Chaque année c'est la même chose. Mes vacances débutent exactement quand le Tour de France s'active. Je ne fais pas vraiment exprès. En fait, je ne suis même pas vraiment en vacances. C'est juste que je ne peux m'empêcher de me la couler douce chaque matin, me perdant dans les paysages hexagonaux, sirotant mon café au lait et rêvant de voyages passés ou futurs.C'est d'ailleurs grâce au Tour de France que j'ai développé ma passion pour le vélo. Au commencement,
J'aime mes matinées. J'aime m'en faire mettre plein la vue par ces athlètes, même si je me doute que la grande majorité se drogue jusqu'aux yeux (quoiqu'à l'opposé de la fumée bleue, l'EPO et autres émules dopantes ne se détecte pas dans les yeux, justement.) Je suis quand même bouche bée devant la grandeur de leur forme physique. C'est qu'au-delà de toute cette dope, ces cyclistes sont de véritables machines.
J'aime entendre Louis Bertrand nous dérouler ses statistiques, sourire en coin et connaissances au bout des doigts. J'aime la relation maître-élève qu'il entretient avec Richard Garneau, qui lui est une vraie carte géographique ambulante. J'aime entendre le commentateur français Bernard Valet répéter ad nauseam et année après année "qu'il connaît bien cette étape pour y avoir porté le maillot à pois à deux reprises et trois-quart en juillet 1982 à huit heures et trente-deux dans cette côte à 12,1415927 degrés alors que Bernard Hinault lui tapotait amicalement la foufoune droite parce que c'est un ami de longue date..."
J'aime voir ces magnifiques vélos, machines de guerre colorées que je ne pourrai jamais me procurer parce qu'un des désavantages d'habiter Montréal est que je n'ai aucun endroit où entreposer un tel objet précieux et en sachant fort bien qu'il ne survivrait pas une seule journée sur mon balcon sans se faire bicyknapper.
J'aime lire Foglia, qui y va régulièrement de délicieuses chroniques sur le Tour, sur sa passion du vélo et sur sa relation amour/haine qu'il entretient avec sa mère-patrie.
J'aime voir le visage exténué et les yeux brillants d'un Thomas Voeckler, encore sous le choc et l'émotion d'avoir remporté sa première étape à vie. J'aime l'entendre humblement dire qu'il n'est pas le meilleur mais qu'il fait ce qu'il peut avec les atouts qu'il a et que la chance lui a finalement souri après toutes ces années.
Puis par-dessus tout, j'aime voir Lance Armstrong, le petit vieux de 37 ans qui y va de jouissifs doigts d'honneur à l'insouciante jeunesse, lui montrant que la vie ne s'arrête pas à trente quelques années et encore moins quand on se remet d'un cancer.
Le Tour de France me donne aussi envie de partir à la conquête du Québec à vélo. De voir ces athlètes y aller de majestueux coups de pédales dans les montagnes et les plaines me remplit d'un immense goût d'aventure et de grand air. Du coup, c'est exactement ce que je ferai dès demain, où j'emprunterai le Parcours Linéaire du P'tit train du Nord pour les deux prochains jours. Départ de Montréal à 9 heures et arrivé je ne sais trop où à 18 heures. On verra où ça me mènera.
En attendant, tentez de profiter du soleil avant qu'il ne retourne se cacher. On ne sait jamais, un automne est si vite arrivé.
Le Tour de France me donne aussi envie de partir à la conquête du Québec à vélo. De voir ces athlètes y aller de majestueux coups de pédales dans les montagnes et les plaines me remplit d'un immense goût d'aventure et de grand air. Du coup, c'est exactement ce que je ferai dès demain, où j'emprunterai le Parcours Linéaire du P'tit train du Nord pour les deux prochains jours. Départ de Montréal à 9 heures et arrivé je ne sais trop où à 18 heures. On verra où ça me mènera.
En attendant, tentez de profiter du soleil avant qu'il ne retourne se cacher. On ne sait jamais, un automne est si vite arrivé.


7 commentaires:
super, beau Pat! Bon voyage en pédales avec ta machine de guerre. Quelle énergie et quelle liberté, laisse tes roues porter ton corps et ton âme en totales vacances! Roule vers le bonheur Pat, en savourant le vent dans ta tignasse (euh : rayer "sur ta tignasse", remplacer par "sur les tempes, sur le front". Merci pour l'élan, ça donne envie d'être heureux! ciao,
Le livre que tu es en train d'écrire est-il un dictionnaire? :)
Mesdames, messieurs...
après «sanouitchepâdcroute», Le Petit Dion ajoute «bicyknapper»
!!
Blague à part, très beau texte... sur un univers que je ne connais pas! (Je n'ai jamais aimé regarder le sport à la télé, à l'exception des cascades de planche à roulettes et de planche à voile. Peut-être aurai-je la piqure un jour!)
Une chose est toutefois certaine: c'est si bon de se retrouver avec le vent, le soleil et soi-même. Une bonne façon de faire et le plein et le vide.
Bonne route!
tu vas arriver quelque part dans mon coin (prends du chasse-moustique avec toi).
xxx
Morgane
Moi aussi! Moi aussi! J'adore le vélo.
Mo: Merci. Oui, c'est le fun être heureux. :-)
Melissa: J'en ai tout plein d'autres comme ça. Attends, t'as rien vu.
Morgane: Je pensais que t'étais de Montréal toi?! Suite à ton conseil, j'ai apporté du chasse-moustiques. Mais y avait autant de bébittes qu'en pleine tempête de neige! Bizarre...
Charlotte: Ben Go! Go go go! La piste de Laval est chouette en plus.
Je suis moitié laurentinoise (héhé) et moitié montréalaise - selon que j'ai ou pas les enfants :)
En fait, les moustiques sont noyés : ne cherche pas plus loin....
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