28 octobre 2009

La suite des choses

Il y eu d'abord les bandes-annonces de livres. Vous en avez vu quelques-unes, ça fait tellement longtemps que je vous casse les pieds avec ça. Vint ensuite Fragment, une websérie américaine mettant en image l'épilogue du roman du même nom, écrit par Warren Fahy.

Jamais à court d'idées, nos voisins du sud, via la maison d'édition Dutton Publishing, viennent d'accoucher d'un nouveau concept, le digi-roman (ou roman digital). Level 26: Dark Origins est avant-tout un roman de Anthony E. Zuiker (scénariste de la série CSI) et Duane Swierczynski. Mais c'est aussi la première websérie qui intègre des films à un roman. À la fin de chaque chapitre du livre est inscrit un code secret que le lecteur doit entrer sur le site Level26.com. Ce faisant, il débloquera un épisode qui viendra faire le pont entre chaque chapitre de l'histoire. Level 26 est aussi un réseau social qui permet aux fans d'échanger sur le roman et la websérie et d'obtenir, en bonus, des commentaires des auteurs ainsi que le making-of de la série. Comme si ce n'était pas assez, une application iPhone est aussi disponible.

Et moi qui rêve encore d'avoir ma bande-annonce sur Youtube...

25 octobre 2009

De la littérature et des idées

Il y a environ trois ou quatre ans, j'avais accouché d'un projet d'émission de télé qui mettait à l'avant-scène les auteurs du Québec, qui donnait la place à leur littérature, à leur inspiration. Le concept était hyper-simple et je m'étais toujours surpris de constater que personne n'avait encore pensé s'aventurer dans ces terres fertiles. L'idée était de déambuler avec les auteurs dans les lieux qui leur inspiraient leurs histoires et personnages. Je m'imaginais marcher en échangeant avec Stéphane Dompierre sur le Plateau, avec Matthieu Simard dans Villeray, avec Guillaume Vigneault en Louisiane ou encore avec Dany Laferrière à Haïti. Les possibilités étaient infinies.

Malheureusement et bien que plusieurs producteurs aient été emballés par l'idée, le projet n'a jamais vu le jour. Diffuseurs frileux de consacrer une émission de télé à la littérature, marasme économique, mauvais timing, le choix des raisons est grand. N'empêche que ça m'a toujours laissé un sentiment de défaite, cette amère impression de n'avoir pas mené à terme une aussi belle idée.

J'écoutais en ligne cet après-midi l'émission Voir de mercredi dernier. Et quelle ne fut pas ma surprise d'assister en fin d'émission au concept que j'avais imaginé depuis si longtemps: un reportage sur l'auteur de Québec, Anne-Marie Olivier, qui partageait au magazine les raisons pourquoi le quartier Limoilou lui inspire tant ses histoires et ses personnages.

Ça m'a fait chaud au coeur de constater que cette idée se transpose si bien à l'écran, chaud au coeur de savoir que la littérature peut se vivre autrement à la télévision que dans un show de chaises. N'empêche que ça me laisse eu peu aussi une crotte sur le coeur de n'avoir pu y participer.

21 octobre 2009

Aux urnes citoyens!

Je prends deux minutes pour me poser une question à voix haute blogue haut. Irai-je voter le 1er novembre? Vais-je me déplacer pour aller exercer mon devoir de citoyen, pour apposer un gros X gras sur toute la surface du bulletin de vote municipal? Rien n'est moins sûr. Parce que moi, Tremblay, Harel ou Bergeron hein, rrrron-tupu...

La campagne est drabe, les candidats sont beiges, les visions sont nulles. Quand Montréal deviendra-t-elle une ville d'envergure? Quand cessera-t-elle d'être perçue comme un village de second ordre? Ça me fait rire quand j'en entends scander sur les toits que Montréal est la deuxième plus grosse ville francophone au monde! Ok... So? Mettons qu'on est loin de la prestance de Paris, Londres ou New York hein?

En attendant une ville propre, écologique, ouverte sur l'avenir et les gens, en espérant un parti qui pourra donner un nouveau souffle à cette cité grise plongée dans un marasme social, quand viendra le temps de voter, eh ben moi, je vais rester chez nous. J'entends déjà les défenseurs de la démocratie me pointer du doigt et crier: On est chanceux de pouvoir voter, si tu le fais pas quelqu'un d'autre le fera à ta place, faudrait que tu vives dans une dictature pour comprendre à quel point ta liberté est importante et bla bla bla.

Je suis cynique, je sais. Mais j'ai beau essayé de me raisonner, les politiciens ont perdu à mes yeux toute crédibilité. Pire, la moindre parole de leur part m'irrite. La corruption, l'inaction, la langue de bois et la démagogie m'ont fait perdre tout respect envers la caste politique et, conséquemment, toute envie d'exercer mon droit de citoyen. C'est le cas au fédéral et au provincial. Alors imaginez aller barbouiller un bulletin de vote municipal. Et je ne crois pas être le seul à avoir son voyage. Pour que le DG ait tenté de charmer la population web comme il l'a fait avec RDN-TV, c'est qu'il doit sentir la souper chaude et le vote mou. Mais il aura beau essayer de me traîner de façon rigolote jusqu'aux urnes, si la tendance se maintient, je vais rester assis sur mon cul le 1er novembre. La seule chose qui me bogue dans cette décision, c'est l'image de mon cynisme que je renvoie à mon fils. Si je me déplace, ça sera pour lui. Est-ce que c'est ça, voter pour les générations futures?

MàJ: Ok, voilà une bonne raison pourquoi aller voter le 1er. C'est juste malheureux qu'il ne se présente pas dans mon arrondissement. Merci à Marie-Josée pour le lien.

18 octobre 2009

Du besoin de manger

Mon ami Dom répète souvent qu'il aime mes coups de gueule. Je sais que je dénonce parfois assez fort. Je crie souvent très haut ce que certains pensent tout bas. Ça en choque plusieurs, ça en fait titiller quelques autres mais en bout de ligne, je crois que beaucoup s'identifient à ceux-ci et s'ouvrent à essayer de comprendre, à voir les choses sous un autre angle, à jouer à l'avocat du diable.

Je gueule, c'est certain. Parfois à tort, parfois à raison. Je suis un chialeux invétéré de l'irrespect, de l'étroitesse d'esprit et de la bêtise humaine. Je n'aime pas qu'on me prenne pour un con, je n'aime pas qu'on vous prenne pour des caves non plus. Je gueule sur une foule de sujets. Les politiciens corrompus, les brasseurs de marde qui n'ont rien d'autre à foutre de leur vie, l'ignorance crasse de ceux qui croient posséder la vérité. Je chiale aussi sur les matérialistes, Occupation Double, les vedettes instantanées, les parvenus, l'insipidité, la télé que fait V, Canal Vie, Radio Poubelle et plein d'autres trucs.

Mais parlons-en justement de la télé. Parce que j'ai beau gueuler contre tout et rien, je suis aussi conscient qu'il faut manger, qu'il y a des comptes à payer, qu'on a une job à faire dans la vie et que parfois on doive choisir ses combats. Je veux bien me tenir drette comme une barre mais si V ou CKOI m'arrivait demain matin avec un contrat de chroniqueur dans une de leurs émissions, je sauterais dans le bateau à pieds joints et les yeux fermés. Faut-il vraiment être en réaction simplement pour être en réaction? Un moment donné, faut apprendre à décrocher, respirer un grand coup, se gonfler de zénitude, sourire à pleines dents et comprendre qu'on fait tous du mieux qu'on peut avec ce qu'on a. Ma mission pour aujourd'hui, si je l'accepte (et oui, je l'accepte), sera d'arrêter de juger du premier coup ceux qui font ce qu'ils peuvent pour avancer dans cette jungle.

15 octobre 2009

J'aurais pu ben pu donc pu

Je sais, je vous néglige (pas un négligé comme sur la photo mes cochons). Ça me fait chier un peu aussi (pas le négligé, que je vous néglige!). Surtout pour ceux qui n'ont de nouvelles de moi que par ce blogue (Salut Maman!). C'est que je suis débordé, soufflé de tous bords tous côtés, comme un faux toupet de chauve au vent (vous savez cette couette rebelle collée au front avec un peu de bave, celle qui démarre au dessus de l'oreille gauche pour terminer sa course échevelée à l'oreille droite?). Débordé avec la première de Vlog qui aura finalement lieu ce dimanche à 22h04 (ben oui, pas 22h03, pas 22h05, 22h04! Vive le Banquier et OD (*tousse tousse*). Débordé avec WebTV Hebdo qui roule à plein régime depuis plusieurs semaines (jamais vu autant de webtélés voir le jour (à raison de deux ou trois par semaine depuis septembre). Débordé d'idées qui jaillissent sans cesse de mon esprit, une borne fontaine créatrice qui fuit de projets à mettre en branle, de milliers de trucs à coucher sur papier et surtout, du temps à trouver pour en faire juste le dixième. Débordé avec ma vie en feux d'artifice. Badang boum bang!

Je sais, je vous néglige. J'aurais pu vous parler de plein de trucs depuis quatre ou cinq jours. De cette histoire de souris découvertes chez Première Moisson, de cette non-nouvelle menée de façon hypocrite ettotalement anti-journalistique, de ces méthodes discutables de propagation de rumeurs, de cette excellente réponse 2.0 de Première Moisson qui a parfaitement réagi via le web et qui a désamorcé ce pétard mouillé. Genre, vlan entre tes dents pis ta yeule!

J'aurais pu vous parler de Webtivi Dinner, cette rencontre de producteurs et de créateurs de webtélés québécoises qui avait lieu pour une deuxième année consécutive hier soir. J'aurais pu vous parler de cette tangente marketing que prend parfois ces rencontres, ce côté dividendes que j'aime moins, cette façon de mélanger création et revenus qui me donne parfois des frissons. Mais je sais qu'il faut bien manger pour vivre. J'aurais pu vous parler de l'immense succès de cette soirée où plus d'une centaine de créateurs s'étaient réunis dans la joie et la Boris. J'aurais pu vous dire qu'il y avait cinq, six, peut-être sept fois plus de gens que l'an dernier et que je suis heureux de voir que la webtélé prend enfin sa place dans l'engrenage médiatique.

J'aurais pu vous parler d'actualité, de ci de ça de blabla (bâââââââille...). Tout ce bruit pour rien m'emmerde un peu. Je me trouve presque chanceux de ne pas avoir de temps. Mais je vous aime bien, vous savez, et je m'ennuie quand même un peu de votre feedback, de vos coups de gueule, de votre input, de vos sourires. Alors la programmation régulière devrait reprendre son cours très prochainement. En attendant, je vais simplement m'excuser pour l'abus de parenthèses (...)

11 octobre 2009

PostSecret: Confessions on Life, Death, and God

Il y a des musiques qui vous virent à l'envers, des chansons qui vous ébranlent la corde sensible. C'est entre autres le cas de la chanson de Sia, Breathe me, qui joue à au générique de fin de l'incroyable série d'Alan Ball, Six feet under. Je suis incapable de l'écouter sans avoir le motton. C'est immanquable, dès que j'entends les premières notes de piano qui s'envolent, j'ai le coeur qui spinne trois tours et qui s'arrête en position inversée.

Quand PostSecret l'a utilisée dans sa première vidéo qui moussait la sortie de leur premier livre l'an dernier, j'ai été sous le choc. Déjà que les cartes postales mises en ligne par Frank Warren sont auto-explicatives, rentre-dedans et remplies d'humanités, d'y accoler Breathe me était pour exploser à coup sûr un torrent d'émotion en moi. Ce matin, PostSecret met en ligne son deuxième effort vidéo: Confessions on Life, Death, and God, pour célébrer le lancement de leur dernier recueil. Et bien que la chanson utilisée ne soit pas aussi percutante que celle de Sia, le résultat demeure tout de même à couper le souffle. Merci à PostSecret de nous amener aux confins de l'âme humaine.

Élections municipales à Québec

Au début de la semaine dernière, le Directeur Général des Élections mettait en ligne une webtélé, RDN-TV, qui parodiait les animateurs d'infotainment à la Jean-Luc Mongrain, dans le but d'inciter les gens à aller voter aux élections municipales le 1er novembre prochain. Cette excellente webtélé n'aura peut-être pas le mérite de déplacer les masses aux urnes mais elle aura assurément réussi à nous dérider le Canayen Québécoué.

Probablement fort conscient de la popularité des clips du DGE, la Ville de Québec lancera officiellement ce mardi une campagne de publicité sur le Web avec une vidéo sur YouTube. À l'instar du DGE, elle encourage la population mais plus particulièrement les jeunes à aller voter le 1er novembre. Elle implique certains des animateurs de radio les plus influents de la ville. Voici en avant-première de quoi il en retourne.



Peut-être moins percutante que la webtélé RDN-TV et ses parodies à l'humour grinçant, la vidéo demeure tout de même fort efficace et n'utilise pas la langue de bois caractéristique aux politiciens. Attendons de voir maintenant si tout cela fera réellement sortir le vote.

Merci à François Moisan pour le lien.

9 octobre 2009

Compter les morts

Je m'en rappelle très bien. C'était à son lancement. On était une petite gang autour d'une table. Pas beaucoup, cinq ou six personnes, trois ou quatre gin-tonic. On jasait de tout et de rien mais surtout de tout. C'est ce que j'aime des gens que je connais: on jase de tout. J'expliquais à Martine que j'aurais aimé écrire comme celle qui lançait son livre. M'oublier pour mieux mettre les autres de l'avant. Martine m'a répondu du tac au tac (mais sans Michel Forget):

- Mais tu sais Patrick, elle est scénariste. Elle doit écrire comme ça.

Et ça m'est rentré dedans, Paf!, en pleine face. Comme si elle avait pris son bouquin et me l'avait étampé dans la face. Je ne serais jamais capable d'écrire de scénario...

- Martine, j'aimerais ça aussi écrire comme ça moi aussi. Mais je suis incapable d'écrire autrement qu'au Je. Je parle toujours de moi. Moi moi moi. Mes problèmes, mes bobos, mes histoires. Et pourtant, ça me ferait tellement de bien d'arrêter de me jouer dans le nombril, d'apprendre à écrire comme une grande personne. Arrêter de parler au Je pour mieux vivre au Vous.

Parce que c'est exactement ce que Geneviève Lefebvre fait: vivre au Vous. Elle est la championne toutes catégories dans le mettage des autres en évidence. Elle sait s'effacer, rester dans l'ombre pour mieux braquer le spotlight sur les gens qui l'entourent. Elle le fait dans la vraie vie, sur son blogue Chroniques Blondes, et aussi avec ses personnages dans son roman, Compter les morts. Elle a même poussé l'exercice à fond en jouant le Je dans la peau d'un homme, Antoine Gravel, scénariste.

Et c'est ce qui fait que le roman de Geneviève est si bon. Elle a su s'effacer pour donner toute la place à des personnages plus grands que nature. Complets, complexes, attachants, détestables. Mais surtout entiers et humains. Tout comme elle.

Alors Geneviève Lefebvre, scénariste? Eh non... Geneviève Lefebvre est scénariste ET romancière. Et tellement beaucoup plus aussi. Une fille magnifique, sincère, intègre, empathique, créative et aimante. Une femme humaine et talentueuse jusqu'au bout des doigts.

6 octobre 2009

La Clique se claque

Ce n'est plus une surprise pour personne, Hugo Dumas lève aujourd'hui le voile sur le gars qui se cache derrière la Clique du Plateau. Bravo à Hugo qui se fait louanger par toute la communauté artistique ce matin. Mais, de mon côté, y a une couple de trucs qui me gossent.

Tout d'abord, je trouve moyen de la part de Dumas d'aller à l'extrême opposé de l'anonymat caractéristique de La Clique en dévoilant l'adresse civique du gars! Un peu de retenue s'il-vous-plaît. Ça sent la vengeance à plein nez. On est loin du journalisme objectif ici.

Deuxième chose qui me bogue, c'est qu'il y a aujourd'hui consensus dans le show business québécois: tout le monde déteste La Clique du Plateau. Je comprends que plusieurs vedettes ont eu peur de se faire ramasser dans un coin sombre par La Clique. Je sais fort bien qu'il a été bitch avec quelques-uns d'entre eux. Mais les artistes ont-ils oublié les années RBO? Vous croyez que RBO n'était pas bitch, eux? Je ne parle pas de talent ici. La Clique n'aura jamais le talent de Rock et Belles Oreilles. Je parle de fiel. Avouez que RBO ont fait grincer les dents de toute la colonie artistique. Et alors qu'aujourd'hui on les encense, il y a quelques années à peine, on les lynchait sur la place publique.

Je sais que pour plusieurs, c'est l'anonymat qui dérangeait. Mais honnêtement, si La Clique avait été aussi acerbe et vitriolique sans masque, vous croyez vraiment que les vedettes l'auraient porté aux nues?

1 octobre 2009

Agression

En mettant les pieds à TVA ce matin, on m'agresse. Je venais tout juste de franchir les barrières de sécurité, je n'avais même pas eu le temps d'enlever mes gants, ma tuque, mon bikini, ma brosse à dents, qu'on m'étampait une étiquette auto-collante sur le manteau.

- Bonjour Monsieur, je suis du comité des personnes âgées de TVA et tout ce qu'on vous demande aujourd'hui, c'est de sourire à une personne âgée. Vous l'aurez dans le mille, c'est exactement ce que stipulait l'étiquette en question: Sourire à une personne âgée!

Un comité de personnes âgées à TVA? Les syndiqués sont si vieux que ça au 1600 de Maisonneuve? Anyway, vous connaissez mon dégoût pour les étiquettes, surtout celles que l'on appose psychologiquement aux autres. Same difference que je dis. Je m'en suis donc débarrassé en grimpant au quatrième. N'empêche, j'ai quand même remercié la dame en lui décochant mon plus beau sourire. Je sais pas si elle l'a pris personnel.

Mais j'y pense, je devrais peut-être démarrer le comité des jolies filles de TVA?