2 août 2009

L'été c'est la musique

Cet été, je me découvre être particulièrement boulimique de spectacles. J'en vois pas mal, j'en veux toujours plus. C'est ce qu'il y a de particulier avec les étés de Montréal, la musique sort en même temps que les jolies filles et les jupes courtes. Ça donne le goût de danser tout ça. Malheureusement, cette année, on a plutôt l'impression d'avoir fait la danse de la pluie.

Cette faim particulière n'a rien à voir avec le Festival de Jazz de Montréal, qui m'intéresse autant qu'une ondée de juillet. À part le show de Patrick Watson, je n'en ai vu aucun. Même celui de Watson m'a vu prendre mes jambes à mon cou au bout d'une trentaine de minutes pour aller me réfugier devant un écran à trois cents mètres de la scène, où les badauds ne se pilaient pas sur les pieds et ne se foutaient pas des coups de coude à la gueule.

Je me rappelle aussi ce petit spectacle intime de Guillaume Arsenault au parc des Compagnons de St-Laurent durant Nuit blanche sur tableau noir. Le son de cette slide guitar me transporte à chaque fois, me faisant voyager dans les bayous Louisianais et sur les vieux balcons décrépis des guitaristes Noirs du milieu du vingtième siècle. Le son d'hier aujourd'hui. J'aime. C'est ce qui m'a donné envie de retourner voir Guillaume Arsenault aux Francos hier. Contrairement au FIJM, j'adore les Francos. Mon amour des musiciens d'ici pourrait à lui seul justifier mon déplacement dans le Quartier des spectacles. Mais le fait que la popularité des Francos est moindre me permet aussi de garder une parcelle de respect pour mes confrères festivaliers. Je pense que je suis agoraphobe...

Mais l'horaire que je m'étais fixé hier soir a complètement été chamboulé par la grâce divine et par la gentillesse d'une camionneuse mélomane. À force de dire que j'étais jaloux qu'elle ait obtenu des billets de faveur pour le show de Malajube hier, mon désespoir a fini par la faire craquer. Armé de son front de beu légendaire, elle a réussi à dénicher un billet supplémentaire pour ma carcasse.

Excellent show de la troupe de Julien Mineau et sa bande dans un Métropolis rempli au trois-quarts. Faut croire que le monde avait envie de profiter de la seule journée d'été qui nous était offert. Julien arborait un petit look fresh du milieu des années quatre-vingt qui lui donnait des airs de François Létourneau, P.A. dans Les Invincibles. Bizarre, j'attendais à tout moment l'apparition de Phantoman ou de Lyne-la-pas-fine. Excellent spectacle donc, à la hauteur de celui que j'avais vu précédemment au quinzième anniversaire de CISM. Mais pourquoi Julien ne dit-il jamais rien? Comment se fait-il que le groupe n'adresse jamais la parole aux fans en délire, se contentant d'enchaîner leurs succès comme un papa dans une maman bien huilée? Je repensais hier à des spectacles de Daniel Bélanger, habile conteur, qui sait tellement comment amener son public là où il veut avec des anecdotes et des histoires toutes plus incroyables les unes que les autres. En 2009, tu te dois d'être plus qu'un musicien pour garder tes fans. Tu dois maintenir ce lien privilégié et fragile qui s'établit lors des spectacles en parsemant ta prestation de clins d'oeil, en communiant par la parole avec tes disciples qui en prennent et qui s'abreuvent jusqu'à plus soif. Tu te dois d'être autant un artiste qu'un entertainer. Ça explique souvent la longévité et c'est ce qui fait que certains se démarquent plus que d'autres dans ce gigantesque fouillis de possibilités musicales.

6 commentaires:

Caroline a dit…

J'ai découvert ton blogue il y a peu.

Je n'ai pas la prétention de te connaître.

Mais quand nous sommes partis ensemble à Paris, il me semble que tu voulais moins plaire aux gens.

Ce n'est même pas une critique, faudrait encore que je sois placée pour en faire.

Patrick Dion a dit…

C'est sûr que je me suis assagi avec les années. Moins en rébellion contre tout et tous, plus serein, plus calme. Mais je me demande où t'as vu ça dans le texte. Content de te croiser, ça fait un bail. Ça va toi?

Celui qui blogue a dit…

Coeur de Pirate aurait été un peu imbécile de refuser un contrat comme ça. Quand tu as 19 ans, tu ne rates pas une fusée quand elle passe.

En plus c'est pour les jeux olympiques. Oui, c'est une pub de Coke, mais ça encourage aussi les athlètes canadiens. Un mal pour un bien.

Même chose pour Malajube. C'est bien beau d'essayer de refuser des publicités, mais encore faut-il avoir le moyen de ses ambitions et de ses convictions. Je trouve dommage que les artistes engagés soient pointés du doigt plus rapidement que ceux qui ne le sont pas du tout...

Prenons l'exemple à l'inverse : Céline Dion peut choisir ses causes, mais ce n'est pas une chanteuse avec de meilleurs principes pour autant. C'est facile d'envoyer chier une multinationale quand tu as des millions en poche.

Patrick Dion a dit…

De tenter la comparaison inverse est intéressant, quoique un peu étrange. Mais comme je le dis toujours, avoir des principes, ça coûte cher...

Caroline a dit…

Oui, ça va. Changement de vie radical il y a presque deux ans.

Tu m'avais connue au seuil de l'indicible. Tu n'as pas connu ma descente aux enfers. C'est fini.

Où je vois ça ? Le ton, globalement. La gentillesse et l'enthousiasme obligés, ou qui paraissent tels. Une espèce de désintérêt du particulier pour parler de l'ensemble, moins engageant. Ce que je faisais quand je ne voulais plus m'impliquer dans la critique, tout en en faisant.

Juste une impression, sans malice. Parce que tu m'avais bien plu et que j'en garde un souvenir lumineux.

Patrick Dion a dit…

Content de l'entendre.

Pour ce qui est du ton, je ne suis pas désintéressé ou gentil. Je ne me sens pas moins engagé qu'avant. Ou peut-être le suis-je simplement là où ça compte maintenant.

Mais est-ce une impression en général ou juste sur ce billet-ci?