30 septembre 2009

Laliberté non plus n'est pas une marque de yogourt

Il traverse tout l'univers, aussi vite que la lumière. Qui est-il, d'où vient-il, formidable robot clown, des temps nouveaux...

J'aurais aussi pu chanter Ground control to Major Tom mais j'aurais eu en tête toute la journée l'hallucination auditive Grand contrôle de mes totons. Je suis un peu tanné de voir tout le monde grimper dans les rideaux lorsqu'il est question de l'envolée du milliardaire au nez rouge dans l'espace. Oui je tergiverse. Oui je me pose des questions. Oui je trouve qu'il y a un énorme paradoxe entre sa fondation humanitaire et environnementale et son rêve d'aller se faire aller les mandibules dans la Station spatiale internationale. Mais notre vie à tous n'est-elle pas aussi remplie de ce genre de paradoxes? Qui peut se targuer d'être blanc comme neige, d'être un écolo-socio-humano parfait? Pas moi! En conséquence, je ne garrocherai pas la première garnotte.

Pis à part ça, regardez donc comme son ti-casque lui fait bien.

27 septembre 2009

TLMEP en direct, 1ère de la saison

Voilà, c'est reparti. Comme l'an dernier, je vais y aller de commentaires à chaud sur l'émission Tout le monde en parle de la soirée. Bonne saison!

Diane Dufresne: Ce qu'elle vieillit bien Diane. C'est fou à quel point elle a l'air jeune malgré ses 65 ans bien sonnés. On remercie l'exercice physique, une bonne alimentation ou son chirurgien pour de tels résultats?

Marc Labrèche: A-D-O-R-A-B-L-E. On ne se lasse pas d'écouter son sketch de 3600 secondes d'extase où il parodiait Christian Bégin. Que faisait-il au juste à l'émission-phare de Radio-Canada ce soir? Aucune idée mais c'est assurément un coup de canon qu'assène Guy A. dans la cible Occupation Double.

Évelyne Audet: Une des animatrices de Call-TV. Joli clin d'oeil de TLMEP de recréer l'arnaque le jeu Call-TV. Mais même si l'ex-animatrice a su bien tirer son épingle du jeu, ça me titille toujours de savoir que grâce à ses prestations à l'émission-poubelle de TQS, elle se trouvera fort probablement une place dans notre petit-écran. Mais y a-t-il autre chose derrière ce joli minois? Mystère et boule de gomme.

Marc-André Grondin: Pas grand chose à dire à part le fait qu'il avait l'air d'un chien lâché dans un jeu de quilles. Modeste ou craintif et sur les brakes?

Pas de pause publicitaire: Weird! Évelyne Audet se magazine une job...

Ariane Moffat: Champagne pour tout le monde, même le public en studio, et tchin-tchin à la santé de tous les auditeurs de TLMEP. Est où ma coupe de champagne moi?

Fabrice Luchini: Au tout début complètement disjoncté. Puis répétitif. Puis beaucoup de blabla pour rien. Un moment donné, trop c'est comme pas assez. J'aurais aimé voir Marc Labrèche à ses côtés.

Ingrid Bétancourt: Magnifique entrevue. Bravo à Guy A. pour la retenue, pour les silences mais aussi pour les questions franches et directes.

Jacques Demers: Plein de elle volonté, plein de bonnes intentions, mais beaucoup de naïveté chez notre nouveau sénateur. Qui vivra verrue. Mais on peut d'ores et déjà dire qu'il sait comment éviter de répondre aux questions!

25 septembre 2009

Salut Nelly

Je ne la connaissais pas personnellement. Je n'ai jamais eu la chance de la rencontrer. Je l'avais même à peine lue. À peine quelques pages. Et pourtant... L'annonce de sa mort a été un véritable choc. Un dix-huit roues dans un réveil brutal. Pourquoi suis-je si secoué, interpelé? Je ne sais pas trop. J'essaie de comprendre. Peut-être parce que c'était une consoeur écrivaine, peut-être était-ce parce qu'on fréquentait la même faune. Peut-être ai-je un peu pensé à toi, Mélissa, qui la côtoyait depuis quelques années à Ici et là. Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait que 35 ans. 35 ans! Putain!

Devant l'éternel combat humain, je constate à quel point nous sommes fragiles. Fragiles devant la mort, qui nous emporte dans un claquement de doigts et un clignement d'oeil mais aussi fragiles devant la vie qui parfois devient trop lourde pour nos épaules qui peinent, lorsque la douleur est plus forte que l'envie de respirer. On en est tous un peu responsable, on devrait tous en être un peu désolé. Salut Nelly.

24 septembre 2009

Mea culpa

Je m'excuse. Humblement. Je suis vraiment désolé. Je vous jure que je vais essayer de faire attention la prochaine fois. Promis juré craché. Rhhhhptttt! C'est que, voyez-vous, je suis un cycliste. Je ne fais pas exprès pour être exécrable. Mais je vais essayer de tout mon coeur de me guérir de cette infection qui me ronge la vie. Je sais, le cycliste, par définition, fait chier. Je suis comme le Ex-Lax du transport urbain, le suppositoire de la voie anale rapide. C'est peut-être le terme "pédale" qui l'accompagne qui vous fait tant peur, je ne sais pas. Je ne sais plus. En tout cas, plus depuis ce midi.

Il devait être près de 11h30 ce matin. Je me dirigeais vers ma piscine en roulant sur Ste-Catherine. La Catherine étant un sens unique en direction Est, je présume que j'ai le droit de rouler à gauche. Peut-être me trompe-je, je n'ai pas encore vérifié. Je m'immobilise au feu rouge à l'intersection Delorimier. Quand ce dernier change au vert, j'enfourche mon rutilant Peugeot 1980 couleur rouille et décolle sur des chapeaux de roues de 26 pouces, c'est-à-dire aussi vite qu'un été montréalais. Je n'ai pas fait 50 mètres qu'un jeune et gentil garçon dans sa Mazda Six-Cents-Machin-Chose me frôle la jambe droite de sa portière en me hurlant d'un ton des plus mielleux Ostie de gros crisse de cave de moron du tabarnak. Puis il enfonce l'accélérateur de son bolide jacké au plancher et disparaît dans la poussière urbaine. Peut-être tâtait-il aussi son pénis pour s'assurer de sa virilité profonde, j'en ai aucune idée, je ne l'ai pas vu.

Ma réaction? Rien! Bouche bée.

Je me creuse encore la tête à savoir ce que j'ai fait pour mériter un tel cri sauvage et primal mais je n'ai toujours pas trouvé. Si ça me vient, je vous fais signe. D'ici là, veuillez agréer, Monsieur, Madame, Mazda, l'expression de mes regrets les plus sincères de simplement exercer mon droit de respirer.

22 septembre 2009

Mon 1987

Pour faire suite à son amusant 1981, Ricardo Trogi prévoit une suite qu'il doit intituler 1987, où il y dépeindra son adolescence tumultueuse au royaume du fluo, des armoires en mélamine et des cheveux crêpés au Final Net.

Ne reculant devant rien mais surtout parce qu'on m'y a si gentiment invité dans les commentaires de mon billet précédent (ajouté au fait que je n'ai visiblement aucun self-respect), je vous présente mon 1986, 1988 et 1989.

Allez-y, riez, riez. Mais n'oubliez pas. Ma vengeance sera terrible.

21 septembre 2009

De la mode

Ok, je veux bien croire que c'est une question de mode, qu'on voit en ce moment un retour des couleurs pastels, des bottes de cowboy, des lunettes à gros contours blancs, des fuseaux, du clavier Fisher-Price dans les tounes branchées, du pied-de-poule et même des jeans délavés acid wash. Ok, je constate bien un retour vers les années 80. Je trouve ça affreux mais je le comprends. Tout est une question de mode. Eh bien non justement. Tout n'est pas qu'une question de mode. Je m'excuse mais un balai en plein milieu de la face, ÇA N'EST PAS JOLI. N'essayez pas de me faire croire, mesdames, que vous trouvez vraiment beau et sexy un mec qui se trimballe avec du poil en-dessous du nez? C'est I-M-P-O-S-S-I-B-L-E. Je le sais, j'en ai déjà eu une moi aussi. Been there, done that, go the mustache! Et vous savez quoi? Je suivais une mode. Mais je ne suis pas dupe, ça me scrappait complètement la figure. Messieurs, s'il-vous-plaît, faites preuve d'un peu de retenue lorsqu'il vous viendra à l'esprit de vous faire pousser une moquette labiale. Posez-vous une seule seconde la vraie question: qu'est-ce qui sépare le sex symbol moustachu du gros moron poilu?

18 septembre 2009

Voir la télé

Malgré quelques petites longueurs, j'avais aimé la première émission du nouveau magazine Voir à Télé-Québec la semaine dernière. Mais l'émission de cette semaine m'a littéralement scotché à ma chaise. Peut-être est-ce pour cette entrevue avec une magnifique Macha Limonchik, toute humaine? Peut-être est-ce la spontanéité des chroniqueurs Manon Dumais et Olivier Robillard-Laveaux? Peut-être est-ce le génie de Wajdi Mouawad, contagieux? Peut-être est-ce l'excellente réalisation, rythmée, aux images très photographiques mais surtout novatrice dans ses silences, une réalisation qui va encore plus loin, qui ose? Peut-être est-ce simplement que Sébastien Diaz fait une job parfaite à l'animation: posé, drôle, réfléchi, spontané, attentif, intéressé?

Peu importe, on s'en fout. Ça fonctionne. Le magazine Voir à Télé-Québec est à date ma plus belle découverte automnale à la télévision. Et comme l'émission est rediffusée sur le Web, vous n'avez aucune excuse de manquer ça. Si vous avez quarante-cinq minutes de culture à gagner, c'est ici que ça se passe.

17 septembre 2009

La raison du succès de la Clique du Plateau


Patrick Lagacé en parle ce matin dans sa chronique du journal La Presse. Il en rajoute même sur son blogue. En fait, tout le monde en parle depuis quelques temps. Rarement un blogue n'aura réussi à ce point de faire parler de lui. C'est qu'elle a des choses à dire, la Clique du Plateau, sur notre (très) petit monde artistique, sur les vedettes qui le nourrit, sur le n'importe quoi (et souvent le n'importe qui) qui bouge en son milieu. La Clique fait peur, la Clique inquiète. Comme RBO à l'époque, toutes les vedettes sont sur le qui-vive. La Clique vise large et tire sur tout ce qui bouge. Imaginez un tireur élite muni d'une AK-47 qui vise le trou du cul d'une mouche et l'atteint. Efficace et salissant. Si vous faites partie du star système québécois, à votre place, je n'aurais pas trop envie de bouger.

Mais qu'est-ce qui explique le succès fulgurant de la Clique? Certainement pas son anonymat, contrairement à ce que peut penser certains. Ce n'est pas parce qu'il se cache derrière un masque de clown qu'il est populaire (si vous n'avez pas lu l'article de Patrick, c'est un gars seul qui se cache derrière la Clique). Je crois qu'il serait tout aussi percutant si on savait qui c'est.

Vous voulez savoir pourquoi ce blogue est si populaire, hormis le fait qu'il dit souvent tout haut ce que tout le monde pense tout bas? C'est que bien que Monsieur Clique canarde tout le gratin artistique, il ne s'attaque jamais directement à l'individu. Ce sont les travers professionnels des vedettes qui lui font déverser son fiel ou s'attirent ses railleries, jamais les vedettes elles-mêmes. Une photo ridicule, une tenue vestimentaire débile, un mot mal placé, une émission plate, une pub stupide. Et je vous jure, ce n'est pas donné à tous d'écrire de cette façon. La Clique marche constamment sur la corde raide. Un pied sur le fil et l'autre dans le vide. Mais elle ne dépasse jamais les limites. Il n'y a pas un membre de la communauté artistique qui peut avancer que la Clique l'ait déjà insulté. Et simplement pour cette raison, Mr Clique aura gagné mon respect.

15 septembre 2009

Quand je vois ça, je bande-annonce

Scène un: Fondu au noir, bruits de pas.
Scène deux: Des souliers vernis avancent sur un linoléum gris sale. Fondu au noir
Scène trois: Travelling sur des néons qui crépitent au plafond, lumière bleutée. Fondu au noir, bruits de pas persistants.
Scène quatre: ...

Voilà de quelle façon débutera la bande-annonce de Fol allié. En janvier, mon amour pour la vidéo et la littérature se mêleront adroitement dans une bande-annonce web qui deviendra, je l'espère, virale. Vous savez à quel point j'aime l'idée. J'en parle sans arrêt depuis tellement longtemps. J'ai aimé ce que Marie-Julie a fait avec Mama Cool et je suis complètement tombé sur le cul pour celle que Random House Mondadori a créé pour la version espagnole de Le froid modifie la trajectoire des poissons de Pierre Szalowski.

Samedi matin, l'auteur Jean-Simon DesRochers me contacte pour me partager le lien vers la bande-annonce de son roman, La canicule des pauvres, à paraître aux Herbes Rouges le 29 septembre prochain. Ce qui me frappe, outre le fait que la webvidéo se prête encore une fois à merveille à la promotion d'un roman, c'est à quel point il suffit de peu de moyens pour obtenir des résultats qui dépassent toutes les attentes. Dans le cas présent, JSDR a tout fait par lui-même. N'a suffit que d'une bonne idée, de quelques connaissances en montage et surtout, de temps et de patience. Et le résultat surprend et accroche.

De mon côté c'est décidé. Que mon éditeur suive financièrement ou non, j'en réaliserai une. Je suis même prêt à payer ce truc de ma poche. Parce que j'y crois, parce que je pense qu'il y a une place pour ce genre de pub virale, parce que je persiste à croire que le Web est le meilleur nouvel outil de promotion pour la nouvelle littérature.

Bande-annonce du roman LA CANICULE DES PAUVRES de JSDR sur Vimeo.

14 septembre 2009

Mon 1981

Été 1981En 1981, j'avais pas grand chose pour moi. J'étais grassouillet, j'avais la voix d'un castrat, j'avais les cheveux trop longs, comme la plupart des petits garçons de cette époque et je trimballais mon petit peigne noir dans la poche arrière de mon jeans. Tous ces ingrédients mis ensemble, je passais plus souvent qu'à mon tour pour une fille. On m'a trouvé tous les surnoms inimaginables: Bouboule, Miss Tapette et sans oublier l'inévitable Pédé (toujours ben pas de ma faute si je m'appelle Patrick Dion). En passant, pour les génies qui pensent que je l'ai jamais entendu auparavant, non, je ne suis pas le frère de Céline.

Malgré tout ce qui jouait contre le pré-ado bizarre que j'étais, j'ai frenché pour la première fois cette année-là. Bien adossé sur ma chaise bancale aux petites vues du vendredi soir du Centre des loisirs de Bois-des-Filion, je tournais ma langue sans arrêt et à une vitesse vertigineuse dans la bouche de Cindy Derby (c'est son vrai nom, je vous jure), une petite blondinette quasi-albinos dont j'avais entendu dire qu'elle pourrait s'intéresser à moi si j'étais déniaisé. Bien sûr que je l'étais, ne l'étions-nous pas tous à cet âge, même si on n'avait aucune idée de ce que ça voulait dire? Je me rappelle qu'on se faisait des compétitions à savoir qui frenchait le plus longtemps. Je m'étais rendu à deux minutes mais je ne me rappelle pas avoir gagné quoi que ce soit.

Quand, le lundi suivant, mon amour pour elle s'est envolé, j'ai commencé à jouer à la tague barbecue dans la cour de récré. Je courais après Louise Laplante alors que la cloche sonnait pour nous ramener à l'ordre et dans nos classes. Malheureusement pour Louise, elle n'avait pas de seins à l'époque. Peut-être n'en a-t-elle pas plus aujourd'hui, allez savoir. Mais ce n'était pas une raison pour m'empêcher de tenter de les découvrir à travers son coton ouaté blanc. Elle avait l'air de trouver ça bien drôle parce que je me rappelle plus de son rire que de ses seins. Je commençais à explorer le sexe opposé sous toutes ses coutures. Je jetais un oeil curieux et hypocrite sur les magazines Hustler et Playboy au dépanneur et les feuilletais chez mon ami Benoit, bien caché dans sa cabane de jardin. J'achetais mes premières clopes, des Craven "A" qui goûtaient la mort et que j'allais fumer adossé à la clôture de la cour d'école. J'avais un crush sur Josée Dumont qui elle, était déniaisée parce qu'elle sortait avec un gars de 14 ans mais qui de toute façon, préférait mon cousin, plus grand, plus mince, les yeux plus bleus. Qui aurait prédit que je vieillirais si bien?

Janvier 1981

Sur l'heure du midi, après avoir engouffré mon Nutri-diet aux fraises dans le temps de crier Kiss, je faisais la file aux tables de Mississippi et jouais à corps perdu en essayant simplement d'avoir l'air hot en lançant la rondelle de bois de toutes mes forces. J'espérais qu'elle fracasse les rondelles ennemies dans un bruit retentissant. Malheureusement, plus je lançais fort, plus je passais à côté des rondelles adverses. Je commençais à m'intéresser à la musique et plus particulièrement à AC/DC et Black Sabbath mais on me faisait craindre le pire en affirmant que les disques de heavy métal étaient joués par des groupes sataniques qui faisaient des messes noires en croquant des têtes de chauve-souris. Je ne prendrai pas de chances, une ou deux années plus tard, et vendrai tous mes disques de métal dans un élan de chrétienté spontanément parental.

J'étais capable d'engouffrer quatre cheeseburgers, une frite et un milkshake aux fraises chez McDo. Et malgré mon léger embonpoint, j'étais bon dans la plupart des sports. Ça n'empêchait pas, par contre, de ne jamais me faire choisir dans les premiers au ballon chasseur. Pour s'amuser, quelques amis et moi tirions des plombs dans les grenouilles au bord de l'eau. On les attachait à un petit poteau de bois, peloton d'exécution improvisé, puis on tirait le seul plomb qu'on possédait dans le batracien. Une fois bien plombée (mort ou non), on s'amusaient à ressortir le plomb pour l'utiliser sur une nouvelle victime amphibienne. De vrais petits tortionnaires en puissance. Quand on s'emmerdait, on faisait des feux de camp sous la section préfabriqué de l'école ou on s'amusait à jeter des pots de yogourt dans les pare-brises des voitures depuis nos fenêtres d'autobus. Dieu qu'on était stupides et inconscients.

Après avoir vu 1981, le film de Ricardo Trogi hier et après avoir écrit ces quelques lignes, je m'aperçois qu'il y a tant de choses simples et sans importance (aujourd'hui) qui nous marquent de façon indélébile pour tant d'années. Qui serais-je si mon parcours avait été le moindrement différent? Et surtout, serais-je ici aujourd'hui?

Noël 1981

13 septembre 2009

Technico-dominicalité

J'adore Apple. J'aime le design des machines, la simplicité d'utilisation, la puissance de la bête. Mais je ne comprends pas comment, en 2009, un manufacturier peut se permettre de lancer sur le marché du matériel que tu dois jeter à la poubelle lorsqu'il est sale ou que la batterie est à plat. Le iPod et la souris Mighty Mouse en sont de parfaits exemples. EtVlan, un ami Twitter, m'a fait part de ce tutoriel qui explique comment désassembler le corps de sa Mighty Mouse pour nettoyer son nombril crotté lorsqu'il cesse de rouler convenablement. L'opération à nombril ouvert est prévue pour cet après-midi et elle semble un peu risquée. Mais c'est tout de même moins pire que d'avoir à jeter sa souris entière simplement parce que la roulette nous empêche de défiler les menus vers le bas. Et ça permet de remédier un tout petit peu à cette incroyable absurdité.

Une autre trouvaille dominicale, celle-ci trouvée chez Mashable France (via MacQuebec), est cette nouvelle application Facebook, Facebook Desktop Notifier, qui permet de suivre les statuts des amis sur l'ultime réseau social, sans avoir à se brancher au site. L'application permet également de mettre ses propres statuts à jour. En voilà une ingénieuse trouvaille pour nous empêcher de travailler alors qu'il est bien plus amusant de répondre aux statuts niaiseux de ses amis que de faire ses comptes, écrire un roman ou se branler terminer ses devoirs. Et pour les propriétaires de PC, eh bien, gna gna!

12 septembre 2009

Le show des Moquettes Coquettes

Vous avez vu les Moquettes hier? Non? Pas de problème. Leur émissions est en rediffusion sur le site de Télé-Québec. Je viens à l'instant de regarder le premier épisode de la toute nouvelle émission des cinq filles. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, les connaissant très peu. Bien que je savais qu'elles étaient issues de la radio, qu'elles avaient eu la chance de trimballer un spectacle dans quelques salles montréalaises, je n'avais jamais pris la peine d'embarquer dans leur folie auparavant. C'est donc vierge de corps d'esprit que je me suis avachi devant mon ordinateur cet après-midi pour goûter à l'humour du quintette.

Le premier mot qui me vient à l'esprit après avoir visualisé le show est inégal. Je n'ai pas aimé les sketchs, les personnages qu'elles incarnent et le décor carton-pâte. Je me suis cru à certains moments dans une vieille émission de Samedi de rire. J'ai trouvé le show trop long et je pense qu'il gagnerait à être resserrée.

J'ai pas contre adoré la spontanéité, les filles quand elles sont elles-mêmes, les petits moments improvisés, l'idée d'oser inviter quelqu'un de controversé (l'invité de la semaine était Richard Martineau qui s'est sûrement gagné la sympathie de plusieurs) et surtout, le segment Les grands dossiers qui présente une revue des sujets chauds de la semaine, en tour de table, épicée à l'humour des Moquettes. Les meilleures perles proviennent d'ailleurs de ce segment.

Morale de cette histoire: Restez vous-mêmes les filles, c'est comme ça qu'on vous aime. En tout cas, c'est comme ça que votre folie est la plus contagieuse. Je serai présent pour le prochain épisode. Mais en rediffusion web, évidemment.

11 septembre 2009

Séparer le Mongrain de l'ivraie

Le Québec tout entier parle aujourd'hui de cette superbe montée de lait de Jean-Luc Mongrain à LCN, où il pourfend, le système scolaire, les profs, la CSDM, la ministre de l'éducation et tutti frutti quanti. Pat Lagacé en parle, Dom aussi, Richard Therrien en glisse un mot de même que la Clique du Plateau et Dans ma télé. On rit à s'en taper les cuisses, on qualifie cette farce de moment d'anthologie, on appelle cette envolée du "grand Mongrain". Moi, je regarde ce clip et je trouve ça tout simplement bas. Vil. Parce que je vois les ficelles grosses comme des câbles de funiculaire derrière cette montée de lait. Du Mongrain plus grand que Mongrain. Une mise en scène où tout y passe. Une pièce de théâtre avec un bouffon qui va jusqu'à enfiler une paire de pantoufles roses en forme de dinosaure pour magnifier sa farce encore plus. Il devait baver sur le plancher avant son show en sachant à quel point il allait déclencher une rigolade sur le plateau et une salve d'applaudissements chez ses téléspectateurs.

Je sais qu'on a ici affaire à de l'infotainment. Je sais que Mongrain n'est pas le seul énergumène qui pratique ce genre télévisuel. Le problème, c'est qu'il est le plus crédible de sa gang. L'autre problème, c'est qu'il y a des gens qui ne savent pas que c'est du pur divertissement. Il existe des petits Monsieur pis des petites Madame qui avalent tout ça, à grandes lampées, croyant dur comme fer la parole selon Saint-Mongrain, sans se poser de questions: Ben oui Gertrude, je te jure que c'est vrai tout ça, Mongrain l'a dit. Ça me pue au nez parce que ce genre de mascarade fait toujours des victimes et des dommages collatéraux. Ça me hérisse le poil parce que ces gens-là, qui croient tout et rien sans remettre en question, sans soupeser le pour et le contre, sans comparer les informations et sans se renseigner sur la véracité de certains faits, eh bien, ce monde-là, ÇA VOTE! Demandez-vous pas pourquoi on réélit des zygotos aux quatre ans à l'Assemblée Nationale et au Parlement. Séparer le Mongrain de l'ivraie, c'est pas toujours une bonne idée.

9 septembre 2009

Parlons joujou

Je ne suis plus un gamer depuis belle lurette. Le dernier jeu que j'ai possédé a été Sonic sur Sega. Ça vous donne une petite idée de l'ère préhistorique dont il est question. Par contre, lorsque mon fils a reçu le jeu Guitar Hero World Tour de la compagnie Activision à Noël l'an dernier, je dois avouer que je m'y suis fait prendre. Passant de bébé-lala guitariste en mode facile, j'ai fini, au bout de plusieurs heures de pratique, à me rendre au niveau expert pour la majorité des chansons.

À sa fête en août, il a reçu cette fois le jeu Guitar Hero Smash hits, une collection des meilleures chansons des premiers jeux Guitar Hero mis en marché par la compagnie québécoise Beenox Studios. Par contre, le niveau de jeu étant plus difficile et les chansons moins connues, j'ai pas vraiment accroché. (Sauf YYZ de Rush à laquelle mon fils et moi torchons des culs)

Aujourd'hui sort le jeu Beatles Rock Band, l'équivalent de Guitar Hero mais fait par la compagnie américaine Electronic Arts. Et c'est là où le bât blesse. Les instruments de musique de Guitar Hero ne sont pas compatibles avec celles de Rock Band. Il faudrait acheter le kit au complet à 250$ pour pouvoir jouer à ce nouveau jeu dont tout le monde parle. Et je trouve que c'est d'un ridicule sans bon sang! J'ai déjà tous les instruments pour Guitar Hero. Ça suffit les achats en double pour tout et pour rien. Maudite consommation de merde! Vous trouvez pas ça ridicule, vous, d'avoir quatre guitares, deux sets de drums et deux micros pour jouer à deux jeux? C'est déjà assez pénible d'avoir parfois à posséder deux ou trois consoles (Dieu merci, ce n'est pas notre cas). Pourquoi les manufacturiers ne se sont-ils pas entendus pour fabriquer des instruments compatibles entre les plateformes? N'ont-ils pas pensé qu'ils en vendraient au minimum le double de leurs satanés jeux de cette façon?

N'empêche que lorsqu'on voit le résultat final, on a un peu envie de tout sacrer nos beaux principes par-dessus bord...

MàJ: D'après le site Rockband.com, les guitares Activision incluses dans la version Guitar Hero World Tour pour Wii sont compatibles avec The Beatles Rock Band. La charte complète de compatibilité est ici. Rock'n'roll! (merci Gina)

4 septembre 2009

Les parfaits, c'est fait avec de la crème glacée

J'ai toujours été poussé à la perfection. Par des regards, des remarques, des non-dits bien sentis. Un accord tacite entre un père perfectionniste et imparfait et son enfant-argile au regard-piédestal. Je devais être parfait dans tout ce que j'entreprenais. Dans les sports, à l'école, dans ma toute petite vie de tous les jours. Parfait. Sinon c'était l'échec. Total. Complet. Je n'avais pas le droit de manquer, pas le droit d'être faible. Pour moi être second équivalait à être dernier. Allez savoir si c'était vrai. Mais c'était assurément ma perception d'enfant blessé aux failles béantes.

Aujourd'hui encore, j'essaie quotidiennement d'atteindre cette saloperie de perfection. Dans mes moindres gestes, dans la plus petite des syllabes soufflées. Je ne suis pas fou. Je sais très bien que ce sont de lourds bagages d'enfant que je porte. C'est lourd à porter, oui, mais c'est surtout ardu à s'en débarrasser. La glaise a séché, elle s'enlève croûte par croûte, peu à peu. Et ça ne s'effrite pas très vite.

Aujourd'hui encore, j'essaie quotidiennement d'atteindre cette saloperie de perfection. Et ironiquement, la dernière chose que j'ai envie de devenir dans la vie, c'est quelqu'un de parfait.

2 septembre 2009

Montréal, c'est toi ma ville!

On voit souvent des gens de l'extérieur de la ville afficher un air de dédain face à la métropole. On en entend même quelques-uns y aller de préjugés gros comme le bras (plus gros que le mien mettons):

- Montréal c'est sale, ça pue, c'est laid.
- J'oserais jamais élever mes enfants dans cette ville-là. Y a pas d'espaces verts.
- C'est plein de drogués pis d'itinérants.
- C'est tellement violent. Y a des meurtres, des vols, des agressions. C'est ben trop dangereux.

Je suis content d'habiter la ville, heureux d'y élever mon fils, enchanté qu'il ait accès à une vie culturelle florissante et qu'il puisse côtoyer une panoplie de gens de différentes origines et cultures. J'y vis comblé, en sécurité, dans la paix et la tranquilité.

Je trouve dommage que l'image de Montréal soit telle. Je ne peux m'empêcher de dire que les gens sont bien mal renseignés, surtout quand je lis une nouvelle semblable. Le vol, les agressions, le taxage, le vandalisme, la violence et les meurtres existent partout. À Laval, à Longueuil, au Saguenay, en Abitibi, partout! La banlieue laisse miroiter une aura d'ordre et de paix qui n'est que poudre aux yeux. À l'extérieur de la ville, on glisse sous silence les événements qui pourraient ébranler notre faux sentiment de sécurité. Ce n'est pas parce qu'on ne parle pas d'une chose qu'elle n'existe pas. Y croire, c'est de jouer à l'autruche.