27 août 2009

Lecture digitale

Et je ne parle pas de Louis Braille.

Québécor/Archambault/ADP annonçait en grande pompe hier le lancement de leur tout nouveau site de vente en ligne de livres numériques, jelis.ca (prononcer Je lis et non djèlisse (quoiqu'on dirait que ça fait Jello). Le nouveau portail offre déjà une vingtaine de milliers de titres à télécharger et Québécor se targue d'avoir accouché de la première boutique de livres numériques francophones en Amérique du Nord (difficile d'en être autrement mais bon...)

Vous connaissez mon avis sur la question des livres numériques. Je ne me répéterai pas encore une fois. Ceux qui l'ignorent, allez voir ici. Mais je m'assagis, je m'ouvre, j'entrevois une possibilité de me faire happer par la vague électronique pour certains types d'ouvrages, les magazines par exemple. Mais quand j'examine le portail de Québécor, je me résonne. Ce n'est certainement pas en me vendant des bouquins numériques à vingt-cinq dollars qu'ils vont obtenir ma conversion! Frère Untel est mieux de sortir la strap parce que je vais résister. Non mais, c'est quoi la joke? Vingt-cinq piastres pour un livre sans papier, sans carton, sans frais d'impression ou de distribution! Come on! Même les producteurs de musique l'ont compris. Qui s'en mettra plein les poches, vous pensez? Les auteurs? Laissez-moi me pisser dessus. Les distributeurs doivent se rouler par terre en gang en riant à gorge déployée en ce moment. Si les bonzes de l'édition veulent que les gens suivent le courant numérique, va falloir qu'ils baissent drastiquement les prix, de l'ordre de 65%, voire 70% ou même 75% du prix ordinairement vendu, sinon y aura pas âme qui suivra.

J'échangeais rapidement sur le sujet avec Marc Desjardins hier qui croit que le salut viendra pour la littérature numérique lorsque le milieu de l'édition réussira à vendre leurs bouquins sur une base de temps limitée, un peu à la façon des prêts des bibliothèques. Sans blague, imaginez pouvoir louer le tout dernier best-seller de Machin Machin pour une période de trois mois pour une somme modique, disons trois dollars. Vous imaginez le succès que connaîtrait un tel système? Mettons que ça donne envie de partir une librairie en ligne demain matin...

9 commentaires:

Joanie Dion a dit…

Je croyais que le but du numérique c'était de faire baisser les prix! Faut croire que les auteurs devraient peut-être vendre leur propre livre eux-mêmes sur le web. Il y aurait plus de chances de succès! Au diable les maisons d'édition tant qu'à y être! En-tout-cas, je sais maintenant qu'il y a au moins deux âmes qui ne suivront pas! Pas tout de suite en-tout-cas...

marie.birrien a dit…

Bonjour Patrick,

Nous prenons en considération ton avis sur la politique de prix des livres numériques.
Les prix de vente en format papier et sur Jelis.ca sont fixés dans le respect des règles du marché et en collaboration avec les éditeurs et distributeurs. Les prix suggérés varient : dans certains cas, ils sont à parité avec le prix du livre physique, dans d’autres cas, ils sont légèrement ou largement inférieurs. Archambault souhaite offrir l’accès aux livres numériques francophones à juste prix de manière à satisfaire tous les intervenants, de l’auteur au lecteur. Avec le temps, le marché trouvera certainement son équilibre et les prix vont s’ajuster au fur et à mesure que le modèle d’affaires numériques se précisera pour tous les intervenants de l’industrie du livre.
Par ailleurs, je lisais aussi ton billet sur les livres physiques et tu disais que les livres sont « un univers qui m'enveloppe de ses pages, un microcosme typographique qui m'immerge et m'emporte ailleurs. » Je partage également le plaisir de la lecture version papier et c’est très important de cultiver ce plaisir, puis pour ceux qui désirent s’adonner à la lecture numérique, Archambault leur en donne aussi maintenant l’occasion, en français.

Au plaisir,
Marie de l’équipe de jelis.ca

LA SOURIS a dit…

Finalement, le seul avantage, c'est l'économie d'arbres.

Patrick Dion a dit…

Joanie: Je ne pense pas que les auteurs réussiraient à vendre eux-mêmes leurs livres sur le web, qu'ils soient en format papier ou numérique. C'est pas donné à tout le monde de savoir se vendre. Je crois que les éditeurs sont là pour rester.

Marie: Merci d'être venue déposer tes mots ici. J'aimerais par contre ajouter ceci: Les premiers à tenter quelque chose sur le web sont souvent ceux qui réussissent à se démarquer. De ce fait, il est tout à fait justifié pour Québécor, surtout qu'il a les reins assez solide, de donner la tangente à suivre. C'est, à mon avis, la façon de faire afin de demeurer chef de file dans un domaine.

Souris: Mais à quel prix?

garamond335 a dit…

Les livres électroniques français devraient se vendre entre 10$ et 12$ au maximum. Mais Québecor, comme d'habitude, n'est pas fort en «pricing» compétitif....
À 25$, je n'en achèterai pas. point final !

marie.birrien a dit…

Bonjour,

Voici un article très intéressant de Gilles Herman des éditions Septentrions sur le prix du livre numérique et l'impact généré sur les parts des différents intermédiaires.

http://www.septentrion.qc.ca/gillesherman/2009/09/le_livre_numerique_2_le_prix.php

Bonne journée !
Marie

Patrick Dion a dit…

J'ai laissé une réponse sur son blogue.

Joanie Dion a dit…

Voici un article qui pourrait fort t'intéresser: http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/200909/24/01-905034-livres-numeriques-face-au-chaos-transitoire.php

Patrick Dion a dit…

Hey! Merci Joanie!