Vous connaissez ma relation avec l'Internet corporatif. Quand on se sert du Web pour mousser des produits de consommation, je sais pas pourquoi, ça me donne des boutons, de l'urticaire et ça me fait grincer des dents. J'en parlais justement dans mon billet précédent. Alors imaginez ma surprise lorsque j'ai reçu une invitation à essayer hier soir le concept POP! Bar à vin, un restaurant situé sur l'avenue Des Pins, en compagnie de quelques amis journalistes et blogueurs triés sur le volet: Marie-Julie Gagnon, Gina Desjardins, Cécile Gladel, Cindy Laverdière et Jean Aymeri (je sais, les gars, vous vous mordez les doigts en ce moment). Mais bon, croyez-vous vraiment que j'étais pour acquiescer à leur offre basse et mercantile? Bien sûr que oui! Je suis parfois une pute et je ne suis pas à un paradoxe près, surtout quand on m'offre d'aller déguster quelques mets et vins en excellente compagnie, tout ça sur le bras du proprio.Mes collègues, propulsés par leur appareil-photo, cellulaire, caméra vidéo et autre techno-gadget, s'en sont donnés à coeur-joie en prenant cette fiesta de nourriture sous tous ses angles. Et moi, dans le coin gauche, armé uniquement de ma bouche, de mes doigts et de mes autres sens en éveil, je me suis délecté silencieusement (bah ok, pas si silencieusement que ça), ma concentration toute dirigée dans le mariage parfait des plats et des bouteilles choisies.
Cinq services, présentés dans un crescendo d'émotions gustatives. Je ne vous ferai pas une description de tout ce que j'ai ingurgité, l'espace sur ce blogue manquerait. Allez plutôt voir la carte disponible en ligne pour vous en donner une petite idée. Bien sûr, je n'ai pas tout aimé ce qu'on m'a servi, tous les goûts étant dans la nature. J'ai peu raffolé de la tarte au boudin et oignons caramélisés ou encore des pâtés, rillettes, mousses et charcuteries entièrement confectionnés sur place et faisant, ironiquement, la fierté de notre hôte. C'est que je suis peu carnivore. Par contre, je dois avouer que ce matin, je garde en mémoire un deuxième service parfait, où les pétoncles glace à la moutarde, le tartare de saumon et la salade de crevettes, orange et curry se mariaient à un excellent Argyros Atlantis grec. Avec sa petite note citronnée en finale, la combinaison vin-poisson m'a complètement jeté en bas de ma chaise. Quelle découverte gastronomique! J'ai d'ailleurs passé la soirée à répéter au maître d'hôtes à quel point sa sélection de vins était judicieuse.Vous direz bien ce que vous voudrez, vous me pointerez du doigt et m'invectiverez, vous m'affublerez de tous les noms, vous me crucifierez et pillerez ma tombe (ok, j'exagère peut-être un peu). Mais maintenant que j'ai brisé le sceau anti-corpo, j'assume. Pour avoir pu déambuler dans le paradis de Bachus hier, coupe en main et aligoté aux lèvres, je sens que je vais commencer à y prendre goût. Je demande ça comme ça mais y a pas quelqu'un qui a des caméras, baladeurs, cellulaires ou vélos à tester?


12 commentaires:
Tu me connais Patrick hein, si tu veux faire des tests techno d'outils agréable à ta vie en échange de pouvoir utiliser ces outils durant une période prédéterminée, j'ai aucun problème moi hein!
J'te le dis, le coeur sur la main?
Tu voulais pas essayer une balayeuse d'ailleurs? :p
Belle soirée de découvertes en votre compagnie, Monsieur Dion!! J'avoue que de tester des gadgets technos c'est meilleur pour la ligne.... ;-)
Pendant que tous les autres documentaient la soirée à caméra-que-veux-tu, toi, tu profitais, et qui c'est qui écrit le premier sur Pop? C'est touaaa! C'est ironique, je trouve! ;-)
J'aurais aimé être là.
Je saute les pubs, d'habitude....
Carl: Je suis bien le seul qui en ait parlé et qui n'a jamais vu la couleur du truc hein!?
Cindy: Ce fut également un plaisir Miss!
Vio: It would have been nice!
Garamond: C'est gentil de ne pas avoir sauté celle-ci.
J'aime les piliers (pilleurs ?) de buffet dans les soirées mondaines... je m'y reconnais ;o))
Quelle idée géniale que celle des proprios de ce resto. Enfin du monde qui comprends pleinement tout le potentiel des réseaux et des blogues. J'espère, comme tu le souhaites, que d'autres suivent cette idée géniale, et te proposent de tester leurs produits. Quand à la question "éthique" et la culpabilité du blogueur qui pourrait avoir peur de se faire accuser de "vendre son âme"... et bien, tu endosses seulement les produits que tu aimes, et tant pis pour les autres! C'est bien là la beauté du jeu, tu gardes ton intégrité en demeurant critique à l'endroit des produits ou services. Et ça, je n'ai pas peur que tu le restes et que tu n'aies jamais ta langue dans ta poche pour nous dire tes 4 vérités (ou 5). ;)
la pub sous toutes ses formes.
Cher Pat, je voudrais bien t'invectiver, t'affubler de tous les noms, te crucifier et piller ta tombe, mais comme tu défens si humblement tes défauts, je ne peux que lever mon chapeau à quelqu'un qui ose témoigner --- en bien ou en mal.
Ça reste de la pub quand même. Mais quand c'est écrit par toi, ça demeure somme toute agréable à lire.
Dis donc : recevras-tu des redevances si on y va suite à ta recommandation?
Merci pour les recettes, on aura de quoi cuisiner!
Patrick, j'ai envie de demander à tes lecteurs: c'est de la pub aussi pour vous quand un critique culinaire est invité à venir dans un resto?
Pour moi, pas de problème tant que: 1- il est clairement indiqué qu'on a pas payé pour ce qu'on a eu et 2- on reste honnête, relevant autant les bons que les mauvais côtés (dans ce cas-ci par contre, je n'en ai pas vraiment vus!).
Devrait-on pour autant refuser de tels cadeaux? On a souvent débattu de cette question en journalisme, mais le hic est que bien souvent, dans plusieurs domaines (voyages, notamment), pas d'invit' = pas d'article. Les pigistes n'ont pas les moyens de financer eux-mêmes leurs «recherches», et les médias qui paient pour tout - bouffe resto ou autres - ne courent pas les rues! Faudrait-ils aussi que les journalistes culturels paient pour leurs spectacles et les films qu'ils voient pour prouver leur intégrité?
Je sais, je sais, la plupart des blogueurs ne sont pas journalistes. Mais les règles d'éthique s'appliquent pour moi de la même manière...
Mido: Mais je ne me sens pas comme un pilleur. ON m'a offert, j'ai pris.
Yannou: Merci, t'es fine. Mais oui, t'as raison, c'est le fun de constater qu'y a des gens qui commencent à comprendre l'importance du web. On va y arriver...
Mo: Oui c'est de la pub, je suis d'accord et je m'assume. Mais une critique peut devenir une bonne comme une mauvaise pub. Si son repas avait été à chier, tu me connais, je l'aurais crié sur les toits. Où se situe la ligne qui sépare une pub d'une critique? Richard Therrien en parlait justement aujourd'hui. Quand un journaliste culturel doit commenter le spectacle de Star Académie, peut-il dire que c'est pourri si tout le monde aime ça? D'obtenir les billets pour aller y faire la critique, est-ce aussi une pub?
Julie (Hahahaha!): On en a parlé hier soir et c'est une excellente question. J'espère que les lecteurs répondront.
Je crois que tu as tout dit, inutile que j'en rajoute
Cher Patrick, l'invitation, à chacun d'entre vous, était mon beau risque. Je désirais que vous en parliez, selon votre expérience, que vous y mettiez votre couleur. À partir de là, je ne pense pas que personne n'est soudoyé! Vous faites au contraire, justement parce que vos blogues sont sans contraintes, de bons critiques. Et je vous souhaite grandement que l'expérience soit répétée! Julie
Publier un commentaire