J'avais hâte de revenir pour enfourcher mon vélo de nouveau. J'ai pas besoin de vous dire que les retrouvailles ont presque été émouvantes. J'ai même versé une larme d'huile sur sa chaîne attendrie. À cause du rhume que j'ai chopé en Turquie, je voulais effectuer un retour progressif. J'avais commencé par faire cinq petits tours du Circuit Gilles-Villeneuve jeudi dernier, au rythme de mes obstructions nasales, en tenant compte de mon énergie fuyante comme une vieille couche en coton.
Mais le défi des Cantons de l'Est a lieu dans trois semaines. Et ça faisait plus de trois semaines que j'avais pas enfourché mon destrier (hormis cette escapade pépère sur le CGV). Trop craintif de perdre la forme avant l'événement, j'ai décidé ce matin de grimper le Mont-Royal quand même. The hell with the retour progressif!
Je ne rentrerai pas dans les détails mais disons que j'ai soufflé plus qu'un chasse-neige en pleine tempête hivernale. Au point d'afficher un chrono d'une minute supérieur à mon temps d'avant les vacances. Trop de narguilé et de tabac en Turquie? Trop de houblon turc? Pourtant, on a tellement marché là-bas, des kilomètres par jour, jusqu'à ce que les pieds nous crient d'arrêter. Grimpé le mont Olympos en pleine nuit, à 30 degrés Celsius, une ascension de 500 mètres s'étalant sur un escalier d'un kilomètre de longueur. Nagé des kilomètres dans la mer Méditerranée, contre vents et marées (ok, ils étaient totalement inexistants). Je vais donc blâmer ce satané rhume que j'ai pogné quelque part entre Fethiye et Istanbul. Un vrai rhume égéen quoi.
Heureusement, à ma deuxième montée du Mont-Royal, j'aperçois un pauvre diable qui venait tout juste de crever (il venait pas de mourir là, il venait de faire un flat). Écoutant le samaritain en moi, je me suis rangé sur le côté et lui ai réparé sa crevaison au complet. Pompe, patch, tout le kit! Pauvre gars, je crois que c'était la première fois de sa vie qu'il voyait un pneu à plat. Je me suis donc sali les mains avec joie, en profitant de ce temps d'arrêt pour reprendre mon souffle à 500 mètres du sommet. Le gars n'arrêtait pas me dire à quel point j'étais gentil de faire ça pour lui. Quant à moi, je l'ai remercié quand il est parti le sourire au vent.


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