a place pour créer une nouvelle tendance. La question pour moi est plutôt: Comment le fait-on?

Je suis d'accord en partie avec l'opinion de Nadia. Tweeter de façon spontanée durant un spectacle limite la critique à pas grand chose. C'est un peu le même principe que de filmer un show de musique sur son téléphone alors qu'on y est. Tout ce que tu finis par voir, c'est ton téléphone avec une image de 3 pouces dedans. Tweeter live donne à peu près le même résultat. Les participants seront immanquablement distraits par la composition de leurs messages et par les @reply engendrés.

Je ne dis pas qu'on devrait bannir toute forme de médias sociaux lors de ces événements. Et je ne suis pas certain que la création d'un espace dédié à ce nouveau type de médias soit la solution non plus. Parce que outre le fait que les Twitteux et Facebookeux ne dérangeraient pas leurs voisins de siège, ils ne créeraient rien de nouveau dans la façon de promouvoir ces événements. Je pense qu'il est important d'inclure cette nouvelle forme de "journalisme" dans la promotion des spectacles. Mais je persiste à croire qu'il faut aussi trouver des nouvelles façons de faire.

Comment faire émerger de nouvelles idées alors? Là est la question. Le blogue, plate-forme par excellence pour étayer sa pensée ne procure pas l'instantanéité de Twitter ou Facebook. Comment critiquer intelligemment en de courts commentaires sans déranger le peuple à nos côtés? Comment surpasser l'équivalent du vox-pop réservé à la vedette à la sortie des spectacles? Comment aller plus loin que ce fameux "Ah c'était donc bon, je le recommande à tous mes amis"? Les troupeaux de fans suivent-ils vraiment les recommandations de @MachinChose? En cet ère 2.0, les moutons broutent-ils seuls ou en gang?

L'idée de Martin Petit n'est pas mauvaise. Mais n'en demeure qu'elle joue encore dans les mêmes plate-bandes promotionnelles: parler de l'événement alors qu'on y est. Et si, on laissait ça aux journalistes traditionnels? Et si, de toute façon, la nouvelle façon de faire 2.0 résidait dans tout ce qui précède l'événement?

9 mai 2010

Fête de marâtre

Avant, c'était pas compliqué. Les hommes et les femmes se mariaient devant Dieu, avaient deux virgule sept enfants (ou trois virgule deux en période de pointe), vivaient heureux (ou non) jusqu'à la fin de leurs jours et mourraient dans la paix et dans la gloire de Dieu (cela est juste et bon).

Rien n'est plus comme avant. Aujourd'hui, la famille "normale" n'existe plus. Une famille qui vit selon ce qui est énuméré plus haut sera pratiquement qualifiée d'extra-terrestre. Et la cerise sur le sundae ( sur le sunday?), Dieu est mort.

Les familles éclatées puis recomposées forment maintenant la majorité des familles québécoises. De ce lot, une foule de nouveaux modèles se sont formés. Certains modèles tout équipés voient les parents traîner leurs enfants dans la famille de l'autre et/ou vice-versa. Certains autres modèles s'amputeront des options "Confort" et alterneront les semaines de garde alors que d'autres, en mal de budget, ne sauront tout simplement plus où donner de la tête et abandonneront la cervo-direction pour ne vivre que de deux façons: l'accélérateur au fond ou les deux pieds sur les freins. Parfois ça fonctionne, parfois non.

Ma situation est particulière. Séparé de la mère de mon fils depuis plus d'une douzaine d'années, j'ai sa garde à temps plein depuis maintenant cinq ans (la garde de mon fils, pas celle de mon ex). Mon amoureuse est apparue dans ma vie il y a maintenant quatre ans. Plus jeune que moi, elle n'a pas eu l'occasion de fabriquer elle-même ses propres mini-nains. Au bout de deux ans de relation amoureuse, on a pris la décision d'habiter ensemble, pour le meilleur et pour le pire. Du coup, au lieu de recomposer, elle a eu, elle, à composer.

Le pire, dans son cas, c'est qu'elle doit s'adapter au quotidien d'une famille éclatée, non recomposée, où elle n'a pas toujours le loisir de dire ce qu'elle veut ou même de lever le doigt quand une situation lui déplaît. Parce qu'elle n'est pas la mère du Nain et parce que ses valeurs se retrouvent souvent à l'opposée des siennes, elle doit souvent prendre son trou et se piler sur la lèvre d'en bas avec deux pieds. Ça ne doit pas toujours être de tout repos.

J'aimerais donc aujourd'hui faire un addendum à la Fête des Mères en créant une nouvelle branche moderne, la Fête des Marâtres, en l'honneur de toutes ces femmes qui ont à faire une des jobs les plus ingrates de l'univers, celle de belle-mère attitrée, celle de la présence féminine par intérim dans un couple recomposé, une sale job où elles n'ont pas toujours leur mot à dire, même quand ça ne fait pas leur affaire. Au nom de tous les hommes plongés dans une situation similaire, je tiens à vous dire bravo pour le courage et la persévérance et surtout merci pour votre présence.

3 mai 2010

Paroles de nain

En partageant mon temps entre l'écriture de romans et l'épandage de mots dans différents articles et sur les réseaux sociaux, je passe de moins en moins de temps à nourrir ce blogue. En conséquence, je cherche souvent quoi écrire quand j'atterris ici.

Pour ceux qui l'ignorent, j'ai un fils que je surnomme affectueusement Le Nain. Bien qu'il le soit de moins en moins (ceux qui le connaissent savent qu'il me dépasse maintenant de presqu'une demi-tête), je ne peux m'empêcher de l'affubler dans mes textes de ce surnom que j'affectionne. Il sera toujours mon nain, même lorsqu'il aura 40 ans. Ça tient du même principe que je serai toujours le petit frère de ma soeur, même si elle n'est que de deux ans et demi plus âgée que moi.

Mon fils est une source intarissable de paroles sages ou drôles et même parfois, lorsque les astres sont bien alignés, les deux en même temps. Il n'en rate pas une (j'imagine qu'il a de qui retenir). J'ai donc décidé, pour remplir les quelques trous de ce blogue, de lui consacrer une section: Paroles de nain. Ma démarche est même tellement sérieuse que je vais de ce pas lui consacrer un libellé!!!

Après les dipatismes donc, il me fait plaisir de vous présenter les Paroles de nain, dont voici le premier extrait.

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On a le derrière inconfortablement soudé au banc de bois de l'église St-Jean-Baptiste. On patiente en attendant que l'Opéra Carmina Burana débute. Le Nain feuillette le programme en silence. Il lève soudainement la tête puis me regarde.

- 300 chanteurs ?, qu'il me demande.
- Oui, ça fait beaucoup de monde sur la scène.
- Wow! Ça va être puissant toutes ces voix. En tout cas, aujourd'hui, ils vont au moins avoir le droit de chanter Off, qu'il ajoute avec un accent allemand.

Ça m'a pris un bon cinq secondes avant d'allumer. Puis le sourire s'est transformé en fou rire. Plus j'y pensais, plus je la trouvais drôle. C'est qu'il est vite sur la gachette le "petit". C'est ce que je disais, il ne doit pas retenir du voisin. Ou s'il retient de lui, il doit être grassouillet, bourru, un peu kitsch et il doit arroser son asphalte les weekends...