J'aime Stéfani Meunier. Voilà, c'est dit. Je l'aime. Je l'aime tellement que j'y ajoute ce coeur, traversé par la pointe d'une flèche qu'on trace au feutre sur les murs des toilettes et où on aurait inscrit P.D. + S.M., sans le gai ou le sado-maso.J'aime Stéfani Meunier pour l'ensemble de son oeuvre: Au bout du chemin, son recueil de nouvelles, ou encore Ce n'est pas une façon de dire adieu. Parce qu'à chaque rendez-vous, j'ai toujours eu hâte et envie de la revoir. Cette fois-ci, j'attendais impatiemment Et je te demanderai la mer, son tout dernier roman, qui s'est avéré être une brise de douceur et de pardon, une armure contre l'amertume et la hargne, une porte de sortie vers l'espoir.
Une histoire toute simple de rendez-vous manqués et d'autres inespérés, de cette vie qui nous emmène souvent là où on n'aurait jamais pensé aller, de cette façon si propre à la race humaine de s'en sortir en faisant du mieux qu'elle peut avec les outils qu'elle a. Un récit de nos forces et de nos faiblesses, un état de ce que l'on est intrinsèquement, beaux mais complexes, sensibles mais torturés, confiants mais inquiets et angoissés. Une histoire humaine comme tant d'autres, comme la mienne, comme la vôtre.
Un récit vu des yeux de plusieurs personnes. Une première partie qui fera peut-être penser, dans sa façon d'être racontée, à La Route de Cormac McCarthy mais en tellement plus intéressant. Moi, La Route, vous savez, elle m'a fait bâiller, m'a même fait verser quelques gouttes de bave sur la couverture. Mais dans Et je te demanderai la mer, j'étais plus qu'un spectateur de ce noyau familial, j'en faisais partie. Tiens Stéfani, je te le donne, moi, ce Pulitzer.
Bien sûr, le roman n'est pas parfait. Un léger cafouillis s'installe au milieu de l'histoire. Mais il est trop tard pour décrocher, on est déjà complètement accro. Stéfani a su nous refléter notre propre vie en pleine tronche en créant des personnages attachants, humains et vrais. Et moi, vous savez, l'authenticité...


5 commentaires:
J'ai comme l'impression que ce livre s'offre à moi là...juste de même...je m'en vais l'acheter...
On se rejoint tout à fait, j'ai aimé "Ce n'est pas une façon de dire adieu" et "Et je te demanderai la mer". J'en suis déjà à attendre le prochain qui mijote. (au lieu d'expliquer pourquoi, je me permets de laisser l'adresse du Passe-Mot qui, soit dit en passant, ne lis que du Québécois : www.passemot.blogspot.com).
Isabellita: Cool! Bien content que ça t'ait donné le goût.
Venise: En effet, je me rappelle l'avoir lu. Tu fais quand même partie de ma "run à lait".
Wow. Stéfani t'aime aussi, Patrick Dion ! Et merci pour le Pulitzer.
De rien, y était en spécial cette semaine chez Rossy (c'est une joie de vous voir dans ces pages Miss Meunier)
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