31 mai 2009

Millénium, la suite

Pas la suite comme dans "C'est moi qui possède le tome quatre!" Meuh non, la suite comme dans "Après vous en avoir parlé la semaine dernière, j'ai finalement été poser mes fesses sur les sièges moelleux du cinéma du Quartier Latin hier après-midi."

Pourquoi ai-je choisi le Quartier Latin alors qu'il y avait une présentation au Beaubien juste à côté de chez moi? Parce que bizarrement, le cinéma du Quartier Latin est la seule salle à présenter la version originale sous-titrée français dans la grande région métropolitaine. C'est quand même étrange lorsqu'on considère que la mission du Beaubien est de présenter du cinéma d'auteur et qu'ils ont aussi en ce moment à l'affiche un film japonais en version originale. Mais bon, je m'égare.

Millénium. Tome 1. L'homme qui n'aimait pas les femmes.

J'étais un peu craintif, je dois l'avouer, avant d'aller m'asseoir dans la petite salle 1 du cinéma. C'est que de condenser une oeuvre si volumineuse dans un film équivaut pour un scénariste à marcher dans un champ de mines avec des kayaks pour souliers. On sait ce que ça a donné avec la série des Harry Potter. Hé bien vous savez quoi? J'ai tout simplement ADORÉ le film. Même après avoir lu les trois briques littéraires, même après avoir imaginé les personnages déambuler dans leur quotidien, après les avoir vu vivre et respirer, après avoir été pendant plusieurs semaines le metteur en scène de leurs aventures, je suis demeuré sur le bout de mon siège durant les deux heures trente que dure le long-métrage. Et incroyablement, même s'ils ont pratiquement escamoté Erika Berger et l'affaire Wennerström du récit, le film ne s'en trouve à mon avis que resserré. Là où le livre traînait en longueurs, le film livre la marchandise et offre un thriller haletant et efficace qui nous rive sur place. Les personnages, plus vrais que nature, sont exactement tels que mon cerveau les avait imaginés. Il n'y a que l'île de Hedeby et ses maisons qui sont légèrement différentes de ce que j'avais en mémoire. À ce niveau c'est une réelle réussite.

Et il y a Lisbeth Salander. Lisbeth, plus punk que gothique finalement, mais totalement attachante et charismatique. J'avais craqué pour cette fille complètement à côté de la plaque dans le récit mais maintenant, j'en suis raide-fou-dingue. Lisbeth, tatouée, percée et assumée. Lisbeth, magnifiquement jouée par l'actrice Noomi Rapace, qui vous en mettra plein la gueule dans un rôle plus grand que nature. Parce qu'il y a la violence derrière tout ça. Une violence sourde, silencieuse, froide. Une violence graphique aussi, qui vous fera tressaillir et vous remplira d'inconfort. Une forme de violence à laquelle on assiste peu de ce côté-ci de l'Atlantique. Et Lisbeth qui l'incarne, bête blessée mais forte, qui la prend toute sur ses minuscules épaules.

Une autre facette qui m'a totalement charmé est qu'on n'essaie jamais de nous prendre pour des valises. Jamais on ne tente de nous passer un sapin entre les dents avec des histoires abracadabrantes. Et ça aurait été possible nombre de fois. Je pense entre autres à tout l'aspect informatique du film. Jamais on ne fabule à nous faire croire à des impossibilités technologiques. Ce qui n'arrive que très rarement au cinéma.

Bien sûr, le film comporte ses défauts. Il sera peut-être ardu pour le cinéphile n'ayant pas lu l'oeuvre de 700 pages de s'y retrouver. Mais pour ceux qui l'auront justement lue, le film demeure une synthèse juste et précise de ce que l'esprit aura imaginé.

La table est maintenant mise pour le second tome, prévu pour voir le jour sur les écrans suédois en septembre prochain. Et j'ai très hâte.

29 mai 2009

Portrait en noir et noir

J'ai été élevé dans la retenue. Ne pas crier fort, ne pas prendre sa place, ne pas faire de vagues, ne pas laisser savoir que j'étais en désaccord. La voix de mon père me terrifiait. Il n'avait même pas à lever la main sur moi. Il n'avait qu'à me regarder de ses yeux furieux et lever le ton que je me terrais comme une bête effrayée.

Longtemps je n'ai rien dit. Longtemps j'ai gardé le silence devant l'adversité, même lorsque tout mon être criait son désaccord. Jusqu'au jour où, n'étant plus capable, j'ai explosé. Vous vous rappelez de Michael Douglas dans Falling Down, l'histoire du mec qui perd la carte assis au volant de sa bagnole dans la circulation et qui tue tout le monde sur son passage ? Bon, je ne suis pas devenu si extrême. Mais une envie de hurler trop longtemps contenue est un jour sortie dans un long cri, il y a de cela quelques années. Depuis, il m'arrive encore d'avoir de ces spasmes refoulés qui reviennent à la surface. Je déverse alors mon fiel libérateur quand mon subconscient entre en contraction.

J'éclate, donc. Peu après les gens qui m'entourent. J'ai toujours préféré l'harmonie aux grincements de dents. Je crève plutôt mes abcès de colère sur les choses inanimées. Je peux me mettre en rogne contre la moindre parcelle de vie qui me fait chier, contre un lacet qui se détache, contre une voiture qui me coupe la route ou contre un objet échappé par terre. Je peux entrer en déflagration pour un rien. Mais la lave de mon volcan demeure orale. La violence physique m'a toujours fait peur.

Cette façon d'exploser à la moindre étincelle de contrariété fait partie de mon côté noir. Mais c'est un infime exemple de l'ombre qui m'habite. En fait, je suis un être d'extrêmes. Beaucoup de blanc, beaucoup de noir et peu de zones grises. Doublé de mon intensité de vivre, ça peut parfois donner un cocktail assez explosif. J'en avais d'ailleurs glissé un mot à mon spécialiste en santé mentale. Je lui répétais que je rêvais d'être zen, que j'avais une envie folle de demeurer calme devant l'adversité, que je voulais apprendre à respirer par le nez.

Lui, calme et posé, me répondait en appelant mon côté sombre une intensité intrinsèque, une certaine fureur de vivre. Et il ajoutait que ça n'était pas toujours nécessairement mauvais d'être intense, que si je voulais dire adieu aux côtés sombres de ma personne, je devais par le fait-même accepter que ma façon de vivre change. Pire, je devais accepter que ma façon d'écrire change. Mes mots devaient eux aussi perdre en fureur et en intensité.

Ma création se nourrit donc de ma noirceur. Mais je n'ai pas envie de commencer à étendre ma prose sur des murs roses et sans relief. Je n'ai aucune envie d'écrire du roman Harlequin et de tartiner mon bonheur collant et mielleux sur les pages de ma vie.

Alors je fais quoi? Je me complais de mon état ? Je demeure noir pour pouvoir créer à fond, comme j'en ai envie ? Je reste sombre et l'accepte ?

Docteur, je ne sais pas écrire le bonheur...

27 mai 2009

S'examiner l'épicentre

Je me pose constamment des questions. Je m'auto-examine la mousse ombilicale, gratte profondément dans mon bobo, essaye toujours de voir si la lumière que j'aperçois au loin n'est pas celle d'un truck de 45 pieds qui s'en vient full pine me ramasser la gueule. Je viens tout juste de poser une question sur mon Twitter / Facebook: "À trop vouloir se trouver, est-ce qu'on finit par se perdre ?"

J'ai reçu toutes sortes de réponses: des simples, des drôles, des songées, des oui, des non, des bofs, des I don't care, des lâche pas la patate mon Fernand. Mais il y a la sage Geneviève, l'éclairée Chroniques Blondes, celle qui a toujours le bon mot bien placé, qui possède l'oeil de celle qui sait et surtout l'expérience de savoir quand le dire, qui est venu tout remettre en perspective par une réponse simple et magnifiquement juste: "On finit surtout par perdre de vue que les autres aussi sont vachement intéressants!"

Je me dis que parfois, il serait bon que j'arrête de me regarder l'épicentre, qu'il serait temps que je m'aperçoive qu'il y a d'autres que moi qui orbitent autour de mon monde. Essayer de s'oublier pour penser à l'autre, ça serait pas un pas dans la bonne direction ?

26 mai 2009

Le bonheur comme vengeance

Je viens de terminer la lecture du livre de Natalie Jean, Je jette mes ongles par la fenêtre, un nouveau recueil de onze nouvelles toutes mieux ficelées les unes que les autres. L'écriture de l'auteur de Québec est belle et fluide, prenante et chargée d'images. Elle a un talent de conteuse évident. Outre sa vocation d'écrivaine, Natalie est graphiste. À la lire, on comprend rapidement pourquoi elle a une telle facilité à dessiner sa prose.

Mais une nouvelle en particulier m'a titillé. Natalie y relate l'histoire d'une fille qui recroise par hasard après plusieurs années, un gars qui avait tenté de la violer. Et alors qu'elle pourrait se venger, son amoureux ayant retracé le mec en question, la nouvelle se termine en queue de poisson. Une possibilité de vengeance traînant dans l'air n'aboutit pas, sans aucune raison apparente, sauf celle évidente de ne pas brasser trop d'air autour d'elle, question de ne pas perturber son bien-être.

J'étais à la féliciter en lui expliquant mon malaise par rapport à cette nouvelle. Et elle me dit tout bonnement la phrase suivante: Et si être heureux était la vraie vengeance? Et vlan, dans les dents.

Et si le fait d'entretenir une certaine haine envers ceux qui m'en ont fait baver se nourrissait d'elle-même? Et si mon besoin de vengeance m'empêchait de lâcher prise sur le passé? D'un autre côté, le personnage de sa nouvelle s'en tire avec un crime. Doit-on laisser ça se produire? À plus petite échelle, est-ce que le fait de laisser mon passé en paix, de garder le silence et de ne rien essayer de changer, par protestation et dénonciation, n'encourage-t-il pas d'autres à suivre les traces de ces épais qui se croient tout permis? N'y a-t-il pas assez de coups de pied au cul qui se perdent?

Le bonheur est-il une vengeance ou une façon de survivre?

25 mai 2009

Tes 15 megs de gloire

Andy Warhol a dit: "Tout le monde un jour aura son quinze minutes de gloire". Et il avait raison. Avec l'avènement du Web et de la télé-réalité, la gloire avec un g minuscule n'aura jamais été aussi probable et tangible pour le commun des mortels. C'est exactement sur cette prémisse que 33mag a inventé Tes 15 megs de gloire, un concept qui donne la parole aux "vedettes" locales de tout acabit.

À l'ère où n'importe quel j0b10 devient famous sur les interwebs, 33mag se donne pour mission de mettre un peu d'ordre dans tout ça.

Tes 15 megs de gloire, c'est cinq questions, générées électroniquement par le super ordinateur méga puissant de 33Mag, qui pénètrent directement le subconscient de l'invité pour en faire sortir les pulsions les plus profondes.

J'ai reçu cette loufoque invitation de 33mag en mars dernier, invitation à laquelle j'ai immédiatement répondu parce que j'ai tout simplement adoré ce concept complètement déjanté. Aujourd'hui, j'ai l'immense joie de vous présenter mes 15 megs de gloire, mes cinq questions complètement farfelues auxquelles j'ai eu le plaisir de répondre. Entre vous et moi, leur supra-méga ordinateur a dû cramer et sentir la surchauffe en tentant d'interpréter mes réponses. Parlez-en à ceux qui m'entourent. C'est pas toujours facile de trouver un sens à ce que je dis.

23 mai 2009

Millénium

Vous êtes de ceux qui se sont tapés les deux milles cent quelques pages de la trilogie Millénium? Moi si. Est-ce une raison pour bouder le film qui sortira sur nos écrans à partir de la semaine prochaine? Absolument pas. Avais-je aimé les livres? Je pense que oui. Justifier la lecture de trois tomes de sept cents pages est ardue si on avance ne pas avoir été absorbé par l'histoire. Et pourtant, j'ai encore l'impression, malgré le fait que je les ai dévorés en quelques semaines seulement, d'être resté sur mon appétit. J'avais constamment l'impression que le récit faisait du surplace, que le rythme traînait, que l'auteur revenait incessamment sur des points auparavant expliqués de long en large. Et pourtant, j'en fus accro.

Bizarre...

J'ai eu vent entre les branches que la traduction française du long-métrage était plutôt manquée. J'en étais à trouver ça dommage quand j'ai croisé la bande-annonce du film en version originale sous-titrée français. N'en manquait pas plus pour me vendre à cette idée. En plus, les acteurs ont exactement la gueule que je leur avais imaginée. C'est fou, non? Je ferai donc partie des cinéphiles de la première heure. Pour ceux qui craignent avoir à lire en regardant des images, dites-vous que c'est moins long que d'avoir à se taper les trois briques les unes à la suite des autres.

22 mai 2009

Festival d'été de Québec

À la façon des gourous culturels de Québec, Burp et Épicure, j'ai dressé une liste des spectacles que j'aimerais voir au Festival d'été de Québec. À première vue, va falloir que je me trouve un don d'ubiquité dans un tiroir quelque part!

10 juillet
Radio Radio
Impérial de Québec - 20:00 - Laissez-passer

11 juillet
Daniel Bélanger
Scène Molson Dry - 21:45 - Gratuit

Sound of sea animals (Merci Cath et Alex!)
Le Cercle - 23:00 - Laissez-passer

14 juillet
Beast
Scène Molson Dry - 20:15 - Gratuit

Pépé goes français
Scène Bell - 20:30 - Gratuit

Les Claypool
Scène Molson Dry - 21:45 - Gratuit

Indochine
Scène Bell - 22:00 - Gratuit

15 juillet
Plants and Animals
Scène Molson Dry - 20:50 - Gratuit

Coeur de Pirate
Impérial de Québec - 21:40 - Laissez-passer

Patrick Watson
- Scène Molson Dry - 22:00 - Gratuit

16 juillet
Metric
- Impérial de Québec - 21:00 - Laissez-passer

Dany Placard
Pub Saint-Alexandre - 22:00 - Laissez-passer

17 juillet
Band de Garage
Scène Molson Dry - 19:45 - Gratuit

Mononc'Serge
Scène Molson Dry - 21:55 - Gratuit

18 juillet
Yeah Yeah Yeahs
Scène Bell - 20:30 - Gratuit

19 juillet
Malajube
Scène Bell - 19:00 - 10 $ à la porte ou laissez-passer

Karkwa
Scène Bell - 20:30 - 10 $ à la porte ou laissez-passer

Pierre Lapointe
Scène Bell - 22:00 - 10 $ à la porte ou laissez-passer

Et le dernier mais non le moindre

Jonathan Roy and Friends (Yeah! Rock'n'roll! Pouet pouet pouet)
Impérial de Québec - 20:00 - Laissez-passer
(Je savais même pas qu'il avait des amis)

21 mai 2009

Carnets de voyages

Je ne m'attendais pas du tout à vivre ce que j'allais vivre lorsque je me suis assis sur mon siège du Théâtre des deux mondes, une toute nouvelle salle du quartier Villeray. C'était ma deuxième expérience dans cet antre situé rue Chabot au nord de Jean-Talon et je dois vous avouer que je jouis à chaque fois de simplement pouvoir me déplacer au théâtre à pied. Mais revenons-en au spectacle.

Vous savez que je voue un culte sans borne pour le métissage des genres: rock + classique, Internet + télé, caucasien + (latin et/ou africain et/ou asiatique). J'aime explorer des territoires inconnus, goûter à des saveurs qui ne sont pas à première vue faites pour aller ensemble. J'étais pour être servi à souhait.

Carnets de voyages est un spectacle qui combine le théâtre, le multimédia et la musique. C'est une pièce qui relate les aventures d'une troupe de théâtre au fil du temps et des lieux, de Vérone à Kinshasa, en passant par Madrid et Danang. C'est surtout un voyage à l'intérieur de soi, un périple qui permet à chacun de découvrir qui il est et ce qu'il fabrique ici-bas.

Le jeu des comédiens Jean-François Casabonne et Véronique Marchand est parfait, réussissant à passer de la poésie à la prose la plus québécoise sans nous faire décrocher. Les décors, personnages à part entière, effectuent une danse technique réglée au quart de tour. Les textes, percutants et poignants, sont truffés de clins d'oeil et remplis d'un humour fin. J'aurais peut-être opté pour un choix musical différent mais la musique est bien dosée. On se sentira peut-être un peu perdu au tout début de la pièce, à l'étroit dans cet univers, l'oeil ayant de la difficulté à tout assimiler ce qui se trame autour. On a d'abord l'impression de manquer quelques subtilités dans la poésie des textes, trop occupé à absorber les images qui nous sont offertes. Puis tout se place subtilement, tranquillement. Au bout d'une dizaine de minutes, on saute à pieds joints dans le récit. Le seul bémol réside, à mon avis, dans le choix de certaines images plutôt amateurs insérées ça et là dans les projections. Celles-ci semblent jurer face à d'autres montages plus professionnels.

Carnets de voyages est donc un spectacle sur l'amour et l'amitié mais aussi sur l'art, sur la solitude et sur les liens que l'on tisse avec les autres. On en ressort émus et transportés. Carnets de voyages est présenté du 20 au 30 mai au Théâtre des deux mondes. Un tarif à moitié prix est offert aux résidents des quartiers Villeray, St-Michel ou Rosemont. Et vous seriez fous de manquer ça.

20 mai 2009

L'argent des petits

Chu tanné! Écoeuré que ce soit toujours les plus petits qui payent et en arrachent! J'ai mon putain de voyage que ça soit toujours ceux qui n'ont rien à se reprocher qui subissent les supplices pour les autres. Quand je lis que Mulroney, en plus d'avoir mis la main dans l'argent de poche de Schreiber, n'a payé que 50% d'impôts sur celui-ci, j'ai des haut-le-coeur bileux.

Quand je sais que je dois me battre à tous les jours pour faire mon honnête part de citoyen, quand je m'aperçois que je dois justifier à la RAMQ, deux ans plus tard, mes paiements d'assurances santé (qui est une autre putain de gamique pharmaco-gouvernementale (mais j'y reviendrai une autre fois, le sujet à lui seul vaut un autre billet)) parce qu'ils sont complètement perdus dans leurs papiers, quand je constate que Revenu Québec se rétracte dans ses propres décisions et que je doive rembourser mes prestations fiscale pour enfants parce qu'il base ses calculs sur les années précédant mon statut de conjoint de fait, j'ai des grosses, énormes, oliphantesques envies de crier et frapper!

Ok, je comprends que je doive faire ma part. Fine! Mais pourquoi les gros de ce monde (j'allais écrire les grands de ce monde mais je les trouve de plus en plus petits) s'en tirent-ils toujours sans égratignure, lavés plus blanc que blanc, les poches jaillissant en fontaine inépuisable?

Le pire, c'est que je me considère nanti, choyé par la vie et chanceux face à tellement d'autres qui en arrachent simplement pour joindre les deux bouts. Combien de femmes (et d'hommes mais plus rarement) monoparentales doivent faire une kyrielle interminable de sacrifices simplement pour mettre une platée de steak haché sur la table? Ça me pue au nez tout ça, et ça n'a rien à voir avec la viande avariée déposée au buffet des riches et des crosseurs.

19 mai 2009

Censure et écriture

La vérité pure n'existe pas. Elle change constamment, à la minute et à l'oeil près. Dans un court laps de temps, ne suffit que de quelques minutes, la perception d'une vérité se modifie, se moule à notre environnement, s'adapte à nos envies, comblent nos manques, annoncent nos intentions, qu'elles soient réelles on inconscientes.

Un mot écrit, une lettre échappée, un billet déposé recèlent une foule de vérités diverses, toutes plus vraies et toutes plus fausses les unes que les autres. La vérité est-elle dans l'oeil du lecteur ou dans celle du narrateur? Ces mots réels qu'on aligne les uns à la suite des autres forment des idées, des paysages qui le sont plus ou moins (réels). Ces phrases qui sont puisées à même nos vies sont parfumées selon l'humeur du moment, embellies ou enlaidies selon le sens qu'on veut leur donner. Nous modifions sans cesse nos intentions.

Les mots couchés sur papier ou à l'écran auront toujours plus de portée que les simples paroles. D'ailleurs, qui est le salaud qui a dit que les paroles s'envolaient et que les écrits restaient, qu'on aille tous lui péter la gueule en sang?

Cela dit, que peut-on se permettre d'écrire, jusqu'où peut-on s'épancher dans l'affirmation de nos vérités? Doit-il exister une retenue littéraire et si c'est le cas, où débute-t-elle? La voilà, la maudite question qui tue: l'écrivain doit-il se censurer?

Si vous savez qu'une phrase-choc heurtera la sensibilité de vos proches, devez-vous quand même la déposer sur papier? Si vous vous arrêtez, ne serait-ce que deux secondes, à votre famille, à vos enfants, à votre amoureux(se), est-ce que vos écrits diffèreront? En conséquence, si les écrivains doivent s'auto-censurer, combien d'oeuvres magistrales ne seront jamais été écrites? Regardez vers l'arrière et pensez à Baudelaire, Shakespeare, Galilée ou Danielle Steel.

Si je persiste à écrire comme je le fais, quitte à choquer, si j'assume mes écrits tout en sachant fort bien que je risque de voir les proches que je heurterai me déserter les uns à la suite des autres, dois-je en venir à la conclusion que si je suis né pour écrire, je suis du même coup né pour vivre dans une bulle, exclu de tous?

La vraie de vraie question demeure: l'écrivain est-il condamné à errer seul?

18 mai 2009

Ces yeux qui vous mitraillent l'insécurité

J'arrive au bar. Il y a déjà foule. C'est toujours comme ça les vendredis-soirs-préludes-à-l'été. Les femmes sont belles mais les soirées sont encore trop fraîches pour qu'elles affichent leurs jambes infinies et leurs bretelles spaghettis. Je saurai bien patienter. Du coup, les jeunes hommes en rut suivent la parade. Je ne suis pas mieux et je fais comme eux: je mets aussi un pied devant l'autre dans l'antre des alambics. Il y a définitivement trop de monde et je ne vois aucune place où asseoir mes fesses, ni à une table ni au zinc. Par conséquent, je dois me rabattre sur un tabouret qui jouxte un des comptoirs délimitant la petite scène intérieure. Mes deux voisines de comptoir ont la gentillesse d'enlever leurs effets personnels du coussin afin que j'y pose le mien. Je leur gratifie mon contentement d'un sourire bien senti. Aurai-je eu l'air si heureux si elles n'avaient pas été aussi jolies? Vous le savez vous aussi, la beauté est une salope qui n'a rien à foutre des sentiments humains. Par contre, voilà le seul échange auquel elles auront droit. C'est que je suis timide. Et apparemment, je ne me soigne pas. Pour ajouter l'injure à l'insulte, je suis timide ET paresseux. En fait, je ne sais pas si on peut appeler ça de la paresse, mais ça me demande un trop gros effort de nourrir une discussion avec un inconnu. Du coup, je préfère faire autre chose. Boire, lire, fabuler, rentrer chez moi. Ce soir, je me collerai plutôt le nez dans un bouquin et me mêlerai de mes affaires. Dickner aura droit à toute mon attention. Je plonge.

Dis maman, quand je serai grand, je pourrai écrire comme ça?

Ça doit faire une trentaine de minutes que je dévore Tarmac quand les jeunes hipsters assis à la table à côté de moi se lèvent. Flairant l'espace qui se libère, je lève les yeux et m'apprête à me précipiter vers l'oasis de paix. Je note malheureusement qu'ils laissent leurs effets sur leur chaise et me dis qu'ils doivent se diriger à l'extérieur pour en griller une. Qui aurait dit que les interdictions de fumer engendreraient de fausses joies? C'est alors que mes yeux rencontrent les siens. Jolie brunette, petite casquette, courte jupette. Je maintiens son regard quelques instants. Pourquoi me regarde-t-elle ainsi? Est-ce que j'ai des restes de repas entre les dents? Mon visage arbore-t-il des traces de doigts ou une saleté quelconque? Je maintiens son regard jusqu'à ce qu'elle me décoche un magnifique sourire. Pris de court, sans ressource, mis à nu, je n'ose bouger une seule ride de mon visage. Je garde ma face des jours d'enterrement de longs instants puis détourne finalement les yeux pour regarder ailleurs. Ça ne me prend pas cinq secondes pour m'apercevoir que j'ai agi en twit. Mais il est déjà trop tard. Je ne peux plus revenir en arrière, je ne peux plus changer les choses. Je ne sais pas comment réagir dans ces temps-là. Je n'ai pas été entraîné pour de telles épreuves. Personne ne sourit jamais à personne, dans la rue, à l'épicerie, dans le métro, dans les toilettes publiques. Quand je le fais moi-même, le résultat obtenu est presque toujours le même: l'indifférence. Du coup, si on me répond par un sourire ou si on me sourit en premier, je suis totalement décontenancé.

Alors voilà, si vous me croisez dans la rue ou au bar ou dans les toilettes et que je ne réponds pas à votre sourire, dites-vous que vous n'avez rien à y voir. Mais entre vous et moi, c'est tout de même un peu de votre faute.

15 mai 2009

Adoration à chaud

Je vous entends déjà, petits pervers, imaginez toutes sortes de scénarios plus juteux les uns que les autres. Et qui suis-je pour vous garocher la garnotte, je suis sûrement pire que vous. Mais il n'est pas question de lubricité ici, il est plutôt question de cinoche.

Je suis à descendre une Sleeman en spécial à 3,50$ et à tirer fort sur un narguilé double-pomme après avoir été bercé aux images du tout dernier Egoyan nommé, vous l'aurez deviné, Adoration. Je voulais vous faire une critique vidéo à chaud mais bon, c'est quand même pas évident à faire avec tous ces yeux qui vous regardent le laptop un vendredi soir, ayant l'air de se dire que vous n'avez pas d'amis. De toute façon, la musique moyen-orientale est tellement tonitruante que vous n'y entendriez rien du tout.

Je vous ferai donc en lieu et place une courte critique du film que je viens de voir. Voyons, qui est-ce que j'essaie de berner? Ça n'est pas une critique que j'ai envie de faire mais plutôt une tentative de corruption de votre esprit pour que vous couriez voir cet excellent film du réalisateur canadien. Un film rempli de symboles où le cinéaste nous entretient de préjugés et d'anonymat, dans la vie et sur le web, mais aussi de silence, ce satané silence qui pèse sur nos vies quand on omet de réagir contre la bêtise humaine. Courez-y, ne serait-ce que pour la musique de Godspeed You Black Emperor dont l'album Raise your skinny fists y est omniprésent. Tiens, ça serait une bonne idée, non, de nourrir vos esprits en ce weekend allongé comme un café et laisser ce long-métrage insinuer sa "marc" en vous.

14 mai 2009

Dion, t'es rien qu'un maudit chialeux!

Juste pour vous montrer que je ne fais pas que chialer, juste pour vous faire voir que je peux aussi apporter des solutions, je vais vous raconter mon tout dernier coup de foudre musical qui s'est produit pas plus tard qu'il y a 30 minutes.

J'étais chez Radio St-Hubert à attendre le câble du transformateur de mon Eeepc. C'est que mon satané chat, Paul Sarazin, s'en était servi comme hors d'oeuvre et le pauvre fil, machouillé jusqu'au trognon, affichait un air de camp de nudiste. Arrivé un peu trop tôt au magasin, j'ai traversé la flotte qui inondait le ciel de la Plaza et ai été me perdre dans les dédales du Renaud-Bray situé juste en face. À l'intérieur, je fais le tour des postes d'écoute et aperçois un tout petit CD, tout de brun-vert vêtu, faisant sa petite vie de CD tranquille. Mais je l'entends qui m'appelle. En fait, je ne l'entendais pas vraiment m'appeler. C'est plutôt le nom inscrit sur la pochette qui m'a interpellé: Guillaume Arsenault. Quoi de plus banal et québécois comme nom. Je suis curieux. Mais je vois le titre aussi: Géophonik. Tiens, intéressant. Surtout que ça ne veut rien dire pantoute. Raison de plus pour sauter sur les écouteurs et me taper quelques minutes de nouveauté. Et là, Paf! En pleine gueule. Les premières notes de la première chanson me rentrent dedans comme un Jonathan Roy dans un Bobby Nadeau. Je reste accroché, emballé, incrédule, dandinant du cul et dodelinant de la tête sur le plancher du magasin de Monsieur Bray. J'aime quand les coups de foudre m'arrivent. Je suis charmé. Un mélange de blues, de bluegrass, de folk et d'électro. Ben oui toi, de l'électro, du bruitage et du sampling là-dedans. Allez hop, dans le panier.

Alors voilà, si vous pensez vous procurer l'album "rock" d'un Jonathan Roy, pourquoi ne pas tenter le diable et oser un peu? Pourquoi ne pas sortir du moule dans lequel on essaie de nous endormir et essayer de faire les choses différement, juste pour une fois? Allez, vous êtes capables. Et si vous n'êtes pas convaincu avec le mélange trop éclectique de Guillaume Arsenault, pourquoi ne pas essayer le post-rock de Pawa up first, un autre excellent groupe montréalais dont un de mes potes fut le batteur quelques temps, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'il fallait qu'il mange pour vivre?

La mode des caves

Avouez que vous aimez ça. C'est un peu comme le syndrome de la femme battue: Crie après moi mais au moins, parle-moi. Ok, j'y vais peut-être un peu fort. Appelons-le plutôt le syndrome du vil marketer: Parlez-en en mal, parlez-en en bien mais parlez-en.

La mode de nos jours est à se faire prendre pour des caves. Il y a eu aux États-Unis l'affaire Madoff puis plus près de nous celle du scandale des commandites. On déterrait de nouveau cette semaine l'histoire Mulroney-Schreiber puis, mardi, c'était au tour du Bixigate de défrayer les manchettes. Les "fins" stratèges prennent un malin plaisir à insulter notre intelligence alors que nous, "pauvre" troupeau de moutons, on se laisse faire. On se laisse manger notre propre laine sur le dos alors que les bergers se tricotent des vestes Armani. Faut croire qu'on doit aimer ça.

La dernière pilule qu'on tente de nous pousser au fond de la gorge porte le nom de Jonathan Roy. Au Québec, cré-moué, on a le pardon rapide. Parce qu'il ne faut pas se leurrer. L'ex lutteur bagarreur pugiliste hockeyeur nous a emmené faire un grand tour de bateau. Mais insatisfait de laisser la barre au beau capitaine, on lui donne en plus un coup de main à larguer les amarres.

Après avoir donné une prestation digne de Judy Garland dans The Wizard of Oz à Tout le monde en parle dimanche dernier, on apprenait que le jeune éphèbe avait en plus été coaché par nul autre que Jeff "Liberté, je crie ton nom" Fillion, l'ex-animateur de CHOI Radio Poubelle à Québec. Et personne ne s'insurge! Au lieu de monter aux barricades, les gens courent se procurer l'album du blondinet chanteur au toupet jacké! On apprenait de surcroît qu'en seulement deux jours, Roy avait écoulé 20 000 copies de son album qui est, comme on a pu l'entendre à la messe dominicale et n'ayons pas peur des mots, une merde. C'est à n'y rien comprendre! Le gars n'a pas de voix et ses chansons, insipides et beiges, sont bercées par une musique prévisible et mille fois entendue. Et Guy A. qui trouvait ça "accrocheur"? Come on! Comment peut-on recevoir dans la même émission un génie de la création comme Robert Lepage et un sous-produit Saran-Wrappé de la pop et le féliciter pour son "grand talent"? Pendant ce temps, y a Patrick Watson qui n'a vendu que 8200 copies de Wooden Arms depuis sa sortie en avril. Euhhhh?...


Alors, on se réveille? On tente de voir clair à travers le gros nuage rose rempli de Calinours qu'on tente de nous planter au fond des orbites? Peut-être aimeriez-vous alors savoir que Jonathan "DA KING J.O.E" Roy a supprimé sa page MySpace hier? Peut-être a-t-il peur qu'on découvre certains dessous du vrai personnage?


En complément, je vous conseille la chronique de Nathalie Petrowski qui porte sur le chanteur qui lave plus blanc que blanc.

13 mai 2009

On est mort!

Je vous l'ai déjà dit, je garde jalousement mes découvertes. En fait, dans ce cas-ci, c'est plutôt lui qui m'a découvert, m'ayant laissé un commentaire sur je ne me souviens plus trop quel billet. Mais vous me comprendrez, c'est exactement comme lorsqu'on découvre un nouveau resto, un nouvel artiste émergent ou un nouvel engin bdsm: on n'a pas envie que le peuple entier se rue dessus et pulvérise du même coup tout le charme et toute la saveur de la nouveauté. Ou peut-être ai-je simplement peur que vous le trouviez meilleur que moi.


Mais parfois, juste parfois, je pile à deux ou douze pieds sur mon ego alexandrin et je vous envoie promener ailleurs, jamais méchamment of course, vous savez à quel point je vous aime, mais ailleurs tout de même, simplement pour voir vos yeux s'agrandir et vos bouches faire des Ohhh! et des Ahhh! C'est pourquoi je vous dirige ce matin chez Oops we're dead, un gars qui tient plus de Bukowski que de Jardin. C'est sale, c'est gras, ça suinte la dope, l'alcool et le sexe, bref, ça vous prend aux tripes et ça vous donne envie d'en vouloir toujours plus (comme les précités). Son écriture est, malgré certaines apparences et "Ô-j'entends-déjà-certains-préjugés", recherchée et juste et ses histoires me font souvent penser aux miennes, les couilles en plus. On sent parfois un peu de rebellion juvénile derrière le personnage mais c'est sûrement de son âge, ou en tout cas, plus du sien que du mien. Ou peut-être que je me trompe, allez savoir. Tiens, justement, allez-y donc "savoir". Et forgez-vous votre propre opinion.

En espérant qu'il sera dans les parages pour rester. Mais je n'en suis pas certain. À première vue, il n'a pas du tout la gueule du gars que les flatteries achèteront. Je ne serais pas surpris de le voir lever les feutres s'il doit commencer à s'auto-censurer pour calmer les ardeurs du peuple "bien-pensant".

12 mai 2009

Bixi, blogue et bullshit (mon point de vue)

Patrick Lagacé sort une grosse nouvelle aujourd'hui. Le blogue À vélo citoyens qui faisait la promotion de l'utilisation du vélo à Montréal et par le fait-même du BIXI est en fait une arnaque. Les trois personnes ayant mis le projet sur pied sont issus de l'imagination de l'agence de publicité Morrow Communications, engagé par Stationnement de Montréal.

L'histoire, d'apparence banale, ne m'avait pas vraiment titillé lorsque j'en ai eu vent. J'avais moi-même vanté les qualités du blogue À vélo citoyens! lorsque je tenais ma chronique sur Branchez-vous! Je faisais également partie du groupe Facebook dont la tête pensante, Mélanie Gomez, m'avait fait "Officier" grâce aux bons mots que j'avais eus sur le projet. Malgré tout, je ne comprenais pas pourquoi on en faisait quand même un tel plat. Jusqu'à ce que je lise la phrase suivante tirée de l'entretien de Lagacé avec Michel Philibert, directeur, communications-marketing, chez Stationnement de Montréal: «La stratégie virale, ça fait partie de la pub. Non, ce n'était pas de la manipulation. La manipulation, c'est mercantile. Stationnement de Montréal, c'est privé, mais Bixi est un service public. On veut que ça marche.»

Et c'est là que ça m'a frappé. Pas de la manipulation? Bien sûr que c'en est! On m'a trompé, on a utilisé mon nom à mes dépends et à mon insu pour mousser la popularité d'un service et ce, tout à fait gratuitement. On a fait de la publicité sur mon dos, en utilisant ma parole, sans me rémunérer et sans que j'aie la moindre idée de ce qui se tramait en coulisse. J'ai été consciemment utilisé et dupé, entre autres parce que j'avais une voix sur le Web. Vous demanderez pour le fun à un acteur de faire la promotion d'un produit sans savoir ce qu'il y a derrière!

La vraie publicité virale, ça n'est pas ça. Et croyez-moi, j'en ai assez croisé à Vlog pour savoir faire la différence entre les deux. Lorsqu'on se heurte à une pub virale, on sait qu'il y a une entreprise derrière ça. Ça sent le fake à des kilomètres à la ronde. C'est voulu et l'histoire finit toujours toujours par sortir, quelques jours ou semaines plus tard. On ne tente pas de berner les gens, on tente de créer un courant. Ce qui n'est pas le cas avec la promotion de ce faux blogue. Si Lagacé n'avait pas sorti l'histoire, personne de Stationnement de Montréal n'aurait avoué la mise en scène et tout le monde se serait fait prendre au jeu.

- Alors, toujours certain que ça n'est pas si grave que ça, Monsieur Dion?
- Non Monsieur Lagacé, je me sens floué.

11 mai 2009

Patrick Watson à emporter

À chaque fois que la Blogothèque fait un segment sur Patrick Watson, je ne peux pas m'empêcher de vous en parler ici. C'est que je suis complètement accro à tout ce que le groupe touche et créé. Le plus récent album, Wooden arms, m'emporte d'ailleurs dans des zones insoupçonnées, les magnifiques Where the wild things are et Down at the beach étant les meilleurs exemples du génie créatif qui se cache derrière les musiciens montréalais.

C'est donc avec une joie renouvelée que je vous propose pas une, pas deux, pas trois mais quatre parties d'un concert pour emporter que la Blogothèque nous a concocté dans la capitale française. Les images de Paris étant encore toutes fraîches à mon esprit, je ne peux faire autrement qu'être transporté dans une dimension réelle mais où les frontières du génie n'existent plus.









Edit: Semblerait que je ne sois pas le seul à avoir un faible pour Watson et sa bande.

10 mai 2009

Tout le monde en twitte

Comme la semaine passée et encore plus parce que c'est la dernière émission de la saison, je commenterai encore ce soir Tout le monde en parle en direct, en 140 caractères ou moins ou c'est gratuit. Et ne venez pas me dire que c'est déjà gratuit parce que...ben parce que... ben c'est ça, ok là.

Mise en bouche: Dany Turcotte et André Ducharme ont décidé de participer au défi Têtes rasés de Leucan, question d'amasser des fonds pour l'organsme et aussi dédramatiser la perte de cheveux. Si vous voulez me mettre au défi, je me rase la tête n'importe quand...

Geneviève Borne: Une magnifique ex-collègue de travail mais surtout, une très grande dame. Bravo Geneviève pour ta force et ton courage.

Jonathan Roy: S'il n'était pas le fils de Patrick Roy, ce gars-là serait un nobody. Boring music!

Denise Filiatrault: Elle devient vraiment sympathique en vieillissant. Et elle demeure magnifique pour ses 78 ans!

Xavier Dolan: WOW! Quelle entrevue intéressante! Et fuck Téléfilm Canada qui est, comme toujours, dans les patates!

Alain Simard et André Ménard: J'haïs les maudites entrevues en duo où les invités se regardent à tour de rôle pour savoir si ce qu'ils viennent de dire n'est pas une niaiserie.

Robert Lepage: Ce génie artistique est tellement intéressant que je l'écouterais parler durant des heures dans un colloque au Holiday Inn de Dorval!

Petit mot de fin: Je fesse souvent sur Dany Turcotte mais je dois avouer que ses interventions de ce soir étaient savoureuses et très bien justifiées. En espérant qu'il sache se souvenir du rythme pour la saison prochaine.

La Fête des Mères

Aujourd'hui, il n'y en aura pas de cachoteries. Je vais vous le lancer à la gueule, comme ça, sans mettre mes gants blancs. De toute façon, vous commencez à y être habitués, non? Je n'aime pas la Fête des Mères. Je sais, vous n'êtes pas surpris. Mais là, je vous entends quand même murmurer: Oh, il a probablement été battu dans son enfance, sa mère ne devait pas l'aimer et ci et ça. Hé bien non, laissez-moi péter votre balloune tout de suite. Je n'ai jamais subi les sévices d'AEM (Aurore l'Enfant Martyre). Mais à l'opposé de notre blondissime chroniquese adorée, je n'aime pas la fête des moumans non pas à cause de certaines cruautés maternelles et d'enfances volées mais bien pour ce que cette fête maudite représente.

Je ne l'aime pas dans la même foulée que je déteste la Saint-Valentin que je considère être, pour une trop grande partie de la population, une immense fête hypocrite où certains "amoureux" s'envoient chier durant 364 jours pour mieux se gratifier de chocolats et de fleurs le 14 février. Entre vous et moi, le make-up sex est bien meilleur lorsqu'il n'est pas entouré de pétales de roses et de nougat (quoique le chocolat...). Je n'aime pas la Fête des Mères pour l'obligation qu'elle créé d'aller bruncher des petites sanouitches pas de croûte dans un restaurant qui en profite pour hausser le prix de son menu de 200%, pour le poids qu'elle impose aux enfants d'avouer que leur mère est donc la plusse fine pis la plusse belle du monde pis gare à toi si tu oses penser le contraire, pour les cadeaux empreints du sentiment du devoir accompli alors qu'on n'en a rien à foutre, pour la journée où il se vend le plus de fleurs dans toute l'année. Je l'exècre aussi pour l'ombre du couperet au-dessus des têtes de certaines mères délaissées qui vivront cette journée dans la solitude de leur foyer en regardant une horde de petits singes s'épivarder dans la cour d'à côté.

Si vous avez envie de fêter la Fête des Mères cette année, essayez donc de le faire dimanche prochain, alors que votre génitrice ne s'y attendra plus! Je vous le jure, c'est la plus belle surprise que vous ne pourrez jamais lui faire.

P.S.: En passant, bonne fête maman.

7 mai 2009

Save as... ou l'aboutissement d'un rêve

Ça aura pris sept versions. Des backspaces à la gueule de trous noirs, des corrections stellaires, incalculables. Ça aura pris des coups de pied dans l'ego et des apprentissages d'humilité. Ça aura pris des pleurs, des grincements de dents. Quelques sourires aussi. Ça aura pris un peu d'inspiration mais beaucoup de transpiration. Ça aura donné des goûts d'abandon, suscité des questionnements d'essence. Ça aura carrément arraché un morceau de moi.

Une histoire d'amour mais aussi sa déchéance, surtout. Une folie quotidienne de peurs et de douleurs à surmonter, de longues minutes à n'y rien comprendre, de journées à en baver à mettre un pied devant l'autre. Presque deux cents pages à essayer de survivre, même quand le coeur et la tête n'y sont plus. 45000 mots à partager un monde. Un quart de millions de caractères à faire vivre et respirer des personnages qui, en bout de ligne, sont si peu étrangers à moi.

Paraîtra donc vers la fin de l'automne 2009 ou au début de l'hiver 2010, Fol allié, mon premier roman, aux Éditions de la Grenouille Bleue, une toute nouvelle collection appartenant aux Éditions du Cram. J'en suis encore ébloui, ébranlé, touché et incrédule, malgré tout le travail que l'écriture de ce livre m'a demandé.

Je suis Patrick, adepte de sarcasme, disciple d'impertinence et croustille impénitente. Je suis Patrick, chroniqueur, chef-recherchiste à Vlog, guitariste raté et wannabe écrivain.

6 mai 2009

LNH, comme dans Le Nouveau Harper



Vous n'en croirez même pas vos yeux. Je vous le jure! Parce qu'aujourd'hui, je vais vous parler de sport. De hockey plus particulièrement. Je vous entends déjà hurler au désespoir, crier à la trahison, gémir d'ennui et grincer du maxillaire supérieur. Mais ne vous fiez pas aux premières apparences. Je vais vraiment causer hockey mais en utilisant la lorgnette conservatrice. C'est que notre Premier Sinistre Canayen, présentement en balade conquérante sur l'Europe post-napoléonienne, y est allé d'un savoureux commentaire en aparté lors d'une conférence de presse à un sommet Canada-Union Européenne aujourd'hui.

Joël-Denis Bellavance de Cyberpresse nous apprend ce matin que le premier ministre Stephen Harper affirme que l'Ontario pourrait facilement accueillir et faire vivre une nouvelle équipe d'hockey de la LNH. Plus que ça, le fervent partisan en chef des Maple Leafs de Toronto stipule qu'il aimerait beaucoup voir une nouvelle équipe de la LNH s'établir dans le sud de l'anglophone province. C'est qu'il semblerait que les Coyotes de Phoenix soient en faillites (z'ont peut-être pogné un chien de leur chienne, allez savoir). J'ai l'air de m'y connaître beaucoup en hockey vite de même mais soyez sans crainte, je n'ai aucune idée de quoi je cause. C'est pourquoi mon analyse du sport pour millionnaires s'arrêtera ici. Mais (parce qu'il y a toujours un mais (ou un mets (ou un mêêê (tout dépendant qui est le mouton))))...

Mais là, je vous entends vous époumonner: C'est ça, les Conservateurs peuvent bien vouloir bâtir une nation sur le hockey alors qu'ils n'ont rien à foutre de la culture et bla bla bla et na na na (et... et... et... goodbye)! Et vous auriez raison. Mais ce n'est pas exactement ce que j'avais relevé de l'article en question non plus.

En fait, ce qui m'a plutôt titillé la charrue (ou fait l'effet d'un bulldozer dans un échangeur), c'est qu'on peut aussi y lire qu'avant de devenir Premier Ministre du plusse beau pays du monde et alors qu'il était chef de l'opposition officielle (ah, ces belles années), notre Playmobil préféré avait entrepris l'écriture d'un livre sur notre sport national (qui n'est pas vraiment notre vrai sport national ce dernier étant la crosse mais vous n'en avez rien à cirer non plus), rien de moins! Écrire un livre toué! Vrai comme je suis là (même si je ne suis pas vraiment là mais vous comprenez, hein?). Et là, je fais l'oeil croche, je tergiverse, je soupèse, j'évalue, je rumine, je neuronise, j'occiputasse, je cortexcite. Parce que bouche bée que je suis, je ne croyais même pas qu'il savait lire!

4 mai 2009

Sois poli si t'es pas joli

Quand j'étais gosse haut comme trois pommes plus jeune, je me demandais toujours pourquoi les vieux croûtons gens plus âgés vouvoyaient les plus jeunes gros comme le bras, surtout s'il s'agissait d'une jolie fille. Pas très très winner pour draguer que je me disais. De plus, je trouvais que ça n'avait aucun bon sang qu'un plus vieux dise "Vous" à un jeune morveux, surtout s'il avait les cheveux bleus, des cap d'acier, des piercings dans le nez ou même des lunettes de Génies en herbe.

Alors que je reprenais ma respiration entre deux séries de longueur à la piscine, une jolie jeune fille d'environ 18-20 ans avec tous ses morceaux à la bonne place me lance candidement avant de plonger:

- Est-ce que vous voulez y aller avant?

Pratiquement insulté par tant de politesse (pour des raisons évidentes, je déteste me faire vouvoyer), j'ai décidé de lui remettre la monnaie de sa pièce en jouant le même jeu et lui montrer le grotesque de la situation:

- Mais non, c'est beau, je vous en prie, allez-y!

Faque là, j'ai tout compris...

3 mai 2009

Tout le monde en parle, Twitter style

Dans l'esprit de Twitter, je vais tenter ce soir de commenter Tout le monde en parle en 140 caractères ou moins. Amusons-nous!

Guy Carbonneau: Un gars et sa blonde dans l'auditoire font les morons en chandail du Canadien! Vite à la pause!

Paul Potts: 38 ans, il me fait penser à mon mononcle mais qui se serait fait souffler dedans.

Régis Labeaume et Daniel Gélinas: La star despote et son vieux rocker.

Pierre Lavoie: BRAVO! Et à faire absolument (un jour): http://www.legdpl.com/fr/

Marina Orsini: Causes, toujours, tu m'intéresses.

Paolo Noël: Tounes poches, histoires drôles et bonhomme inspirant.

The Lost Fingers: Un barbu, un frisé et un mono-sourcil qui surfe (encore) sur la vague 80. Moi non plus je ne le comprends pas le buzz.

Ces dimanches-là

Le soleil oblique par la fenêtre qui donne sur le boulevard St-Denis. Le printemps annonce ses couleurs tardivement, mis en boîte par un hiver qui traîne encore son voile derrière lui. Une autre journée où les passants se verront bousculer par un vent du nord se dessine, des badauds qui, malgré la température croissante, enfonceront encore légèrement et inconsciemment leur tête dans leurs épaules.

Assis à la terrasse du salon de thé, je goûte le temps qui passe. J'arbore à mes lèvres un sourire et et le tube d'un narguilé. Les deux vont probablement plus de pair que je ne le croyais. Ou peut-être pas. Je fabule et m'imagine un monde parfait, des jolies filles aux yeux rieurs et aux jambes longues, des gars charmeurs aux regards plongeants. Je m'imagine un univers où les rêves de tous et chacun prendraient forme, se moulerait aux espoirs communs de cette si petite ville. Montréal, j'aime tes printemps.

Je pense à mon monde, mon univers infini où mes songes les plus fous se réalisent. Un espace-temps d'une fin de semaine, où tous ceux qui m'importent ne font qu'un. Des rêves dans l'harmonie de ma maison, dans le bonheur des êtres chers, dans la fierté du travail accompli et des fous rires provoqués, dans les boules d'émotion nouant les gorges, dans les Oh! et les Ah! à profusion, dans l'amour partagé, tangible et vrai.

Je rêve d'un autre monde où dans la même semaine je pourrais être fier de cet chronique de magazine bien torché, de cette apparition réussie à l'émission de radio de l'heure et surtout à la réalisation de l'impossible, l'aboutissement de mes mots dans les reliures de l'éternité. Je rêve de cette semaine qui vient de se terminer et j'ai des envies de surhomme, des envies où les fins n'existeront plus jamais.

1 mai 2009

Autoplogue part 823

Lorsque Marie-Julie Gagnon, blogueuse émérite et rédactrice en chef par intérim du magazine Clin d'oeil m'a approché pour me demander si j'étais intéressé à pondre un article pour le magazine Clin d'oeil, je n'ai pas pu refuser. Car outre le thème choisi, l'article s'avérait être un face à face littéraire, un débat-combat d'opinion sur l'épineuse et éternelle question Est-ce que les femmes sont trop exigeantes envers les hommes?

- Patrick, on aimerait ça que tu écrives un article pour le numéro du mois de juin. Le thème est Est-ce que les femmes sont trop exigeantes envers les gars? et ton vis-à-vis serait Matthieu Simard.

- Matthieu Simard? Pfff, il est pas de taille. Je ne peux pas refuser ça. Son combat est perdu d'avance. Les dés sont pipés.

- Cool! Tu as le choix de l'angle. Veux-tu être pour ou contre?

- Qu'est-ce que tu penses? C'est sûr que je veux être contre. C'est le bout le plus drôle!

En fait, être contre signifiait être en accord avec l'affirmation: Les femmes sont effectivement trop exigeantes. Ce que je ne crois et ne pense pas du tout. Mais c'est ce qui rendait l'exercice encore plus rigolo. Je me voyais d'ores et déjà faire les plus grossières affirmations, en beurrer épais, en mettre plus que la cliente en demandait: parler de hockey (j'haïs ça), de plomberie (je suis un tapon de la construction) et d'obligation de faire à manger (ce que je fais dans la maison anyway).

Écrire ce genre de truc, c'est aussi cool que le comédien qui obtient le rôle du méchant. C'est enivrant, on peut se laisser aller à fond, on peut pousser le bouchon au maximum. Et c'est ce que j'ai fait: jouer le méchant. Un peu comme lorsque je dis que Matthieu n'est pas de taille alors que j'ai un peu le syndrome de l'imposteur devant lui.

Vous pouvez donc lire cet article dans le Clin d'oeil du mois de juin, en kiosque depuis hier ou encore sur le site du magazine. D'ailleurs, est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut m'expliquer pourquoi le magazine sort toujours un mois avant le mois qui porte son nom? Me semble que ça serait tellement moins compliqué de l'appeler par le nom du mois où il sort. Mais bon, c'est vrai que les femmes ne sont pas simplement trop exigeantes, elles sont aussi toutes mêlées.