29 juin 2009

As-tu ton gun?

No drinks, no food, no guns (à moins que ça veuille dire: Ne pas tirer sur les bouteilles?). Sont fous ces américains! Bling-bling, clinquante, dispendieuse, superficielle, Las Vegas était exactement comme je me l'étais imaginée: un oasis artificiel planté au beau milieu de nulle part, un petit morceau de brocoli entre les palettes d'un sourire Crest, une tache de spagat sur un beau t-shirt javelisé, un bouton blanc en plein milieu d'un front rougi par le soleil. N'empêche, on a eu beaucoup de plaisir à manger des sanouitches à dix piastres, à claquer quelques billets de une dans les machines à poker, à regarder défiler sur la rue les modèles de l'année, qu'ils aient quatre roues, des gros biceps ou une mini-jupe. Vegas, c'est une mise en scène bien huilée qui tourne sans arrêt, le jour comme la nuit. C'est un mouvement constant de touristes qui arrivent et qui partent, une petite poignée plus riches, la grande majorité plus pauvres mais quand même pas mal tous heureux d'avoir mis le pied dans cet oasis du désert loin d'être désertique. C'est qu'il y a du monde à Vegas. Et n'allez pas croire tout ce que les économistes disent. Là-bas (et dans tous les aéroports des USA), rien ne laisse transparaître une récession. Du monde qui voyage, en veux-tu, en v'là!

Vegas pour nous, c'était surtout le Cirque du Soleil. Et on n'a pas été déçus. C'était à couper le souffle. Carrément. Love et "O" nous ont fait vivre des émotions incomparables. Des frissons à la tonne! Ce qu'on en a versé des larmes devant la grandeur de ces oeuvres. Quelle magnifique démonstration du génie artistique québécois. C'était juste trop. Je vous en parle et j'ai encore des bouffées d'émotions qui me submergent. Je suis si fier de ce que nous sommes comme peuple quand je vois ça. Ça me donne encore plus envie de mettre les talents créatifs d'ici de l'avant.

Lorsque je quitte pour des vacances, j'ai toujours cette sensation bizarre que le monde cesse de tourner durant quelques jours, comme s'il retenait sa respiration alors que je lui tourne le dos. Et même si on a quitté que quatre jours, j'ai quand même l'impression d'avoir manqué un tas de trucs à Montréal. Mais inquiétez-vous pas, on n'a pas loupé le freak show entourant le freak lui-même. Semblerait que ça ait été la folie furieuse au Québec, Michael Jackson par ci, King of Poop Pop par là, imaginez ce que c'était à Las Vegas. Y a même une radio de l'endroit qui a décidé de faire tourner uniquement du Jackson durant trois jours consécutifs. Ça me sortait par les oreilles. Moi qui n'ai jamais vraiment aimé le chanteur à la voix aiguë et au nez qui tombe, j'en ai eu pour mon argent. Tiens, faudrait peut-être qu'ils l'enterrent dans une slot machine.

23 juin 2009

Viva Las Vegas!

Nous quittons Montréal dans quelques heures. Faut bien que ça soit la Fête Nationale pour foutre le camp aux États-Unis. On a beau chialer après eux, on les aime de plus en plus nos voisins d'en bas. C'est drôle à quel point un seul homme aura réussi à changer l'opinion de toute une nation en l'espace de quelques mois. Je connais des politiciens qui devraient prendre des notes (du moins ceux qui savent écrire). Mais bon, comme les Conservateurs, je m'égare.

Je disais que nous quittons Montréal la nuit prochaine pour les You-Esse-Ové. Nous allons passer quelques jours dans la ville de tous les excès, la cité du stupre et de la luxure: Amos Chicoutimi Las Vegas. Drôle de façon de fêter la St-Jean-Baptiste, vous le reconnaîtrez. C'est qu'à chaque année, à cette date-ci, on loue habituellement un chalet quelque part au Québec. Souvent, on ira passer plusieurs jours dans Charlevoix. Suite à l'expérience traumatisante de l'an dernier, on s'enlignait plutôt pour aller passer quelques jours dans les Cantons de l'Est cette année. Mais un soir, alors qu'on tentait de débusquer le chalet à louer sur Internet, Ge me fixe du regard et me dit: Pourquoi on irait pas voir le Cirque du Soleil à Vegas à la place? Après quelques vérifications et rapides calculs, force est de constater qu'en temps d'incertitude économique, le luxe en pâtit en premier. On est chanceux de ne pas être touchés par la crise. Les aubaines sont légions et on serait fous de ne pas en profiter. En fin de compte, il n'en coûtera pas beaucoup plus pour aller passer quelques jours dans le désert du Nevada, avion et hôtel inclus. Ok, les billets pour le Cirque du Soleil nous auront ruinés mais on fera aussi des acrobaties avec notre portefeuille en revenant. On ira donc crier des Oh! à "O" le 25 et des Ah! à Love le 26. Par la suite, on ira se perdre dans le Grand Canyon. Oui je sais...

La vie est courte, aussi bien en profiter à fond. Comme disait Elvis, Viva Las Vegas! Mais il disait aussi I'm just a hunk a hunk burning in love mais ça n'a aucun rapport. D'ici à la semaine prochaine, soyez bons et sages. Je ne vous garantis rien mais vous aurez peut-être droit à des photos et vidéos si la chicane est pas pognée dans la place à notre retour. Ah et puis non, soyez fous et vivez à fond vous aussi! Rock'n'roll!

22 juin 2009

La Fête des Pères

Pour ceux qui me connaissent peu, je suis un papa. Un papa à temps plein d'un grand nain de 14 ans. Pourquoi un nain? Parce qu'un nain, c'est tout petit. Sauf que lui est maintenant plus grand que moi. D'après la charte de croissance, il est censé faire six pieds et un. Ouan, finalement, ça fait un maudit grand nain.

Il n'y a pas si longtemps, je me considérais être un papa monoparental. C'est que ma blonde n'est pas la mère de mon fils dont j'ai la garde depuis plusieurs années. Puis j'ai appris que ça faisait de la peine à ma douce que j'évalue mon état comme tel. Alors je ne le suis plus (monoparental, pas papa, ça, on l'est toute sa vie). Mais disons que je m'occupe du gros de la job d'éducation dans la cabane. Des fois, j'en fais même pour les deux. Mais ça, c'est une autre histoire...

Je suis un papa avec tout ce que ça implique d'être un papa: l'aimer, le respecter, m'inquiéter, lui apprendre des trucs, ne pas me faire écouter, me fâcher, sacrer, avoir envie de lui mettre mon pied au cul, ne pas le faire, lever le ton, faire des gros yeux, me virer de bord et éclater de rire, donner l'exemple, ne pas réussir, le pousser à aller plus loin, me tromper, essayer autre chose, me tromper encore, apprendre de lui, vouloir son bonheur, espérer mieux pour lui, être fier de ses bons coups, trouver ça difficile quand il échoue, être fier de mes bons coups, regretter mes trop nombreux mauvais. En fin de compte, les enfants finissent par nous éduquer plus que le contraire.

Hier c'était la Fête des Pères. Du réveil au coucher, je n'ai pas eu droit à un seul Bonne Fête Papa, merci d'être là, je t'aime, une chance que t'es là. Aucune allusion à cette journée spéciale. Pire, il a passé la journée à l'extérieur de la maison, chez un ami, et a même souper chez lui. À force de chialer, je me suis moi-même fait prendre à mon propre jeu. Mais vous savez quoi? J'ai l'air de faire pitié, vite comme ça dans mon antre blogosphérique, mais je le fais un peu exprès. C'est que ça ne me dérange pas du tout. Que ça soit la Fête des Pères, celle des Mères ou celle des trisomiques herpétiques à chapeau fleuri, j'en ai vraiment rien à cirer. Parce que je sais que mon fils m'aime. Il me le montre à tous les jours, dans les petits gestes comme dans les grands, quand il me fait grimper dans les rideaux comme lorsqu'il me fait pleurer de bonheur. Je le sais parce qu'il grandit, parce qu'il pense par lui-même, parce qu'il devient un homme, et que j'ai un petit peu à voir là-dedans. Il y aura toujours plus que les troisièmes dimanches de juin. Il y aura des gens, il y aura des vies plus grandes que n'importe quelle fête.

Je me demande souvent ce qu'il trouvera à me blâmer plus tard, lorsqu'il fera le bilan de sa vie. Probablement plein de choses. En tant que parent, on fait toujours du mieux qu'on peut avec les outils qu'on a et certains sont mieux outillés que d'autres. Par contre, je sais une chose. Il ne pourra jamais dire que je m'attardais aux choses de peu d'importance.

18 juin 2009

Du pif et des saveurs

J'ai un certain talent pour la cuisine. Je ne sais pas si ça vient de mon enfance, du fait que j'étais capable de me faire mes premières omelettes à l'âge de huit ans ou que j'étais capable de faire cuire des pâtes sans les faire cramer au fond à dix (sauf une fois où j'ai vraiment bousillé le chaudron à maman). Toujours est-il que je cuisine depuis de nombreuses années. À force d'essayer des trucs, on finit par développer le sixième sens de la bouffe. Je ne suis pas un cuisinier qu'on pourrait qualifier de typique. Le pâté au poulet et le rosbif, très peu pour moi. Les plats "canayens", je les laisse à ma génitrice. Je suis plus du genre à courtiser l'Orient (viet, thaï, cantonnais) et à tâter le Moyen-Orient (marocain, tunisien, etc). J'aime explorer le monde par la nourriture, j'aime goûter aux cultures. La langue, c'est sous toutes ses formes que je l'aime.

Par contre, je ne suis pas du type recette écrite. J'y vais souvent un peu n'importe comment, à la va-comme-je-t'épice. Ça rend la job difficile pour refaire une recette particulièrement réussie mais ça laisse la place à un peu de folie. Et vous le savez comme moi, qui prend folie prend pays (ah non, c'est pas ça).

À force de cuisiner avec différentes épices plus particulières les unes que les autres, j'ai réellement aiguisé mon pif. Je peux souvent deviner les ingrédients d'un plat au simple fumet qu'il dégage. Mais il y un plat gaulois qui me fait jurer. Pas un plat gaulois comme dans cuisine française, non, un plat gaulois comme dans irréductible, impénétrable. Un met dont je n'ai jamais réussi à élucider la liste des ingrédients. Enfin presque. Jusqu'à hier.

Depuis quelques années, j'essaie de trouver la maudite recette des fameuses brochettes sucrées vietnamiennes. J'en parlais récemment à mon amie Mélanie, une autre vilaine gourmande et cuisinière assidue. Mélanie est comme moi, elle a le pif. Et elle aussi se posait d'ailleurs la question face à l'énigme des fameuses brochettes. N'en fallait pas plus pour que je la mette au défi de trouver le secret du Colonel Ho-Chi-Minh. Après quelques essais plus ou moins fructueux, elle s'est mise à tricher (la vlimeuse, elle ne s'appelle pas vilaine pour rien). Elle s'est renseignée à son resto vietnamien favori pour connaître la base de la marinade des dites brochettes. À partir de là, elle y a ajouté sa touche. Voici la fameuse recette.

Je la mettais à l'essai hier soir. Et je dois avouer qu'elle est presque, je dis bien presque tombée dessus. Mais comme disait mon père, quasi compte pas. J'ai déjà ma petite idée des modifications à apporter. Essayez-la vous-mêmes le pour le fun. Mais changez le miel par de la cassonade, coupez un tout petit peu sur la sauce de poisson, ajoutez une petite poignée (ou une grosse pincée) de graines de sésame ainsi qu'une cuillerée à table d'huile du même nom. Vous m'en donnerez des nouvelles.

Mais un petit dernier conseil. Ne faites surtout pas griller ces trucs dans votre casserole à cent piastres. Vous vous en mordrez le bout des doigts.

17 juin 2009

Tremblez, Tremblay

Les scandales se multiplient. L'argent coule autant entre les mains des fonctionnaires que les tuyaux sous la chaussée qui approvisionnent Montréal en eau. L'administration de la ville, par contre, est loin d'être potable, elle.

Le maire de la deuxième plus grande ville canadienne est dans l'eau chaude. Ça doit expliquer pourquoi il a une drôle de bouille. Mais alors que les scandales éclatent à droite et à gauche, le pauvre Gérald semble dépassé par tout ce cirque. Il accuse même La Presse d'avoir torpillé une enquête et sali sa réputation. On crie à son incompétence, on gueule à son incapacité à gérer. Visiblement, il y a quelqu'un qui veut sa tête. C'est peut-être parce qu'on approche la St-Jean-Baptiste.

Mais je me questionne (oui je sais, encore). Parce que bien qu'on pointe notre Gérald national, ce n'est pas lui qui fraude à tous vents, ce sont ses fonctionnaires. Ce n'est pas lui qui engrange le fric des constructeurs, ce sont ses employés. Peut-il avoir des yeux et des oreilles partout? S'il maintient la loi du silence, est-il nécessairement coupable de le faire. La situation serait-elle différente avec quelqu'un d'autre à la tête de Montréal? La vraie question en fin de compte est: Peut-on vraiment se débarrasser des crosseurs en politique?

Détrompez-vous, je n'aime pas du tout payer pour que d'autres s'emplissent les poches sur le dos des contribuables. Au contraire, ça me pue aussi au nez. Mais peut-on y changer quelque chose? Dans le même genre de questionnement, peut-on avancer qu'on enrayera le phénomène de la drogue en mettant une poignée de motards en taule?

Alors, comment fait-on le ménage de la Ville? Doit-on pointer du doigt et mettre à la porte une horde de fonctionnaires vils et pourris? Si oui, lesquels et combien sont-ils? Parce que vous le savez aussi bien que moi, il faudra mettre à la porte des cols bleus, blancs, jaunes pis noirs par dizaine. Du plus petit pelleteur de garnotte récalcitrant au plus abject et avare des cadres. Et un coup que ça sera fait, est-ce que ça règlera le problème? Doit-on nécessairement tuer le messager?

16 juin 2009

Tirer à sa fin

L'endroit est un peu crade. On dirait une salle à manger de cabane à sucre, une salle de bingo ou un sous-sol des années 80 en format géant. Si ce n'était pas des posters de Labatt jaunis qui ornent les murs, on n'aurait aucune idée qu'on se trouve dans un bar de Montréal. Enfin, je dis bar mais on a plutôt l'impression qu'on est dans une taverne oubliée de tous, y compris des buveurs. Partout sur les tables, on retrouve des bols de chips, des cahiers de notes, des crottes de fromage, des instruments de musique, des canettes de liqueur et des albums photos. J'ai un drôle de feeling que le barman ne fera pas beaucoup de tip ce soir. Bienvenue au Country Oldtime Night.

La foule est bigarrée mais dans des tons de beige, colorée mais à forte tendance grise. On avance jusqu'à une table qui a tous les traits d'une table de cafétéria. On s'assoit et on discute de tout et de rien alors que le vieux guitariste de slide guitar improvise un solo qui ne ressemble en rien à ce que je connais. À l'autre bout de la table, il y a une dame qui farfouille dans son sac, à la recherche de Dieu sait quoi. Posé à ses côtés repose un étui rigide de forme plus ou moins carrée. Elle abandonne sa sacoche quelques instants et ouvre l'étui. Elle en extirpe un genre de harpe en format miniature qu'elle saisi comme si c'était le saint Graal et la dépose doucement sur la table. Elle a soixante-dix-neuf ans. Pas loin de quatre-vingt qu'elle rajoute fièrement. À première vue, je dirais que son instrument a le même âge qu'elle. C'est qu'elle a dû en voir de toutes les couleurs et pas juste des beiges depuis 1929. Elle sort un album de son sac à le tend à ma compatriote de table. "J'avais trente-sept ans là-dessus", qu'elle ajoute. "Et je chantais de tout". Et elle nous nomme des artistes country d'une autre époque, des noms que je n'ai jamais entendu de ma vie. Elle semble fière du chemin qu'elle a parcouru depuis tout ce temps. Je ne perçois pas la moindre amertume dans son ton. Elle est heureuse de pouvoir encore fouler les planches, de chanter et jouer de la mini-harpe les lundis soirs devant une foule éparse, dans un bar miteux du boulevard Cavendish. La flamme ne vacille pas encore.


Le sentiment que je garde de cette soirée est mitigé. Il est touchant de voir des hommes et des femmes vieillir en beauté. Il est magnifique de constater que malgré l'âge, certains sont encore capable de porter le flamme bien haut, à bout de bras décharnés. Il est réconfortant de savoir que la vie ne s'éteint pas tant qu'on peut encore souffler sur la braise de nos rêves. Mais je ne peux m'empêcher de penser que ça doit faire mal, lorsqu'on est un artiste qui a connu la gloire et le succès, de sombrer dans l'oubli. Lorsqu'on passe sa vie à crier son art à plein poumons, à coups de chansons (ou de répliques ou de toiles), lorsqu'on navigue durant des années à déposer des mélodies, à bout de doigts sur une guitare qui craque autant que nos os, il doit être douloureux de sentir que ce qui nous a gardé en vie durant si longtemps s'empoussière sous une pile de vieux disques d'un bar perdu au milieu de nulle part. Pas besoin d'être dans un western pour savoir que le soleil se couche à l'ouest. C'est juste que l'histoire est moins épique quand c'est de l'ouest de l'île de Montréal dont il s'agit.

C'est un peu triste d'assister à un duel de cowboys solitaires, armes à la main, qui tirent à leur fin.

15 juin 2009

Futile inutile

Tout me gosse ce matin. Le web, mon lecteur de feeds, Twitter, Facebook, Cyberpresse, les blogues, lire, Open Office, écrire, les plans, les projets, mon agenda, mon bol de café vide, mes yeux caverneux, mon cou qui tire, ma vie qui s'étire, ma musique silencieuse, mes mots vides, être vain, l'incertitude du ciel, les nuages, l'incertitude, le temps, mon gmail vide, mon gmail plein, mon clavier qui semble avoir mélangé les osties de tuoches des letters juste pour me fiare cheir.

Envie de rien, m'étendre sur l'asphalte et me laisser mourir comme chantait l'autre. Surtout pas envie de me faire plaindre. Envie en vie. Je suis probablement le seul gars en SPM de la planète.

12 juin 2009

Oops, he did it again

Vous connaissez mon amour pour sa plume, je vous en avais parlé il y a quelques temps. Cette semaine, notre nouveau Bukowski québécois mettait en ligne La règle du pubis, un questionnaire loufoque, totalement irrévérencieux et en bout de ligne pas si faux que ça à remplir afin de tirer à chaque coup le numéro gagnant à la grande loterie du sexe. Ce gars-là me fait parfois rire, me fait d'autres fois sacrer mais ne me laisse jamais indifférent. Ce matin, il me fait me questionner.

Dans son dernier texte, Proposition, Oops avoue qu'il n'a jamais couché avec la même fille plus de trois fois. Qu'au-delà de cette limite, il devient blasé et que le cul qui en résulte devient moche et ennuyeux. J'entends déjà les reines de la psycho-pop avancer que le pauvre petit a donc dû être blessé dans son enfance pour ne pas pouvoir aimer une femme et que comme trop d'hommes "modernes" il est incapable d'intimité. Peut-être ont-elles raison. Peut-être.

Oops rajoute que la baise incertaine est quand même cent fois mieux que le couple. Le couple avec ses mensonges au quotidien, ses illusions crasses, ses déceptions continuelles, sa monotonie assassine. Ses déjeuners tendus, ses dîners bâclés, ses soupers silencieux. L’inévitable éloignement, la tergiversation qui dure trop longtemps, les ruptures infinies.

Certes, ce ne sont pas tous les couples qui ressemblent à ça. Mais n'est-ce pas là un bon compte-rendu d'une trop forte majorité? J'entrevois quelques rouleaux à pâte dans les airs mais je vous en prie, mesdames, calmez-vous. Poussons la réflexion juste un peu plus loin. On sait qu'une relation de couple sur deux se termine en rupture. Pour ce qui est du couple restant, combien sont ensemble pour les mauvaises raisons et combien sont mal assortis? Combien restent pour les enfants ou par peur d"être incapable de se rematcher? Combien sont ensemble pour des questions monétaires ou par simple sécurité (affective, physique, émotive). Combien n'ont aucune idée de ce que l'amour véritable devrait être?

Qu'est-ce qui fait que tant de relations amoureuses explosent après deux, cinq, dix ou même vingt ans? Les chemins finissent-ils immanquablement par se séparer? Est-il possible que deux êtres humains différents demeurent focusés sur un objectif commun, malgré les années qui passent et qui font que chacun d'eux évolue différemment? Quand on sait que tant de ces ruptures sont causées par l'adultère d'un des conjoints (ou les deux), est-ce en bout de ligne simplement le sexe qui devient banal et ennuyeux? On le sait tous, il y a trois choses qui détruiront un couple: le sexe, les enfants et l'argent.

Et maintenant, si on sait que la fin est inéluctable, pourquoi se jette-t-on entre les crocs de l'amour à chaque fois qu'il se représente?

11 juin 2009

Histoires de pédales, la suite

Pour boucler la boucle en beauté, La Presse y va d'un dossier spécial sur le cyclisme ce matin. C'est donc par Caroline Touzin que j'apprends que la fermeture du Circuit Gilles-Villeneuve aux cyclistes de performance serait peut-être due à une vengeance de la part d'un des directeurs du circuit qui aurait été impliqué dans une altercation avec deux coureurs à l'automne dernier. Vendetta? Depuis quand remet-on le sort d'un parc entre les mains d'un automobiliste mégalomane?

Ce qui me fait également rire à la lecture de ce dossier, c'est qu'on stipule du côté du Parc Jean-Drapeau qu'ils ne peuvent se permettre de séparer la voie parce qu'elle l'est déjà: une moitié pour les automobilistes et l'autre pour les piétons/cyclistes/patineurs. Mais je me questionne, pourquoi ne bannirait-on pas tout simplement les voitures du circuit? Les automobilistes ont-ils vraiment besoin de rouler sur cette piste? Plus d'automobile = plus de problème. La solution est-elle trop simple pour être envisagée?

J'apprends aussi via un article de Tristan Péloquin que l'Université McGill est à réaliser une étude pour améliorer le sort des cyclistes à Montréal. Prenez deux petites minutes de votre temps et allez le remplir. C'est pour une bonne cause. Dans un même souffle, pourquoi ne pas aller signer cette pétition pour que la Société du Parc Jean-Drapeau revienne sur sa décision?

En tout dernier lieu, il y a Pat Lagacé qui nous demande d'être prudent à vélo, de respecter la signalisation et de ne pas invectiver les automobilistes qui ne nous font frôler la crise cardiaque lorsqu'ils ne nous voient pas. Avec plaisir Patrick, si de votre côté, vous regardez avant d'ouvrir vos portières, que vous signalez vos intentions de tourner ou de vous stationner, que vous ne nous coupez pas la route pour tourner à votre feu de circulation alors qu'on est déjà sur notre départ, que vous ne vous impatientez pas derrière nous parce qu'on ne roule qu'à 30 km/h et que vous ne nous frôlez pas les cuisses de vos rétroviseurs menaçants. Avec grand plaisir.

10 juin 2009

C'est la faute à l'autre pédale

Le Gros BS en parlait hier. Nathalie Collard aussi. Pierre Foglia, quant à lui, en rajoutait avec ce délicieux paragraphe:

LE CON MOYEN La décision de limiter la vitesse des cyclo-sportifs qui s'entraînent sur le circuit Gilles-Villeneuve me fâche autant que vous, mais il n'y a rien à faire. Ce n'est pas une erreur. Ce n'est pas une incompréhension. C'est un courant de pensée. C'est l'Amérique du Nord dans ce qu'elle a de plus étouffant: l'obsession sécuritaire. Et de plus réducteur: toujours tout ramener au niveau du con moyen à pédales. Si j'osais, je dirais au niveau du Tour de l'Île. Il y a deux façons correctes de faire du vélo chez nous: en-respirant-l'air-pur-et-en-écoutant-les-ti-zoizeaux. Ou en étant 35 000 au parc LaFontaine.

On pouvait aussi lire le communiqué suivant sur le forum québécois Velocia (merci Cécile):

Madame, Monsieur,

Par la présente, la direction de la Société du parc Jean-Drapeau est heureuse de vous informer de l’aménagement d’une nouvelle piste cyclable à l’intention des adeptes du vélo de performance qui sera ouverte dès le 4 juin prochain, et ce, autour du Bassin olympique. Cette nouvelle piste a été aménagée dans le souci d’assurer la sécurité de tous les usagers du parc.

Comme le nombre d’adeptes de sports augmente sans cesse sur le circuit Gilles-Villeneuve, la cohabitation entre les usages de performance et ceux de promenade est de plus en plus difficile, et les accidents, plus fréquents. Notre mission étant de gérer, de protéger et de développer le parc Jean-Drapeau de façon responsable, nous avons aménagé cette piste qui favorise encore davantage la pratique d’activités physiques et de plein air.

Avec cette nouvelle piste de près de 5 km récemment asphaltée, sans intersection, les cyclistes bénéficieront d’un environnement idéal pour la pratique du cyclisme de performance. Par contre, ils devront assurer une cohabitation harmonieuse avec les athlètes du Bassin olympique qui utilisent également cette piste et à qui nous avons d’ailleurs demandé la même collaboration. Nous croyons que le regroupement des athlètes de performance sur un même site constitue la solution la plus sécuritaire.

Cela signifie que le circuit Gilles-Villeneuve sera désormais réservé aux usages de promenade incluant, le patin à roues alignées, la marche, la course, le cyclisme de promenade, et autres, en plus de la circulation automobile et des navettes de la STM.

Nous souhaitons donc obtenir votre appui dans la promotion de cette nouvelle piste qui fournira un environnement de qualité aux athlètes et assurera la sécurité de tous les usagers du Parc.

Recevez mes sentiments les meilleurs.

Nathalie Lessard |Directrice principale |Affaires publiques et développement durable|514 872-3262
Parc Jean-Drapeau|Télécopieur 514 872-5691
Pavillon du Canada |1 circuit Gilles-Villeneuve |Montréal QC |H3C 1A9 |Canada
Parc Jean-Drapeau


Et moi, bien, ça me fait grincer des gencives cette histoire. Parce que contrairement à Foglia qui croit que la ville adapte ses règlements en fonction d'une bande de totons qui jouent les Jackass sur les pistes cyclables, je pense que la Société du parc Jean-Drapeau essaie seulement de se laver les mains des incidents qui se produisent sur son territoire. Tiens, je pense qu'on devrait rebaptiser ce complexe extérieur, le parc Ponce-Pilate. Ça sonne bien. Mais revenons-en à nos moutons à pédales. Si on compare avec ce qui se passe sur nos routes, est-ce qu'on s'entend pour dire que la ville ne fermera pas les pistes cyclables de la métropole demain matin parce qu'on y dénombre vingt-sept accidents par année? Penser de la sorte c'est aller à l'envers du problème. Est-ce qu'on ferme les autoroutes parce qu'y a des crétins qui se prennent pour Jacques Villeneuve et en meurent!?

On vit dans une ère de déresponsabilisation. À force de ne pas vouloir porter le blâme sur ses épaules, on finit par laver plus blanc que blanc. À force de pointer les autres et de balayer les problèmes dans la cour du voisin, on finit par ne plus pouvoir rien faire. Sans farce, c'en est devenu ridicule. Pourtant, croyez-vous qu'un patineur qui se fait rentrer dedans par un vélo à 20 km/h ne se fera pas mal? Duh? Il ne faut pas s'en cacher. Le parc Jean-Drapeau n'agit pas de la sorte pour sauver les pauvres piétons et patineurs des accidents. Ils font ça pour ne pas se ramasser de poursuites au civil sur le dos. Et si, au lieu d'y aller à coup d'interdictions ridicules on essayait de trouver de vraies solutions? Et si, comme l'annoncent à grands coups de pubs et de slogans les bonzes de la SAAQ, on partageait la route au lieu de se faire chier mutuellement? Me semble qu'une voie de quarante pieds de large, ça se partage quand même bien en deux moitiés...

9 juin 2009

Revendications paternelles

Imaginez que vous croisiez une connaissance dans la rue et que cette personne, au bout de quelques minutes de conversation, vous demande humblement si vous ne connaîtriez pas par hasard un excellent restaurant syrien. Ne vous y connaissant que très peu en cuisine moyen-orientale, vous vous exclamez: "Non mais par contre, j'ai un ami qui m'a parlé de Chez Alep sur Jean-Talon qui sert, apparemment la meilleure cuisine du genre à Montréal." La connaissance toute heureuse vous remerciera abondamment pour le hint et vous gambaderez gaiement dans vos directions respectives.

Dans la vie virtuelle, c'est souvent le contraire qui se produit. Et je ne comprends tout simplement pas pourquoi. Je me doute que ça aura peut-être l'air hyper enfantin comme récrimination. Mais je ne saisis pas pourquoi certains blogueurs empruntent les découvertes des autres blogueurs sans mettre leurs adresses en lien. Un simple via xyz, en 8 point et en italique ferait la job. Mais non, certains blogueurs dont des journalistes professionnels revendiquent la paternité de tout ce qu'ils croisent. Je comprends que lorsqu'un sujet est chaud, on finit tous par le croiser tôt ou tard. Mais parfois, ça frise l'impossibilité. Certains sont même devenus des experts en "adoption". Au point qu'on en est même plus surpris. Une fois ça passe mais lorsqu'on récidive à une dizaine de reprises, ça frôle l'indécence.

Mais de quoi ces journalistes ont-ils peur au juste? De ne pas avoir été les premiers à faire la découverte? De ne pas être aussi hot que leurs lecteurs pensent qu'ils le sont? Ou est-ce la crainte de divulguer leurs sources puis que leurs lecteurs les désertent? Cette pratique trop courante me hérisse le poil à chaque fois. Suis-je le seul à qui cette technique à l'opposé du professionnalisme pue au nez? N'est-ce pas complètement à l'opposé de l'esprit communautaire qui règne sur le Web d'agir de la sorte?

7 juin 2009

Une fin de semaine riche en émotions

La fin de semaine est-elle déjà finie? En fait, est-elle déjà commencée? C'est que je n'ai rien vu passer, ni le temps, ni la parade. Ah non, pas tout à fait, j'ai vu passer les dizaines de milliers de cyclistes qui déferlaient dans les rues de la ville pour LA fin de semaine de vélo à Montréal. Petit retour sur une fin de semaine chargée.

Vendredi soir, Sandra se joint à nous pour un souper pré-tour de nuit. Après avoir englouti quelques bières et une bouteille et demie de rosé, on est top shape pour aller affronter la nuit à bord de nos destroyers à pédales. C'était ma première expérience au Tour de nuit. J'ai beaucoup aimé pouvoir me laisser glisser le long de l'avenue Christophe-Colomb, en plein centre de la route et ne pas avoir à me soucier des bagnoles louvoyantes et impatientes.

Samedi, l'heure était plutôt au repos. Après être passé au magasin m'acheter une chemise noire et une cravate (eh oui, y a des mariages qui requièrent un peu de décence), après avoir passé l'après-midi à écrire au Boudoir et après avoir ingéré des tonnes et des tonnes de lipides saturées et de sodium au Lafleur du Carré St-Louis, on se dirige au cinéma du Quartier Latin Ge, Méga-Nain et moi pour aller voir le tout dernier Pixar, Là-haut. WOW! Quel film d'animation! Drôle, touchant, intelligent, inspirant. Courez vite le voir si ce n'est déjà fait. Et si vous avez la chance de pouvoir le voir en 3D, GO! Ça vaut vraiment la peine, la technologie vous rivera sur votre siège.

Puis aujourd'hui, dimanche, c'était le grand Tour de l'île. C'était aussi ma première expérience et j'ai tout simplement adoré. Encore plus que le Tour de nuit. Malgré les quarante quelques milles cyclistes et certains goulots d'étranglement, c'est une joie de pouvoir circuler librement durant plus de cinquante kilomètres dans les rues de Montréal. Je rêve (en couleur) au jour où les chemins des grandes villes appartiendront aux cyclistes et aux piétons.

En arrivant cet après-midi, même pas claqué, j'ai eu la chance de terminer le roman La Route de Cormac McCarthy. Prix Pulitzer 2007, ce livre est à mon avis totalement surestimé. J'ai détesté le style (l'auteur abuse de conjonctions et de répétitions inutiles) et l'histoire, redondante, traîne en longueurs. Regrettable, j'avais de grands espoirs pour ce bouquin. Les puristes me fustigeront probablement, avançant que je n'ai rien saisi de la poésie de l'auteur et... zzzzzzzzzz. Ossetie de livre plate. Voilà, c'est dit. Now sue me!

En terminant, j'ai eu plusieurs petites pensées pour l'acteur David Carradine, le Bill de Kill Bill, mort jeudi dernier à l'âge de 72 ans dans des circonstances plutôt étranges. C'est que le comédien a été retrouvé pendu en Thaïlande alors qu'il était en plein tournage d'un nouveau film. À prime abord, les autorités avaient envisagé le suicide. Mais après (une très courte) enquête, il a été prouvé que l'acteur s'était pendu alors qu'il se masturbait. Cette technique est parfois employée pour multiplier la force de l'orgasme. Et ça m'amène à me demander où se situe la limite où le sexe est si blasant que tu dois aller visiter ces territoires si sombres et dangereux. Dans le cas présent, Carradine, acteur hyper-populaire, pouvait se taper toutes les minettes qu'il voulait (et l'avait probablement fait). Il avait assez d'argent pour assouvir tous ses fantasmes, les uns à la suite des autres. Rien ne pouvait limiter ses désirs. Ma question demeure: comment peut-on se rendre au point où le seul acte qui nous branche est celui de se pendre en se branlant? Est-ce justement parce que tous ses fantasmes avaient été assouvis qu'il a dû pousser l'acte sexuel aussi loin ou avait-il tout simplement une déviance?

6 juin 2009

Auto-plogue 3,1415927

J'ai été interviewé plus tôt cette semaine par Chantal Guy et Nathaëlle Morissette de La Presse, qui présentent aujourd'hui un dossier spécial sur la webtélé dans le cahier Arts et spectacles du journal.

Pas encore!, s'exclameront certains, excédés. C'est qu'on parle beaucoup de webtélé dans les grands médias ces derniers temps. Mais pour une très faible proportion de la population qui s'y connaît en la matière, il existe des millions de néophytes qui n'y pigent pas grand chose, qui ne s'y intéressent guère ou qui n'ont même jamais entendu parler du phénomène.

Je pense qu'il est de bonne augure que les médias de masse s'en mêlent et commencent à lancer l'appât à l'eau. On doit d'abord et avant tout discuter de webtélé dans les chaumières pour créer l'engouement. Un dossier semblable, bien qu'il ne fasse que survoler le phénomène, ouvre les portes à la discussion. La webtélé doit absolument se faire connaître de la population en général, voire "se commercialiser" (oh le vilain mot) pour être viable et c'est grâce à des initiatives comme celle de La Presse qu'elle le deviendra.

Le chemin est long et ardu mais comme le disait TQS: We will get there. Ok, mauvais exemple...

4 juin 2009

L'espace inspire la liberté



Guy Laliberté vient tout juste de terminer son allocution. En conférence de presse, il vient d'annoncer son départ pour la station spatiale internationale le 30 septembre prochain, à bord d'une fusée Soyouz du programme spatial russe.

Face à cette aventure, Raymond Viger se questionne et Renart Léveillé tergiverse. Quant à Martineau, il perce une dent. L'artiste et cracheur de feu s'envole pour l'espace et ça ne fait pas le bonheur de tout le monde. Certains crient à l'obscénité monétaire, d'autres disent, sur un ton beaucoup moins populiste, qu'il y a incompatibilité entre la mission sociale du propriétaire du Cirque du Soleil et ce voyage. On parle de pollution indécente et de fonds dilapidés alors que sa fondation One Drop encourage l'accès à une eau claire et potable pour tous.

Et je me pose des questions... Puis j'arrête de m'en poser.

Voulez-vous bien lui foutre la paix? Premièrement, c'est pas comme si la fusée n'était pas pour décoller de toute façon. Que ça vous plaise ou non, il y a un équipage russe qui quitte pour la station spatiale en septembre. Deuxièmement, le gars a un rêve et peut se le payer, laissez-le donc faire. Qui refuserait une telle offre? Si on me donnait demain la chance de voir notre petite planète du hublot d'une capsule, je me lancerais dans l'aventure à la seconde. C'est drôle que personne ne fustige Julie Payette quand elle va regarder des plantes pousser dans l'espace ou qu'elle teste des velcros sur des singes.

Pour ce qui est de cette histoire de pollution, je pense que Laliberté fait sa part sociale et environnementale. Pourquoi d'ailleurs tout devrait-il être noir ou blanc (regardez qui parle)? C'est pas parce que tu pédales ton vélo sept mois par année, que tu prends l'autobus les cinq autres mois d'hiver, que tu récupères et fais ton compost que t'as pas le droit de louer une bagnole pour des weekends occasionnels. Laissez-le donc prendre son véhicule. Et si son voyage l'inspirait et que cette inspiration modifiait la mentalité des peuples? Et si ce voyage réveillait les esprits?

J'ai parfois l'impression que la société fustige toujours ceux qui rêvent. Mais n'est-ce pas le propre de l'artiste de rêver pour ceux qui ne savent pas le faire?

Pour ceux que ça intéresse, la conférence de presse sera disponible en rediffusion à quatorze heures, HAE.

Edit: Un beau texte de Ge (recommencera-t-elle à bloguer?) dont le point de vue rejoint le mien. Comme elle me l'a si bien dit: Y’a ben rien qu’un chauve qui s’envoit en l’air pour me faire sortir mon blogue des boules à mites!

3 juin 2009

Outrage fongique

Ils sont trois. Assis à la fenêtre du Café, ils débattent. Cinéma, je crois. Mais je n'en suis pas sûr, je n'écoute pas. Peut-être un peu. Début trentaine, ils affichent la dégaine de ceux qui ont vu, de ceux qui savent, de ceux qui croient qu'ils savent. Je crois reconnaître l'un des trois. Chanteur populaire d'un certain groupe pop en vogue, il est avachi sur sa chaise, l'allure décontrac': Ray-Ban blanches, barbe de trois jours, coupe de cheveux champignon... Coupe champignon?!?

C'est beau la mode mais il y a toujours bien des maudites limites. Je devine les discussions qui s'animent lors des soirées de musiciens pop et de comédiens en vogue, les samedis soirs d'abus. Connaissant le penchant québécois pour suivre toutes les nouvelles tendances, qu'elles soient affreuses ou non, je fabule:

Comédienne à succès #1: Hey! Que diriez-vous si on ramenait la mode du rose et du jaune serin?

Comédienne#2 en applaudissant du bout des doigts: Oui oui bravo! Et on ramène du même coup les fuseaux en lycra brillants!

Chanteur pop qui se la joue fashion: Vous manquez visiblement de couilles mesdames. Donnez-moi un mois et je vous remets au goût du jour la coupe de cheveux champignon.

Comédiennes #1 et #2 en coeur : Han! T'es pas game!

Voilà, vous le savez maintenant, il l'était. Je vous avertis, la prochaine fois que je vois une paire de pantalons baggies, je me tire une balle.

Image via ilBlogue

2 juin 2009

La fin du Général

Voilà! Ça sent le vieux pneu brûlé pour le géant automobile américain qui vient de mordre une fois de plus la poussière. C'est que le Général, à force de mettre sur le marché des chars d'assaut et faire la sourde oreille aux besoins de la cavalerie, a fini par perdre le combat. Voyons voir ce qui en découlera maintenant. Une meilleure gestion ? Des véhicules conçus intelligemment et adaptés à la réalité du XXIème siècle ? Des dirigeants qui ne prendront pas la majeure partie du gâteau financier pour mieux disparaître dans la brume, tous phares anti-brouillards éteints ? Des manufactures vides ou pire, rasées et remplacées par des centres d'achat à perte de vue ?

Ce qui me dérange avec ça, c'est lorsque je constate que le gouvernement Conservateur a encore injecté des fonds dans l'histoire. Nos fonds. Notre argent, gagné à la sueur de notre front. Dix milliards ce coup-ci. 10 000 000 000$. Hey ça en fait des sacs de pinottes ça! On a hissé le drapeau blanc du côté de Détroit et le bon et généreux gouvernement canayen y a imprimé ses signes de piasses. Le pire, c'est que ces dix milliards tout frais imprimés, vous risquez de ne plus jamais les revoir. Parce que si General Motors s'éteint finalement dans une lente agonie, votre argent, vous pourrez vous le fourrer où je pense. Entre vous et moi, c'est ce qui risque un peu d'arriver, non ?

En fait, ce qui me chicotte encore plus, c'est qu'alors qu'on vient de supprimer quelques minuscules millions dans l'enveloppe budgétaire de Radio-Canada et que le peuple doive encore lui-même prendre les choses en main, alors que la culture en écope une fois de plus parce que le Premier Ministre l'a probablement aussi profond que la gorge de Miss Jones, les bonzes de l'industrie automobile continueront, eux, à se graisser la patte et le bearing en rigolant derrière leur cigare. Vous savez, ce n'est pas eux qui se retrouveront en ligne à l'Assurance-Emploi si jamais GM se désagrège. Si j'étais Radio-Canada, je songerais sérieusement à déménager à l'est du Lac Michigan ou à me mettre à construire des bagnoles suceuses de pétrole albertain.