28 avril 2010

Fawl Alliou.... what?

C'est Chantal Guy qui l'annonçait en grandes pompes ce matin, sur son blogue et sur Twitter. Le 20 mai prochain aura lieu à New York le premier Moby Awards, une cérémonie récompensant les meilleures bandes-annonces de livres. Cette première cuvée célèbre les bandes-annonces mises en ligne entre avril 2009 et avril 2010.

Je terjiversais tergivairssais tervigerçais j'hésitais à soumettre la mienne. Tout d'abord, le fait qu'elle ait été tournée en français jouait contre moi. Puis, je trouvais qu'il fallait avoir du front pour se mesurer aux américains (visiblement, j'en ai). Je ne pouvais non plus oublier que je me battais peut-être contre ceux qui avaient créé des monstres comme Fragment ou encore Level26.

Mais en jetant un coup d'oeil aux pièces soumises, j'ai été saisi de deux fois plus de fierté. Merde, le résultat qu'on a obtenu avec peu d'argent mais beaucoup de sueurs dépasse largement certaines oeuvres américaines. Je me suis donc attelé pour en faire une version sous-titrée en anglais et je l'ai envoyée.

Ma soumission est donc en ligne, drette icitte! Vous pouvez d'ailleurs voir toutes les oeuvres soumises sur cette même page.

Je sais. Je dis que je trouve que l'on parle plus de ma bande-annonce que de mon livre. Et c'est un fait. Mais ce clip est une véritable oeuvre en soi. Je pense que ça serait vraiment con de ne pas le souligner. Au pire, ça fera parler de mon livre chez nos voisins du Sud. Comme si c'était la pire chose qui pourrait arriver...

26 avril 2010

Quoi d'neuf, tête d'oeuf?

Ça fait combien de temps? Wow! Huit jours! Plus d'une semaine que je n'ai pas écrit ici. C'est presque un record. Pas qu'il ne se passe pas grand chose dans ma vie. Y a plein de trucs géniaux qui arrivent. Par exemple cette entrevue accordée à la journaliste culturelle Mélanye Boissonnault de l'émission Désautels sur la Première Chaîne de Radio-Canada où je parlais, pour faire changement, de bande-annonces de livres. J'étais accompagné de l'auteur du roman La canicule des pauvres, Jean-Simon Desrochers, qui a gentiment isolé le segment de l'émission et l'a téléversé sur Vimeo.



J'ai bien aimé l'entrevue. Mais j'ai tellement dit plein de trucs qui ne se sont pas retrouvé en ondes. C'est un peu dommage ce fait qu'un échange de plus de trente minutes se voit toujours amputé de plus de 80% de son contenu lorsqu'il passe en ondes. Anyway, je me considère déjà chanceux d'avoir eu plus de sept minutes de temps d'antenne, ce qui est sept fois plus élevé que lorsque j'ai fait mon entrevue au Téléjournal. En fait, je me considère surtout chanceux d'avoir toute cette exposition dans les médias de masse.

À part ça, la vie est belle. Mon deuxième roman avance à petits pas. J'ai un manque flagrant de discipline mais j'ai au moins une foule d'idées en tête. C'est la belle température le maudit problème aussi. Pas moyen de me concentrer. J'ai juste envie d'aller pratiquer mes cuisses en moulinant sur le bitume. C'est que je veux être en forme pour le défi des Cantons-de-l'Est en septembre prochain. Ok, j'avoue que c'est un peu loin mais je ne veux tellement pas m'écrouler à mi-parcours que j'aime mieux ne pas prendre de chances. Au pire, j'aurai l'air du gars qui s'est fait poser des cuisses de grenouilles durant tout l'été...

Tiens, une autre activité digne de mention. On a coupé sur notre facture mensuelle de câblo-distribution. Fini les huit cent chaînes qui sont tout sauf nécessaires. On s'est arrêté sur un forfait de base plus un forfait mini et cinq autres chaînes dont on ne pouvait absolument pas se passer. Tout ça pour sauver un gros dix piastres sur notre facture, ce qui équivaut à à peu près rien su le total de plus de cent trente quelque piastres. D'ailleurs, est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut m'expliquer cette grosse connerie qu'on appelle le "Forfait de base" alors que tu dois absolument te choisir un autre forfait complémentaire? Je disais sur Facebook que c'est exactement comme si on avançait que la recette de base d'une vinaigrette c'est de l'huile... Mais bon, le but était aussi de se départir de trucs qu'on n'utilise pas. Pourquoi avoir quatre mille chaînes si on n'en écoute que dix? Je n'ai pas envie de surconsommer de la télé si ce n'est pas nécessaire non plus.

À part ça, on n'a toujours pas choisi notre destination internationale de l'année. Ça sent le sud-est de l'Europe mais à la vitesse à laquelle on fouille le sujet et on fait nos réservations, on risque de passer notre mois d'août au sud-est de Laval-sur-le-lac. Je n'ai visiblement pas la procrastination que dans le crayon.

18 avril 2010

Grattage de couilles et autres histoires

J'écrivais précédemment que j'avais l'impression avec Fol Allié d'avoir écrit un livre de fille. Les critiques dithyrambiques de la gent féminine, heureuse de se retrouver dans la tête d'un gars (habituées qu'elles sont de se retrouver dans leur culottes) et l'accueil plus distancé des hommes sur ma prose m'ont amené à la conclusion très peu scientifique que mes mots touchent plus les femmes. En extrapolant juste un peu de 400 kilomètres vers la gauche, on pourrait dire que j'ai finalement écrit de la chick-lit, version auteur masculin.

Je n'ai pas tendance à dénigrer la littérature facile. Je lis autant de la poésie profonde que Harry Potter. Je peux passer des heures à engouffrer un Dan Brown même si mon choix premier s'arrêtera toujours sur la littérature québécoise. Mais la chick-lit en général me fait bailler. Les histoires de magasinages, de tampons, de grosseur de bite et de crème pour la face, très peu pour moi (c'est encore pire si les protagonistes tombent en amour à la fin de l'histoire, se fabriquent une progéniture pour vivre heureux jusqu'au 12 du 12 2012 dans un bungalow de Brossard avec une tondeuse, un barbecue pis un driveway en pavé-uni).

Cette semaine aura lieu le 12ième festival Métropolis Bleu, un rendez-vous littéraire annuel rassemblant des auteurs, journalistes, éditeurs et bien sûr des lecteurs de partout à travers le monde. Je feuilletais le programme du festival lorsque je suis tombé sur l'événement suivant: Entrez dans l'univers de la chick-lit et de la lad-lit, une table ronde sur un genre en émergence. De la lad-lit? What the hell?, je me suis demandé.

Selon le Urban dictionnary, le mot Lad désigne soit un jeune Australien preppie, soit un terme britannique voulant tout simplement dire gars. Si on transpose le tout au Québec, un lad est donc un gars pas britannique (ok, trois morceaux de robot pour celle-là). On parle donc de littérature de gars quoi! Des romans où le personnage principal parle de char, de hockey, de sa dernière baise, tout ça en crachant par terre pis en se grattant les couilles! Tout de suite je me suis dit: Hé ho, amigo, tu ne manges pas de ce pain-là.

Je regardais les participants à la table ronde et j'y ai vu le nom de Matthieu Simard. Et je me suis questionné. Matthieu fait du roman pour gars? Ok, j'avoue qu'il est question de hockey dans ses livres, oui il est arrivé qu'il discute de sa Mazda Miata une ou deux fois, d'accord, ces histoires tournaient souvent autour de son pénis.. Mais je les ai aimés moi, ses romans. Est-ce que ça fait de moi un gars qui se gratte la poche en reniflant pour autant?

Pardonnez-moi, mon Dieu, je suis plein de préjugés.

Alors si les gars s'étaient sentis plus interpellés que les femmes à la lecture de mon roman, pourrais-je en conclure que je serais devenu une nouvelle voix de la littérature lad au Québec? Je m'en gratte les gosses de dépit...

14 avril 2010

Blâmer dans le beurre

À moins d'avoir été perdu sur Mars (ou au Salon du livre de Québec (ou en Pologne)), vous avez tous entendu parler de la sortie de Lise Bissonnette dans Le Devoir la semaine dernière ainsi que de la chronique de Nathalie Petrowski dans La Presse de la fin de semaine. Je n'ai pas envie de relancer le sempiternel débat journalistes vs blogueurs vs Twitteurs. J'en ai un peu soupé et le stérile débat maintenant m'épuise et m'ennuie. De toute façon, ce n'est même plus un débat. Les discussions sont soit à sens unique, soit elles tournent en rond. Tout le monde pointe tout le monde du doigt et personne n'écoute. On croit tous détenir la vérité et l'autre a forcément toujours tort. Je suis fatigué de cette fausse bataille.

Par contre, Nathalie Collard écrit ce matin un papier sur les tentations du web 2.0 dont celle d'y perdre son temps. Celui-ci apporte deux points de vue différents sur les outils que sont Twitter et Facebook, soit ceux de Dominic Arpin et Nicolas Langelier. Selon ce dernier, les échanges 2.0 peuvent être un véritable bouffe-temps et l'énergie qu'on y déploie ne fait qu'empêcher la productivité des gens s'y adonnant.

Je n'ajouterai pas encore une fois à quel point je pense qu'Internet a démocratisé l'information. Je suis sur les réseaux sociaux, je dois donc bien y trouver une quelconque utilité. Mais qu'on qualifie ces outils comme des machines à perdre son temps, je trouve qu'on pousse un peu loin.

Il est bon de se remettre en question et d'évaluer l'énergie que l'on met à surfer sur Internet et les médias sociaux. D'y passer des heures et des heures est aussi inutile que votre enfant qui joue à des jeux vidéos à chacun de ses temps libres. De consacrer tout son temps au virtuel est tout aussi mauvais que de passer ses après-midis à se taper tous les soaps américains à l'écran. Tout est une question de dosage (comme n'importe quoi d'autre dans la vie). Mais qu'on me dise que je repousse mon travail parce que je vais "niaiser" sur Twitter ou Facebook, là, je rigole un peu. Parce que ce ne sont pas ces outils qui m'empêchent de travailler, c'est le fait que je sois paresseux. Je procrastine parce que j'ai tendance à toujours remettre mon travail à plus tard. La preuve, je suis à écrire ce billet au lieu de me plonger dans l'écriture de mon deuxième roman. Les réseaux sociaux en sont simplement la nouvelle excuse. Le monde ne change pas, ce sont les façons de faire qui changent.

Entre vous et moi, y a-t-il vraiment une différence entre échanger virtuellement quelques minutes entre internautes ou aller parler de sa fin de semaine de pêche devant la machine à café? Il y a quelques années, on s'arrêtait aux bureaux des collègues pour y discuter. Tout était une raison pour prendre une pause. On allait même fumer des clopes à l'heure pour s'acheter un cinq minutes de paix.

Les réseaux sociaux sont les nouvelles machines à café des lieux de travail. Bien sûr qu'on y rigole, certain qu'on y parle de cinéma ou de télévision, évident qu'on y dit même des niaiseries. Mais on y jase aussi d'enjeux politiques, sociaux et culturels. On y découvre des trucs, on y partage des idées, on s'entraide et on en apprend un peu plus à chaque jour sur le monde qui nous entoure. Et ça justifie toutes les fois où quelqu'un a osé parler du dernier épisode de Big Brother.

7 avril 2010

Se tenir debout

Quand tu débutes dans le métier d'auteur, tu rêves souvent de grandeur. Tu fabules sur la remise du prochain Goncourt ou simplement à ce qu'une grappe de gens du milieu reconnaissent enfin ton génie créatif et, conséquemment, le fruit de ton travail. Tu sais que tu dois trimer dur mais tu sais aussi que le talent n'est pas le seul gage de succès. T'as beau être le créateur le plus génial de la planète, si tu demeures cloîtré dans ton sous-sol, y a pas personne qui va venir te débusquer. Pour te faire connaître, tu dois avoir la gueule aussi grande que tes idéaux. Et tu y vas fort! Tu cries tes idées sur tous les toits et tu mitrailles tes créations en rafales dans le tas en espérant te faire remarquer.

Lorsque j'ai décidé que je voulais faire partie du fabuleux monde des médias, j'ai étalé mes idées au grand jour, espérant me faire cueillir comme un fruit mûr par les producteurs, les journaux et magazines, par les diffuseurs bref, par n'importe qui pourrait me donner ma chance. J'ai lancé innocemment mes créations sur la place publique, ai cogné à une multitude de portes en soumettant des idées. Le blogue fut l'un de ces moyens. Mais quand tu n'es pas connu, tu t'exposes, tu deviens vulnérable. Pas vulnérable pour te faire rentrer dedans par la critique. Vulnérable pour te faire chiper tes concepts. Parlez-en à mon amie Geneviève Piquette qui elle s'est écoeurée d'entendre ses propres blagues à la radio le lendemain de sa mise en ligne sur son blogue. J'ai moi-même expérimenté le phénomène à plusieurs reprises: projets télé, blagues, textes, concepts, name it. Aujourd'hui, j'ai appris et neuf fois sur dix, je me zippe la gueule. C'est Suzanne Lévesque qui l'a elle-même si bien dit dans une excellente entrevue qu'elle accordait aux Francs-Tireurs en mars dernier: "De nos jours, on n'a plus aucun respect pour la propriété intellectuelle". En cette ère d'ultra-compétitivité et de boulimie d'informations, on "emprunte" les idées des gens sans aucune retenue ni remords. Les droits d'auteur sont aujourd'hui un concept complètement ignorés. Et ça se comprend. Quel créateur a la force, l'argent et la persévérance pour combattre des multinationales sans scrupule? Ces entreprises avides de cash et de pouvoir le savent et vous saigneront comme des porcs si vous osez lever le moindre petit doigt contre eux.

Si Claude Robinson avait su en 1995 où son combat contre Cinar le mènerait, il aurait probablement fait comme la plupart d'entre nous et aurait laissé tomber les gants avant la fin du premier round. Mais il s'est battu. Durant quatorze ans. La décision rendue à la fin de l'été dernier laissait présager qu'enfin, justice serait faite. Mais il ne fallut pas plus de 30 jours pour que Cinar, par le biais de ses avocats, portent la cause en appel et laisse pantois, épuisé et presque ruiné l'auteur qui avait osé se tenir debout. Le nouveau procès Robinson vs Cinar s'amorcera finalement à l'été 2011(!!!). Après avoir perdu tous ses membres sauf son coeur et son ventre, Robinson risque une fois de plus que ça lui coûte le bras qui ne lui reste plus.

Cette fois-ci par contre, un insoupçonné collectif citoyen voit le jour. Chapeautée par Simon Jodoin, directeur du magazine BangBang, Pierre Paquet, PDG des Communications Voir et la Sartec (société des auteurs de radio, télévision et cinéma du Canada), l'initiative entend amasser des fonds pour donner un coup de main à l'auteur menacé de burnout émotif et financier. Baptisée opération Claude Robinson et accessible à l'adresse http://clauderobinson.org, l'initiative entend amasser 250 000 dollars pour venir en aide au David des temps modernes.

Parce que je n'ai moi-même jamais eu les couilles pour défendre mes propriétés jusqu'au bout, j'ai décidé que c'était par le truchement de cette initiative que j'allais enfin me lever debout et me tenir drette. Parce que ma tête (et la sienne, et la vôtre) valent plus que n'importe quel compte bancaire maintenu à flots pour une bande de vampires et de "bandits en cravates et en jupons".

6 avril 2010

Salon du livre de Québec

Si vous êtes dans le coin de Québec du 8 au 11 avril, je serai à mon premier Salon du livre, celui de Québec. Venez me saluer, je ne mords pas (enfin, pas toujours)!

Mes séances de dédicaces sont les suivantes:

Vendredi 9 avril :
19h00-21h00

Samedi 10 avril :
16h00-17h30

Dimanche 11 avril :
10h00-12h00

Au plaisir de vous rencontrer!