Tu vois Pat, t'es un bon gars. Sans blague, les gens t'aiment. T'es drôle, intelligent, allumé, cultivé, beau bonhomme, tu fais la cuisine, le lavage, le ménage, tu gagnes vraiment à être connu, tsé. Mais tu vois, t'as aussi des méchants défauts. T'as une maudite tête de cochon, t'es obstiné, soupe au lait, t'es incapable de prendre la critique, y a pas moyen de te parler ou de te demander quelque chose sans que tu grimpes dans les rideaux mais surtout, surtout, t'es incapable de te rendre compte qu'y a des gens autour de toi qui existent.
Il existe trois écoles, celle qui parle de soi pour rejoindre les autres, celle qui fait semblant de parler des autres pour ne parler que de soi et celle qui observe, avec le souci de transmettre ce qui est devant soi.
Toi Pat, tu fais souvent partie de la deuxième catégorie. Incapable de t'oublier, tu parles souvent des autres pour mieux te mettre de l'avant. Il serait temps que t'apprennes à t'oublier un peu, pour vrai, sans faux-semblant, avec une vraie grandeur d'âme, parce que t'es pas tout seul ici-bas. Parler des autres parce qu'ils sont intéressants et surtout parce que parler des autres, ce n'est pas menaçant pour toi.
Ça nous ferait du bien à tous. Mais ça te ferait surtout beaucoup de bien à toi.


7 commentaires:
Si quelqu'un de ton entourage t'a fait part de cette remarque, emrasse le, serre le fort contre ton coeur et from now on, tu peux assurément dire que tu as un ami, un vrai.
Si tu t'es rendu compte de ça tout seul t'es vraiment très fort dans l'introspection ! On est tellement hot à voir autour de soi, tellement démuni dans l'auto-critique ... WOW, beau billet touchant monsieur !
Shirley, je suis un champion des questions existentielles. Mais c'est un très mauvais billet pour parler de moi. ;-) (Mais merci beaucoup)
existentiel indeed. Continue à parler des autres, tu es un sujet intéressant. Bisous,
Hier encore on parlait d'écoles de pensée, déjà à tort et à travers, aujourd'hui c'est plus la peine, on parle d'écoles tout uniment, et on les compte, il y en a trois, de ces écoles qui n'existent pas.
Pat ici teste un procédé littéraire, une technique, un truc d'écrivain, et il le fait très bien! Mais d'école, point. Oh, tout ce qu'il dit de lui dans les faits est vrai, je peux en témoigner, à l'exception de la cuisine et du lavage et du ménage dont il ne m'a pas encore gratifiés, mais le vrai et le faux n'ont que dalle à voir avec son espiègle exercice de style, l'un de ceux dont il se fend régulièrement pour lâcher la vapeur et muscler son clavier.
Je connais pas son pareil, personne qui lui ressemble, peut-être que je sors pas assez, mais je le soupçonne plutôt d'être unique, ce qui m'arrange bien quand j'explique pourquoi je l'aime depuis si longtemps.
Merci Christian pour ce magnifique mot. En effet, il y a un procédé littéraire dans le texte. Parler de moi à la troisième personne était tout à fait justifié dans un texte qui tente mettre le spotlight sur les autres. Mais comme tu le dis si bien, tout dans ce texte est vrai (y compris la bouffe, le ménage pis le lavage). Y a vraiment eu un déclic qui s'est fait dernièrement et je pense que ma plume et ma vie ne s'en porteraient que mieux si je déplaçais mon regard ailleurs qu'autour de mon nombril.
Mo: Merci, mais les autres le sont aussi, et même souvent plus. Tout est dans l'équilibre non?
Tu parles pas du même Patrick Dion qui a lancé l'idée l'an dernier de consacrer notre chèque de TPS à une cause culturelle dépouillée par Harper? Le Dion qui a donné l'exemple et inspiré ses lecteurs à faire de même? Moi, en tout cas, et y en a eu d'autres. Pas à dire, t'es vraiment une charogne nombriliste, héhéhé.
Nono.
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