17 juin 2009

Tremblez, Tremblay

Les scandales se multiplient. L'argent coule autant entre les mains des fonctionnaires que les tuyaux sous la chaussée qui approvisionnent Montréal en eau. L'administration de la ville, par contre, est loin d'être potable, elle.

Le maire de la deuxième plus grande ville canadienne est dans l'eau chaude. Ça doit expliquer pourquoi il a une drôle de bouille. Mais alors que les scandales éclatent à droite et à gauche, le pauvre Gérald semble dépassé par tout ce cirque. Il accuse même La Presse d'avoir torpillé une enquête et sali sa réputation. On crie à son incompétence, on gueule à son incapacité à gérer. Visiblement, il y a quelqu'un qui veut sa tête. C'est peut-être parce qu'on approche la St-Jean-Baptiste.

Mais je me questionne (oui je sais, encore). Parce que bien qu'on pointe notre Gérald national, ce n'est pas lui qui fraude à tous vents, ce sont ses fonctionnaires. Ce n'est pas lui qui engrange le fric des constructeurs, ce sont ses employés. Peut-il avoir des yeux et des oreilles partout? S'il maintient la loi du silence, est-il nécessairement coupable de le faire. La situation serait-elle différente avec quelqu'un d'autre à la tête de Montréal? La vraie question en fin de compte est: Peut-on vraiment se débarrasser des crosseurs en politique?

Détrompez-vous, je n'aime pas du tout payer pour que d'autres s'emplissent les poches sur le dos des contribuables. Au contraire, ça me pue aussi au nez. Mais peut-on y changer quelque chose? Dans le même genre de questionnement, peut-on avancer qu'on enrayera le phénomène de la drogue en mettant une poignée de motards en taule?

Alors, comment fait-on le ménage de la Ville? Doit-on pointer du doigt et mettre à la porte une horde de fonctionnaires vils et pourris? Si oui, lesquels et combien sont-ils? Parce que vous le savez aussi bien que moi, il faudra mettre à la porte des cols bleus, blancs, jaunes pis noirs par dizaine. Du plus petit pelleteur de garnotte récalcitrant au plus abject et avare des cadres. Et un coup que ça sera fait, est-ce que ça règlera le problème? Doit-on nécessairement tuer le messager?

7 commentaires:

justeunpeufrustree a dit…

Je dis qu'il vous faut engager Rudy!
Rudolph Gagliani était maire de New York avant septembre 2001... et il avait fait un sacré ménage dans l'administration portuaire où l'argent sale se promenait allègrement et dans l'adm de la ville en général.
Bon si Rudy n'est pas libre, p'être ben que Régis Labeaume le serait. :)

Genevieve a dit…

Quand je lis chez Michèle Ouimet que "Montréal, c'est toujours 15% plus cher qu'ailleurs" - je pense que 15% des taxes, dont les miennes, vont à "l'aide à la corruption".

Je trouve ça très très moyen comme feeling.

Anonyme a dit…

Je crois que Gérald est un gros corbeau bien sensible aux flatteries de certains gros renards... et là il commence à échapper le fromage un peu trop souvent.

Il devrait changer de branche, je pense qu'il a fait son temps.

M.

garamond335 a dit…

Congédier des fraudeurs ne règle pas définitivement le problème mais de là à ne rien faire, non ! il faut faire tout ce qu'on peut, ne jamais fermer les yeux, même si ça n'éradique pas le problème à tout jamais.

Bill Cosby a dit…

La beauté de rester dans un ti village, tu siboires l'équipe au complet dehors quand ils nous prennent pour des cons et on fournis meme le clan Panneton pour etre sur qui décrisse du village.

Patrick Dion a dit…

Fêlée: Es-tu sûre que Rudy soit si blanc que ça? Me rappelle avoir lu des choses à faire grincer les dentiers d'un politicien à son sujet.

Geneviève: Je dirais qu'en bout de ligne, c'est peut-être même plus que 15%. Moi aussi ça me fait suer, mais peut-on vraiment y changer quelque chose?

Anonyme: C'est drôle parce que je n'ai jamais vu Gérald comme un populiste ou un démagogue mégalomane. Je l'ai toujours plutôt vu comme un petit minou pas méchant pour deux cennes.

Garamond: Mais parfois, ne vaut-il pas mieux lancer la serviette? Prends mon exemple de la drogue. Et si le remède était de la légaliser? Y aurait-il une alternative semblable aux problèmes de corruption?

Bill: Sauf que gérer une ville de plus d'un million d'habitants est pas mal plus complexe que de gérer un village de mille personnes.

Anonyme a dit…

Le Gérald et les Renards

Maire Gérald, sur un trône perché,
Tenait en ses mains un village.
Mais des renards par le cash alléchés,
Lui tinrent à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Tremblay.
Que vous êtes mignon ! que vous nous semblez bon !
Sans mentir, si votre minaudage
Se rapporte à votre taxage,
Vous êtes le Phénix des maîtres de ces lieux. "
A ces mots le Gérald ne se sent plus de joie ;
Et pour prouver sa bonne foi,
Il ouvre un large sac, détourne le regard
Les Renards se graissèrent, et dirent : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien une claque, sans doute. "
Le Gérald, honteux et confus,
Jura, encore une fois, qu'on ne l'y prendrait plus.

:)