23 juillet 2009

Twitter ou l'ambivalence d'un phénomène


Je ne vous ai jamais vraiment entretenu pour la peine du phénomène Twitter, outre quelques apartés ici et ailleurs. Je vais donc remédier à ça tout de suite. Je suis actif sur la plate-forme de micro-blogue depuis le 13 décembre 2007. Selon Twitterholic, je suis au 76 467 ième rang mondial et 95 ième à Montréal avec 741 followers. Qu'est-ce que cela veut dire? Sweet fuck all à mon avis. Mais bon, tout le monde aime bien lancer leurs statistiques à la gueule des autres techno-geeks de la planète, pourquoi m'en empêcherais-je?

La plate-forme est une merveilleuse machine technologique. Il est possible d'obtenir des nouvelles à la tonne avant tout le monde, y compris avant les journalistes et salles de nouvelles. Mais justement, un moment donné, trop c'est comme pas assez. Il faut parfois fouiller à travers une pile sans fin de déchets divers avant de mettre la main sur la perle. C'est ce que les experts appellent maintenant le bruit Twitter. Et du bruit, croyez-moi, il y en a. Assez pour devenir aussi sourd qu'après une séance de masturbation intensive. Et c'est d'ailleurs aussi un peu ça Twitter. Une séance de masturbation en gang.

Twitter c'est aussi un couteau à deux tranchants. Derrière les nombreux avantages de l'outil de recherche, il y a aussi quelques désavantages ennuyeux. Parce que quand il ne parle pas de lui-même (Twitter est le pire nombriliste que je connaisse (je suis beau, je suis bon, regardez-moi, tout le monde parle de moi...)), on constatera que c'est un maudit beau bidule pour se faire piquer des idées, que c'est une sacrée belle machine à nourrir des histoires aux vautours. Pas surprenant que le symbole de Twitter soit un oiseau. On y tweet tweet tweet sans arrêt et on a souvent l'impression de fournir les graines aux "grandes" histoires, à celles des médias standards qui, grâce au phénomène, n'ont même plus à se taper le fil de presse. En 2009, les Twitteux sont les nouveaux filtres à nouvelles bénévoles, que ça leur plaise ou non.

Bien sûr, j'apprécie toujours autant les nouveautés que je découvre ici et là mais il ne faut pas s'en cacher, je finirais assurément par croiser quatre de ces articles sur cinq quelques heures plus tard via Facebook ou grâce aux nombreux fils RSS auxquels je suis abonné.

C'est peut-être seulement moi mais je sens dernièrement un léger désintéressement du phénomène dans la communauté, surtout depuis que les médias mainstream en ont fait leur nouvelle coqueluche technologique. Je sais que je me ferai peut-être fusiller par quelques geeks qui ne jurent que par la bête sauf qu'après m'être éloigné de celle-ci durant quelques jours, force est d'admettre que je n'ai vraiment pas manqué grand chose.

8 commentaires:

Eli_B a dit…

Réaction facebookienne : je cherchais le « J'aime » sous ton billet pour cliquer dessus!

Daniel Rondeau a dit…

J'ai cessé de Twitter il y a quelque temps. Je n'en pouvais plus de cette surenchère pseudo-informative quasi impossible à suivre pour quiconque n'y est pas collé 24h sur 24. Ce sont les petites annonces pas classées du réseautage, pleine de nombrils sans véritable poussée créatrice (sauf pour 2 ou 3, malheureusement vite essoufflés. Mais je ne fais que répéter ce que tu as écrit.

Depuis ces mois d'abstinence, je dois admettre que je n'ai rien manqué. Peut-être que c'est essentiel pour certains, mais pas pour moi.

Patrick Dion a dit…

Eli: Tu peux cliquer ou tu veux. Une chose est sûre, je ne me ferai pas d'amis avec ce post-là. ;-)

Dan: Mais il y a pour moi des trucs qui valent quand même la peine. De là l'ambivalence. Je crois en fin de compte qu'il faut surtout suivre les personnes avec qui on a des affinités professionnelles ou des amis très proches.

Dianerythme a dit…

C'est vrai que depuis quelques temps je me questionne sur le sujet, je ne vois pas la pertinence pour moi de "twittwer"! j'y suis de façon...légère je dirais mais je pense de plus en plus quitter.

Par contre tout comme tu le mentionne à Dan, je crois aussi qu'il y a des trucs qui en valent la peine et aussi peut-être le fait de ramener les liens aux amis et proches uniquement, autrement on assiste au même phénomène que Facebook où beaucoup croient que c'est une piste de course pour trouver qui aura le plus d'"AMIS"!! ;-)

ps:Me semble que le mot "ami" n'a plus la même signification depuis quelques années tu trouves pas! hihihi ! :-)

François Rodrigue a dit…

Ton désintérêt, c'est juste à cause de l'été de merde. Ça va revenir! Si je me fie à ta logique. J'ai le droit de chialer contre la météo car j'utilise des sacs réutilisables. :-)

Pascale a dit…

Moi je suis encore sous le charme de cette BD.
Sinon je pense beaucoup comme Dan et aussi comme François.
Et j'ose penser ça alors que je n'ai jamais essayé Twitter. Appelez ça être convaincue!

Celui qui blogue a dit…

Tu es probablement le gars qui a fait valoir ce point de vue avec le plus de clarté et de franchise. Bravo!

Sauf que je ne suis pas d'accord à 100% avec «ce point de vue».

Twitter n'avait pas comme mission de départ d'être un fil de presse pour faire circuler des infos et des choses nécessairement intéressantes au point de vue intellectuel-geek. Mais les «marketeux» ont pris d'assault le fil pour en faire un instrument de PR, de jasage 2.0 et de linkage social d'influence et bla bla bla...

Personnellement, je trouve ça encore intéressant de lire mes amis et de savoir qu'ils sont en vacances... ou simplement qu'ils ont acheté tel disque et qu'ils trouvent ça mauvais.

Il ne suffit pas d'être le premier à dire que Lola a perdu son procès pour être digne d'intérêt dans la Twittosphère!

Mais ça, c'est juste mon avis.

modotcom a dit…

consa : c'est la vérification des mots

twitter : c'est un passe-temps, pour se pendre ou s'amuser, c'est selon. pour le reste, est-ce vraiment important?

ce qui compte, c'est que tu y sois et que je puisse t'y lire.

ciao.