17 mars 2010

Noyade dans Rosemont

Je viens de lire à l'instant un Tweet du journaliste François Cardinal qui mentionne une étude sur les attitudes des Canadiens à l'égard de l'eau, commanditée par RBC et Unilever et qui vient tout juste de sortir du four à sondages. Selon celle-ci, 20% des Canadiens ont encore l'habitude d'arroser leur stationnement. Et ça me fout par terre. Un Canadien sur cinq? Come on! Mais qu'est-ce que ça prend à ces énergumènes pour comprendre.

Et ça m'interpelle aussi parce que je me questionne. Voyez-vous, en sortant de chez moi ce weekend, j'ai croisé un voisin qui arrosait rien de moins que le trottoir devant chez lui. Merde! On est même loin du stationnement là! Ça n'a aucun bon sens! Mais comment lui signaler sa grossière erreur? Comment l'approcher pour lui signifier que ce qu'il fait est aberrant, illogique, mauvais pour l'environnement et son portefeuille? Comment le faire sans se faire envoyer chier ou sans se faire ignorer? Je disais à ma douce moitié qu'elle devrait, elle, approcher l'énergumène pour lui mentionner que l'eau n'était pas une ressource inépuisable. Qu'elle avait plus de chances de réussir à la tâche parce qu'elle est une femme et, on le sait bien, les jolies filles ont le droit de tout dire sans se faire sauter au visage.

Elle a hésité pendant quelques secondes, je l'ai regardée, elle a ré-hésité, je l'ai re-regardée et nous avons finalement passé notre chemin, non sans rouspéter à faible voix. J'entends déjà les plus tough d'entre vous dire "je lui aurais fait bouffer son boyau par le trou du cul" mais on sait tous que ça ne se passe pas comme ça dans la vie. Nous sommes, malheureusement parfois, des gens civilisés qui préfèrent la bonne entente et l'harmonie au pétage de gueule. On s'abstient donc plus souvent qu'autrement.

Alors ma question demeure: Comment approche-t-on quelqu'un qui arrose son asphalte pour lui expliquer les mystères de la vie?

25 commentaires:

Alec a dit…

Percer le tuyau d'arrosage pendant la nuit ma paraît être la meilleure option !

Michel Monette a dit…

L'ironie: « Pardon monsieur, vous ne feriez pas devant chez moi en plus? Parce que je sais que ce n'est pas très bon pour l'environnement et que ça augmente les taxes municipales, mais par contre, si ce n'est pas moi qui le fait, au moins j'aurai bonne conscience.»

idéesinvitro a dit…

Je pense que la première chose est d'identifier le modèle du monde de la personne en question. Derrière chaque comportement, aussi aberrant puisse-t-il sembler, il y a une intention positive. Donc, quelle peut-être la motivation positive de l'énergumène?

Une fois identifiée, je suggère d'aborder le sujet dans un optique d'ouvrir la carte du monde de la personne. Souvent c'est le questionnement qui fonctionne.

Finalement, si les tentatives s'avèrent un échec, je miserai sur la complicité avec sa douce moitié pour utiliser le modèle Milton. C'est simple mais très efficace. Voici le procédé. Se retourner vers sa tendre moitié en posant à haute-voix la question: "Je me demande ce que feront nos enfants quand ils n'auront plus d'eau à boire parce que des gens avant lui ont préféré l'utiliser pour laver les trottoirs". Puis, continuez votre route sans vous retourner. La suggestion inconsciente fera le reste du boulot pour vous.

Évidemment, mes conseils se sont pas garantis mais ils ont, dans plusieurs cas, faits leurs preuves.

Bonne journée M. Dion.

Julie Vigneault alias Idées In Vitro

Julien a dit…

Simplement lui poser gentillement la question à savoir pourquoi il fait ça et engager la discussion. Tu vas voir s'il est réceptif ou non en à peu près trois fractions de secondes.

Hélène a dit…

Il y a quelques années, je me promenais proche de chez mes parents (à Boucherville) et un vieil homme arrosait allégrement son drive-way.

En passant devant chez lui je lui ai tout simplement demandé : Monsieur, avez vous besoin d'un balai?

Lui de me répondre du tac-au-tac (sachant qu'ils gaspille) : Ha vous les jeunes là, vous m'énervez avec votre écologie...

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Moi de renchéchir avec le fait qu'il faut faire attention (car c'était un été sec). Il me répond donc qu'il s'en fou et que dans 30 ans lui il ne sera plus là.

Merci Monsieur. Merci.

Hubert Simard a dit…

La tactique de la lâcheté perfide

« Monsieur, je ne veux pas vous importuner mais, ma conjointe est une écoloterroriste et elle pète une coche à vous voir gaspiller l'eau potable pour laver le trottoir. Vous ne pourriez-pas le faire au cours de la nuit? »

Scrogn a dit…

Je ne vois qu'une seule option : se mettre à ses côtés et pisser sur son stationnement. Avec un clin d'oeil, insister sur le fait qu'il s'agit de recyclage écologique.

Christiane Campagna a dit…

Mon ancienne co-loc avait demandé au voisin qui arrosait ainsi son escalier: "Pis, ça pousse-tu?". Pas un gros impact à long terme mais ça défoule!

Violaine a dit…

J'ai un ami qui pense que la meilleure façon d'économiser l'eau, c'est d'offrir à ses voisins sexagénaires de balayer devant chez eux.

Bon. On sera pas plus catholiques que le pape non plus.

Des fois, les messages cinglants passent mieux que toutes les élégances qu'on peut imaginer. Et faut se demander à quel point valorise-t-on réellement la bonne entente et l'harmonie avec des voisins qui refuseraient, après coup, de voir clair...

Patrick Dion a dit…

Je ne pense sincèrement pas que l'ironie fonctionne. Sur le coup, on obtiendra un doigt d'honneur ou au mieux, un rictus. Mais le lendemain, tout redeviendra comme avant.

La gentillesse ou le fait d'être cinglant n'ouvrira pas plus, à mon avis, de discussion. Vous le savez, il n'y a plus moyen de ne rien dire à personne sans qu'ils grimpent dans les rideaux de nos jours!

Je pense finalement que l'idée d'aller pisser dans son stationnement est bonne. Le seul problème est que j'ai la vessie un peu timide en présence d'étrangers...

Jean Lemay a dit…

Un Truc: Je dis à ce voisin que j'ai reçu un ticket de $70.00 pour arrosage non permis par la ville. Et que la dénonciation est monnaie courante dans le voisinage. Ça marche en général.

Patrick Dion a dit…

Ah ça c'est une maudite bonne idée !!!

Anonyme a dit…

Personnellement, je ne crois pas que ce soit si répréhensible d'arroser sa cour une fois au début de la saison. Il faut pas dramatiser. Selon moi, on consomme énormément plus d'eau en prenant notre douche quotidiennement ou en "flushant" la toilette 4 ou 5 fois par jour (365 jours/an). On doit faire chacun notre part, j'en suis conscient, mais il faut relativier quand même. Merci.

Marc Paquet

Patrick Dion a dit…

Justement! On en gaspille déjà assez! Pourquoi en rajouter?

Dame Oiselle a dit…

C'est difficile de faire changer les habitudes de gens qui ont adopté une certaine routine depuis de longues années. Il m'a fallu 2 ans pour convaincre mon grand-père de ne plus humidifier son appartement en ouvrant le robinet d'eau chaude de la douche. Mais à 86 ans, il avait son bac vert et un humidificateur.

Charmant proprio utilise une souffleuse à essence pour envoyer les 4 ou 5 feuilles mortes de sa double entrée de garage -arrosée et vide- dans la rue. Toute tentative de discussion se solde par de l'agressivité. J'ai pas trouvé la solution encore, sans le lien affectif. Même si je suis une fille, même si je sais user de mes "bambi eyes" et de l'humour. Pourquoi donc l'homo sapiens se sent-il aussi agressé quand on remet en question ses sacro-saintes habitudes?

Anonyme a dit…

On cherche à arrêter ces "bonhommes" d'arroser leur cour. On cherche en général à réduire la consommation. Il n'y aura vraiment pas de coup de barre efficace tant le coût de l'eau sera si bas. On gaspille, c'est pas grave, y'en sort de l'eau tant qu'on en veut. Il faut que l'eau soit à son vrai coût car l'eau, c'est un produit rare. Il faudra obligatoirement aller vers des compteurs d'eau. Comme ça, les abuseurs de tout acabits auront moins tendance à y aller "aux toasts"!
Merci,

Marc Paquet

Lait_ou_creme a dit…

Je l'aborderais en lui disant que ce n'est pas comme ça qu'il ferait pousser des tomates.

Et en passant, je viens d'acheter ton roman. J'en fais l'annonce sur mon blogue et bientôt, je vais y consacrer un billet.

L'endos de la couverture et le fait que j'étais déjà venu sur ton blogue m'ont convaincu de l'acheter.

Patrick Dion a dit…

Dame Oiselle: C'est exactement ce que je disais. Y a plus moyen de ne rien dire à personne!

Marc Paquet: Je ne crois pas que ça soit en facturant l'eau à gros prix qu'on fera une différence. L'accès à l'eau, ce n'est pas un privilège, c'est un droit fondamental de l'être humain. Si on le charge, on en coupera l'accès à encore plus de gens.

Lait: Très heureux de te voir propriétaire de mon roman. J'espère beaucoup que tu apprécieras.

Dame oiselle a dit…

Patrick, peut-être que c'est la peur de voir son univers changer si vite qu'on arrive pas à le saisir, qu'on se rattache à des habitudes futiles et routinières qui nous sécurisent? Et si c'était nous, dans 30 ans, qui nous faisions pointer du doigt parce qu'on utilise encore une toilette à chasse d'eau ou se lave les cheveux plus d'une fois par semaine?

En passant j'ai aussi ton livre tout neuf (dur dur de résister) dans ma valise de maternité; si ça me fait accoucher plus vite je te le dirai!

Patrick Dion a dit…

Ça ne sera sûrement pas moi qui se lavera les cheveux une fois par semaine dans 30 ans, à moins qu'ils ne se remettent à pousser par miracle! Hahahaha!

Ceci dit, chouette pour le roman. En espérant que je ne te fasse pas crever tes eaux. ;-)

Lait_ou_creme a dit…

Jusqu'à maintenant, la lecture de ton roman m'intrigue. Je me demande quelle est la part de fiction et de réel dans tout ça ?

Patrick Dion a dit…

Ha, va falloir laisser aller ton imaginaire! ;-)

MatPoi a dit…

Peut-être que le fait de laisser une note anonyme dans sa boîte aux lettres le fera réfléchir. Quelque chose de court et de bien déstabilisant. Il n'aura alors pas à faire face à un moralisateur qui lui dira que c'est mal d'arroser le trottoir, ni à un enragé qui l'engueulera. Il se sentira ainsi observé par ses voisins et, avec un peu de chance, ça fonctionnera.

Je l'ai fait une fois avec mes voisins qui avaient la fâcheuse habitude de se disputer en pleine nuit (aucune violence physique, je vous rassure). Je ne peux pas te dire si ça a fonctionné car j'ai déménagé quelques jours plus tard mais ça m'a fait un bien énorme. C'est déjà ça...

Le mot disait: Merci pour le bruit TABAR$%?K.

irrepressiblementvert a dit…

Si on finit par avoir des compteurs d'eau, ce genre de comportement disparaîtra rapidement.

Isabelle a dit…

Moi je pense qu'on devrait faire payer l'eau aux citoyens qui dépassent une quantité X d'eau par année. Par exemple, les piscines creusées (ou pas ;-)) dans chaque cour, je trouve ça abberrant. L'eau, c'est essentiel à l'humain, mais la consommation non-essentielle doit être facturée à chaque individu.