31 mars 2009

Flashmob à Montréal

J'aime le joyeux chaos que sème la gang d'Improv Everywhere partout à travers les États-Unis. Mais je n'ai jamais vraiment compris pourquoi Montréal ne suivait pas dans ce genre de rassemblement. Pourtant, ne joue-t-on pas au mouton depuis 1867? Il est grand temps de remédier à la situation et c'est demain matin au Métro Berri-UQAM que ça se passe.

À 10h pile, Baptiste, le chanteur et instigateur de l'événement, accompagné de quelques musiciens, entamera la pièce Love is on its way dans les couloirs de la station (devant les guichets) et le public devra entamer les paroles du refrain en choeur.

La chanson se retrouve ici mais est également disponible en téléchargement sur le site de la toute nouvelle campagne Jaune-Uni de la Société canadienne du cancer. En plus d'avoir le malin plaisir de voir les visages ahuris des passants, les participants aident à amasser des fonds pour vaincre le cancer. Une façon originale de faire d'une pierre au rein deux coups.

J'y serai, avec mon comparse Dominic, pour participer et capter les émotions à vif. Ça vous dit de vous mêler à la folie?

30 mars 2009

Je suis Patrick

Je suis Patrick. Impulsif, insécure, intense, borné, émotif, obstiné, hypersensible. J'aime le soleil, j'aime les femmes, j'aime qu'on m'aime. J'ai une grande soif de création mais j'ai peur de ne pas avoir le talent qui va avec. J'ai l'esprit ouvert, j'aime la culture, j'aime les saveurs. Je suis gourmand. J'aime les gens mais pas tous. Y a plein de monde qui me fait chier. Je suis opportuniste, influençable, pervers et paresseux. Je carbure à l'adrénaline, aux émotions fortes et aux sentiments d'ivresse. Je rêve de calme, de tranquillité et de paix mais je suis incapable de les supporter. J'ai peur de mourir, j'ai peur de vivre, j'ai peur d'aimer. J'ai peur d'avoir peur. Je méprise la facilité des autres mais j'accepte la mienne. Je cours après l'impossible et dénigre ce que je possède déjà. Les lècheux de cul m'horripilent mais je le suis aussi à l'occasion. La musique me fait pleurer, l'harmonie entre les êtres humains également. Les situations tristes me font bailler, le mélodrame m'ennuie. J'aime le noir, sur ma peau mais surtout dans ma vie. Je suis curieux et j'aime apprendre. Je suis superficiel dans mes apprentissages mais aussi dans mes relations. Je ne sais pas aimer. Je sais mal donner. J'attends plus des autres que de moi-même. J'ai de profondes blessures d'enfance qui ne guérissent pas. J'ai une fâcheuse tendance à me déresponsabiliser et à vous blâmer. Il m'arrive d'être manipulateur. Je sais jouer de la guitare, je sais jouer avec les mots mais ne suis ni un grand musicien ni un grand écrivain. J'aime rarement l'homme qui vieillit dans mon miroir. D'autres fois je me trouve irrésistible. Y a des jours où je me crois supérieur. Y a des fois où le sol n'est pas assez bas pour mon moral. Malgré toute cette merde, je suis attentionné, authentique, drôle, sensuel, sensible, sexuel, sexy, vif et intelligent. Je sais vous faire sentir unique. Je suis moi, tout croche mais entier. Je suis Patrick et j'ai fait cet exercice en ayant peur de promouvoir une fiche Réseau-Contact. J'ai fait cet exercice parce que mon spécialiste de la santé mentale me dit qu'il est grand temps que j'apprenne qui je suis vraiment.

29 mars 2009

Laisser sa TRACE

De grosses pâtes bien dodues fourrées de poireaux, crevettes et fromage ricotta, arrosée de crème subtilement aromatisée de pastis. Ça s'annonçait plutôt bien. Well, finalement, elles sont un peu décevantes. Même le vin qui les accompagne goûte la piquette. L'addition, elle, a plus de goût que nos trois plats réunis et s'avère salée. On ne peut pas toutes les gagner.

On paye en vitesse, on quitte le Bistro et on se dirige vers le métro Beaubien. La représentation est à 20 heures, au Théâtre Corona, et on est plutôt loin de l'endroit. Mais les wagons de la ligne orange filent un parfait bonheur et nous déposent sur le quai de la station Lionel-Groulx une bonne vingtaine de minutes à l'avance. Quelques rapides pas de danse sur le pavé de la rue Notre-Dame nous déposent au Corona. La file où l'on doit ramasser les billets réservés est par contre interminable. En plus, le gars derrière nous est totalement exubérant et vante ses multiples talents et prouesses à la jeune asiatique qu'il a visiblement envie de se faire avant la fin de la soirée. "Ta gueule, tu me les casses!"

On obtient finalement nos billets à 20h10. Par chance, le spectacle n'est pas encore commencé. On nous place dans une banquette en demi-cercle aussi exiguë qu'un siège arrière de Volkswagen Coccinelle 1942. On se retrouve avec 3 inconnus à se malaxer les jambes sous la table. Si ça continue comme ça, la soirée va être longue à faire des papattes pilées. Alors que je chiale intérieurement, les lumières s'éteignent, les murmures de la foule suivent la même tendance et un annonceur sorti de nulle part commence à jouer au rigolo: "Mesdames et Messieurs bonsoir. Il est permis de prendre des photos avec un flash parce que la vie de nos artistes ne nous tient pas vraiment à coeur". Je rigole, je sens que je vais finalement passer un très bon moment.

La pièce/cirque/poésie/spectacle de danse/show musical TRACES commence...

J'ai l'impression de me retrouver dans un jeu vidéo, un espèce de Myst-like. Des images sont projetées sur un décor urbain dépouillé mais évocateur. La danse, la musique, les prestations artistiques, les acrobaties, les projections, l'humour, TOUT y est. TOUT y est en majuscule. Je suis conquis. Je garde le silence mais à l'intérieur de moi, j'applaudis à tout rompre. J'ai le moton, le frisson, la boule dans la gorge, le noeud dans l'estomac. C'est trop d'émotions à la fois. À ce moment exact, je me dis que je suis heureux d'être en vie, que je suis chanceux de pouvoir assister à ça. Ge, regarde-moi pas, j'ai les yeux trop brillants. Ça crie en-dedans de moi, ça veut sortir, j'ai la création qui déborde. L'espace d'un instant, j'ai envie de retourner sur les planches, de composer de nouvelles musiques, de créer des films, d'écrire des histoires. Le génie des autres m'inspire. Un jour, quand je serai grand, je serai comme eux.

Puis, le metteur en scène claque des doigts. C'est fini. Les lumières s'allument, les gens se lèvent, les rues s'animent, les métros défilent, les bus arrivent à l'heure. Le sommeil appelle ceux qui l'ont boudé depuis deux jours et le fatiguant de tantôt va aller mettre son pipi dans la petite chinoise. Des fois, on voudrait juste que le temps s'arrête un peu.

27 mars 2009

Et si on se trompait?

Salut toi,

Ça fait un bout que je t'ai pas parlé, hein? Je sens que tu es toujours dans les parages, que tu espionnes ma carcasse en ruine et que tu constates à quel point je suis encore capable de foutre le bordel dans ma vie. Des fois, je pense à toi. Juste des fois. Quand j'ai presque pas le choix. Puis je me dis que tu dois bien rire de me voir aller, à avancer aussi vite que je recule, à me péter la gueule aussi habilement qu'il y a toutes ces années. D'autres fois, je me dis que tu dois plutôt me trouver ridicule. Pathétique d'avoir de la difficulté à vieillir, de ne pas réussir à grandir. Tu vois, je me demandais si j'étais encore coincé dans l'adolescence, if I should grow up comme elles disent les filles quand elles en ont plein le cul de leur mec qui jouent à ne pas se brancher. Mais semblerait que je suis encore loin de l'adolescence. On me dit même que je suis coincé dans l'enfance. Profond! Du gros 2 ou 3 ans. Des blessures à guérir sous des croûtes d'années accumulées. Y a du travail à faire, y a des efforts à fournir. Et la somme de tout ça me donne le vertige. Et si je me rendais compte, couché sur mon lit de mort, qu'au fond, je suis demeuré la même personne malgré toutes mes tentatives d'évoluer? Et si on se trompait tous à vouloir changer?

Pis toi, malgré la distance, je t'entends encore rire à gorge déployée.

26 mars 2009

La fin des Invincibles

Attention, ce billet révèle quelques punchs de l'émission.

Les rumeurs allaient bon train alors que les Invincibles clôturaient leur épopée hier. On s'attendait à tout pour ce dernier épisode, du suicide de l'un et de la mort de l'autre, de l'éveil du troisième et de... non, finalement, j'avais aucune idée de ce qui était pour arriver à "Remi".

Et je n'ai pas été déçu. Au cours des saisons, les Invincibles, grâce à un scénario en béton et une distribution extraordinaire, ont su nous faire rire, nous faire pleurer, nous faire grincer des dents, nous faire vibrer et surtout nous faire sacrer. On se rappellera longtemps à quel point on aura eu envie de brasser le personnage de P-A, question de lui allumer un peu la lumière au plafond. On se souviendra pour de nombreuses années de la carpette qu'était Carlos à la première saison, mais surtout de la fantastique interprétation de Pierre-François Legendre d'hier, prestation qui lui ouvrira encore plus grandes les portes du showbiz québécois? Merde, ce gars-là a littéralement porté l'émission d'hier sur ses épaules. J'en ai encore des frissons ce matin. Et que dire de ce mouvement ultime d'amour entre P-A et son père, alors que ce dernier va le déposer à l'aéroport, geste qui nous fera oublier tout le pathétisme du personnage de François Létourneau, mais surtout, surtout cet éclair de génie dans l'oeil de Germain Houde en guise de réponse. Un grand moment de comédiens.

Cet ultime épisode aura eu pour effet de déclencher les premières larmes d'un ado dépassé, le mien, face à la fin tragique d'un personnage qui l'a accompagné durant une grande partie de son enfance, mais également devant le glas d'une série qui devait représenter pour lui la dernière représentation d'un moment unique en famille, tous cordés les uns à côté des autres sur le divan pour le visionnement solennel du mercredi. On en vivra d'autres mon grand, t'inquiètes pas. T'étais beau hier, dans toute ta fragilité de petit gars solide. Des moments comme ça me rappellent tout l'amour que j'ai pour toi.

Mais on est tous resté accrochés d'une façon ou d'une autre. Il était 22h30 et on en parlait encore dans la chaumière.

Ge: Je me demande ce qui va arriver avec Carlos.
Moi: Rien Ge, c'est fini. C'était juste une série télé. Y en aura plus d'épisodes.
Ge: Je sais...

Ge: Mais est-ce qu'ils vont redevenir des amis, même si le pacte final a été scellé?
Moi: Mais c'est une série Geneviève. C'est fini. That's it that's all. On passe à autre chose. On tourne la page.
Ge: Je sais mais...

N'empêche que je me demande bien ce matin comment Carlos se débrouillera maintenant qu'il est seul avec sa petite Camille.

25 mars 2009

Vieillir? Déjà?

Eille, ça suffit! Èssussu effifi! Lâchez-nous avec la honte de vieillir. C'est déjà assez difficile comme ça.

On apprend ce matin dans un article du Journal La Presse, que le troisième âge ne commence pas vers 40 ou 50 ans, comme la croyance le laisse penser, mais bien à 27 ans! Des études démontreraient en effet que notre corps perd ses facultés cognitives dès ce jeune âge.

Déjà qu'il est difficile de voir sa jeunesse filer entre ses doigts, qu'il est pas évident de savoir qu'on est plus près de notre fin que de notre début, qu'il est difficile d'accepter que plus on vieillit, plus on devient un poids pour la société, venez pas en plus me dire qu'à partir de 27 ans, on commence à ratatiner du bulbe?! Mon front régresse aussi vite que ma mémoire. Je perds parfois complètement contact avec la réalité. Exemple: je me dirige à la cuisine dans l'intention d'y faire quelque chose de bien précis. À destination, j'arrête de bouger, au beau milieu de la place, et je n'ai plus aucune foutue idée de ce que j'allais y faire. C'est pas encourageant au niveau tendances Alzheimer mettons.

J'ai déjà de la difficulté avec le fait de vieillir. À chaque jour, Méga-Nain se fait un malin plaisir de me souligner que "on le sait ben, toi t'es vieux" (ptit maudit). J'ai déjà une peur atroce de la mort, du dernier coup de vent, sensible au fait que je me dirige inévitablement vers le trou noir final. Mon corps sèche tranquillement et imperceptiblement, mes forces mentales et physiques m'abandonnent comme des grains de vie dans le sablier et y a rien que je peux y faire. N'importe quel toupet, remontage de cul dans la face, transplantation du gras des fesses jusqu'aux contours des yeux n'y changeront rien. Inéné-vitable table!

Mais crisse, 27 ans? ça vous tente pas de me donner un break?

24 mars 2009

L'esprit d'équipe

On croise rarement des gens avec qui ça clique rapidement, sans se poser de questions, juste parce que ça coule entre eux et nous. Ça m'est arrivé quelques fois et je chéris encore ces moments privilégiés. C'est vrai en amitié mais c'est plutôt rare au travail. Dans une ancienne vie, je gardais mes distances avec les gens que je côtoyais au travail, moins par pudeur que par peur des implications. Mais c'est de l'histoire ancienne tout ça. Aujourd'hui, j'ai bien moins peur de m'ouvrir avec certaines personnes qui partagent mon quotidien.

J'ai travaillé avec une équipe géniale ces derniers temps, des gens avec qui ça cliquait, comme ça, sans explication. Des gens avec qui il était permis de rire, de déconner, de s'ouvrir mais aussi d'être sérieux et de travailler ensemble vers un but commun. Du monde avec qui ça fitte comme on le dit en Bosnie ou dans une banque de sperme.

Je termine cette semaine mon contrat à Vlog. De longues "vacances" jusqu'à la fin de l'été pointent leur nez. Je suis depuis hier seul au bureau. Dominic est chez lui à écrire les textes manquants pour les trois dernières émissions spéciales, le reste de l'équipe est soit en vacance, soit en congé de maladie, soit en montage final. Mais y a des gens qui s'arrangent déjà pour ne pas que je les oublie.

En ouvrant mon ordinateur en arrivant au bureau hier matin, je remarque qu'il y a deux couteaux en plastique collés à mon écran. Ils forment un X, comme les têtes de mort que j'arborais fièrement sur mes t-shirts quand j'étais kid et que j'écoutais de la musique de pouèle. Je me demande ce qu'ils foutent là et je les regarde intrigué. En tentant de les retirer, je constate qu'ils ont été collés avec de la petite gommette bleue. Je souris, à l'idée que c'est certainement Cédric, mon co-équipier déjà en vacances, qui les y a mis. Je m'assois à ma chaise, démarre mon PC et mets la main sur ma souris. Damnation! Elle ne glisse pas du tout sous ma main. Je tire dessus pour constater que, vous l'aurez deviné, elle est collée avec de la ptite maudite gommette bleue. Mais je trouve l'exercice de plus en plus rigolo. Et c'est là que je découvre qu'il en a mis partout. Sous ma tasse, sous mon cahier de notes, y a de la ptite maudite gommette de schtroumpf au centimètre carré sur mon bureau. Je suis crampé. Je lui écris même un petit mot pour lui dire à quel point il m'a fait rire.

L'avant-midi file et je suis toujours aussi tranquille à mon bureau. Josée, la réalisatrice du show, passe devant le local et me demande si je désire assister au visionnement final des deux premières émissions spéciales qui est pour se faire quinze minutes plus tard. Je lui réponds que ça m'intéresse et lui demande de m'appeler lorsqu'elle sera prête à peser sur le piton Record.

À 11 heures pile, mon téléphone sonne. J'aperçois sur l'afficheur que l'appel provient de la salle de montage. Je décroche le combiné pour lui répondre en niaisant (comme je sais si bien le faire) mais c'est le téléphone au grand complet qui vient. Le petit diable de Cédric avait collé de la ptite maudite gommette de schtroumpf du tabarnouche aux extrémités du combiné. Je ris tellement que j'ai de la difficulté à répondre convenablement à Josée qui patiente à l'autre bout de la ligne.

Je n'ai pas croisé d'autres gommettes depuis hier. Mais j'appréhende le moment où je décrocherai mon maillot de bain pour aller nager plus tard. Une chose est sûre, je m'ennuie déjà de ma gang.

23 mars 2009

L'espoir ne dure pas qu'une semaine

J'ai été extrêmement occupé ces dernières semaines, à donner un coup de main à monter les cinq émissions spéciales de Vlog commandées à la fin du mois dernier. Depuis environ trois semaines, j'ai été (presque) complètement déconnecté des nouveautés du Web, trop occupé à trouver la crème de la crème qui se retrouveront dans les cinq spéciaux: Animaux, Extrême, Publicité, Humour et Sexy. Vous pouvez vous imaginer que j'ai assez vu de poil et de skateboard pour les 6 prochains mois.

Mais la vie retrouve ce matin son cours. J'ai la chance de fouiller le web de nouveau, comme si c'était la première fois (on se marie la semaine prochaine le web et moi) et de tomber sur les perles du net puis de vous les partager.

Je savais que le Président de l'étage d'en-dessous avait enregistré un message aux Iraniens la semaine dernière à l'occasion de Nowruz, la Fête du Printemps, mais je n'avais pas encore eu la chance d'y prêter l'oreille. Ce à quoi je viens tout juste de remédier.

À entendre Obama parler de renouveau, à le voir tendre la main aux peuples du Moyen-Orient et plus particulièrement à l'Iran, de le voir s'adresser à eux dans leur langue et en observant cette démarche faite dans la paix et le respect des autres, je ne peux qu'être fébrile à l'idée qu'une nouvelle ère soit à nos portes.

22 mars 2009

Dédé, à travers MES brumes

J'ai finalement vu Dédé à travers les brumes hier après-midi. J'étais très heureux d'aller le voir alors que le reste de la planète Montréal se faisait dorer le cuivre à l'extérieur. Du coup, dans la petite salle numéro 2 du Beaubien, on était beaucoup moins entassés que des sardines dans un chalutier japonais errant dans le Golfe St-Laurent.

Je vous épargnerai ce matin une ixième critique du long-métrage. Tout le monde sait de quoi il en retourne anyway. De toute façon, j'étais trop plongé dans le récit, trop impliqué dans l'histoire pour l'analyser froidement. J'étais beaucoup trop occupé à retenir la boule constamment prête à exploser dans mon ventre pour voir tout ça avec du recul.

Parce que je me suis désagrégé.

J'ai pleuré, caché comme un pleutre sous le capuchon de mon kangourou, pratiquement tout au long du film. J'ai pleuré devant le génie cinématographique de certaines scènes, j'ai coulé des larmes face au génie musical de Dédé et sa bande, mais je me suis surtout écroulé parce que pour la première fois de ma vie, je pouvais comprendre toute la douleur de vivre d'un suicidé, tout le mal qui le rongeait continuellement. Dédé, c'était moi. Son mal, c'était le mien. Cette douleur, je la vis perpétuellement. C'est cette quête infructueuse du bonheur, c'est ce besoin d'amour trop grand, impossible à combler, c'est cette tendance à détruire mes relations amoureuses de la façon la plus explosive qui soit, c'est cette incompréhension de notre petitesse devant la vie et devant l'inéluctable destin qui nous lie tous. Dédé, c'est mes montagnes russes émotionnelles, c'est ce mal et cette folie de vivre qui vivent côte à côte en permanence. Dédé c'est moi. Et c'est douloureux d'en prendre conscience.

21 mars 2009

La lèvite aiguë

Avant de commencer, j'aimerais stipuler que j'adore le théâtre. Le théâtre urbain, surtout, mais le théâtre en général. J'ai vu des pièces à vous décrocher la mâchoire, des mises en scène à vous faire crier au génie. J'ai entendu des textes à vous faire pleurer, de joie ou de peine. J'ai toujours aimé cette forme d'art. J'ai même fait partie d'une troupe durant plus de deux ans. C'est peu dire.

Je suis allé voir la pièce La charge de l'orignal épormyable hier soir au TNM. J'avais de hautes attentes pour cette pièce, écrite par Claude Gauvreau. Les dix premières minutes m'ont rivé à mon fauteuil. Le décor, incroyable, plus grand que nature, donnait l'impression d'avaler la salle. Je voulais tellement me faire prendre au jeu. Peut-être trop. J'ai cessé d'y croire après les premières minutes. Je me suis mis à compter les 120 suivantes, espérant que mon calvaire tire à sa fin le plus rapidement possible. Je m'y suis royalement emmerdé. Au bout de trente minutes, je suis même passé à un cheveu(!) de m'endormir. Ça ne m'était jamais arrivé. Pas même durant des pièces de Mouawad de plus de 4 heures. Je me suis ressaisi. Je ne pouvais quand même pas pousser l'affront jusqu'à roupiller pendant la pièce. Quinze minutes plus tard, je jette un coup d'oeil à un ami qui nous accompagne. Il roupille comme un bébé qui vient de terminer sa tétée. Avoir su...

J'ai donc en bout de ligne fabulé durant plus de deux heures, pensant tantôt à la semaine de fou qui venait de se terminer, songeant tantôt à notre voyage qui approche à grands pas et même écrivant parfois carrément des textes dans ma tête. J'ai essayé fort de comprendre toute la subtilité de la pièce, de mesurer toute la folie qui se cachait dans l'oeuvre de Gauvreau. Mais ce fut le calme émotif plat. Un ECG en flat-liner. Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip. L'univers du poète me glissait dessus comme la folie sur le dos d'un politicien straight.

Quand la pièce a pris fin, les gens se sont levés d'un coup, criant des bravos à tout rompre. L'ovation monstre! Même pas le temps de crier Rideau! que tout le monde était debout, les clap clap clap fusaient de toutes parts. Applaudissons les génies!

Euh, perdon? Y a tu quelque chose que je n'ai pas compris quelque part? Suis-je vraiment si déconnecté de l'univers du théâââââtre? Ormis Ge et l'ami qui nous accompagnait, étais-je la seule personne assise dans le champ, dans la cour ou dans le jardin, à n'avoir rien compris à cette mise en scène? Étais-je le seul à ne pas avoir été touché? Étais-je l'unique victime d'un coma cérébral? Rebiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip...

En sortant de la salle, on croise des amis de l'ami, des gens de théâtre qui nous disent à quel point ils ont été déçus. Ouf! J'ai eu peur d'être fou (ok, pas tant que ça). Alors qu'on démolit la pièce dans l'allégresse, l'un d'eux demande si on ne pourrait pas aller la détruire à l'extérieur. Il ressent, semble-t-il, un certain malaise à le faire dans l'antre sacré. Mais pourquoi donc? Ça serait si mal vu d'aller à l'encontre de l'opinion des autres spectateurs?

Puis je me questionne à savoir combien de gens se sont levés à la fin de la pièce et ont applaudi à tout rompre simplement parce que les autres le faisaient? Combien de malades souffrent de ce nouveau mal si répandu dans nos salles québécoises, la lèvite aiguë? Les dirigeants de théâtre mettent-ils des électrodes dans les sièges maintenant pour que la foule se lève d'un coup dès qu'un spectacle se termine? C'est pour aider à ce que le courant passe? Je suis curieux de savoir combien de gens n'ont pas aimé la pièce d'hier mais ont quand même applaudi, ovationné, parce que leurs voisins se levaient? Combien de succès créé-t-on de la sorte parce que quelqu'un, quelque part, a dit ou écrit qu'une oeuvre était magistrale?

Combien y a-t-il de suiveux dans la salle?

19 mars 2009

Questionnaire littéraire

On dirait bien que mon billet précédent a déclenché des passions. Suite à la demande des deux soeurs au côté givré, je réponds à leur questionnaire sur ma relation avec le livre. Je ne tague personne en retour mais si vous avez envie de vous prêter au jeu, ne vous gênez pas pour moi. Christian, t'as le droit de tricher si tu veux. :-P

1. Plutôt corne ou marque-page ?

Marque-page. Je fais attention à mes livres. Je sais, c'est un peu niaiseux. Y a des gens qui prennent plaisir à écrire dedans, à prendre des notes, à corner les coins pour se rappeler de certains passages. Pas moi. J'aime quand ils restent neufs.

2. Un livre en cadeau ?

Absolument. La culture se donne tellement bien. C'est d'ailleurs souvent un cadeau de prédilection. C'est un peu comme si on donnait une partie de soi-même.

3. Lis-tu dans ton bain ?

Je suis plutôt un gars de douche. Le problème avec les douches, c'est que ça mouille les pages (et c'est pas joli un livre avec un casque de douche). Mais quand je prends un bain (une ou deux fois l'an), le livre accompagne toujours ce moment. (c'est des questions de feufilles ça).

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Je fais plus que penser!

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

C'est mieux d'être bon pour m'accrocher jusqu'au bout.

6. As-tu un livre culte ?

Borderline de Marie-Sissi Labrèche

7. Aimes-tu relire ?

Rarement. Je compte sur les doigts d'une main les romans que j'ai lu plus d'une fois.

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

Rencontrer. Même si je sais pertinemment que ça ne sera jamais pareil en personne. Ironiquement, Marie-Sissi a été la première personne que j'ai interviewé à la radio.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

J'adore. Rien de mieux pour des conversations déchaînées de passion.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

De deux façons. Soit j'y vais par recommandation, soit je cherche la petite fleur de lys sur la tranche du livre à la bibliothèque de mon quartier.

11. Une lecture inavouable?

Non. J'assume très bien mes lectures. Je n'ai aucune gêne d'avouer que Kafka m'endort et que Harry Potter et/ou Dan Brown m'emportent.

12. Des endroits préférés pour lire?

Au lit le soir.

13. Un livre idéal pour toi serait ?

Le mien, publié. Malheureusement, je ne pourrai jamais le lire avec des yeux neufs.

14. Lire par-dessus l’épaule ?

C'est plus fort que moi. En fait, je suis surtout curieux de savoir ce que mon voisin dans l'autobus lit.

15. Télé, jeux vidéos ou livre ?

Télé, cinéma ou littérature. Tout est une question d'envie. Chaque chose en son temps.

16. Lire et manger ?

Non, j'en suis incapable. Ça me prend mes deux mains pour effectuer les deux besognes (comme la plupart des choses).

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Le silence est un must. Je suis incapable de me concentrer si on me parle ou si une musique joue en arrière-plan. Même chose pour l'écriture. J'écris de façon monastique.

18. Lire un livre électronique ?

Qu'est-ce que vous en pensez?

19. Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?

Je me teste souvent jusqu'à la limite. C'est un peu l'histoire de ma vie, non?

20. Qu'arrive t-il à la page 100?

Y a la page 101 après. Si je me suis rendu là, y a des maudites bonnes chances que je me rende jusqu'à la fin. En fait, si je traverse les 25 premières pages, je vais me rendre jusqu'au bout. Il faut que l'action m'emporte dès les premières lignes sinon, kaput! Y a trop de bons livres qui existent pour se forcer à lire quelque chose qu'on n'aime pas.

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?

Pour reprendre l'idée de Christian dans le billet précédent, La Bible

18 mars 2009

10 livres en 2 minutes

C'est Caroline qui a lancé l'idée sur Facebook. Il s'agit de nommer en deux minutes, 10 livres qui vous ont marqué. Essayez-le, vous verrez, c'est pas facile. Je l'ai fait de mon côté. Évidemment, je n'ai pas pu m'empêcher de dire des niaiseries pendant les trente premières secondes:

Assurément Bob Morane et l'Ombre Jaune, toute la collection des Tintin, le petit reporter gay et raciste, le Sélection du Reader's digest du mois de novembre 1982, Comment apprivoiser la chatte en vous, un bouquin vétérino-érotique du Dr Pierre Mailloux, 101 blagues de Newfies, une cannette de Glade qui traînait sur ma bol de toilette et finalement Les Hommes viennent des barres Mars et les femmes de mon pénis, une histoire érotico-trash qui combine gras trans et trans-genres.

Puis j'ai pris l'exercice au sérieux. Comme je disais plus haut, c'est beaucoup plus difficile qu'on le pense. Tout d'abord, je n'ai aucune mémoire. J'ai déjà de la difficulté à me rappeler ce que j'ai mangé hier (non pas toi chérie). Alors imaginez-vous me rappeler les livres de mon adolescence. Un autre facteur qui rend l'exercice compliqué est que je lis trop. Je consomme les mots comme un boulimique. Forcément, j'oublie des bouquins importants au passage. En bout de ligne, j'aurai pris quelques minutes de plus que prévu pour dresser cette liste. Voici donc le résultat, dans le désordre, de la façon la plus spontanée possible (Je sais, il y en a 11. Je ne fais rien comme les autres).

Aliss de Patrick Sénécal
Replay de Ken Grimwood
Carnet de naufrage de Guillaume Vigneault
Trépanés de Patrick Brisebois
Vautour de Christian Mistral
Vol de nuit de St-Exupery
Un ange cornu avec des ailes de tôle de Michel Tremblay
La tête de Philippi de P.J. Poirier
Une veuve de papier de John Irving
La trilogie de voyage de Louis Gauthier
Saga de Tonino Benaquista

Mais un roman a vraiment, mais vraiment changé ma vie: Borderline de Marie-Sissi Labrèche. Parce que je me suis retrouvé dans sa folie, dans toute la noirceur qu'elle dépeint, dans la détresse et l'incompréhension qui l'ont habitée, dans le cruel infanticide vécu. Mais elle a aussi changé ma vie parce que c'est elle qui m'a donné le coup de pied au cul nécessaire pour entreprendre l'écriture de mon tout premier manuscrit.

Je me rappelle exactement la scène. Tout s'était passé si vite. J'étais couché à lire Borderline, un beau soir de l'été 2004. Il devait être environ 23h. Complètement absorbé par ce que je lisais, j'ai soudainement stoppé ma lecture en ressentant une envie profonde, primitive, de cracher sur papier des émotions longtemps refoulées de mon enfance. Je me souviens avoir déposé mon bouquin, m'être levé tranquillement du lit, avoir ouvert mon ordinateur, m'être doucement assis sur ma chaise et avoir écrit sans arrêt pendant 4 heures, la tête et les doigts à spin. Le manège s'était poursuivi le lendemain. J'étais incapable de taire l'histoire qui se tissait en moi. Ça a duré comme ça durant près de 24 heures. Malgré mon boulot de jour, j'avais vomi des pages durant un jour et deux nuits. 75 pages au total. Ce qui reste de cet exercice? Littérairement parlant, pas grand chose. J'ai rafistolé des morceaux choisis qui font maintenant partie de mon roman actuel. Mais il reste surtout deux choses intangibles, qu'on ne pourra jamais m'enlever. Un incroyable amour pour la littérature d'ici et un immense besoin de coucher mes mots sur papier.

16 mars 2009

Moore is less

Le Ministre du Patrimoine a trouvé une belle façon de se mettre le pied dans la bouche hier soir, alors que Tout le monde en parle lui avait concocté un quiz culturel pour l'occasion. Bizarrement, les opinions divergent quant à ce quiz. Steve Proulx, Richard Therrien et Matthieu Simard ont tous saupoudré leur grain de sel à ce sujet sur la Toile depuis hier. C'est que le mononcle de 32 ans a sérieusement coulé le test. Matthieu croit que c'est un sale piège qui a été tendu à la jeune marionnette conservatrice. De mon côté, je persiste à croire que si tu dois protéger le patrimoine canadien, la moindre des choses est de posséder une minuscule parcelle de culture, si petite devrait-elle être. Avec un Premier Ministre qui ne lit rien d'autre que les cacannes de poush-poush à la toilette, ça peut ben aller mal au niveau du support à la Culture.

Que Moore ne connaisse pas Jean-René Dufort ou même Céline Galipeau, je peux comprendre. Mais d'être incapable de nommer Félix Leclerc, Robert Lepage ou encore Guy Laliberté? Aouch! Surtout après avoir crié sur tous les toits que le Cirque du Soleil venait justement d'obtenir une subvention de 8 millions de dollars pour du rayonnement canayen au Pays du Soleil-Levant! Ironiquement, quand il fut question de savoir s'il était capable de nommer le nom du PDG de Québécor, il a réussi à répondre illico PKP. C'est peut-être juste une question de priorités, allez savoir.

14 mars 2009

Microbes et bactéries

Jeud dernier, Infoman nous présentait une étude EXTRÊMEMENT sérieuse sur les microbes qu'on retrouvait sur la nourriture échappée par terre. Pour ce test de (mauvais) goût, on avait déposé une tranche de jambon sur trois surfaces différentes: un plancher de cuisine, le plancher d'une institution publique et le contour d'un bol de toilette. Résultats du test, un bol de toilette, c'est dégueu! Il y avait 500 fois plus de microbes sur la tranche de jambon. Si jamais vous échappez de la bouffe sur votre cuvette, ne la mangez pas (la nourriture, pas la bol).

Ceux qui me suivent depuis un bout de temps savent que je vais nager plusieurs fois par semaine. Les planchers des vestiaires et les douches sont d'autres endroits qui fourmillent de bactéries, de moisissures et de champignons. Je ne niaise donc pas avec ça et j'affuble mes pieds de jolies gougounes en plastique. C'est pas sexy mais ça vous protège les craques d'orteils mes amis.

C'est justement en me lavant une de ces craques sensibles (je ne vous dis pas laquelle) que j'ai échappé mon savon par terre. Je me penche pour le ramasser et je m'apprête à m'astiquer la carcasse de nouveau quand tous ces tests de Jean-René Dufort me sautent à l'esprit (qui était lui aussi tout nu (mon esprit, pas Jean-René), on s'entend (on ne s'entend pas réellement puisque je ne lis pas à voix haute et que vous n'êtes pas là)).

Je me questionne. Mon savon contient-il lui aussi une horde, que dis-je, une armée de bactéries sanguinaires prêtes à me bouffer la charpente jusqu'aux os et me laisser mourir dans mon jus de piscine? Je contemple mon savon, hésitant, prêt à lui souffler les quelques poils épars qui l'ornent dorénavant tel un sapin de Noël éthiopien. Incrédule, j'examine tour à tour la barre de savon dans ma main et le distributeur de savon liquide accroché au mur. Et je demande réellement comment on faisait pour laver un savon avec du savon.

12 mars 2009

Dernière de Vlog

Le temps est toujours plus rapide que toi. On dirait que t'as jamais le temps de cligner des yeux qu'il est déjà passé.

Je me rappelle du 19 août dernier. Ça ne faisait pas 24 heures que j'étais de retour d'Hong Kong et j'étais encore complètement jetlag. Je débutais ce matin-là la deuxième saison de Vlog à TVA (après une première saison plutôt mitigée). J'étais tout excité, comme le petit gars qu'on envoie à l'école pour la première fois. Un peu craintif mais fébrile à l'idée d'enfin laisser aller ma créativité dans une version beaucoup plus éclatée de l'émission, beaucoup plus près de ce qui me trottait en tête.

Une vingtaine de shows plus tard, je dois avouer que je n'ai pas vu le temps passer. Mais une chose est sûre. Je suis enchanté du résultat. Je crois qu'avec le remaniement de l'automne dernier, on tient une formule gagnante qui plaît, qui étonne, qui fait rire, qui surprend et qui touche les gens. Cette émission, c'est un peu un morceau de moi que j'offre. Comme Jésus disait: Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous.

Demain, ça sera déjà la dernière émission de la saison 3. Cette année, j'ai eu la chance de travailler avec une équipe formidable. Des gens généreux, impliqués, du monde qui ramait tous dans la même direction. Bref, une équipe qui, j'espère, restera inchangée la saison prochaine (si saison il y a, bien sûr). Pour cette dernière, j'ai reçu le plus beau cadeau qu'on pouvait m'offrir. Comme mes collègues recherchistes, j'aurai la chance de faire la présentation d'un segment de l'émission. Qui plus est, ce segment met en vedette une webtélé québécoise que j'adore, Urler.tv.

Venez donc nous saluer pour une dernière fois, demain soir, 21h30.

11 mars 2009

Les nouveaux livres

On n'en a que pour le Kindle dernièrement, ce bidule qui permet de lire des livres sous forme électronique. Certains vont même à dire que cet appareil sauvera la vie des médias imprimés.

Bien que je sois légèrement technophile et que j'apprécie certains gadgets, je dois avouer que la littérature demeure pour moi un tête-à-tête avec un autre monde, un univers qui m'enveloppe de ses pages, un microcosme typographique qui m'immerge et m'emporte ailleurs. Je persiste à croire qu'un livre est un objet multi-sens. La rugosité des pages que l'on effleure, le son des feuilles que l'on tourne, l'odeur du papier que l'on froisse font autant partie des raisons qui font que j'aime être aspiré dans le cosmos de la littérature. Qui n'a jamais fait perdre la virginité à un bouquin fraîchement acheté en ouvrant sauvagement ses pages et en humant son parfum à plein nez? La journée où ils inventeront une bébelle en plastique qui sent ce si doux parfum d'encre et de papier mélangé, je réviserai peut-être mes positions. En attendant, je continuerai de me délecter de la pulpe interdite.

10 mars 2009

À travers la brume de mes yeux

Où étiez-vous lorsque JFK s'est fait assassiner? Et Luther King? Que faisiez-vous quand Neil Armstrong a mis le pied sur la lune pour la première fois? Que se passait-il autour de vous lorsque les deux tours se sont effondrées? Comment vous sentiez-vous? Les grands événements marquent et font en sorte qu'on se rappelle longtemps où on était et ce qu'on faisait quand ils se sont produits.

Un de ces événements fut pour moi l'annonce du suicide d'André Dédé Fortin, ex-leader des Colocs. Je me rappelle exactement le sentiment d'incompréhension qui m'avait animé tout au long de la matinée du 8 mai 2000 alors que j'étais assis, incrédule face à mon ordinateur au travail.

C'est peut-être pour cette raison que la vidéo ci-bas m'a touché à ce point. Dans "Le Répondeur", chanson mythique du groupe, Dédé chantait qu'y avait absolument rien sua cassette de son répondeur. Les artisans derrière le film Dédé, à travers les brumes ont décidé de lui transmettre aujourd'hui un dernier message. Et c'est vraiment touchant.



via Carl

Une boule dans la gorge

Il y a quelques semaines, on nous a commandé à Vlog cinq émissions spéciales que TVA désire insérer sporadiquement dans sa grille horaire. On nous demandait de trouver cinq thèmes différents autour desquels on devit broder. Après des semaines jours heures minutes de réflexion en équipe, on en est venu à la conclusion que les meilleurs thèmes pour l'émission étaient ceux-ci: Animaux, Adrénaline, Publicité, Humour et Sexy. Hé oui, vous avez bien lu, il y aura un spécial Vlog Sexy dans la programmation. Mais ne vous en faites pas, ni lui ni moi ne nous promènerons en petite tenue à l'écran.

Depuis la semaine dernière, on monte l'émission spéciale sur les animaux. Ah, ces jolis petits crisses de minous. Y a tellement d'animaux qui me trottent dans la tête que je suis à veille de cracher des boules de poil. Chu pus capable! Mais je me questionne. Quand viendra le temps de monter le spécial Sexy, vais-je passer tout mon temps en érection?

8 mars 2009

Tout le monde en parle en direct, part two

Je n'avais pas prévu écrire un nouveau chapitre en direct sur l'émission de ce soir mais le fait que ma chère amie Caroline aka Mère Indigne fasse partie des invités vient complètement chambouler mes prévisions. Encore une fois, donc, je viendrai vous entretenir entre les pauses sur mes coups de coeur et mes coups de gueule face aux invités de la messe dominicale.

Judy Richard et Yvon Deschamps: Wow! Juste parce qu'ils ont 40 ans de vie commune au compteur était une raison valable pour les inviter une nouvelle fois sur le plateau. Quelle belle complicité ces deux-là ont. C'était magnifique de voir l'amour dans leurs yeux respectifs après toutes ces années. Mais c'est fou à quel point Yvon Deschamps a physiquement vieilli, même s'il est toujours aussi allumé.

Mario Dumont et Madame: Quand j'ai vu que la femme du p'tit Mario de plâtre l'accompagnait, je me suis réellement demandé ce qu'elle venait foutre là. Mais à l'entendre parler, on voit qu'elle a de la graine de politicien qui sommeille en elle. Au final, une chance qu'elle était là pour relever le niveau de l'entrevue. Mario a, quant à lui, été plutôt silencieux. Et je le comprends. Mais Guy A. a été très doux et gentil avec lui. Lucky him. Je n'aime pas l'ex-chef de l'opposition mais je dois avouer que c'était un beau clin d'oeil de lui céder le siège de l'animateur quelques instants.

Nathalie Buisson: Une survivante d'un cancer du cerveau venait nous entretenir de son combat contre la maladie mais aussi d'un spectacle de danse appelé Coeur en tête, qui permet d'amasser des fonds pour la fondation du CHUS. Malheureusement, l'entrevue était froide, plutôt technique et un peu dénuée d'émotion.

Janine Sutto: Qui ne voudrait pas avoir Janine Sutto pour grand-mère? Malgré ses 87 ans, Madame Sutto est toujours aussi drôle, vive d'esprit, allumée et impliquée. Quelle femme magnifique. Quel bel exemple de persévérance et de courage quand on entend son histoire avec sa fille trisomique. Elle donne envie de vieillir en beauté. Par contre, quelle déception de constater que l'équipe n'en a pas profité pour montrer des images de la websérie Chez Jules. Ça aurait été la cerise sur le sundae.

André Forcier: Je ne connaissais pas le réalisateur du long-métrage Je me souviens et je ne l'avais jamais entendu auparavant. Je dois avouer que ça m'a pris quelques échanges pour accrocher au discours du cinéaste mais après une ou deux répliques plutôt bien placées et une intervention à point de Mario Dumont, je me suis laissé prendre au jeu. Maintenant, est-ce que l'entrevue m'a donné envie d'aller voir son film? Pas sûr. En ce sens, la cible a plutôt été ratée.


Caroline Allard: Je ne peux pas être objectif dans le cas de Caroline. Parce que c'est comme si je voyais mon enfant à l'écran ce soir. Mais je peux quand même avancer qu'elle était totalement magnifique, souriante, à l'aise et en contrôle d'elle-même. Elle se disait nerveuse et ça ne paraissait pas du tout. Par contre, l'entrevue de Guy A. était vraiment ordinaire, truffée de questions vides et prévisibles et on n'a pas pu cerner toute l'intelligence et la vivacité d'esprit de cette femme incroyable. Dommage.

François Massicotte: Ça paraissait qu'il commençait à être tard parce que ça rigolait fort au début de l'entrevue. Puis ça s'est replacé tranquillement. Encore une fois, ce fut agréable de pouvoir jaser de maladies mentales avec un Massicotte qui souffre lui aussi de troubles bipolaires. Moment de malaise pour l'humoriste par contre qui s'est fait clouer le bec par un Forcier choqué par une opinion sur les artistes et leur revendications contre les coupures en culture. Un malaise que même le meilleur des montages n'a pas réussi à dissiper.

L'émission de cette semaine fut à mon avis meilleure que celle de la semaine dernière mais je persiste à croire que l'équipe devrait réviser l'ordre dans lequel apparaissent certains invités.

Femme...

Femme, si tu savais à quel point je T'aime. Si tu savais à quel point je serais incapable d'avancer sans TOI.

TOI, pour ta folie, ta joie de vivre et ta spontanéité, TOI pour ta sagesse, ta droiture et ton intelligence, TOI pour ta fougue, ta passion et ta féminité, TOI pour ton entêtement, ta persévérance et ton envie de vivre, TOI pour tes fesses, tes seins et ton sexe envoûtant, TOI pour les frissons, les papillons dans l'estomac et les coups de tonnerre dans la poitrine, TOI pour tes lèvres, tes sourires et l'odeur de ta peau, TOI qui me rappelle à quel point je suis Homme, complet, vulnérable et inébranlable. TOI, simplement, parce que TOI, c'est VOUS.

Merci à vous toutes de faire partie de mon existence. Cette vie serait bien pâle si vous ne marchiez pas à mes côtés. Je souhaite que l'on puisse vous dire, en cette superbe journée de la femme, à quel point vous êtes magnifiques, belles et irremplaçables. Vitales. En tout cas, moi, je vous le dis.

7 mars 2009

Patrick Pleau, Hype-moi

Patrick Pleau, leader de la formation québécoise Plajia, commet son album solo, Hype-moi et j'avais la chance de mettre la main sur cette première galette francophone de l'artiste plus tôt cette semaine. Empruntant une direction s'approchant de celle de son groupe, Patrick nous transporte dans des lieux auparavant visités. Mais non satisfait de nous en mettre plein l'oreille avec un son progressif assumé, le musicien montréalais nous précipite maintenant dans des lieux complètement insoupçonnés.

Bien sûr, on voyage toujours dans un monde de rock progressif mais on note tout de suite les différentes saveurs qui épicent cette galette, worldbeat, pop, disco. On sent immédiatement ses influences dans cet album, les Beatles, Pink Floyd, The Doors mais aussi Depeche Mode, Tears for Fears ou encore la chanson française des années 70. Mais il serait injuste de limiter le son de Hype-moi à ces monuments de la musique. Parce que Patrick amène aussi un nouveau son au paysage musical québécois. Certes, Hype-moi est très British, très progressif. Mais c'est aussi musicalement pointu et recherché. Les mélomanes s'en donneront à coeur joie en entendant les cuivres, les différentes percussions, les synthétiseurs très eighties ou encore des grooves à faire swinger des fesses comme à la belle époque des partys de sous-sol.

Au final, c'est plus de quatre décennies musicales qui meublent cet album fort soigné et très complet. Le seul bémol au paysage, à mon avis, provient d'une légère immaturité au niveau des textes. Mais il n'est pas facile de mettre en son les mots de la langue de Molière.

L'album est en vedette et disponible en téléchargement sur Zik.ca et sur iTunes depuis ce matin. La pièce ci-bas s'intitule Tous les clichés du monde et vous convaincra à vous procurer cet excellent album. Une belle grimace créative à tous les amateurs de Star Académie de ce monde.

6 mars 2009

Le facteur Harrison toujours deux fois

Est-ce que Jean-François Harrison peut purger sa peine en Abitibi même s'il ne peut se retrouver en présence de mineurs?

5 mars 2009

Savoir reconnaître les signes

Le désavantage quand ta job est de regarder des vidéos, c'est que t'as jamais le temps de regarder des vidéos. De prendre vraiment le temps de le faire, je veux dire. Je dois visionner des centaines de clip dans une semaine. La plupart du temps, j'en écoute les premières secondes puis je saute à une séquence au milieu du clip. J'en écoute quelques autres secondes puis je saute à la fin. La vidéo doit m'interpeler dès les premiers instants sinon, just too bad, on passe au suivant.

Mais y a parfois des clips où on ne peut pas faire ça. Certains courts-métrages entre autres. Je prends rarement le temps de les visionner durant le jour. C'est pourquoi je les télécharge et les écoute ultérieurement. Comme le court plus bas.

Depuis plus de deux semaines, Signs traîne sur le bureau de mon ordinateur. J'ai finalement pris les douze minutes nécessaires pour l'écouter hier soir, dans l'autobus, en revenant du boulot. Avoir su, je l'aurais écouté avant. Je devais avoir l'air vraiment ridicule à sourire béatement dans l'autobus.

Ce court-métrage a été réalisé par Patrick Hugues dans le cadre d'un concours commandité par Schweppes. C'est un vrai bijou de film, un feel-good movie comme il s'en fait trop rarement. Mesdemoiselles, vous allez particulièrement adorer. Vous pouvez bien croire au Prince Charmant après ça...

(Dites-le pas à personne mais j'aime bien croire aussi à la Princesse Charmante. Je suis un romantique fini)

4 mars 2009

Ajustez votre appareil

On a beau chialer contre les années 80, contre le retour du fluo, des cotons ouatés avec des dessins de loup, des grosses lunettes sur les petites faces, du kitsch new-wave, de l'affreuse moustache, du bling-bling et des breloques disproportionnées, des claviers Fisher-Price dans la musique, des jeux vidéos en 8 bits et surtout des artistes déchus tombés dans l'oubli (qui auraient pour la plupart dû y rester), je dois avouer qu'avec le retour de la mode des jeans ajustés, y a des maudits beaux avantages aux retours en arrière.

3 mars 2009

De la proximité

J'aime prendre les transports en commun. D'être tout tassé les uns à côté des autres, à se réchauffer l'hiver québécois, ça me procure du réconfort. Sans blague, je vous niaise pas. J'aime être près des gens, sans avoir à leur parler, sans avoir à échanger avec eux. Juste pour savoir qu'on est tous ensemble dans le même bateau. Juste pour savoir que je suis là moi aussi, comme eux, au même endroit et au même moment, dans une galère qu'on ne contrôle pas. C'est rassurant de savoir qu'on n'est pas tout seul. De la même façon, j'aime me retrouver dans un café ou dans un bar à siroter mon verre tout seul et à espionner la faune environnante. Y a quelque chose de sécurisant là-dedans.

Je disais donc que j'aime prendre l'autobus et le métro. J'aime me baigner dans les effluves du matin des jolies filles. Les odeurs de pomme, de poire, de fleurs qui s'entremêlent, j'adore ça (quoique j'aime moins le fond de poush-poush aux roses). Je sais qu'il y a certains de vous qui voudront ajouter en commentaire qu'y a plein de monde qui sue et qui sent mauvais. Mais je réitère. Chaque gars saoul ou vieux qui pue verra ma journée s'embellir par l'énergie d'autant de jolies brunettes ou de magnifiques blondinettes qui me laisseront une traînée de leur parfum aux narines. Je suis un jouisseur olfactif. Je ne vous l'ai jamais dit, Mesdames, mais je respire secrètement vos effluves à grands coups quand je vous croise dans la rue. Vous êtes une inspiration, vous savez, dans tous les sens du terme.

Je disais donc que j'apprécie embarquer dans les véhicules de la STM. J'aime la proximité et le contact humain. Mais qu'on se le tienne pour dit. Je n'aime pas les contacts en nylon. De quessé? Oui, en nylon! Votre ostie de sac à dos, voulez-vous le déposer par terre ou l'accrocher devant vous quand vous embarquez dans l'autobus? Ce matin, après m'être pris trois coups de sac à la gueule, je me suis vengé en me pendant carrément après celui du kid qui venait de m'assommer à grands coups de North Face. Bizarrement, il ne s'est rendu compte de rien. Doit être habitué j'imagine.

1 mars 2009

Tout le monde en parle en direct

On fait changement cette semaine. Je vais faire une critique en direct de l'émission et mettrai ce billet à jour aux pauses commerciales.

Varda Étienne: J'aime quand Guy A. ose sonder des terrains plus sombres. J'aime quand il va là où personne n'ose. C'était encore le cas ce soir avec l'entrevue de Varda Étienne. Parler de bipolarité un dimanche soir à heure de grande écoute, faut le faire. L'entrevue de Varda étant touchante bien que j'ai un peu de difficulté avec les airs qu'elle se donne. Le chiffre de 400 000 bipolaires au Québec m'a par contre fait frissonner. Je le trouve d'ailleurs un peu élevé et je pense qu'on a tendance à mettre bien des personnalités limites (cyclotimiques par exemple) dans le panier des bipolaires.

Martine St-Clair: Resplendissante avec ses airs de petite gamine, Mademoiselle Lavez-Lavez faisait une apparition éclair sur le plateau. Pas grand chose de nouveau à dire pour la blondinette chanteuse. Le moment où on présentait un René Lévesque ému devant l'hommage chanté par Martine valait à lui seul l'invitation. Encore une fois, Dany Turcotte s'est dépassé en glissant une joke plate lors d'un moment émotif. Chuttt Dany, chuttt. C'est pas toujours nécessaire de faire le clown.

Lawrence Cannon: Tout d'abord posé et d'allure compétente, le Ministre des Affaires Étrangères s'est lentement laissé aller vers un discours vide et la langue de bois typique aux politiciens. Dommage. Malgré tout, les grimaces répétées de Varda Étienne à son endroit ont fini par me rendre le bonhomme sympathique.

Patrick Leduc et Cédric Joqueviel: Deux joueurs du club de soccer l'Impact de Montréal qui jouait mercreee...... zzzzzzzzzzzzz.... Oups scusez. Coudonc, Varda Étienne a-t-elle pris des cours avec Richard Martineau cette semaine?

Rose-Marie Charest: Fascinante entrevue de la part de la présidente de l'ordre des psychologues du Québec qui venait parler de rupture amoureuse douloureuse (dont le cas d'infanticide de cette semaine) mais aussi d'intimidation dans les écoles et de solutions au problème. Un entretien rempli de mots justes comme On a banalisé la séparation parce qu'elle est mathématiquement plus fréquente mais ça ne veut pas dire qu'elle est moins souffrante ou encore Dans les cas d'intimidation, les jeunes ne perdent pas seulement confiance en eux-mêmes mais ils perdent aussi confiance dans les autres. Il faut savoir les revaloriser de toutes les façons possibles afin de briser le cercle de l'humiliation. Définitivement mon coup de coeur depuis 90 minutes. C'est exactement le genre d'entrevue qui explique pourquoi j'écoute la messe dominicale semaine après semaine.

Marc Hervieux: Quand j'ai vu débarquer le ténor québécois sur le plateau, j'ai poussé un petit soupir. Ah non, pas de l'opéra! Pas que j'aime pas le genre mais ça me tentait pas d'entendre parler d'organe vocal ce soir. Et pourtant, le sympathique gaillard d'Hochelaga-Maisonneuve a donné une délicieuse entrevue remplie de spontanéité et d'humour. Assez pour donner le goût de l'opéra à bon nombre de néophytes.


Martin Matte: Session de lichage de Q avec l'humoriste qui en était à sa 803ième présence sur le plateau, pour venir parler, euhhh, ben, euhhh, de lui finalement. Malheureusement, son personnage du gars imbu de lui-même me fait beaucoup moins rire qu'auparavant. En humour, il est important de surprendre, constamment, ce qui est de moins en moins le cas avec son personnage de gars parfait. Dommage que l'équipe ait décidé d'y aller d'une valeur sûre qui n'avait pas grand chose de nouveau à annoncer.