Il y a une foule de choses que j'aime de Twitter: la rapidité d'accès à l'information, la quantité de trouvailles que l'on peut dénicher, le partage et l'échange entre les membres de la communauté et la démocratisation de l'information. Mais au fur et à mesure que l'on façonne la bête, on s'aperçoit que la démocratisation de l'information n'est pas toujours une bonne chose. Prenons par exemple LA rumeur de l'heure, le "supposé" décès de la chanteuse Lhasa de Sela.Ce fut une explosion hier soir. On annonçait à grands coups de clavier la mort de la célèbre chanteuse montréalaise des suites d'un cancer du sein. L'information d'abord apparue sur le statut Facebook d'un journaliste a fait boule de neige et s'est ramassé, en quelques minutes, sur tous les statuts du grand réseau puis sur Twitter. Comme une traînée de poudre, les retweets ont retenti à gauche et à droite annonçant la mort de la chanteuse. Des milliers d'internautes se sont retrouvés endeuillés l'espace d'un instant. Puis, hier soir, devant l'ampleur que prenait la rumeur, Audiogram a démenti la nouvelle: "Lhasa se porte bien! Par respect pour Lhasa, sa famille et ses proches, nous vous serions reconnaissant de taire cette rumeur! Merci! "
Du coup, Sylvain Marcoux, un des premiers à avoir repris la nouvelle sur Twitter, s'est fait lancer des tomates virtuelles. Pauvre Sylvain, il en a assez reçu pour se faire de la sauce à spagat jusqu'à Noël prochain. Mais Sylvain n'a rien à y voir. Il n'a fait que ce que presque tout le monde fait sur Twitter: reprendre une information et la relancer dans l'univers. La plupart des Twitteux auraient (et ont) fait la même chose. Comme le disait si bien Chantal Guy dans son papier d'hier dans La Presse: "La peur d'être « scoopé « n'est plus une angoisse spécifique aux journalistes, mais un mal généralisé." En effet, on dirait que tout le monde se lance dans une course folle à qui sera le premier à sortir la nouvelle, qu'elle soit vraie ou non.
Et c'est ce que je déteste de Twitter. C'est cette propension qu'ont les gens à dégainer trop rapidement, à ne pas contre-vérifier une information avant de la publier. Je rigolais un peu hier soir en disant que j'étais pour inventer un nouveau raccourci-clavier qui était pour demander: "Êtes-vous bien sûr de vouloir retweeter ceci?" Je rigole, mais si peu.
Et si on y pensait deux fois avant de relancer une nouvelle de cette envergure? Et si on prenait une bonne respiration avant de peser sur le fameux bouton RT? Parce que le problème n'est pas tant que la rumeur soit fondée ou non, le dilemme n'est pas vraiment que la nouvelle soit fausse ou vraie. L'erreur, c'est d'oublier qu'il ne suffit que d'une seule fausse rumeur pour briser la vie de quelqu'un. Ça ne prend qu'un seul doigt pointé vers quelqu'un, une seule fausse accusation le traitant des pires calamités pour que la Terre entière l'inculpe sur-le-champ.
Ne battons pas Lucky Luke à la dégaine. Question de ne pas se retrouver à notre tour dans l'ombre.


21 commentaires:
Une bonne analyse du coté obscur du "colportage de nouvelles" qui est au cœur de Twitter. L'on a encore tant à comprendre quant à l'utilisation de ces nouveaux réseaux sociaux. Ai souvent l'impression qu'on est un peu tous comme une bande de gamins qui s'éclatent en plein apprentissage...
Je ne savais pas qu'en étant triste de la probable disparition d'une chanteuse aimée, je devenais "pseudo-journaliste" à la recherche d'un scoop... J'ai eu ma leçon... Pourquoi partager sa peine, alors que c'est mieux de se la fermer! :(
À mon avis, en publiant cet article si tôt, vous jouez exactement le jeu que vous dénoncez. On peut difficilement être en désaccord avec vos propos, mais ça ne pouvait pas attendre un petit peu?
Je respecte ton point de vue. Je suis d'accord que c'est malheureux de véhiculer des rumeurs sur des nouvelles aussi délicates que celle-là, mais le citoyen n'est pas un journaliste professionnel. Je trouve ça irréaliste que monsieur ou madame tout le monde adhère à un code de déontologie similaire à ceux des journalistes.
On ne peut pas contrôler ce que les autres doivent ou ne doivent pas dire en public. On s'éloigne alors des principes de base d'une société comme la nôtre où la liberté de parole est un droit fondamental. Il existe des lois pour empêcher la diffamation, et les gens touchés peuvent les utiliser pour faire valoir leurs droits s’ils se sentent brimés.
Ce que je conclue de tout ça, c'est que les premières personnes concernées auraient intérêt à être maitre d'oeuvre de leurs communications. La nouvelle va sortir de toute façon. Les quelques personnes à qui ils l'ont annoncé l'ont propagé sur Facebook et c'est parti de là. Le fait que les personnes semblent vouloir retarder la sortie officielle de la nouvelle fait du mal à tout le monde. Le secret est de plus en plus dur à contenir en 2010.
Je comprends ton point de vue, mais je ne suis pas d'accord! Tu ne peux pas empêcher les gens de parler, de se questionner sur une rumeur. C'est comme empêcher les gens de parler dans la rue parce qu'ils auraient entendu une nouvelle. De demander au "peuple" de se taire sur une nouvelle, qui est ma foi, plutôt énorme, c'est plutôt utopique. Et pourquoi d'ailleurs, pour laisser aux journalistes l'exclusivité de lancer la nouvelle ?
Il faut vivre avec notre temps, et maintenant l'information en temps réel est a la porté de tous. Si la nouvelle s'avère fausse, et bien tant mieux pour la personne concerné et tant pis aux gens qui l'on lancé. Perdre leur crédibilité en sera leur punition.
Ce qui est arrivé hier, c'est déjà arrivé, et ça va surement se renouveler! La seule personne a blâmer est celle qui a, en premier, publié la nouvelle. Après une fois sur le net, les jeux sont fait.
Les journalistes perdre l'exclusivité des scoops dans le monde médiatique, c'est peut-être ça qui irrite le plus.
Je finirais avec une petite pensée en la personne concernée de cette nouvelle... ça reste très triste ( vrai ou pas) comme événement.
Les rumeurs ont toujours existées mais les journalistes professionnels cherchent presque toujours à les confirmer grâce à de multiples sources avant de les publier. Mais, aujourd'hui, la population a accès aux moyens de diffusion autrefois réservés aux spécialistes et les utilise de plus en plus. On encourage les réseaux sociaux. Un réseau est par définition le meilleur moyen de propager une rumeur. Il ne faut donc pas se surprendre n'y s'offusquer.
Mais l'éthique du journalistene ne s'applique pas à cette population qui à toujours aimé partager avec ses voisins les petits secrets. Les journaliste suivent un processus de vérification et de validation d'une nouvelle. Une rumeur est toujours instigué par la population, elle se transforme en nouvelle quand les journalistes l'analysent, la vérifient.
À mon avis, cette discussion confirme que les médias professionnels restent et resteront la source final et crédible d'une nouvelle dans les média taditionnels et dans les nouveaux média.
Le plus intéressant de cette rumeur fût qu'elle devienne un source de discussion sur le concept de rumeur et les effets du à l'instantanéité des nouveaux média.
Twitter n'est pas un outil pour journaliste, c'est un outil de communication pour tous.
Les médias n'attendent qu'une confirmation en bonne et due forme avant de publier. Sur twitter les gens ne font que partager leur tristesse après que plusieurs proches de Lhasa aient annoncé sa mort.
La seule chose qui est choquante dans tout ça (et qui a foutu tout ce bordel), c'est comment Audiogramme a géré le tout.. "Lhasa se porte bien!". my god..
"Il n'a fait que ce que presque tout le monde fait sur Twitter: reprendre une information et la relancer dans l'univers"
Je dirais plutôt: il a relancé comme tout le monde ce qu'on imagine être une information.
RIP le journalisme chers citoyens
J'abonde dans le sens d'Etolane lorsqu'elle dit que nous sommes encore des gamins qui s'éclatent en plein apprentissage. On apprend de nos bons coups et de nos erreurs, qui en somme, n'est qu'une façon différente de faire les choses. C,est par hasard ce matin que je suis tombé sur la ''nouvelle'' et juste d'essayer de suivre et de comprendre ce qui était arrivé,j'ai perdu beaucoup de temps et je ne sais toujours pas si c'est vrai ou non! Apprendre à utiliser Twitter c'est apprendre à gérer l'instantanéité, apprendre à contrôler ses impulsions dont celle d'avoir un scoop...pour ma part je ne suis pas journaliste et j'utilise Twitter pour être au courant rapidement de ce qui se passe dans mes champs d'intérêt; volà le dilemne: être informé rapidement tout en faisant confiance aux sources. Je ne veux pas qu'on m'impose un code de déontologie quelqu'il soit ce quim'oblige à me responsabiliser et je rejoins Nicolas, utiliser Twiter ou Facebook est d'abord et avant tout un choix personnel dont on est le seul responsable.
Peut-être faut-il aussi se questionner sur l'utilisation du retweet? Perso, je l'utilise pour un truc signalé par un twitteur, genre une photo drôle, une recette, un vidéo YouTube sur Internet que j'ai vu et que je cautionne... Je ne retweete pas d'info people (en tout cas, me souviens pas :). Plusieurs utilisent le retweet presque comme une façon d'étoffer leur participation? Hum. Vous êtes le mec qui a vu la blonde de Guy A. Lepage sortir de l'obstétricien -- vieux débat, je sais. Qui et combien d'entre vous aurait tweeté la chose? Oubliez la déontologie journalistique, la gestion des valeurs humaines, elle?
J'abonde dans le sens de Nicolas Roberge, on ne peut pas s'attendre à ce que des citoyens se comportent en journalistes et c'est très bien comme ça, on est pas prêt de leur voler toutes leurs jobs...
On communique, on jase, ça va vite, on a plus d'auditeurs qu'avec des discussions 'standards' mais je crois que c'est justement à l'auditoire se rappeler que la majorité des personnes sur Twitter ou Facebook ne sont pas des journalistes ...
Hâte de lire ton livre ... ça ressemble à qqchose que j'écris ;-)
On ne parle pas ici d'un code de déontologie pour journalistes. On parle de la décence d'attendre que tous ceux qui doivent être au courant d'une nouvelle le soient AVANT de l'apprendre via les journaux, la télé, Facebook ou Twitter. Le web 2.0 ne devrait pas déroger à une réalité humaine. Qui souhaite apprendre que son enfant, son parent, son frère, sa soeur, son ami soit décédé via Twitter? Pas moi en tout cas.
Je ne dis pas que Twitter ou Facebook ne devrait pas contribuer à informer les gens. Je pense que ça prend par contre un minimum de décorum. Il y a des façons de dire des choses. C'est une question de compassion.
Maintenant que la vraie nouvelle est sortie, il faudra se demander s'il faut croire Tweeter ou les communiqués de presse officiels...
Finalement, la "rumeur" n'était peut-être pas si fausse... :(
RIP Lhasa de Sela
La question n'était pas de savoir si la rumeur était vraie ou fausse mais bien de savoir faire preuve de discernement dans l'annonce.
Le discernement est une question de jugement,par conséquent un geste rationnel, sur Twitter la tentation est grande de laisser ''parler son coeur'' de suivre l'impulsion du moment.Les médias sociaux apellent ls gens à se responsabiliser, tout un apprentissage!
Je cite Patrick Dion: "La question n'était pas de savoir si la rumeur était vraie ou fausse mais bien de savoir faire preuve de discernement dans l'annonce."
Les réseaux sociaux sont (et seront) utilisés par une grande majorité de jeunes. Je ne crois pas qu'on puisse essayer de responsabiliser leurs façon de tweeter et faire preuve de discernement, alors qu'ils sont incapables de conduire une voiture en respectant les limites de vitesse.
Je crois que le véritable problème réside dans le fait que le web 2.0 évolue à une vitesse trop rapidement pour les médias traditionnels et certaines entreprises. Audiogram a fait une grosse gaffe en voulant tuer la rumeur, au lieu d'eux même activer la machine pour vérifier et confirmer celle-ci et éviter le débordement.
Autre gaffe, selon moi: Audiograma supprimé de leur Twitter toutes leurs mentions de Lhasa faites au courant de cette fameuse soirée-nuit de confusion. Ça me démontre visiblement une tentative d'effacer leur erreur et espérer que personne ne s'en rendre compte.
Je suis d'accord avec la majorité des propos de Sylvain Marcous, Yohann Hétu, Nicolas, Sath et Pirosky...
Je relance une question: L'avion de la rivière Hudson... Et si l'on avait enflammée et niée la photo initiale de l'avion (publiée sur Twitter) en disant que c'était un montage Photoshop, pi qu'on devait vérifier la source avant de propager cette "rumeur-photo"... ?? Twitter et les status Facebook, ce sont less nouveaux perrons d'église. Il faut s'y faire et s'y adapter rapidement avant d'être dépasser.
Smumdax: Je crois qu'il ne faut pas généraliser en avançant que tous les jeunes ne savent pas faire preuve de discernement.
De plus, je peux aussi dire qu'Audiogram s'est planté royalement. C'est Patrick Lagacé qui explique le mieux leur gaffe et ce qu'ils auraient dû faire à mon avis.
Par contre j'avoue que l'exemple de l'avion dans l'Hudson est très pertinent. Il est évident qu'il aurait été impossible de ne pas laisser une telle nouvelle se propager mais je ne peux m'empêcher de penser aux familles des passagers qui ne savaient pas ce qui arrivait à leurs êtres chers.
"Qui souhaite apprendre que son enfant, son parent, son frère, sa soeur, son ami soit décédé via Twitter? "
Ca pas vraiment de sens.. si la personne a acces a Twitter, elle a aussi accès a plein d'autres moyen de communications.. cellulaire, courriel, messagerie privé, sms, etc etc. Donc si quelqu'un l'apprends une journée plus tard via son feed Twitter, pense pas qu'on parle d'un proche...
Voici un billet qui présente l'évolution de cette rumeur devenue réalité.
Les médias sociaux et le décès de Lhasa de Sela
Suis je le seul extra terrestre sur la planete qui Twit pas
Twitter sa me dit rien et j'ai pas envie de connaitre.
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