31 juillet 2009

Et alors, la webtélé?

À WebTV Hebdo, on nous approche parfois pour avoir notre avis sur la situation de la webtélé au Québec et ailleurs dans le monde. Vous savez ce que nous sommes: de bons samaritains au grand coeur, toujours prêts à aider notre prochain. Je me suis fait approcher la semaine dernière par une jeune étudiante à la maîtrise qui réalisait un mémoire de fin d'études sur la rencontre entre les deux sphères médiatiques que sont la télévision et Internet. Elle désirait avoir nos impressions sur la relation particulière qui existe entre les deux mondes et sur la manière dont la webtélé tire son épingle du jeu pour se faire valoir face à ce nouveau concurrent de taille. Elle voulait également connaître la mission de WebTV Hebdo et ce qui nous avait poussé à créer le site. Je lui ai donc pondu quelques lignes sur le sujet et sur la situation en général de la webtélé au Québec. Puis je me suis dit que ça serait aussi une bonne idée de partager cet avis avec vous, question de savoir ce que vous en pensez, où vous vous situez dans tout ça et comment vous entrevoyez l'avenir à court et moyen terme de cet univers en constante ébullition qui en est encore malgré tout à ses premiers balbutiements.

Alors voici, prenez et mangez en tous, ceci est mon avis livré pour vous (dingilingiling):

Le buzz des diffuseurs standards qui s'intéressent au web est relativement nouveau. Au tout début des webséries, la télévision (et les journaux et la radio) voyait en Internet une mode plus ou moins passagère. Ils savaient qu'Internet était là pour rester mais ils ne pouvaient se douter que les gens modifieraient leur façon de consommer du divertissement. C'est que la télé a toujours cru qu'elle détenait la vérité. Mais voyant l'engouement de la population pour certaines séries (je pense entre autre aux Têtes à Claques) et surtout à la possibilité de faire de l'argent via le web, les diffuseurs se sont lentement tournés vers le web. Au tout début, ils ne savaient pas trop comment aborder le phénomène. Reprises de séries déjà diffusées sur Internet (TAC), segments d'émissions diffusées à la télé, y compris certaines exclusivités (Archives Radio-Canada, Tout sur moi, etc.), diffusions en direct et reprises d'émissions standards puis finalement de nouvelles séries faites strictement pour le web (Mère Indigne) ont graduellement fait leur apparition. La télé a longtemps attendu de voir la direction que prendrait le Web avant d'oser se lancer dans l'aventure. Le problème, c'est que sur le web, les courants changent rapidement et il n'existe pas de format standard et préétabli. Une série peut comprendre des capsules de 2 ou 3 minutes allant même jusqu'à 15 minutes ou plus. Ces dernières peuvent être regroupées dans des groupes d'épisodes fermés (MaBlonde.tv) ou pas (Chez Jules). À cause de toutes ces variables, les producteurs télévisuels indépendants sont encore craintifs à suivre le mouvement alors que les diffuseurs y vont en ce moment à tâtons. Bien sûr, Monsieur et Madame Tout le monde peut posséder sa propre websérie, mais ce sont encore les grands diffuseurs (et les créateurs professionnels) qui ont l'argent pour créer des séries de qualité et qui savent comment faire. Cette tendance ira, à mon avis, en augmentant. Surtout qu'il est beaucoup moins dispendieux pour eux de créer une série pour le web que pour la télévision. Ne reste plus qu'aux publicitaires à emboîter le pas. Et ce sont les diffuseurs qui réussiront à leur vendre la plus value du web, surtout grâce à son public ciblé. Sinon, comment expliquer que des émissions comme Bazzo.tv réussit à vendre du temps d'antenne plutôt cher alors qu'elle n'attire qu'une dizaine de milliers de téléspectateurs et qu'une websérie comme Mère Indigne attirant trois voire quatre fois plus de personnes trouve difficile de placer de la pub à faible coût. L'argent se fera (aujourd'hui et pour les prochaines années à venir) dans la cour des diffuseurs standards (et des maisons de production). Mais qui sait, tout ça pourrait changer du jour au lendemain. C'est un peu ça le web.

Il existe en ce moment une trentaine de webséries "sérieuses" au Québec (je ne compte pas les chaînes Youtube des utilisateurs qui se servent de leur caméra à toutes les sauces dans la vie de tous les jours). Les États-Unis sont définitivement en avance sur nous, avec trois ou quatre séries qui voient le jour à chaque semaine. Plusieurs d'entre elles font d'ailleurs de l'argent. Il faut tout de même avouer que c'est pas encore le Pérou, même pour eux. Tout le milieu sait que l'avenir passe par le web mais personne n'a encore trouvé le modèle parfait pour rendre tout ça rentable. Au Québec, les Têtes à Claques et Bombe.tv ont réussi à tirer financièrement leur épingle du jeu. Par contre, dans le cas de Bombe, ils fonctionnent beaucoup par placement de produit pour ce faire. Les autres essaient encore de trouver la recette secrète en y allant à coups d'essais et erreurs. Quand aux TAC, ils ont l'avantage d'avoir été les premiers. C'est un peu ça qui garantit le succès aussi. La France, elle, semble plutôt en retard sur le phénomène, malgré les soixante millions d'habitants qui composent l'Hexagone. Je ne comprends pas trop pourquoi.

On a décidé de créer WebTV Hebdo pour des raisons très différentes les uns des autres. Personnellement, je voulais le faire parce que j'ai toujours cru au talent créatif des Québécois. La télé, les journaux, la radio, l'édition ne montrent que la surface de ce qui se fait ici. Je me suis toujours fait un point d'honneur de faire découvrir les talents cachés. Je l'ai fait à la radio et j'avais envie de le faire sur le web parce que la plate-forme de création est sans limite: il y a autant de musiciens que de vidéastes que d'écrivains sur Internet. Mais le surplus d'information créé un océan où il peut être ardu de se retrouver. C'est pourquoi il est important qu'un site comme WebTV Hebdo existe. Pour dénicher les séries, eh bien, on surfe sans arrêt. On erre sur les sites spécialisés, on lit beaucoup et on tend l'oreille. À part les fils RSS, il n'y a pas de recette secrète non plus. C'est le nombre d'années d'expérience qui fait qu'on finit par savoir de quoi on parle (mais on peut toujours se tromper quand même!)

29 juillet 2009

Un hommage en plastique

Je sens qu'il y en a qui vont me trouver poche. Peut-être même baveux, arrogant et de mauvaise foi. Encore... J'avais envie de réagir suite au flashmob en hommage au chanteur en plastique qui s'est déroulé à Montréal avant-hier. Je n'ai rien contre les flashmobs, remarquez. Je trouve l'idée du "chaos organisé" géniale, je maintiens qu'il est bon d'ébranler occasionnellement l'ordre établi, tant que tout demeure dans la légalité et le respect de tous. J'ai même déjà pris part à quelques-uns d'entre eux.

Là où je décroche, dans le cas de celui de Michael Jackson, c'est qu'il manquait justement de spontanéité. Pas d'improvisation, zéro surprise, aucun chaos. Un flashmob, par définition, est un rassemblement éclair dans un lieu donné, où les auteurs de la manifestation exécutent leur truc et se dispersent aussi rapidement qu'ils sont arrivés. En d'autres mots, do your thing and beat it, beat it, beat it, ouhhh.

Dans le cas présent, il y a eu quatre représentations de la même chorégraphie à quatre endroits différents. À chaque fois, les danseurs étaient accompagnés des caméraman et journalistes des grandes chaînes montréalaises. Difficile de passer inaperçu mettons. Mais ce qui est encore plus drôle et dépourvu de surprise, c'est que bon nombre de personnes qui composaient le public qui prenaient part à l'événement suivaient candidement l'attroupement d'un endroit à l'autre. Disons que pour l'effet de fraîcheur, on repassera. Quand en plus l'événement rassemble deux haut-gradés de la police de Montréal et la ministre de l’Immigration et des communautés culturelles, Yolande James, ben là, tu te dis que ça sent quasiment le coup politique. Vous savez, moi, créer le chaos avec la police, je trouve ça un peu ronflant. Ça laisse en bouche un petit arrière-goût arrangé avec le gars des vues, ce qui va un peu à l'encontre de l'idée-même du flashmob. Anyway, si vous ne l'avez pas encore vu, faites-vous votre propre opinion ici.



Là vous venez de voir la chorégraphie, vous l'avez probablement trouvé cute, vous avez peut-être tapé du pied, chanté ou pire, vous vous êtes levés sur votre chaise et avez commencé à danser, mûs par une illumination folle ou par l'esprit de la danse. Je sais, vous me trouvez sûrement encore plus chialeux. Et peut-être avez-vous un peu raison. Mais je l'aime pas Michael Jackson. Pas plus aujourd'hui que lorsque j'avais quatorze ans. Alors quand vous organiserez un flashmob où il sera possible de faire tous en choeur du head banging sur du Iron Maiden, on en reparlera. Ça, ça me rappellera ma jeunesse...

Edit: Le Devoir nous apprenait aujourd'hui que trois boîtes de communication se cachent derrière l'événement. Merci pour le tuyau Catherine.

À lire aussi, un bon billet de Jean-Philippe Rousseau de Frogmedias.

24 juillet 2009

Bande de caves?

En 1970, dans le Grand Théâtre de Québec, l'artiste Jordi Bonet créait une immense murale en trois volets coulée dans le ciment du Hall de la salle Louis-Fréchette, où il apposait la désormais célèbre phrase du poète Claude Péloquin: Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves. C'est assez! N'en fallait pas plus pour semer la controverse dans tout le Québec. On croirait peut-être que les mentalités s'enflammeraient un peu moins quarante ans plus tard. Semblerait qu'il n'en est rien.

J'écrivais ce matin sur Twitter/Facebook la variation suivante: Vous êtes pas tannés du climat, bande de caves!, en réaction aux gens qui chialent sans arrêt sur la température mais qui ne changent rien à leurs habitudes quotidiennes. Sans créer autant de remous que Bonet (faut pas exagérer quand même), on m'a traité de chialeux, de malengueulé et de porteur d'insultes.

Pourtant... Pourquoi nul ne dit rien? Comment ça se fait que personne ne change rien à ses habitudes de vie, la vérité leur explosant aujourd'hui en pleine face? La température que l'on subit depuis les dernières années n'est rien d'autre que le résultat direct de nos façons de vivre modernes. Qu'est-ce qu'ils attendent? Qu'est-ce que vous attendez? Qu'est-ce que moi-même j'attends? Vous voulez posséder un VUS de l'année avec un maudit gros moteur, deux voitures dans votre entrée de garage, téter du gaz comme un bébé affamé au sein des pétrolières, jeter vos cochonneries partout dans la rue, ne pas récupérer, ne pas réduire votre consommation de bébelles de toutes sortes made in China, ne rien faire contre les compagnies qui polluent? Eh bien, subissez-en les conséquences.

23 juillet 2009

Twitter ou l'ambivalence d'un phénomène


Je ne vous ai jamais vraiment entretenu pour la peine du phénomène Twitter, outre quelques apartés ici et ailleurs. Je vais donc remédier à ça tout de suite. Je suis actif sur la plate-forme de micro-blogue depuis le 13 décembre 2007. Selon Twitterholic, je suis au 76 467 ième rang mondial et 95 ième à Montréal avec 741 followers. Qu'est-ce que cela veut dire? Sweet fuck all à mon avis. Mais bon, tout le monde aime bien lancer leurs statistiques à la gueule des autres techno-geeks de la planète, pourquoi m'en empêcherais-je?

La plate-forme est une merveilleuse machine technologique. Il est possible d'obtenir des nouvelles à la tonne avant tout le monde, y compris avant les journalistes et salles de nouvelles. Mais justement, un moment donné, trop c'est comme pas assez. Il faut parfois fouiller à travers une pile sans fin de déchets divers avant de mettre la main sur la perle. C'est ce que les experts appellent maintenant le bruit Twitter. Et du bruit, croyez-moi, il y en a. Assez pour devenir aussi sourd qu'après une séance de masturbation intensive. Et c'est d'ailleurs aussi un peu ça Twitter. Une séance de masturbation en gang.

Twitter c'est aussi un couteau à deux tranchants. Derrière les nombreux avantages de l'outil de recherche, il y a aussi quelques désavantages ennuyeux. Parce que quand il ne parle pas de lui-même (Twitter est le pire nombriliste que je connaisse (je suis beau, je suis bon, regardez-moi, tout le monde parle de moi...)), on constatera que c'est un maudit beau bidule pour se faire piquer des idées, que c'est une sacrée belle machine à nourrir des histoires aux vautours. Pas surprenant que le symbole de Twitter soit un oiseau. On y tweet tweet tweet sans arrêt et on a souvent l'impression de fournir les graines aux "grandes" histoires, à celles des médias standards qui, grâce au phénomène, n'ont même plus à se taper le fil de presse. En 2009, les Twitteux sont les nouveaux filtres à nouvelles bénévoles, que ça leur plaise ou non.

Bien sûr, j'apprécie toujours autant les nouveautés que je découvre ici et là mais il ne faut pas s'en cacher, je finirais assurément par croiser quatre de ces articles sur cinq quelques heures plus tard via Facebook ou grâce aux nombreux fils RSS auxquels je suis abonné.

C'est peut-être seulement moi mais je sens dernièrement un léger désintéressement du phénomène dans la communauté, surtout depuis que les médias mainstream en ont fait leur nouvelle coqueluche technologique. Je sais que je me ferai peut-être fusiller par quelques geeks qui ne jurent que par la bête sauf qu'après m'être éloigné de celle-ci durant quelques jours, force est d'admettre que je n'ai vraiment pas manqué grand chose.

22 juillet 2009

Des sorciers geeks?

On est allé voir en famille le film Harry Potter et le sang barbouillé vendredi dernier. Avez-vous remarqué que les sorciers, outre le fait qu'ils font de la magie, donnent l'impression de vivre dans un autre siècle? Balais, hiboux, châteaux, chandeliers, potions, on dirait qu'ils n'ont jamais emboîté le pas à la technologie. Les magiciens utilisent même un système postal complètement farfelu. Ils s'envoient des lettres par hiboux.

Ceux qui connaissent les personnages de J.K. Rowling ont déjà croisé Arthur Weasly, père de Ron et des frères jumeaux Fred et George. Un trait particulier d'Arthur Weasley est qu'il est totalement fasciné et à l'affût des inventions des Moldus, les "humains ordinaires". En visionnant le film, une pensée m'a traversé l'esprit. S'il existait une version technologique du monde des sorciers, si les magiciens avaient leur propre version d'Internet, si un monde 2.0 de la sorcellerie venait à voir le jour, communiqueraient-ils inévitablement entre eux sous forme de e-boux ?

20 juillet 2009

Et puis la vie

C'est bon de vivre. De voir les amis, de sentir le soleil, de partager les fous-rires, de manger, boire, manger, boire, manger, boire... Tant de magnifiques instants tournent autour de la bouffe. Les plus beaux moments en famille, les instants précieux entre amis, ça se vit souvent autour d'une table avec quelque chose dans la bouche (je ne parle pas d'une table de massage). Prenez ma vie, par exemple, absent que j'étais sur ce blogue depuis quelques jours. Eh bien, j'étais occupé à vivre, à manger et à boire avec les amis, avec les gens précieux qui composent mon existence, ces personnes sans qui je serais peu, petit, minuscropique sur cette insignifiante planète. Enlevez les gens qui vous prennent la main et la marche de votre existence ne veut plus rien dire.

Donc, de la bouffe et des amis, ouais, et du vin aussi. Des regards sincères, des sourires qui vous disent en silence, J'y serai avec toi, peu importe la tourmente, solide, à tes côtés. Des barbecues improvisés d'un mercredi ordinaire, des sushis d'un jeudi surprise d'anniversaire pour un fils qui a déjà l'étoffe du grand, de l'enfant qui remplit trop vite ses habits d'adulte et qui me regarde, malgré les fois où je le fais suer, en me disant peut-être Merci papa. Peut-être... Des vendredis de vélo, où le soleil se permet une caresse sur nos visages. Pas de lumière sans ombre, l'avantage des nuages si fréquents dans cet été 2009, c'est qu'on n'aura jamais tant apprécié la beauté et la chaleur des rayons de l'astre suprême. Des vendredis soirs popcorn, à tenir le bras de l'amoureuse dans le noir pour ne pas qu'elle sursaute dans un passage particulièrement stressant du film, mais en sachant fort bien qu'elle sursautera quand même. Et des samedis de pluie qui ne tombe pas, remplis d'amis qu'on n'avait pas vus depuis trop longtemps. Des âmes complices et de nouvelles rencontres. D'une mariée magnifique, de l'envie de s'imbiber du bonheur communicatif dans ses yeux. D'un dimanche à faire voler les spatules, les cuillères et les bols. De ce dimanche à préparer son pesto maison ou à lécher le fond du bol de pâte à biscuits, en chantant à tue-tête pour s'assurer de partager ce bien-être au reste du monde. Regardez comme on est bien. Sentez à quel point on saisit le moindre instant, la petite parcelle, l'éphémère qui deviendra éternel.

17 juillet 2009

Envie

J'avais envie de vous écrire quelques mots, douce brise dans votre cou, de vous insuffler des lettres informes, un genre de soupe, limite compréhensibles mais réconfortantes, chaudes. J'avais envie de vous partager des trucs de la vie, de tous petits trucs qui font que j'avance, jour après jour, dans le tumulte ou l'euphorie. Un espèce de vent fou. J'avais envie de vous cligner de l'oeil, comme ça, complice, entre une lune assombrie et un soleil aveuglant. J'avais envie de plein de choses, de tout ça mais...

Je m'abstiendrai, quitterai sur la pointe de pied, irai fouler la terre qui s'assèche, en surface, un peu comme moi et retiendrai mon souffle, de peur que l'été qui commençe aujourd'hui ne se termine demain.

14 juillet 2009

Une autre tranche de vélo pour souper?

J'en remets une tranche avec le vélo. C'est certain que le Tour de France y a à voir. Mais y a pas que ça. M'enfin, pas directement. C'est qu'il y a ce satané Foglia qui en remet aussi régulièrement avec le Tour, toujours avec le même aplomb, la même verve. C'est mon pain quotidien estival, les fibres en moins, même si été y a pas. Pour ceux qui commencent à avoir hâte que je cause techno, web et vidéo, revenez en septembre, j'y serai plongé par-dessus la tête et c'est tout ce que vous recevrez de ma part (pas tout à fait puisque je vous inonderai d'auto-promos de mon roman, à vous en faire régurgiter du papier journal). En attendant, je décroche et je pédale.

Je lisais la dernière chronique de Foglia sur le Tour et ça m'a donné envie d'en apprendre un peu plus sur le journaliste. C'est que j'ai beau lire l'homme depuis un petit bout, j'ai jamais pris la peine d'en connaître un peu plus sur le dividu (dixit Claude Poirier). En vrai gars de web, ma première ressource se trouve chez Wikipedia. Mais bon, bla bla bla, ormis son métier de typographe et son ascension dans le monde du journalisme, j'en apprends très peu sur le franco-italien, rien à se pitcher sur les murs ou sur les pistes cyclables. Par contre, en bas de page, j'atterris sur trois liens vers des articles le concernant: Ecce Homo. J'aboutis sur un article de Dany Laferrière du journal La Presse du 6 juin 2004 et un portrait de mai 93 fait par Louise Gendron de l'Actualité. Mais ce qui retient surtout mon attention est cette chronique que Foglia écrivait pour Vélo Mag en juin 1996, cet Autoportrait en forme d'abécédaire à pédales. Et je comprends pourquoi j'aime tant l'écriture de l'homme, son regard pince-sans-rire et juste, son côté baveux et humble, caractériel mais toujours ouvert. J'aime cette plume maîtrisée qui jongle avec la langue française comme on jonglerait avec une quille et un chien, cette aptitude incroyable qu'il a de placer les mots crisse, caca et technocratique dans le même paragraphe. Cette perle est à lire dès que vous avez quelques minutes à tuer aujourd'hui. Avec la température de merde qu'on a, ça ne devrait pas être trop long.

Grâce au Tour (à cause de?), je suis aussi un peu à l'affût de matériel ces temps-ci. Comme à chaque année en fait, lorsque je m'émerveille devant les montures des coureurs, j'ai envie de vider mon compte de banque pour me procurer un vélo digne de mes aspirations. Mais je me retiens (à date), je résiste (tant bien que mal), je prends mon gaz égal (m'assagis-je? (dur à dire avec des biscuits soda dans la bouche)). Ça ne m'empêche pas par contre de perdre de précieuses minutes à errer sur les différents sites de manufacturiers et distributeurs de tout acabit et rêver à porte-feuille-que-veux-tu, à stopper chez les détaillants aux vitrines alléchantes et fouiner, belette à la bourse fendue (ça doit être l'irritation de l'aine qui perdure) que je deviens. J'achète des trucs qui ne me ruinent pas bien sûr: bouteille, guenilles moulantes, outils, etc. Mais ça me travaille... Conséquences de mes visites aux bikes shops, je croise une foule de réparateurs de pédales différents. Et je m'aperçois qu'ils ont tous un truc en commun: Un ostie d'air de beu!

Est-ce qu'on leur a fait quelque chose de déplaisant pour qu'ils nous en veulent constamment d'apporter notre vélo pour réparation? Pourquoi nous trucident-ils du regard lorsqu'on ose demander des conseils d'achat? Je mettrais mon dérailleur au feu (ça y est, je déraille) que ça vous est déjà arrivé, à vous aussi, de pratiquement vous faire traiter d'incompétent par Monsieur Vélo parce que vous n'étiez pas en mesure de réparer vous-même votre foutue crevaison. J'ai donc appris, de mon côté, et je deviens tranquillement un mécano autant qu'un cycliste. Mais je n'ai quand même pas envie de devenir en plus un vendeur de vélos. Y a toujours ben un boutte à toute!

Alors, si vous connaissez une bonne boutique de vélo montréalaise, offrant un bon choix de produits, un service courtois et parfois même un sourire, si vous connaissez un endroit qui ne vous prend pas pour Donald Trump et qui ne vous fait pas sentir comme le dernier des trous de cul, je suis preneur. Je suis ouvert à toutes les suggestions.

11 juillet 2009

Le petit retour

De retour des Laurentides. C'est drôle, on dirait que ça fait une semaine que je suis parti en escapade. Une escapade ponctuée d'avaries et de revirements de toutes sortes d'ailleurs. Pas pressé, j'avais décidé de passer par Bois-des-Filion pour débuter sur la Route 2, le point de départ en direction Nord. Je n'avais pas prévu m'égarer en chemin, mettons. J'ai perdu le Nord à Blainville plus précisément, où j'ai aussi perdu près d'une heure dans les dédales des projets domiciliaires. N'importe quoi!

Puis, bad luck à St-Jérôme où j'ai dû rebrousser chemin cinq kilomètres passé le centre-ville alors que je croyais avoir bousillé ma roue arrière. Un petit bout à pied, un petit bout sur les pédales, je suis revenu en ville pour une visite éclair chez le mécano pour finalement me faire dire que ça n'était qu'une stupide crevaison que j'aurais pu réparer moi-même. Tsé quand ça va ben...

Anyway, quarante-cinq minutes plus tard, j'étais mûr pour un nouveau départ. J'étais enfin sur mon air d'aller pour une trentaine de kilomètres. Vroom vroom vroom sur mon ti-bicyk... Ressentant la fatigue à Ste-Adèle, je décide de quitter le parc du P'tit train du Nord. Grand bien m'en fasse puisque la montée jusqu'à l'hôtel le Chanteclerc s'est effectuée dans la douleur d'une paire de jambes n'en pouvant plus de mouliner. Trois côtes pour se rendre à l'hôtel. Pas une, pas deux, trois! Et ces trois montées d'environ un kilomètre et demi ont valu à elles seules une journée complète sur le tracé relativement plat du P'tit train du Nord. Je dis "relatif" parce que ce que les dépliants ne disent pas, c'est que de St-Jérôme à Ste-Agathe, la pente est ascendante. Je comprends maintenant pourquoi les gens que je croisais dans le parc gambadaient gaiement alors que j'avais toujours l'impression de fournir un effort en pédalant.

Le retour s'est beaucoup mieux passé. Savant de mon expérience de la veille, j'ai quitté Ste-Adèle vers 9h15 pour finalement arriver en ville à 14h10. La décision d'emprunter le boulevard Labelle de Blainville à Ste-Rose aura été la meilleure de la journée. N'empêche qu'aujourd'hui, j'ai un peu de difficulté à m'asseoir. J'ai les fesses qui crient leur douleur et une aine irritée jusqu'au sang qui me nargue de mes propres limites. Je ressens quand même la joie d'avoir été au-delà de moi-même. Disons que ça fait du bien et du mal en même temps.

Highlight de la soirée de jeudi, cette serveuse du restaurant où je me suis arrêté, la quarantaine bien entamée, qui me lance gentiment un "Tiens mon grand" bien senti en me tendant l'addition de mon repas. Me suis retenu de lui répondre "Merci ma tante!"

Ci-bas, un petit montage-vidéo de mon périple. Malheureusement, le son du vent dans le microphone de la caméra, quelques clips bizarrement défectueux et ma carte mémoire remplie à ras bord auront réussi à bousiller les quelques images potables que j'avais réussi à capter. Ça vous donnera au moins une idée du trajet. En espérant que ça vous donne aussi l'envie d'enfourcher votre vélo et de dévaler les magnifiques sentiers qu'offre le Québec.

8 juillet 2009

Du vélo, des vacances et des voyages

Chaque année c'est la même chose. Mes vacances débutent exactement quand le Tour de France s'active. Je ne fais pas vraiment exprès. En fait, je ne suis même pas vraiment en vacances. C'est juste que je ne peux m'empêcher de me la couler douce chaque matin, me perdant dans les paysages hexagonaux, sirotant mon café au lait et rêvant de voyages passés ou futurs.

C'est d'ailleurs grâce au Tour de France que j'ai développé ma passion pour le vélo. Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre, il ne fut que mon moyen de transport premier, ma façon de me déplacer du point A au point B en ville quand l'hiver ne m'emprisonne pas encore. Mais depuis les deux dernières années, il est devenu un sport, un moyen de m'entraîner et aussi un réel capteur de rêve de voyage.

J'aime mes matinées. J'aime m'en faire mettre plein la vue par ces athlètes, même si je me doute que la grande majorité se drogue jusqu'aux yeux (quoiqu'à l'opposé de la fumée bleue, l'EPO et autres émules dopantes ne se détecte pas dans les yeux, justement.) Je suis quand même bouche bée devant la grandeur de leur forme physique. C'est qu'au-delà de toute cette dope, ces cyclistes sont de véritables machines.

J'aime entendre Louis Bertrand nous dérouler ses statistiques, sourire en coin et connaissances au bout des doigts. J'aime la relation maître-élève qu'il entretient avec Richard Garneau, qui lui est une vraie carte géographique ambulante. J'aime entendre le commentateur français Bernard Valet répéter ad nauseam et année après année "qu'il connaît bien cette étape pour y avoir porté le maillot à pois à deux reprises et trois-quart en juillet 1982 à huit heures et trente-deux dans cette côte à 12,1415927 degrés alors que Bernard Hinault lui tapotait amicalement la foufoune droite parce que c'est un ami de longue date..."

J'aime voir ces magnifiques vélos, machines de guerre colorées que je ne pourrai jamais me procurer parce qu'un des désavantages d'habiter Montréal est que je n'ai aucun endroit où entreposer un tel objet précieux et en sachant fort bien qu'il ne survivrait pas une seule journée sur mon balcon sans se faire bicyknapper.

J'aime lire Foglia, qui y va régulièrement de délicieuses chroniques sur le Tour, sur sa passion du vélo et sur sa relation amour/haine qu'il entretient avec sa mère-patrie.

J'aime voir le visage exténué et les yeux brillants d'un Thomas Voeckler, encore sous le choc et l'émotion d'avoir remporté sa première étape à vie. J'aime l'entendre humblement dire qu'il n'est pas le meilleur mais qu'il fait ce qu'il peut avec les atouts qu'il a et que la chance lui a finalement souri après toutes ces années.

Puis par-dessus tout, j'aime voir Lance Armstrong, le petit vieux de 37 ans qui y va de jouissifs doigts d'honneur à l'insouciante jeunesse, lui montrant que la vie ne s'arrête pas à trente quelques années et encore moins quand on se remet d'un cancer.

Le Tour de France me donne aussi envie de partir à la conquête du Québec à vélo. De voir ces athlètes y aller de majestueux coups de pédales dans les montagnes et les plaines me remplit d'un immense goût d'aventure et de grand air. Du coup, c'est exactement ce que je ferai dès demain, où j'emprunterai le Parcours Linéaire du P'tit train du Nord pour les deux prochains jours. Départ de Montréal à 9 heures et arrivé je ne sais trop où à 18 heures. On verra où ça me mènera.

En attendant, tentez de profiter du soleil avant qu'il ne retourne se cacher. On ne sait jamais, un automne est si vite arrivé.

7 juillet 2009

Pas là

Je pourrais vous dire de ne pas me chercher parce que j'ai une vie, extérieure à celle que vous connaissez, l'existence pixelisée qui moule les contours de mon quotidien. Je pourrais vous dire que je partage les senteurs de l'été avec Mère Nature, dévalant les pentes sur mon destrier d'acier, le coeur au vent. Je pourrais vous dire que tous mes amis se bousculent à la porte de mes journées disponibles, qu'on rigole tous ensemble, les yeux dans le soleil et le temps synchrone. Je pourrais vous répéter que je n'ai jamais tant écrit, les deux pieds bien ancrés dans les fondations de mon deuxième roman. Je pourrais tout vous dire, ceci ou cela, mais le mensonge éhonté poidrait rapidement le bout de son nez. La vérité est ronflante quand la fatigue roule ses mousses sous le lit.

Contrairement aux rives du St-Laurent, j'ai l'été en grève. C'est aussi en moche en-dedans qu'en-dehors. Si vous froncez les yeux, si vous mettez toute votre imagination au service de ces mots, peut-être me verrez-vous marcher au loin, kickant des galets, la tête bien enfouie dans les épaules d'un certain hiver estival.

4 juillet 2009

Paris, avril 2009

Je sais qu'on arrive tout juste de Vegas. Je sais aussi que ça fait plus de deux mois et demi qu'on était à Paris. Mais comme le disait si bien mon paternel: Vaut mieux être en retard qu'en corbillard (ce qui, dans son cas, s'est avéré faux mais bon, c'est pas de ça qu'on parle).

J'ai quand même le grand plaisir de vous partager ci-bas deux petits montages qui racontent notre dernier périple dans l'Hexagone en avril dernier. Le premier est un montage vidéo tout ce qu'il y a de plus standard. On a l'air de trois touristes mais bon, c'est ce qu'on était, des touristes.

Quant au second, il s'agit d'un montage audio qui provient d'une petite enregistreuse que Ge traînait avec elle partout. Elle s'amusait à nous le brandir sous le nez à la moindre occasion pour obtenir nos impressions sur tout (mais surtout sur rien), à chaud. L'exercice d'y joindre des commentaires m'a quant à lui bien fait rigoler.

Le bonheur est-il une maladie contagieuse?



1 juillet 2009

Bonne fouet Cacanada

Je ne suis pas Canadien par choix, je le suis par dépit. Lorsque je voyage et qu'on m'accoste en me disant Oh, vous êtes Canadien!, ça m'insulte presque. Parce que je suis d'abord et avant tout Québécois. Par ma langue, par ma culture, par mon tempérament, par mon amour du pays qui m'a vu naître et des gens qui le composent. Ceux qui ont voyagé un tant soit peu à l'extérieur du Québec savent à quel point la culture du plusse beau pays du monde est différente de la nôtre. Je me suis toujours trouvé plus d'atomes crochus avec le Sénégal et le Vietnam qu'avec le Manitoba. Je vois le Canada anglais comme un sous-produit de la culture états-unienne. C'est moche mais c'est de même. Vous êtes capables d'en nommer beaucoup de projets culturels canadiens, vous? Comparez juste le nombre de webtélés québécoises et canadiennes anglaises pour le fun...

Toujours est-il que je respecte mes homologues en amont de la rivière des Outaouais. Pour vrai. Mais ça ne m'empêche pas d'être baveux. De façon un peu ironique, je souhaitais ce matin sur Twitter et Facebook une Bonne Fête aux gens pays voisin, en leur disant que justement les voisins, on les aime beaucoup, surtout quand ils restent dans leur cour. Je faisais référence à cet "immense geste d'amour" que le Canada avait démontré à la Belle Province la veille du référendum de 1995. Puis il y a ce gars sur Twitter qui me répond ceci:

maxparadis@patdion Merci donc tu renonce a toute subvention du Canada pour tous projet futur que tu fera???

Ma réponse impulsive fut celle-ci: C'est quoi le rapport (Gomery) ?

Outre le fait que j'aurais eu envie de disséminer quelques s par-ci par-là, ça m'a aussi permis de comprendre pourquoi le Québec n'est pas à la veille de devenir un pays: Tant que les gens mélangeront tout, des pommes avec des oranges, des politiciens avec des vessies et des subventions pour lesquelles j'ai payé ma juste part d'impôt avec des gestes de quêteux venu d'une autre contrée, on continuera à se faire chier entre voisins, même ceux qui habitent notre propre cour.