14 avril 2010

Blâmer dans le beurre

À moins d'avoir été perdu sur Mars (ou au Salon du livre de Québec (ou en Pologne)), vous avez tous entendu parler de la sortie de Lise Bissonnette dans Le Devoir la semaine dernière ainsi que de la chronique de Nathalie Petrowski dans La Presse de la fin de semaine. Je n'ai pas envie de relancer le sempiternel débat journalistes vs blogueurs vs Twitteurs. J'en ai un peu soupé et le stérile débat maintenant m'épuise et m'ennuie. De toute façon, ce n'est même plus un débat. Les discussions sont soit à sens unique, soit elles tournent en rond. Tout le monde pointe tout le monde du doigt et personne n'écoute. On croit tous détenir la vérité et l'autre a forcément toujours tort. Je suis fatigué de cette fausse bataille.

Par contre, Nathalie Collard écrit ce matin un papier sur les tentations du web 2.0 dont celle d'y perdre son temps. Celui-ci apporte deux points de vue différents sur les outils que sont Twitter et Facebook, soit ceux de Dominic Arpin et Nicolas Langelier. Selon ce dernier, les échanges 2.0 peuvent être un véritable bouffe-temps et l'énergie qu'on y déploie ne fait qu'empêcher la productivité des gens s'y adonnant.

Je n'ajouterai pas encore une fois à quel point je pense qu'Internet a démocratisé l'information. Je suis sur les réseaux sociaux, je dois donc bien y trouver une quelconque utilité. Mais qu'on qualifie ces outils comme des machines à perdre son temps, je trouve qu'on pousse un peu loin.

Il est bon de se remettre en question et d'évaluer l'énergie que l'on met à surfer sur Internet et les médias sociaux. D'y passer des heures et des heures est aussi inutile que votre enfant qui joue à des jeux vidéos à chacun de ses temps libres. De consacrer tout son temps au virtuel est tout aussi mauvais que de passer ses après-midis à se taper tous les soaps américains à l'écran. Tout est une question de dosage (comme n'importe quoi d'autre dans la vie). Mais qu'on me dise que je repousse mon travail parce que je vais "niaiser" sur Twitter ou Facebook, là, je rigole un peu. Parce que ce ne sont pas ces outils qui m'empêchent de travailler, c'est le fait que je sois paresseux. Je procrastine parce que j'ai tendance à toujours remettre mon travail à plus tard. La preuve, je suis à écrire ce billet au lieu de me plonger dans l'écriture de mon deuxième roman. Les réseaux sociaux en sont simplement la nouvelle excuse. Le monde ne change pas, ce sont les façons de faire qui changent.

Entre vous et moi, y a-t-il vraiment une différence entre échanger virtuellement quelques minutes entre internautes ou aller parler de sa fin de semaine de pêche devant la machine à café? Il y a quelques années, on s'arrêtait aux bureaux des collègues pour y discuter. Tout était une raison pour prendre une pause. On allait même fumer des clopes à l'heure pour s'acheter un cinq minutes de paix.

Les réseaux sociaux sont les nouvelles machines à café des lieux de travail. Bien sûr qu'on y rigole, certain qu'on y parle de cinéma ou de télévision, évident qu'on y dit même des niaiseries. Mais on y jase aussi d'enjeux politiques, sociaux et culturels. On y découvre des trucs, on y partage des idées, on s'entraide et on en apprend un peu plus à chaque jour sur le monde qui nous entoure. Et ça justifie toutes les fois où quelqu'un a osé parler du dernier épisode de Big Brother.

2 commentaires:

Cecile Gladel a dit…

Pat, je suis totalement d'accord avec tout ce que tu viens d'écrire. Si je ne perds pas mon temps sur Twitter, je vais aller le perdre ailleurs.
Sauf que par rapport à ailleurs, Twitter va généralement m'amener une info pertinente pour un article, une réflexion, un contact, un contrat et j'en passe. Alors, allons-y mollo...

Anonyme a dit…

Après avoir lu Mme Petrowski j'y ai perçu une situation typique d'évolution technologique. La ''technologie'' étant ici le web 2.0.

Le marché, pour les besoins de l'argument, peut être divisé en deux. Ceux qui ont traversé le gouffre, et adopté la nouvelle technologie, et ceux qui n'ont pas encore fait le saut.

Les premiers ne percoivent plus le risque du gouffre et sont plus connaissants des avantages de la technologie et de son fonctionnement.

Le deuxième groupe perçoit encore un risque au gouffre, qu'il projette souvent sur la technologie. Ses commentaires sur cette technologie et son expérience ne peuvent être que celui du spectateur.

Le discours de ces dames changera de façon dramatique lorsqu'elles auront passé le gouffre. Tout comme cela a été le cas avec les bonzes de l'industrie de la musique, je doute fort qu'elles aient le choix de faire le grand saut.