25 octobre 2009

De la littérature et des idées

Il y a environ trois ou quatre ans, j'avais accouché d'un projet d'émission de télé qui mettait à l'avant-scène les auteurs du Québec, qui donnait la place à leur littérature, à leur inspiration. Le concept était hyper-simple et je m'étais toujours surpris de constater que personne n'avait encore pensé s'aventurer dans ces terres fertiles. L'idée était de déambuler avec les auteurs dans les lieux qui leur inspiraient leurs histoires et personnages. Je m'imaginais marcher en échangeant avec Stéphane Dompierre sur le Plateau, avec Matthieu Simard dans Villeray, avec Guillaume Vigneault en Louisiane ou encore avec Dany Laferrière à Haïti. Les possibilités étaient infinies.

Malheureusement et bien que plusieurs producteurs aient été emballés par l'idée, le projet n'a jamais vu le jour. Diffuseurs frileux de consacrer une émission de télé à la littérature, marasme économique, mauvais timing, le choix des raisons est grand. N'empêche que ça m'a toujours laissé un sentiment de défaite, cette amère impression de n'avoir pas mené à terme une aussi belle idée.

J'écoutais en ligne cet après-midi l'émission Voir de mercredi dernier. Et quelle ne fut pas ma surprise d'assister en fin d'émission au concept que j'avais imaginé depuis si longtemps: un reportage sur l'auteur de Québec, Anne-Marie Olivier, qui partageait au magazine les raisons pourquoi le quartier Limoilou lui inspire tant ses histoires et ses personnages.

Ça m'a fait chaud au coeur de constater que cette idée se transpose si bien à l'écran, chaud au coeur de savoir que la littérature peut se vivre autrement à la télévision que dans un show de chaises. N'empêche que ça me laisse eu peu aussi une crotte sur le coeur de n'avoir pu y participer.

7 commentaires:

Marie-Julie a dit…

Ah! Si tu savais le nombre de concepts d'émissions de télé tapissent le fond de mon tiroir virtuel... De ce nombre, plusieurs ont vu le jour avec d'autres. C'est comme ça. Les bonnes idées sont dans l'air du temps. On ne réinvente pas la roue. On ne peut pas faire grand chose non plus contre le culte de la vedette, qui fait souvent dire aux diffuseurs «C'est une bonne idée mais ça prend quelqu'un de connu à l'animation»... Ça m'a lassé, tout ça. Trop d'intervenants en télé. Depuis quelques années, je ne jette plus de cailloux dans l'eau en attendant qu'ils fassent des bonds. J'attrape plutôt ceux que je vois passer... Et je vois se profiler un monde que j'attendais depuis longtemps sur la toile!

Marie-Julie a dit…

Oups! «...QUI tapissent...»

Caroline a dit…

Pardon, Patrick, mais ça se fait depuis une éternité dans n'importe quel putain de documentaire sur les auteurs un tant soit peu importants.

Pense juste au "Trois Montréal de Michel Tremblay", pour prendre un exemple au Québec.

Je t'avais promis de te revenir, il y a quelque mois déjà, sur mon malaise à te lire. J'y viens, j'y viens, mais ça ne me plait pas d'y être.

Je me souviens d'un mec créatif, plein d'auto-dérision, pas cynique ni désabusé pourtant.

Je lis ce texte et l'autre, intitulé "Du besoin de manger", et je ne te reconnais pas.

Un mec arrivé donc qui n'ose plus.

Faut dire que ma connaissance de toi est parcellaire. Une semaine à Paris, c'est pas une vie.

Tu gueules pas, Patrick, tu gueules pas du tout. Ton ton est tout à fait dans l'air du temps.

T'as troqué la création contre des opinions.

Remarque que moi,j'ai tout largué pour vivre dans l'ombre, c'est pas comme si j'étais en position de faire la morale...

J'ai fait acte de présence, comme promis, voilà tout.

Pardonne-moi d'être passée.

Patrick Dion a dit…

Marie: C'est une bonne idée. Je commence aussi à faire ça. C'est juste plate de pas mettre de l'avant des concepts qui seraient mille fois plus intéressants que ce qu'on nous présente.

Caroline: Je ne connaissais pas les Trois Montréal de Tremblay. Je suis plus inculte que tu ne le croyais, tu vois? Mais je persiste à croire que ça ferait une excellente émission de télé. Quant à ton malaise, je ne peux rien y faire. Je n'ai plus envie de gueuler pour gueuler. Oui je suis parfois blasé et cynique. Mais je suis aussi beaucoup plus serein. Il arrive des moments dans la vie où il faut que tu apprennes à décrocher, à laisser aller. Et ça fait du bien. La sérénité aussi ça apporte beaucoup.

Je n'ai pas troqué la création pour des opinions. J'ai décidé d'utiliser ce blogue d'une façon différente. Ma création, elle est tout simplement ailleurs maintenant. T'auras qu'à te procurer mon roman. Des histoires, il y en a tout plein dedans. Si tu n'aimes plus cet espace, tu as le droit de passer ton chemin. Et je ne t'en voudrai pas pour autant.

Nancy_BP a dit…

Je trouve que c'est vraiment une bonne idée Patrick... je ne connais pas bien le monde de la télé, mais je sais que j'ai souvent des flash de projets pour faire découvrir la littérature autrement qu'autour d'une table. Je trouve qu'il y a toujours bcp de place pour la musique et le cinéma, ce qui est bien, mais qu'il en manque pour les autres forme d'arts. La culture, c'est pas une seule affaire. Bref, moi je l'écouterais ton émission. Bon.

Genevieve a dit…

Le commentaire de Marie-Julie, j'aurais pu l'écrire...

Faut pas attendre que nos cailloux fassent des bonds ailleurs...

Faut les faire bondir chez nous!


Comme dirait l'autre, priceless...

petitpois a dit…

Je dois dire que c'est un très joli concept.
En espérant y participer un jour ;)
Tu ne voudrais pas faire un concept du genre:
jeunes écrivains brillants ne sachant que faire pour être publiés?