26 février 2010

La mafia en patins

Ma douce obstinée moitié a finalement réussi à me traîner et me garder devant le téléviseur hier soir, pour voir la prestation de Joanie Rochette aux J.O. Je dis "traîner", pas parce que je n'aime pas le patinage artistique (ok, j'avoue, si peu), pas que je n'aie pas été touché par l'histoire de la blonde patineuse (ça oui, beaucoup). Mais le patinage artistique est, à mon avis, le plus flagrant exemple de mafia sportive, l'omerta en tutus olympiques.

Récapitulation et explication...

Deux blondes et quatre asiatiques au programme hier soir. Je ne connaissais personne des têtes d'affiche. Faut dire que contrairement à il y a quelques années, je ne suis plus du tout le sport. Donc, patineuses inconnues + regard vierge de la discipline au J.O. de Vancouver. Mais aux simples commentaires d'Alain Goldberg et sachant comment les juges fonctionnent dans cette discipline qui est tout sauf objective, j'ai tout de suite deviné que la gagnante serait la Coréenne Yu-Na Kim et que Joanie obtiendrait la médaille de bronze. Les juges, certainement touchés par son histoire, n'avaient pas d'autres choix que de lui décerner une médaille. Au mieux, celle d'argent, au pire, celle de bronze. Les quelques erreurs qu'elle a commises lui ont empêché d'aller chercher la deuxième position.

C'est un sport complètement arrangé avec le gars des vues. Ça l'a toujours été et ça le sera toujours. Ça me pue au nez mais je m'y fais prendre à chaque fois. C'est le maudit problème avec les sports olympiques où les athlètes doivent être notés par des êtres humains, subjectifs et immanquablement partisans. Sinon, comment expliquer que la blondinette américaine, Rachel Flatt, se soit retrouvée en septième place malgré un programme parfait? Comment justifier que la japonaise Asada ait obtenu une deuxième place même si elle a fait de flagrantes erreurs de patinage et quelques sauts manqués?

Je ne dis pas que Joanie Rochette n'est pas une excellente athlète, loin de là. Malgré le fait que je chausse des patins depuis l'âge de quatre ans, je serais incapable de faire un tour sur moi-même sans me péter la gueule. Mais honnêtement, en patinage artistique de calibre international, quelle différence est-ce que ça fait d'en être une ou non?

25 février 2010

Les mêmes faces

Personne n'en parle mais beaucoup se posent la même question. Pourquoi voit-on toujours les mêmes faces partout, mur à mur, à toutes les chaînes, dans toutes les émissions, dans tous les magazines et les journaux?

J'en ai fait un statut Facebook hier soir et les réactions ne se sont pas fait attendre. Mais j'avais envie de préciser ma pensée un peu. Le culte de la vedette, cette satanée propension qu'ont les producteurs, diffuseurs et rédacteurs-en-chef de toujours mettre les mêmes faces dans leurs journaux, magazines et émissions, simplement parce qu'ils sont en vue (ou par facilité), une grande partie du public n'en veut plus. Les gens n'en peuvent plus de cette boulimie culturelle.

Moi aussi j'en ai ma claque. Mais le pire, c'est que dans mon cas, je ne parlais même pas, par exemple, cette manie de refiler l'animation d'une émission de télé ou un premier rôle au cinéma à la "saveur du moment". Je parlais du besoin du téléspectateur de découvrir de nouveaux visages, d'apprendre, de découvrir. On tourne sans cesse autour du même panier de vedette, comme un chien qui se prépare soit à dormir, soit à faire ses besoins. Ne pensez-vous pas qu'il est temps que ça s'arrête?

Prenons un exemple concret: Biz de Loco Locass. Et je ne le pointe pas parce que je suis aussi écrivain. J'en entends déjà quelques-uns crier T'es juste jaloux! Même pas. J'adore Loco Locass, j'adore Biz, j'ai foutument hâte de lire sa plaquette, je ne m'en peux même plus d'attendre le prochain album des Locass. Mais après l'avoir entendu parler de Dérives à Tout le monde en parle, à Christiane Charette et à Voir, tout ça en trois jours, j'ai atteint mon quota. Merde, même Petrowski en parlait hier! Ça suffit! Est-ce qu'on peut passer à autre chose, de grâce? Checkez bien ça, la semaine prochaine, c'est Amélie Nothomb qui sera sur toutes les lèvres tapissée mur à mur dans nos médias. Je l'ai même pas encore vue une fois et je suis déjà plus capable! Et pourtant, seulement au Québec, des dizaines d'auteurs ont fait paraître un livre en librairie en février. En télé, j'ose même pas en parler. Même Marjo ressuscite des boules à mites astheure...

Ma compatriote et amie Marie-Julie Gagnon me dit que c'est parce que le public achète ces émissions qu'on continue de leur fournir la même platée de vedettes jour après jour. Et moi je réponds que le public l'achète parce qu'il n'y a aucune autre offre sur le menu. Pas pour rien que la télé est en déclin. Faut offrir de la variété, de la diversité. Merde, la culture au Québec, c'est loin d'être toujours les mêmes trente personnes, over and over again! Pourquoi les big boss des télés, radios, journaux et magazines du Québec ne s'aperçoivent-ils pas que le public, en fin de compte, est souvent le même? Que si je regarde Tout le monde en parle, il y a de fortes chances aussi que je lise La Presse et que j'écoute la Première Chaîne? Et si les producteurs et diffuseurs osaient, si les rédacteurs-en-chef arrêtaient de prendre le public pour des valises et tentaient de nous faire découvrir de nouveaux trucs, s'ils essayaient de nous étonner et de nous émerveiller, ils seraient peut-être surpris de la réponse.

Ah puis, peut-être pas. Des fois, ça me déprime...

Mais bon, il y a quelques exceptions, comme la nouvelle émission de Matthieu Dugal, Tout le monde s'en fout. Mais, en plus d'être plutôt pointue, elle est présentée à Vox, ce qui fait qu'elle tombe un peu entre les craques du plancher de la diffusion. À quand des trucs un peu plus grand public qui nous feront découvrir de nouvelles faces et nous étonneront?

Edit:

1- Ça y est, ça a été dit: Je suis jaloux... Si vous saviez à quel point je me trouve chanceux d'avoir eu l'exposure médiatique que j'ai eu grâce à ma bande-annonce: Vlog, Salut Bonjour, Voir, La Presse. Combien d'auteurs peuvent dire la même chose? Si peu. Les autres auteurs de la Grenouille Bleue, par exemple, ou mon ami Daniel, qui lance son recueil ce soir et qui l'aurait mérité tout autant que moi.

2- Patrick Lagacé parle de mon billet sur Cyberpresse et ajoute que j'y ai été "carré" dans mes déclarations. Et il a tout à fait raison. Je suis monté aux barricades avec mon gros canon, j'ai visé dans le tas pas mal trop large. Je sais que rien n'est blanc ou noir, que rien n'est jamais si tranché. Je ne suis pas au parfum de ce qui se trame dans les platebandes des autres. Peut-être certains artistes reçoivent-ils leurs demandes d'entrevues longtemps à l'avance et qu'elles arrivent toutes au même moment. Qui suis-je pour juger et pointer du doigt? N'empêche, on ne peut se mettre la tête dans le sable devant l'évidence. L'overexposure est une tendance que l'on retrouve beaucoup trop dans les médias, et particulièrement dans le domaine de la culture.


23 février 2010

Écrire et chanter

Dans l'une de mes anciennes vies, l'une de celles où charmer le sexe opposé était plus important que de bâtir des relations riches et sincères, je me fendais la gueule en répétant qu'il m'était plus facile de nouer d'amitié avec les filles qu'avec les gars. Je rêvais certainement, à ce moment, de me retrouver plus dans leur culotte que dans leur cercle d'amis.

Mais c'était avant de le rencontrer, lui, celui qui allait devenir pour moi un genre de frère adoptif. Il s'est finalement transformé en beaucoup plus que ça. De jour en jour, il a su être mon plus fidèle et mon plus fol allié, m'épaulant dans la tourmente, me soutenant dans la douleur et me relevant lors des trop nombreuses chutes. Ajoutez à cela les nombreux soirs de bière, les sourires en coin, les boutades, les clins d'oeil, les folies, la musique, les soupers, les jeux de mots mais surtout les jeux de vie, tout cela a contribué à souder nos âmes au fil du temps. C'est aussi beaucoup grâce à lui que j'aiguise ma plume de la sorte, par du travail conjoint mais aussi par cette envie que j'ai de maîtriser l'art de l'écriture aussi bien que lui.

Aujourd'hui, c'est lui qui lance son recueil en librairie. Puisé à même les différentes inspirations de son blogue, J'écris parce que je chante mal récite la beauté de la vie et fredonne les profondeurs de l'âme humaine. C'est beau, c'est doux, c'est juste mais c'est surtout vrai. Tout comme lui. Courez vous le procurer. Si chanter, c'est aussi célébrer et louer, son recueil le fait à merveille avec l'existence. Au final, il ne doit pas chanter si mal que ça.

Bravo Daniel, mon ami, mon frère. Je suis fier de toi et je t'aime.

18 février 2010

Et puis, cette bande-annonce?

Je suis tellement heureux de la réponse à la bande-annonce de Fol allié, tellement content d'avoir innové, d'avoir créé un précédent. Je suis enchanté du résultat final, vous le savez, j'arrête pas de remercier Éric et sa bande, Lily, Christian, Jérémie. J'avoue, je me doutais bien qu'elle ferait parler d'elle, qu'elle créerait un certain engouement. Mais honnêtement, je ne pensais pas que ça en créerait un à ce point. À peine une semaine après sa mise en ligne, le clip affiche plus de 5600 vues. C'est énorme! Je dis wow!

Et les médias aussi s'en sont emparés. Il y a eu tout d'abord Vlog, puis Salut Bonjour! Et hier soir, c'était au tour du magazine télé Voir d'en glisser un mot. Ironiquement, Sébastien Diaz et Tristan Malavoy-Racine se disaient perplexes devant l'initiative. Je les comprends, le questionnement est légitime et c'est le propre de l'être humain de craindre la nouveauté. Réfléchissons-y un instant.

La littérature n'a aucune place dans les médias de masse. La radio, comme les journaux, lui font de moins en moins de place (parlez-en à Chantal Guy pour le fun). La télé ne s'y intéresse pratiquement plus non plus. Comment fait-on pour promouvoir la sortie d'un livre alors? Quand on sait que la plupart des éditeurs ne peuvent même pas se permettre un petit encart dans La Presse du samedi, on fait quoi? Quand la seule place qu'on fait aux mots sont les potins de magazine, vers où doit-on se tourner? Internet bien sûr. Mais comment on le fait? Blogue? Facebook? Twitter? Comment est-ce qu'on se démarque? Pour moi, la solution était la vidéo. Visiblement, je ne me suis pas trompé, au moins, ça aura eu le mérite de faire jaser dans les chaumières.

Maintenant, on m'a dit qu'on avait peur que je m'empare de l'imaginaire du lecteur. Ok, je comprends. Mais pourquoi n'aurais-je pas ce droit, comme auteur, de présenter le mien? Pourquoi ne pourrais-je pas partager ce qui se passait dans ma tête et mon coeur à l'écriture de ces mots? On jase là, je me questionne. ;-)

Sébastien Diaz avançait aussi cette peur que la bande-annonce donne envie d'aller voir le film alors que de film, il n'y en aura pas. Mais justement, pourquoi n'y en aurait-il pas? Dans le cas présent, le roman se transpose à merveille au scénario. Avis aux producteurs, aucune offre raisonnable ne sera refusée! Je rigole un peu, bien sûr, le but avoué était surtout d'en faire un bon livre.

Maintenant, comme le dit Tristan Malavoy-Racine, reste à livrer la marchandise. Mais n'est-ce pas ce que tout auteur tente de faire en écrivant ses livres?

Émission Voir du 17 février, segment littérature.

12 février 2010

Fol allié, la suite (kind of)

Quelle semaine! La folie furieuse. Je suis crevé et le livre n'est même pas lancé! C'est que je vais en avoir une belle gueule mercredi matin...

Parlant de ma gueule, elle est à l'honneur chez VoxTV aujourd'hui. J'ai eu la chance de m'asseoir avec la pétillante Melissa Maya Falkenberg lundi dernier pour discuter de Fol allié. En résulte une capsule vraiment sympathique, où même le comédien principal n'a pas l'air trop poche. La vidéo, en plus d'être disponible en ligne, sera retransmise sur les ondes de Vox cette semaine, entre les émissions.

Vous pouvez dès maintenant voir l'entrevue dans la section Témoignages du site Mojos.tv ou sur Youtube.

Et comme si ce n'était pas assez, on parlera de ma bande-annonce à Vlog dimanche prochain. Comme disait Madame Brossard: Je crois rêver!

9 février 2010

La bande-annonce de Fol allié

La première fois que j'en avais parlé, c'était il y a presque deux ans. Ça avait été un coup de foudre instantané. Je savais que j'étais pour faire pareil lorsque mon roman verrait le jour. Au début, les bandes-annonces furent un phénomène isolé. Quelques américains triés sur le volet osaient promouvoir leur livre sous forme vidéo. Puis plein de gens s'y sont mis. Des Espagnols (Pierre Szalowski), des Français et finalement quelques Québécois (Marie-Julie Gagnon, Jean-Simon Desrochers, etc).

J'ai toujours aimé l'idée d'utiliser le web pour faire la promotion des oeuvres littéraires. C'est une si belle façon d'annoncer la littérature sans que ça coûte la peau des fesses. Mais je voulais me démarquer. Je voulais créer quelque chose qui ne s'était jamais fait ici. Je voulais d'un clip qui se rapprocherait d'une bande-annonce cinématographique. J'ai donc fait équipe avec des pros, des gens de métier, mais aussi des gens qui savent faire des miracles avec peu de moyens. J'étais prêt à payer de ma poche. Je voyais ça comme un investissement. Par chance, mon éditeur, la Grenouille Bleue, a sauté à pieds joints dans l'aventure et a été d'accord pour défrayer la moitié des coûts de la bande-annonce. Je voulais aussi faire équipe avec des gens qui débutent, des jeunes qui connaissent et aiment le web et qui croient à la portée du médium. Tous ensemble, on a poussé dans le même sens. Et on a surtout eu tellement de fun à faire ça. Voici donc le résultat final. Je vous encourage d'ailleurs fortement à aller lire les crédits sous la bande-annonce. Ces gens merveilleux ont toute mon admiration et ma reconnaissance.

Maintenant, permettez-moi d'entrer dans votre imaginaire...



Crédits

Comédiens: Christian E. Roy, Lily Thibeault, Roberto Mei, Julien Mei
Réalisation et montage: Éric Piccoli
Musique: Jérémie Essiambre
Direction artistique: David Émond-Ferrat
Maquillages: Marie-France Richard
Son: Simon Gaudreau
Scénario: Patrick Dion

2 février 2010

Truc de pro 101

Vous avez un blogue? Vous avez découvert une vidéo sur Facebook et vous avez envie de la partager avec tous vos lecteurs? Il y a un petit truc pour vous permettre d'intégrer (embed) une vidéo de Facebook sur votre blogue Blogger ou Wordpress (hébergé sur votre serveur).

Le pire, c'est que c'est archi-facile à faire. Fallait juste se creuser un peu la tête. La première chose à faire est de trouver l'identifiant unique de la vidéo Facebook. Dans le cas présent et comme indiqué dans l'image ci-dessous, celui-ci est le 260050306433.



Une fois l'identifiant trouvé, copiez-le dans le code suivant et remplacez le long nombre inscrit par le vôtre:



Vous pouvez télécharger le code à copier ici.

Voilà, c'est pas plus compliqué que ça. Vous me remercierez plus tard (j'accepte les chèques, les cartes de crédit et l'argent comptant). ;-)

1 février 2010

L'hypocrisie et la censure américaine

À l'opposé de millions d'Américains, de Canayens et de Québécois, je n'ai pas écouté les Grammys hier. Les artistes que l'on y présente ne me disent rien. Il y a longtemps que la culture populaire ne m'excite plus. Mais alors que j'étais à l'ordinateur, ma bien-aimée, assise au salon, mitraillait l'écran de sa télécommande assassine. Elle est tombée sur la prestation de Beyonce qui, à part son joli minois, me laisse plutôt froid. La chanteuse aux jambes qui n'en finissent plus entamait You oughta know d'Alanis Morissette, un vieux hit des années 90 que j'avais d'ailleurs adoré à l'époque.

J'ai pratiquement crié au sacrilège (j'aime ça crier pour rien). Le fait qu'une chanteuse pop à la voix formatée (puissante, jolie mais formatée) interprète un tel cri du coeur, une chanson tout sauf mielleuse, m'a donné des frissons dans le dos. Mais ce qui m'a le plus dérangé est ce maudit paradoxe, cette hypocrisie toute américaine de couper certaines paroles des chansons quand on y entend le Ô si dangereux mot à quatre lettres!

La chanson You oughta know est directe. Un coup de poing sur la gueule, une attaque envers un salaud. Alanis, la ténébreuse chanteuse de l'époque l'appuyait d'ailleurs à grands renforts de mots: And are you thinking of me when you fuck her. Point barre, y a pas de doutes, le message est clair. Et qu'a fait Beyonce en arrivant à cette ligne en particulier? Silence radio: And are you thinking of me when you..................... her.

Les diffuseurs n'ont même plus à couper le son, ce sont maintenant les artistes eux-mêmes qui se censurent. De mon côté, je trouve aberrant qu'un mot de quatre lettres qui ne veut pratiquement rien dire d'autre que de mettre un pénis dans un vagin cause dans la tête de la société plus de maux que les meurtres que l'on présente à la télé ou les exécutions de prisonniers qui tapissent l'écran aux nouvelles. Si on laissait les gens s'exprimer un peu, ça causerait peut-être justement un peu moins de folie dans la tête de certains.