27 février 2009

Dipatisme

Question toilettage, est-ce qu'un ivrogne a aussi besoin qu'on le brosse?

26 février 2009

Auto-plogue

Certains se servent de leur blogue comme outil de promotion personnel. Pas moi. Ou rarement. Je sais pas pourquoi, j'ai un certain inconfort avec l'activité d'auto-lichage. En fait, je n'ai jamais aimé faire de l'auto-promotion, peu importe la forme. Et c'est vraiment niaiseux puisque le blogue est le meilleur endroit pour justement faire une telle chose.

Josée Perrier de l'émission Monsieur Showbiz faisait une excellente critique de WebTV Hebdo mardi dernier et, par la bande, de mon propre blogue. J'ai beau ne pas aimer ni écouter ce genre d'émission, je dois avouer que ça fait un certain velours de se faire lancer des fleurs de la sorte. Alors longue vie à Monsieur Showbiz, ben c'est ça.

Merci mon amour (et on pitche le carton au bout de nos bras)!

25 février 2009

Le cercle vicieux de la violence

Je voudrais clore cette discussion sur l'intimidation à l'école en vous partageant ce monologue difficile mais drôle et émouvant de Jean-François Mercier, dans lequel il explique pourquoi il ne veut pas d'enfant. Cette perle me vient d'un commentaire de Mike sur mon billet précédent. Merci beaucoup Mike. Maintenant, je pense que tout a été dit.

Mayday, ici Turkish Airlines 1951

Un avion de la Turkish Airlines s'est écrasé ce matin dans un champ d'Amsterdam, à seulement 3 kilomètres de la piste d'atterrissage. L'appareil, un Boeing 737-800, semble avoir été victime d'une poche d'air et s'est écrasé comme une roche. Heureusement, le crash a fait peu de victimes.

Voici une retranscription du dernier échange entre le pilote et la tour de contrôle de l'aéroport.

Pilote: Mayday! Mayday! Tour de contrôle d'Amsterdam? Ici le vol 1951 de la Turkish Airlines. Nous éprouvons présentement des problèmes d'instabilité avec notre appareil qui semble être victime de fortes turbulences.

Tour de contrôle
: Bien reçu 1951. En effet, il semble y avoir présence de masses d'air causant des zones de turbulences graves à l'approche de la piste. Ça risque de brasser fort. On vous recommande d'attacher vos turcs avec d'la broche.

24 février 2009

On est tous le souffre-douleur de quelqu'un

Y a d'abord eu mon histoire, ici, il y a quelques jours. Une histoire ordinaire d'un petit gars de banlieue qui était un peu trop dodu, trop petit, dont la voix n'avait pas encore mué, qui était un peu trop poli et craintif. Une histoire ordinaire d'un petit gars qui se faisait traiter de Miss Tapette dans la cour d'école, qui se faisait appeler Bouboule dans son équipe de hockey, qui se faisait écraser des cigarettes dans les paumes et qui se faufilait entre les cases pour ne pas se faire kicker le cul. Une histoire ordinaire où j'aurais aimé apprendre à me battre pour foutre quelques baffes à la gueule des connards qui me torturaient. Mais j'avais peur. Trop peur. Je n'avais pas appris à me défendre. Je n'avais pas appris que j'avais le droit de dire Ça suffit! Dieu merci, il n'est jamais trop tard pour apprendre. J'ai toujours répéter à mon fils de se défendre s'il se faisait écoeurer par ses pairs. Les plaies visibles guérissent plus vite que les plaies de l'âme.

Puis il y a eu l'histoire de Martin. Martin qui se faisait kicker lui aussi, dans la cour d'école, dans la rue, devant une maison Parents-Secours. Faut croire que les pancartes n'y changent pas toujours grand chose.

Et il y a eu toutes ces autres histoires qu'on peut lire dans la chronique de Foglia ce matin. Tous ces faits marquants. Tous ces gens. Toutes ces douleurs. Comment se fait-il qu'il y en ait tellement? Comment se fait-il que personne n'ose crier leurs blessures si profondes avant? Comment se fait-il qu'il reste tant de bourreaux après avoir fait le décompte de toutes les victimes?

23 février 2009

Mère Indigne.TV

C'est mon amie et je l'adore. Je dirais même que c'est un peu mon âme soeur. Elle et moi, ça avait cliqué, comme ça, sans raison apparente, au premier coup d'oeil. Des fois, faut juste pas se poser de questions.

J'avais lu Caroline Allard à ma défunte émission de radio, Mal de blog, en 2006. Ça avait été un coup de foudre littéraire. Paf! Puis, le tout s'était concrétisé lors de notre première rencontre au lancement des Chroniques d'une mère indigne. Repaf!

Aujourd'hui, Caroline nous apprend qu'elle lancera sa nouvelle webtélé sur le portail de Radio-Canada en mars. Je regarde le chemin qu'elle a parcouru depuis 3 ans et je suis vraiment heureux pour elle. Je constate la voie qui s'est tracée devant elle et j'avoue ressentir un petit pincement de fierté d'y avoir contribué à ma façon.

Mère Indigne mais amie digne. Bravo Caro!

22 février 2009

Normand Brathwaite sauve le show

Parce que j'avais bien aimé l'expérience il y a quelques semaines, je réitère encore une fois avec une récapitulation de la grande messe dominicale. Ce coup-ci, j'y vais à chaud, y allant de mes commentaires sur les invités entre les pauses commerciales.

En ouverture de show, une belle entrevue avec Normand Brathwaite. Mon quota de Normand Brathwaite est atteint depuis fort longtemps. Je suis un peu gazé de voir sa face partout à la télé. Mais je dois avouer que l'entrevue qu'il vient d'accorder à Guy A. était empreinte d'humanité, de simplicité et d'ouverture. C'était beau de le voir s'ouvrir sur sa dépression et de démythifier les maladies mentales de la sorte. Un beau coup de l'équipe. Mais encore une fois, je déplore de savoir que Lepage reçoit d'abord et avant tout ses amis sur le plateau. Je sais que le star système québécois est un petit monde mais ayez au moins la retenue de ne pas le mentionner en ondes.

Le deuxième invité, Jean Perron, était venu expliquer les déboires publiques de certains joueurs du Canadiens (vous pouvez en voir quelques-uns ici). Personnellement, le hockey, I couldn't care less. Alors les tribulations de ces joueurs ne me font pas un pli sur la poche de hockey. Si des joueurs font les caves, qu'ils payent pour. De vouloir cacher ces faits par contre, c'est prendre les gens pour des imbécile. On parle toujours juste rien que d'un sport. Une chance que quelques perronismes sont venus épicer la discussion parce que ça sentait le zapping dans les temps morts.

Puis ce fut au tour de Michelle Courchesne, Ministre de l'Éducation, présente pour commenter le cas David Fortin, disparu de la carte suite à de l'intimidation répétée à son école. Malheureusement, le discours de Madame Courchesne ressemblait plus à un discours politique appris par coeur qu'à un avis de parent ou de citoyen. À mon avis, ça tend à démontrer à quel point le gouvernement québécois est déconnecté de la réalité crue et dure qui se vit dans nos cours d'école. Le meilleur exemple est lorsqu'elle s'est écrié que lorsqu'on croit en soi et qu'on travaille assez fort, tous nos rêves peuvent se réaliser. Désolé de vous contredire, Madame la Ministre, mais la vie est injuste et le fait de croire n'est souvent pas assez pour changer les choses. On n'a pas tout ce qu'on veut dans la vie.

Puis, Daniel Lebanc, le journaliste du Globe and Mail qui a mis à jour le scandale des commandites, est venu expliquer pourquoi il risque de se retrouver en prison parce qu'il cache à la justice l'identité de sa source dans le cas qu'on connaît tous. Une fois les technicalités expliquées, le journaliste n'avait malheureusement pas la verve et le charisme d'autres analystes politiques précédemment invités à l'émission. Too bad.

Par la suite, une entrevue avec la jeune réalisatrice/scénariste/comédienne Anne-Sophie Dutoit, imbue d'elle-même et à mon avis inintéressante. Outre le fait que ses films me faisaient penser à la mise en image d'un journal intime d'adolescente américaine, l'entrevue, elle ressemblait à une grosse plogue où Lepage y allait de questions pré-mâchés et de commentaires de groupie. Si le but de l'entrevue était de démontrer aux jeunes filles qu'il y a moyen de réussir quand on y croit, il me semble inutile d'avoir ce genre d'entretien dans un show où l'âge moyen des téléspectateurs tourne autour de 35 ans.

Le groupe Simple Plan est venu par la suite nous parler de levée de fonds pour Leucan auxquels les membres du groupe participent. Ils présentaient du même coup une jeune survivante d'un cancer du cerveau, Marika Aubé Lefrançois. Le groupe, qui devait en être à sa quatrième apparition à TLMEP, s'est quand même livré de belle façon, mettant l'emphase sur la nécessité de ramasser des fonds pour la Société. La jeune femme qui termine ses études en technique de garde à l'enfance en profitait, quant à elle, pour mousser sa candidature auprès d'employeurs potentiels. Malaise!! Je déteste ce côté "publicité" de Tout le monde en parle, où il ne suffit que d'une simple apparition à l'émission pour régler tous les maux de l'univers. C'est peut-être bien cool pour cette jeune femme qui se trouvera assurément une job demain mais ça me donne des reflux gastriques quand je sais que des centaines d'autres personnes, elles, seront toujours dans le même pétrin demain matin par manque d'apparition publique?

Yannick Nézet-Séguin, nouveau Directeur Musical de l'Orchestre Philharmonique de Rotterdam, est venu nous partager son amour de la musique. Et de l'amour, il en a! L'entrevue avec l'ancien chef de l'orchestre métropolitain était décontractée, drôle, spontanée et rafraîchissante. Ce gars-là tripe musique et ça se sent. Ça défait l'image coincée de l'univers classique et ça fait du bien. J'ajouterais que ça aurait été à l'avantage de l'équipe de TLMEP de le glisser plus tôt dans l'alignement de la soirée.

Et finalement, en guise de dessert, Patrick Lagacé (encore!?), est venu nous livrer un scoop sur le merveilleux monde du hockey (encore?!). Malheureusement et comme je l'ai cité plus haut, le hockey, je n'en ai rien à cirer. Mais Pat Lagacé faisant deux apparitions en quelques semaines à la grande messe du dimanche? La question qui tue: Patrick, es-tu maintenant copain-copain avec ce cher Guy A.?

20 février 2009

Les blessures que l'on traîne

Je devais avoir environ 12-13 ans. J'étais le ptit gros de l'école. Cinq pieds de haut pour trois de large. J'étais celui qu'on se plaisait à torturer, celui qu'on s'amusait à détruire, celui qui ne disait rien lorsqu'on lui écrasait une cigarette allumée au creux de la main. Les enfants sont cruels et l'enfance est une salope quand elle ne se vit pas.

Sans faire de jeux de mots ridicules (vous me connaissez mieux que ça), ça a été un poids réellement difficile à vivre. Parce qu'il n'y a pas que la douleur d'être renié qui est omniprésente, il y a aussi celle de ne pouvoir rien dire à personne. C'est dur de souffrir en silence. Comment veux-tu expliquer aux gens qui t'entourent que t'es tout seul et que tu souffres parce que t'es gros? Les plus grand maux ne savent pas crier.

Je n'avais jamais eu la chance de glisser un mot sur l'entrevue que Patrick Lagacé accordait à Éric Salvail dans le cadre des Francs-Tireurs il y a quelques semaines. Et pourtant, cette entretien d'une vingtaine de minutes m'était rentré dedans comme un camion de déneigement dans une traverse pour piétons. Le ton était parfait, amical mais limite baveux. Surtout quand était venu le moment de parler de la télé-réalité de Salvail, Occupation Double. Mais l'entrevue avait aussi été touchante. Je me souviens entre autres de cette incursion dans l'enfance de Monsieur Dieu Merci où ce dernier parlait de sa vie de gamin dans le dépanneur paternal, des années difficiles où il avait été gros. Je me rappelais hier matin cette phrase surtout, qui explique si bien la détresse du laissé pour compte, la douleur du punching bag de service: "Quand t'as déjà été gros, tu l'es jusqu'à la fin de ta vie", expliquant à quel point les attaques et intimidations enfantines sont blessantes et du même coup, à quel point elles forment un grand besoin d'amour, son grand besoin d'amour.

Ma vie aujourd'hui est différente. Certaines blessures sont refermées et d'autre toujours bien enfouies. Et j'ai beau savoir que je n'ai plus la forme rondelette que j'avais autrefois, j'ai toujours un problème de poids dans ma tête. Il en est ainsi. Je fais attention à ce que j'ingurgite, en partie pour ma santé coronarienne mais également pour l'image que je me fais de moi. De le savoir, ça m'aide aussi à comprendre le grand besoin d'amour qui m'anime.

19 février 2009

Dipatisme

À ceux qui n'ont pas accès à mes (trop) nombreux statuts Facebook, voici une réponse à l'adage L'avenir appartient à qui se lève tôt qui m'a été envoyé ce matin:

L'avenir appartient à ceux qui en ont un...

Pensez-y!

18 février 2009

Notre système de santé (mentale)

Comble de "chance", les antibiotiques donnés à Méga-Nain hier n'étaient pas assez forts. Résultats, j'ai reçu un coup de fil de l'école pas plus tard qu'à 11h30 et j'ai dû retourner à la maison illico pour le traîner une nouvelle fois dans le jeu de patience qu'est notre système de santé. Ce coup-ci, j'avais pas envie d'encourager le transport en commun vers Ahuntsic pour voir mon médecin de famille. J'ai donc plutôt décidé d'attaquer mon quartier de front et me suis me diriger vers la clinique à côté de chez moi. Ça m'apprendra. Temps d'attente: 5 heures! Euquewoua? Oui oui, vous avez bien lu, 5 heures! Et je n'étais pas à l'hôpital là! J'avais les deux pieds plantés dans une bonne vieille clinique médicale. J'en ai presque ri. C'est complètement aberrant et ridicule. Les gens se présentant après 14 heures étaient tout simplement renvoyés chez eux, la réceptionniste tentant de leur expliquer que la clinique affichait complet jusqu'à la fin de la journée. Presque drôle...

Mais y en a des affaires que tu peux faire quand t'es assis durant 5 heures à patienter. Premièrement, j'ai eu la chance de terminer le roman que j'avais commencé... hier matin dans l'autre clinique. Ça m'apprendra de chialer que j'ai jamais de temps pour lire après. Ensuite de ça, ben, j'ai fabulé. Un roman et demi en chantier plus tard, j'ai alimenté mon blogue de billets pour les deux prochaines années à venir puis j'ai accouché d'un recueil de dipatismes de 150 pages. Ok, j'exagère. N'empêche qu'y en a des niaiseries que tu peux dire quand t'es glué sur ta chaise pendant si longtemps. Un exemple de niaiseries? Ok, vous l'aurez voulu. Les cuisiniers, dans les camps militaires, j'te dis qu'ils restent-au-rang. J'en conviens, c'est ridicule. Mais mes échanges n'ont pas été absurdes qu'avec ma tête. Y a aussi mon fils qui m'encourageait pas mal aussi.

Lui: À force d'être ici puis d'être en contact avec du monde malade, demain je vais avoir une laryngite, une amygdalite pis une bronchite.
Moi: Pis si tu t'en vas en politique, tu vas aussi avoir l'inflammation de la boulche. On appelle ça de la bullshit.

C'était pas mieux sur le chemin du retour. Le mal était fait. Il était trop tard.

En montant les marches à la maison:

Lui: C'était le fun, merci. On remet ça demain si tu veux. Et ça sera 6 heures à l'hôpital ce coup-ci.
Moi: Si t'as encore mal demain matin, je prends pas de chances pis je te fais arracher les oreilles. De toute façon, on le sait tous que tu t'en sers pas.

Des heures de plaisir je vous dis.

Blogue par la poste

Jean-Philippe dit Le Lapin Blanc réitère cette année avec son initiative Blogue par la poste, question de nous ramener aux sources-même de l'écriture, la correspondance, et de donner du même coup un peu de job aux facteurs de la francophonie.

Le principe du Blogue par la poste est fort simple. Il s'agit de laisser un commentaire sur le blogue dudit Lapin afin que la communauté soit au parfum de votre inscription puis de lui envoyer par la suite un courriel au maître du jeu à l'adresse bplp@sprey.net. Vous recevrez le 2 mars prochain le nom et l'adresse postale de votre correspondant. Vous aurez jusqu'au 9 mars pour lui envoyer un petit mot sous forme de lettre, de carte postale ou de tout genre de correspondance qui vous passe par la tête et un petit cadeau de votre cru (dessin, photo, peinture, musique, macramé, cap de roue volé). Deux inscrits seront jumelés au hasard. Vous avez jusqu'au 28 février pour vous inscrire et l'initiative est ouverte à tous, blogueurs ou non. Dépêchez-vous, le 28 février, c'est bientôt. Outre les commentaires sur le blogue du Lapin, un groupe Facebook existe également et vous donne la chance de vous familiariser à l'avance avec certains inscrits.

Internet for the people!

17 février 2009

Bleu-vert, jaune-rouge, bleu-orange

Toast bagel, toast bagel. Il est sept heures quinze du matin et je me prépare pour une journée médicale. J'ai rendez-vous à l'hôpital pour obtenir les résultats de mon échographie abdominale récente, conséquence du moment de panique vécu il y a quelques temps. Comble de luck, Méga-Nain se tape de son côté une otite récalcitrante. Direction clinique dans son cas aussi. L'école buissonnière est une maladie contagieuse faut croire.

Je me tape quarante-cinq minutes d'attente à la clinique externe de l'hôpital Jean-Talon. Trois quart d'heure, c'est pas beaucoup quand on sait à quel point le système de santé ressemble parfois à la Maison des Fous dans Les douze travaux d'Astérix. J'ai le cul béni et le curé de ma paroisse en serait probablement très heureux. On béni ce qu'on peut. On me tricote un itinéraire de la salle de triage 1 à la salle de triage 2 à la salle de triage 3. Je n'ai toujours pas vu de médecin mais je sais danser dans un hôpital comme pas un. Si on gérait les salles d'urgence de la même façon qu'on gère les salles de triage, il n'y aurait plus personne qui serait malade au Québec. Je vois finalement une blouse blanche et le verdict tombe. Tout seul. Le verdict tombe tout seul parce qu'il n'y a aucune maladie pour tomber avec lui. Je n'ai rien. Même pas un petit malaise, une petite cavité, une petite bosse ou une quelconque anomalie. Je suis haut-de-forme, I am top shape. Rien au coeur, rien à la vésicule biliaire, rien au foie. Le seul dérèglement que j'ai se trouve entre mes deux oreilles et il n'y a rien que la médecine moderne ne peut faire pour ça (ou c'est l'histoire d'un tout autre billet). C'est le fun de savoir que notre propre corps nous niaise.

Bon, on passe à un autre appel, on passe Go et on réclame 200$ (tchique-tchique la carte-soleil). Y a bien juste au Monopoly que le coût de la vie n'augmente pas.

C'est maintenant au tour du nain d'aller se faire jouer dans le bobo. On patiente beaucoup plus longuement pour lui que pour moi, ce qui me fait penser que le terme patient n'a jamais été aussi vrai. Assis, zombifié dans la salle de torture d'attente, un haut-parleur ptit faiseur juché dans un coin de la pièce nous crache sa musak à la gueule. La chanson qui joue est Hotel California et ça n'en prend pas plus pour nous ramener, mon fils et moi, à la réalité de Guitar hero. C'est insidieux cette petite bête-là (le jeu, pas mon fils). Il me balance un coup de coude en rigolant. J'esquisse un sourire en coin, sans le regarder, et je commence à fredonner: bleu-vert, jaune-rouge, bleu , rouge, orange, vert, rouge-jaune-bleu... On s'amuse ferme, tous les deux complices d'un moment vraiment privilégié. Puis on annonce son nom. Il voit une blouse blanche. Le verdict tombe pas tout seul. C'est confirmé, il a une otite le pauvre. Mais il vient aussi d'avoir un moment dont il se souviendra longtemps.

15 février 2009

Se faire donner un coup de Martineau dans le dos

Après avoir défrayé les manchettes avec sa très remarquée apparition à Tout le monde en parle il y a deux semaines, Richard Martineau effectuait un retour à l'émission ce soir et ce, bien contre son gré. Cette fois-ci, Lepage a eu l'idée de ramener la désormais célèbre expression de Martineau, Phony Baloney, à l'avant-plan. Une catégorie de question a même été inventée. Sur le coup, je l'ai trouvée drôle. Puis, j'ai ressenti un léger malaise.

Je n'aime pas plus le chroniqueur/pigiste/animateur du Journal de Montréal/LCN/Les Francs-Tireurs qu'au début du mois. Je n'ai pas non plus une envie folle de le protéger ou de courir à sa défense. Je crois qu'il est capable de le faire lui-même et, en conséquences, de se mettre le pied dans la bouche comme un grand garçon. Mais dans le cas présent, ça me laisse un arrière-goût d'hypocrisie que Lepage, bien content d'avoir amené Martineau sur son plateau il y a deux semaines, se plaisait ce soir à rire de son expression, de la rentrer bien profonde dans la tête de son public et de ses millions de téléspectateurs-éponges, et d'enfoncer le clou un peu plus dans le cercueil que Martineau avait déjà lui-même gossé à la main pour mieux le foutre au trou profondément.

J'aime pas cette technique, je déteste cette façon de faire. Y a comme un petit peu de bile qui remonte dans l'oesophage quand je constate qu'il se sert maintenant de la tête de turc à Martineau pour créer un running gag de son expression durant sa messe dominicale. De la même façon, le poil me hérisse quand, dans une entrevue avec Rachid Badouri intitulée "Le plus fort c'est mon père" Lepage fait jouer la chanson du même nom de Lynda Lemay, l'arrête au bout de quelques secondes en s'écriant "Ça suffit, c'est assez!" alors qu'il a déjà invité la chanteuse à de multiples reprises, lui léchant chaque fois l'égo avec appétit. Je trouve tout ça plutôt de mauvais goût.

Crazy lovely happiness

Reçu de mon amie Johanne via Facebook ce jeu à effectuer avec votre ipod ou itunes. Il s'agit de répondre aux questions ci-bas en enclenchant la fonction random du lecteur. Pour chaque question posée, une nouvelle chanson doit être choisie au hasard. Essayez-le, vous verrez à quel point le hasard vous connaît mieux que vous pensez.

INSTRUCTIONS:
1. Put your iPod or other music player on shuffle.
2. For each question, press the NEXT button to get your answer.
3. You must write that song name down no matter how silly it sounds.
4. Tag friends who might enjoy doing this as well as the person you got this from.


IF SOMEONE SAYS "IS THIS OKAY" YOU SAY?
Prélude à l'après-midi d'un faune - Debussy

WHAT WOULD BEST DESCRIBE YOUR PERSONALITY?
La barre est dure - Mano Solo

WHAT DO YOU LIKE IN A GUY/GIRL?
Faites de beaux rêves - Julie Doiron

WHAT IS YOUR LIFE'S PURPOSE?
All you need is love - The Beatles

WHAT IS YOUR MOTTO?
Relative ways - And you will know us by the trail of dead

WHAT DO YOUR FRIENDS THINK OF YOU?
Corn Flake girl - Tori Amos

WHAT DO YOU THINK ABOUT OFTEN?
Head down - Nine Inch Nails

WHAT IS 2+2?
Absence of light - Symphony X

WHAT DO YOU THINK OF YOUR BEST FRIENDS?
In my life - The Beatles

WHAT IS YOUR LIFE STORY?
Sullen girl - Fiona Apple

WHAT DO YOU WANT TO BE WHEN YOU GROW UP??
Move through me - In Flames

WHAT DO YOU THINK WHEN YOU SEE THE PERSON YOU LIKE??
A wild and distant shore - Michael Nyman

WHAT DO YOUR PARENTS THINK OF YOU?
La noyée - Yann Thiersen

WHAT WILL YOU DANCE TO AT YOUR WEDDING?
Casse-Gueule - El Motor

WHAT WILL THEY PLAY AT YOUR FUNERAL?
Planet Telex - Radiohead

WHAT IS YOUR HOBBY/INTEREST?
Worldly grace - Grimskunk

WHAT IS YOUR BIGGEST SECRET?
Bridges - Pawa up first

WHAT DO YOU THINK OF YOUR FRIENDS?
Air pur - Daniel Bélanger

WHAT'S THE WORST THING THAT COULD HAPPEN?
Straumnes - Sigur Ros

HOW WILL YOU DIE?
Black winter day - Amorphis

WHAT IS THE ONE THING YOU REGRET?
Les filles sont comme des oiseaux - Le Husky

WHAT MAKES YOU LAUGH?
I know what I like - Genesis

WHAT MAKES YOU CRY?
Lettre à Vanessa - Le Husky

WHAT SCARES YOU THE MOST?
Good day sunshine - The Beatles

DOES ANYONE LIKE YOU?
Prodigal - Porcupine tree

IF YOU COULD GO BACK IN TIME, WHAT WOULD YOU CHANGE?
L'effet Lisa - Richard Desjardins

WHAT HURTS RIGHT NOW?
Amour=Ciment - Carl-Éric Hudon

WHAT WILL YOU TITLE THIS POST?
Crazy lovely happiness - Plajia

À votre tour maintenant de vous amuser avec ce test. Venez me faire signe en commentaire pour que j'aille jeter un oeil à vos résultats.

Bon dimanche!

13 février 2009

Malajube, vu par les biscuits Dare

Vendredi soir. 23h30. C'est la première fois depuis mercredi que je trouve cinq minutes pour venir vous saluer, venir vous dire que je ne vais pas si mal, venir vous remercier d'être là, dans toute votre façon de ne pas savoir comment m'approcher, dans toute votre bonté parfois maladroite à vouloir apaiser mes maux.

Je suis fatigué, après une autre semaine plutôt infernale. Une semaine où je devrais embaucher quelqu'un pour penser à ma place, faute de pouvoir le faire moi-même. Mais ça va. Je tiens le cap et j'ai surtout un weekend en vue pour m'en remettre.

Avant d'aller au lit, je voulais vous partager ma dernière découverte, le dernier opus de Malajube. Si vous avez trois ou quatre minutes de libre ce weekend, si par inadvertance il arrivait que vous croisiez un Archambault, un Renaud-Bray ou un iTunes Store (allez, cliquez dessus, ce n'est pas bien loin à votre gauche (ou droite c'est selon)), attardez-vous à cette galette qui vaut vraiment le détour.

On pourrait comparer le dernier album du groupe à un Whippet. Pas le chien en forme de lévrier inabouti. Au biscuit. La toute première pièce, Ursuline, met la table pour du rock solide. Une gaufrette pas sucrée qui fait tout sauf tomber sur le coeur, une galette progressive, planante, où les guitares omniprésentes vous rentrent dedans comme un verre de lait bien frais. L'album offre, en dessert, une autre pièce forte intitulée Cristobald, qui vient enrober le tout d'une couche onctueuse qui coule comme du chocolat. Le milieu, quant à lui, est un peu plus mou. Un centre pas tout à fait guimauve mais plutôt rempli d'incursions plus pop, un peu moins rock, parfois jazz, des mélodies plus étudiées, remplies de clins d'oeil, des univers musicaux plus complexes et intellectuels que ce à quoi on est habitué du groupe. Bref, un album beaucoup plus achevé que les précédents, qui fond sous la langue comme un orgasme chocolaté. Un CD à mettre dans votre garde-...cd.

Ça se laisse vivre ici: Malajube sur MySpace

11 février 2009

Qui?

Je n'aime pas Richard Séguin. Sa folk-pop québécoise prévisible ne m'a jamais inspiré. Mes goûts musicaux se situent même à l'opposé des siens. C'est peut-être pourquoi je ne me reconnais pas dans sa chanson Je te cherche partout. Parce que moi, de toute façon, c'est pas toi que je cherche, c'est moi.

C'est moi que je cherche partout. Dans ma vie personnelle, dans ma vie professionnelle, dans mes relations avec les autres, dans mes moments de nombrilisme aigu, dans mes instants de perdition, de questionnements incessants, de chutes à répétition et de noyades quotidiennes. Je me cherche dans mon écriture. Mon profil ici-même le dit: Qui suis-je? Un chroniqueur? Un journaliste? Un recherchiste? Un auteur? Un blogueur? Quel est mon putain de rôle ici? Quel est donc ce besoin d'écrire? En est-ce seulement un? N'est-ce pas plutôt la bouée lancée à l'eau, le gars à l'amer, attendant seulement le moment qu'on le hisse hors de lui avant qu'il ne se noie?

Qui suis-je dans la vie? Qu'est-ce que je viens faire ici? D'abord, pourquoi cette recherche d'identité? C'est quoi cette quête perdue d'avance? Vous le savez qui vous êtes, vous? Vous avez une idée de ce que vous foutez ici?

La plupart des écrivains ressentent le besoin de livrer un roman sur papier? Je ne suis pas différent d'eux. Mais suis-je romancier parce que j'en ai écrit un? Es-tu musicien parce que tu grattes quatre accords de guitare ou parce que t'es finaliste à Star Académie? J'ai terminé mon roman en décembre. Ce manuscrit, c'est l'accouchement de plusieurs mois d'errance littéraire, à essayer de mettre en mots et en forme des bouts de ma vie. Ce roman vient de mes tripes, c'est mon moi profond. C'est des années de merde essuyées sur du papier huit et demi par onze. C'est l'histoire de multiples failles, d'une horde de blessures omniprésentes. C'est lourd, sale, tordu et tout croche. Comme moi. Je me suis vidé le coeur, le ventre et l'âme dans ces pages.

J'avais transmis mon roman à quelques éditeurs triés sur le volet. Réponses mitigées. Deux des trois éditeurs auxquels j'avais soumis la bête sanguinaire m'ont répondu la même chose. T'as du talent Patrick, mais t'as tourné les coins ronds. T'as une belle plume Pat, mais t'as été paresseux à plusieurs endroits. Je pourrais leur crier d'aller se faire foutre mais vous savez quoi? Ils ont raison. Je crois avoir pris le chemin facile pour torcher ces lignes. Et je me suis fait prendre dans le détour. Ça m'apprendra. Dans ma vie, vous savez, je prends souvent le chemin facile. Et je me fais prendre dans le détour. Et ça chie. Ça m'apprendra.

Les questions sont simples finalement. Qui suis-je? Et est-ce important de le savoir de toute façon?

10 février 2009

Ma blonde

Si vous étiez sur la planète l'astre l'objet planétaire l'astéroïde l'objet transneptunien Pluton aujourd'hui, vous n'avez peut-être pas entendu parler de la toute nouvelle webtélé MaBlonde.tv qui effectuait ce matin un lancement fort remarqué sur le web québécois.

Ma Blonde.tv, c'est l'histoire de Jennifer (Karen Elkin), une jolie jeune fille adorable armée d'un caractère de doberman. Ma Blonde.tv, c'est aussi une fille qui téléphone à son chum à toute heure du jour pour se plaindre et chialer. Ma Blonde, c'est la nouvelle websérie qui vient de mettre la barre très haute pour les autres webtélés qui suivront. Ma Blonde.tv, on l'aime déjà comme un fou.



Mon compatriote Dominic Arpin a lui aussi écrit un petit mot sur la série sur WebTV Hebdo

9 février 2009

Cote d'écoute=1

On n'en a que pour Star Académie aujourd'hui. Tout y passe. La sobriété de la robe de Julie par-ci, les gueling-gueling des guitares sirupeuses par là, le scandale de la toune française, les drapeaux du Québec en fond souverainiste, les voix poches, les réactions nulles. Bref, c'est comme si la Terre s'était mise à tourner d'une nouvelle façon depuis hier soir.

Vous savez, sans vouloir mordre la main qui me nourrit, moi, Star Académie, zzzzzzz, très peu pour moi. Pouet pouet pouet. Et pas seulement parce que je n'aime pas le concept. D'envoyer au firmament étoilé un nobody de nowhere qui n'a dans son bagage qu'une jolie voix et une belle gueule alors que des milliers de vrais musiciens talentueux, inspirés et innovateurs bouffent des beurrées de beurre de pinotte pis du Kraft Dinner, ça me créé un malaise. Mais outre ça, l'idée-même derrière l'émission ne me dit rien du tout. Le concept me fait bailler. Rontupu. Plus plate que ça, t'es à Monsieur Showbiz.

Alors pendant que Madame regardait les frous-frous de Julie au salon, j'étais à la chambre du nain à regarder Tout le monde en parle durant une excellente première heure. Une seule et unique heure parce qu'à 21 heures, je me suis dirigé vers Télé-Québec, pour le long-métrage québécois Toi avec Anne-Marie Cadieux (non mais, quelle actrice !). Avec Star machin, Tout le monde en bla bla et les Grammy's hier soir, Télé-Québec devait avoir un auditoire d'une seule personne. Et c'était moi.

Toujours aussi magnifique, Anne-Marie s'adressait directement à moi dans ce rôle d'une femme qui plaque tout, le mari, la grosse job, la belle maison, le cash et la grosse vie sale pour se sentir vivre de nouveau. Et c'est l'histoire de ma vie, ça, recommencer à zéro parce que la lourdeur du quotidien pèse trop sur mes épaules. Et je la comprenais, cette pauvre fille qui perd tout (dont elle-même), je sentais sa détresse de ne plus se comprendre, de ne pas savoir ce qu'elle voulait de la vie ou comment faire pour l'obtenir. Je savais ce malaise de n'avoir envie que de VIVRE en majuscules. Parce que quand tu sens que tu meurs à petit feu, faut parfois prendre les grands moyens et sauter dans le vide. Parce que quand tu t'éteins, y a qu'un feu immense qui peut te rallumer.

8 février 2009

Ménage à deux

Texte rédigé dans le cadre du concours Le dernier mot de l'émission Vous m'en lirez tant sur la Première Chaîne de Radio-Canada.

Conditions: Écrivez, sous forme humoristique, la première entrée de votre tout nouveau blogue. Le sujet est libre et le ton doit être humoristique (200 mots maximum). Si mon texte est ici, c'est que je n'ai pas été choisi. Ouais, je sais, moi non plus je n'y comprends rien. ;-)

Ménage à deux

Je suis père d'un méga-nain, un résidu d'enfant grossièrement ensaché dans un corps d'adulte, un être pas toujours vivant qui me fait réaliser à quel point le temps file. Je l'aime pareil.

Il habite une zone de guerre dans laquelle je dois anéantir trois consoles de jeu, un ordinateur, des résidus organiques étranges et des vêtements en mottons, juste pour pouvoir ouvrir la porte. Hier, je me fâche. Finie l'accumulation de déchets dans le bunker. Nettoyage ethnique! Ça va être propre en Ossétie!

« Tu vas ramasser ta chambre immédiatement! ». Interloqué, il me répond, du tac au tac (mais sans Michel Forget) : « Han? Vussu faeulé? » J'enclenche le traducteur et continue ma tirade. « Je pense que tu m'as pas compris. Je veux que tu ranges tout ce qui traîne, maintenant. Y compris ta garde-robe. »

Groggy, il répète qu'il est incapable de nettoyer ses tranchées. Pardon? Je lui montre qui mène dans cette baraque. Direction placard. D'un grand geste, j'ouvre la porte.

Horreur! Star Wars dans un trou noir de 5 pieds par 4. Partout, des OENI, des objets empilés non identifiés. Le bordel... Vaincu, je m'incline. « T'as raison, laisse faire. Finalement, c'est ben moins compliqué de déplacer la maison. »

6 février 2009

Polytechnique

Vous vous rappelez où vous étiez le 6 décembre 1989? Moi, je m'en rappelle comme si c'était hier. En fait, c'était hier. Dans mon coeur ça l'est. Je me rappelle la douleur, la tristesse, la détresse. Puis le doute, la colère, l'incompréhension et l'impuissance. Surtout l'incompréhension. Exactement la même que lorsque mon paternel a quitté ce monde. Vide et rien à ajouter.

Des gens que je connaissais se trouvaient entre ces murs. Une fille que j'avais côtoyé se trouvait dans cette classe-même. Je me rappelle avoir passé la soirée scotché devant le petit écran à ne pas comprendre comment on avait fait pour se retrouver là. Je me souviens ne pas piger, au lendemain de la tuerie, comment la Terre pouvait continuer à tourner. Sans elles. Sans aile.

Comment ne peut-on pas s'arrêter devant ces gigantesques conneries humaines, ne serait-ce que quelques instants pour se poser des questions? Comment peut-on aller travailler, manger, dormir, avancer, respirer?

La première fois où je me suis fait lancer à la gueule la bande-annonce du film Polytechnique, j'ai été sur le coup propulsé 20 ans en arrière. Un dix-huit roues venait de me passer dessus. La mâchoire crispée d'émotions trop fortes, même pas enterrées, encore trop présentes. Je me rappelle avoir tout de suite murmuré entre mes dents serrées qu'il était hors de question que j'aille voir le film, trop sensible que j'étais encore face à l'événement. C'était il y a deux ou trois mois.

J'ai peut-être vue cette bande-annonce une dizaine de fois depuis et la seule écoute de la bande-son me plonge automatiquement en apnée éveillée. J'en ressors toujours K-O, le souffle coupé, au bord des larmes. L'entrevue de Denis Villeneuve dimanche dernier à TLMEP a calmé de petites tempêtes, m'a même pratiquement fait changer d'avis. Et aujourd'hui, la critique de Juliette Ruer sur Cyberpresse tend à adoucir les contours sensibles de la faille afin que je sois en mesure de voir ce film. Mais suis-je capable d'aller au-delà du drame pour en voir la beauté cinématographique? Toute la question est là. Est-ce que je peux oublier, quelques heures, et regarder le tout d'un oeil extérieur. Mais d'un autre côté, est-ce qu'une seule personne le peut?

Petite soirée tranquille, seul avec moi-même ce soir, je prévoyais me gâter à coup de mix de cultures. Soupe vietnamienne, thé à la menthe, narguilé aux fruits et blondes allemandes houblonnées. Est-ce que j'ose ajouter le cinéma québécois à ma soirée multi-saveurs?

3 février 2009

Le discours du nabot français

Non mais, c'est quoi ce discours à la con du président Sarkozy? On se liche une place dans la poche du gouvernement canadien Monsieur le Président? Un Québec fort dans un Canada uni, répétiez-vous ad nauseam hier lors de la rencontre avec notre Premier Sinistre, Jean 1er.
Depuis quand les français sont-ils solidaires du Canada anglais? Depuis quand comprennent-ils si bien la différence entre nos cultures? Il est jamais allé passer deux semaines à Niagara Falls le nain de jardin.

Sarko assure qu'on protège son identité en ouvrant les bras aux autres et à la différence. Facile à dire quand tu as ton propre pays et que tu votes tes propres lois. C'est pas lui qui est entouré de 350 millions de personnes qui parlent anglais.

Celui par qui les paroles Casse-toi pauvre con émergent, vomit sur les marches de l'Élysée que pour s'aimer, on a pas besoin de détester les autres. Petit comique va! C'est quoi son prochain plan au Président Minus? Annexer la France à l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et la Pologne, question d'ouvrir les bras à la différence?

Tiens, ça me donne une idée! On lui envoie Richard Martineau?

Edit:

D'accord, je vous fait un petit cadeau. Parce que ce billet fait jaser et surtout parce que la vidéo qui suit image parfaitement toute la mégalomanie du Président français.

Voici Le clip qui déchire. C'est lui le boss (et c'est lui qui le dit, ne l'oubliez surtout pas)!

1 février 2009

Comme chantaient les ptits Simard

Tourne la page, tourne la page... On s'accroche donc un sourire au visage, on essuie nos pieds pis nos fesses pis on recommence.

Un peu à la manière de Richard Therrien mais surtout parce que la majorité de la planète était occupée à écouter le Superbowl, je ferai un survol rapide de l'émission Tout le monde en parle qui vient tout juste de se terminer. Comme je le mentionnais plus tôt ce soir sur Facebook et sur Twitter, je préfère de loin la compagnie d'un tajine et d'un verre de vin à celle du football, de la bière et des ailes de poulet. Crucifiez-moi.

Premier invité, Patrick Huard. J'ai commencé la soirée en me disant que c'était toujours le même monde qui était invité à la messe du dimanche soir et Patrick Huard en est un bon exemple. Il en était probablement à sa 4ième présence à l'émission et il a obtenu la carte chouchou de Dany Turcotte qui lui donne la permission de se présenter dorénavant à l'émission comme bon lui semble. Mais je m'attache de plus en plus à l'acteur-scénariste-réalisateur-humoriste (entre autres parce que j'apprécie de plus en plus sa série Taxi-022). Ce soir, il venait faire la promotion de son prochain film, Cadavres. Toujours aussi juste dans ses interventions, il a su nous faire rire et réfléchir à plusieurs reprises. Seul bémol, le film Cadavres est basé sur un roman de François Barcelo et jamais ça n'a été fait mention. Connaissant l'amour de Guy A. pour la littérature d'ici, me semble que ça aurait pu avoir sa place.

Deuxième invité, Raynald Leblanc, président du syndicat des employés du Journal de Montréal. Il est venu expliquer la position des employés en lock-out. À l'instar de Patrick Huard, je déplore qu'on n'ait pas entendu le deuxième côté à la médaille, soit le point de vue patronal. C'est ce qui me manque pour bien comprendre les tenants et aboutissants dans ce conflit.

Troisième invité, Richard Martineau. À part une ou deux bonnes incursions verbales dans la soirée, il s'est fait aller la gueule pour se faire aller la gueule, comme d'habitude. Au début c'était drôle. J'aime laisser la chance au coureur. Au milieu, il commençait royalement à me tomber sur les nerfs. À la fin de l'émission, je n'étais juste plus capable de l'entendre. Richard Martineau est probablement le chroniqueur le plus démagogue que je connaisse, point final. Monsieur Martineau, apprenez donc à la boucler et à écouter. Ça fera de vous un meilleur homme. Moment jouissif de la soirée: lorsque que le président du syndicat du JdM a lancé à Martineau qu'il ne lisait pas ses chroniques. Pauvre Martineau. C'est pas mêlant, il en tremblait...

Quatrième invité, Mara Tremblay. Empreinte de simplicité et de spontanéité, Mara détonnait dans tout ce beau monde straight ce soir. Un éclat de fraîcheur et d'authenticité dans la lourdeur de la soirée. Mon coup de coeur, sans aucun doute. Elle fait une quarantenaire totalement magnifique.

Cinquième et sixième invités, Karine Vanasse et le cinéaste Denis Villeneuve. Ils venaient faire la promotion du film Polytechnique. Je me rappelle cette soirée du 6 décembre 1989 comme si c'était hier. Je me rappelle exactement où j'étais quand ça s'est produit, comment je me sentais lors de cette soirée fatidique et mon sentiment d'incompréhension le plus total au lendemain de cette tragédie. Je connaissais même des gens qui ont été pris dans cet ouragan de violence. J'en suis encore sensible. Le simple fait d'en parler m'émeut. Depuis que j'ai vu la bande-annonce, je me répète que je n'aurai pas le courage d'aller voir le film. Mais après avoir entendu Lepage et Villeneuve en débattre ce soir, j'ai tendance (sans faire de vilains jeux de mots) à vouloir changer mon fusil d'épaule. Je pense qu'on devra le voir pour se souvenir, pour changer notre façon de penser et de voir le monde qui nous entoure.

Septième invité, Christiane Desjardins. Elle fut dépêchée à la dernière minute en remplacement de l'avocate de Lola dans le procès le plus médiatisé de l'année 2009, Anne-France Goldwater, qui s'était désisté. Je n'ai pas appris grand chose, ici, dans un procès qui me glisse dessus comme un suppositoire dans le derrière. Chapeau aux recherchistes qui l'ont déniché à quelques minutes d'avis par contre, directement au Palais de Justice même. Un bon coup de chapeau qui fait que je leur octroie la première étoile de la soirée. Vive les recherchistes (ok, j'avoue prêcher pour ma paroisse)!

Huitième et dernier invité, Jean-François Mercier. Pauvre Jean-François, qui se défendait encore tant bien que mal, face à cette hystérie collective qu'est devenu le Bye-Bye 2008. On n'a rien appris de nouveau. On sait très bien qu'il n'est pas raciste. Mais c'est pas tout le monde qui est capable de prendre l'humour au second degré. Il l'aura appris à ses dépends. Mais surtout, bravo Jean-François pour avoir gardé ton calme face à la grande gueule à Martineau qui ne cessait de te couper la parole.

Bref, une soirée parsemée de hauts et des bas, comme on est habitué d'en voir à la messe dominicale. La seule chose que je déplore encore une fois, c'est qu'on a toujours l'impression de voir et d'entendre les mêmes personnes over and over again. Mais c'est compréhensible. Le monde du showbiz québécois est minuscropique. Quand on sait que la plupart des invités sont liés de près ou de loin à Guy A. Lepage, il difficile de ne pas faire le tour du bottin rapidement.

Ah oui, pour ceux que ça intéresse, les Steelers de Pittsburgh ont remporté le Superbowl. Moi, je préfère toujours un verre de vin et un bon souper.