J'écrivais précédemment que j'avais l'impression avec Fol Allié d'avoir écrit un livre de fille. Les critiques dithyrambiques de la gent féminine, heureuse de se retrouver dans la tête d'un gars (habituées qu'elles sont de se retrouver dans leur culottes) et l'accueil plus distancé des hommes sur ma prose m'ont amené à la conclusion très peu scientifique que mes mots touchent plus les femmes. En extrapolant juste un peu de 400 kilomètres vers la gauche, on pourrait dire que j'ai finalement écrit de la chick-lit, version auteur masculin.Je n'ai pas tendance à dénigrer la littérature facile. Je lis autant de la poésie profonde que Harry Potter. Je peux passer des heures à engouffrer un Dan Brown même si mon choix premier s'arrêtera toujours sur la littérature québécoise. Mais la chick-lit en général me fait bailler. Les histoires de magasinages, de tampons, de grosseur de bite et de crème pour la face, très peu pour moi (c'est encore pire si les protagonistes tombent en amour à la fin de l'histoire, se fabriquent une progéniture pour vivre heureux jusqu'au 12 du 12 2012 dans un bungalow de Brossard avec une tondeuse, un barbecue pis un driveway en pavé-uni).
Cette semaine aura lieu le 12ième festival Métropolis Bleu, un rendez-vous littéraire annuel rassemblant des auteurs, journalistes, éditeurs et bien sûr des lecteurs de partout à travers le monde. Je feuilletais le programme du festival lorsque je suis tombé sur l'événement suivant: Entrez dans l'univers de la chick-lit et de la lad-lit, une table ronde sur un genre en émergence. De la lad-lit? What the hell?, je me suis demandé.
Selon le Urban dictionnary, le mot Lad désigne soit un jeune Australien preppie, soit un terme britannique voulant tout simplement dire gars. Si on transpose le tout au Québec, un lad est donc un gars pas britannique (ok, trois morceaux de robot pour celle-là). On parle donc de littérature de gars quoi! Des romans où le personnage principal parle de char, de hockey, de sa dernière baise, tout ça en crachant par terre pis en se grattant les couilles! Tout de suite je me suis dit: Hé ho, amigo, tu ne manges pas de ce pain-là.
Je regardais les participants à la table ronde et j'y ai vu le nom de Matthieu Simard. Et je me suis questionné. Matthieu fait du roman pour gars? Ok, j'avoue qu'il est question de hockey dans ses livres, oui il est arrivé qu'il discute de sa Mazda Miata une ou deux fois, d'accord, ces histoires tournaient souvent autour de son pénis.. Mais je les ai aimés moi, ses romans. Est-ce que ça fait de moi un gars qui se gratte la poche en reniflant pour autant?
Pardonnez-moi, mon Dieu, je suis plein de préjugés.
Alors si les gars s'étaient sentis plus interpellés que les femmes à la lecture de mon roman, pourrais-je en conclure que je serais devenu une nouvelle voix de la littérature lad au Québec? Je m'en gratte les gosses de dépit...


7 commentaires:
chik, lad; pourquoi pas de la Pat-lit?
no need to classify, c'est juste bon, pis c'est tout!
Comme tu sais, j'ai déjà habité en Angleterre... il y a déjà plus de cinq ans de ça (je ne sais plus exactement depuis quand je suis de retour)...
Les termes chick-lit et lad-lit et teen-lit existaient déjà...
Chick en angleterre est une expression qui veut dire fille.
Lad = gars.
Ils utilisent ça pour les films, les disques, etc, etc.
On peut lire dans une revue la liste des meilleurs chick flick par exemple...
Toutefois, qqch qui s'adresse aux filles ne veut pas nécessairement parler de tampons! Comme ce qui s'adresse aux gars n'a pas nécessairement rapport au hockey!
On ne parle pas de Harlequin non plus...
Chick et/ou lad lit est apparu pour un style plus contemporain d'écriture. Et dans les genres modernes, c'est beaucoup plus des questionnements d'être humain avec une touche d'humour. Trouver sa place, etc...
Parfois ce sera teinté de shopping, mais pas nécessairement non plus.
Des genres, il y en a autant que des auteurs...
Matthieu Simard ou Stéphane Dompierre font de la lad lit selon moi.
Les invincibles était une Lad série télé ;)
Ton livre est sur le dessus de ma pile de romans à lire, alors je ne sais pas encore où lui se situe!
Quand j'ai commencé à lire Nick Hornby il y a une bonne dizaine d'années, on le classait déjà dans la lad-lit (ou dick lit). Matthieu Simard et cie s'inscrivent tout à fait dans cette tendance. Toi aussi, non? :-P
Perso, suis plutôt tannée des petites cases dans lesquelles on essaie de nous enfermer... Je revendique le droit d'écrire dans TOUTES SORTES DE STYLES, baon!!!
P
Je viens de voir le commentaire de Gina, qui l'a probablement écrit en même temps que moi. Pour moi aussi, Stéphane Dompierre s'inscrit dans ce courant. (Et Nick Hornby est anglais, probablement pour ça que je me rappelle qu'on qualifiait ses livres de «lad-litt» i y a plusieurs années...)
Si je peux me permettre, j'abonde aussi dans le sens du pourquoi doit-on absolument tout classer dans une petite case? Si c'est bon, c'est bon, non?
Mo: Tant que c'est pas de la cat-lit parce que là, ça sonne comme de la litière pour chat.
Gina: T'es tellement trendy que t'arrives avant les termes. ;-) Mais mon livre se situe... au-dessus de ta pile de roman à lire. Hihi!
M-J: Y a des gens qui essaient de t'enfermer dans des petites cases toi? Pô chouette! Là je comprends pourquoi tu fuis en France!
Mme S-C: Je rigole beaucoup et je ne m'inclus pas nécessairement dans une case. Je pense que la vie (et tout ce qui en découle) est plus compliqué que le catalogage auquel on est habitué.
Faudrait bien que j'écrive sur mon blogue MA critique de ton livre... je remets ça toujours à plus tard!
Mais de là à dire que c'était de la Lad-litt heu pas certaine...
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