Hugo Dumas pond une chronique amère mais intéressante sur l'avenir du journalisme papier dans La Presse d'aujourd'hui. Selon lui, le journal dans son format actuel est là pour rester. Enfin, c'est ce qu'il espère. Et il cite les plus grands chroniqueurs pour donner du poids à son intervention: Foglia, Petrowski, etc.
À la lecture de sa chronique, j'ai l'impression que Dumas sent la soupe chaude et n'entrevoit pas un avenir reluisant pour le médium papier. Il en profite d'ailleurs pour dénigrer les "gourous patentés du Web", dont il déplore probablement la portée et l'influence. Il rajoute du coup que ce ne sont pas les blogueurs qui fouilleront et enquêteront en profondeur, qui dénicheront les nouveaux Watergate et autres scandales des commandites. Je suis en partie d'accord avec lui. Le journalisme professionnel doit exister pour mettre à jour ces énormités de notre monde moderne. Mais il ne faut pas oublier que les blogueurs aussi ont su déterrer des perles d'actualités, au Québec comme ailleurs. On n'a qu'à se rappeler cette histoire des faux-manifestants policiers à Montebello ou encore de ces scandales sexuels américains mis à jour grâce aux gens de la blogosphère.
Il est certain que Dumas prêche pour sa paroisse. Il serait fou de faire autrement. Mais pourquoi ressent-il ce besoin de dénigrer les autres plate-formes d'information? Est-ce que le journalisme est le seul médium à détenir la Vérité?
Là où je décroche encore plus, c'est lorsqu'il avance que "les meilleurs blogueurs, les plus crédibles, bossent pour Cyberpresse, L'actualité, Canoë ou Châtelaine". Ah oui? Foglia? Demandez-lui donc s'il se considère blogueur pour vrai? Bizarrement, Patrick Lagacé, qui se rapproche probablement le plus de ce qu'est un blogueur, a été écarté de son article. Dans la plupart des cas, ces chroniqueurs ne sont pas des blogueurs mais plutôt des journalistes qui écrivent sur le Web. Ce n'est pas parce qu'on écrit deux feuillets par semaine sur Internet qu'on est blogueur pour autant. Un des principes fondamentaux du blogue consiste à échanger avec la communauté. Vous en connaissez beaucoup de ces chroniqueurs qui échangent? La plupart de ces journalistes ne participent même pas à leur propre lectorat. Mais ce qui me hérisse le poil, ce qui me pue vraiment au nez, c'est quand les journalistes "professionnels" se donnent un malin plaisir à dénigrer tout ce qui n'émane pas de leur sacro-sainte plume et descendent désagréablement les autres pour mieux se remonter.
Y aurait-il moyen de coexister, de se compléter et d'unir nos forces pour offrir une meilleure information, la plus objective et complète possible, tout ça dans un respect mutuel et réciproque?


24 commentaires:
Tout à fait. Arrêtons d'invectiver les uns et les autres...
Super billet, Patrick...
Tout à fait d'accord. Merci pour ce billet!
Je n'ai pas lu le papier de Dumas... Ceci explique cela.
Tout à fait juste! Très bon papier. Il faut arrêter ce débat (stérile) et construire l'avenir du journalisme, lui donner des bases solides dans cet univers des «nouveaux média».
Mais faut avouer que pour un journaliste, ça doit être achalant de voir ses sujets couverts par des blogueurs, alors qu'on avait le monopole de la nouvelle avant. Un autre truc, faudrait peut-être arrêter de confondre les blogueurs pour des journalistes...
Cécile: C'est un combat sans fin. Faudrait vraiment passer à autre chose un moment donné.
Geneviève: Merci
Panthère rousse: Merci à toi
Pascal: Tu devrais, tu dois avoir la contrepartie. Ça aussi fait partie du partage et de l'objectivité de l'information.
Éloi: Il faut surtout travailler ensemble de la meilleure façon et sur toutes les plate-formes possibles pour offrir l'information la plus complète qui soit.
Pierre-Luc: Il n'y a pas monopole, il n'y en a jamais eu. La technologie permet à tous de maintenant partager de l'information sans filtre aucun. Est-ce frustrant qu'un scoop soit publié avant un papier? Probablement! Alors dans ce cas-là, il faut s'adapter et non pas dénigrer les autres plate-formes et/ou l'ajout d'information de la part des autres auteurs ou blogueurs.
Enfin, c'est de bonne guerre (et plutôt rigolo à mon avis! C'est amusant à suivre!) de dénigrer les gourous qui dénigrent eux-même le journal version papier et le journalisme à grands coups de prédictions inspirées de statistiques... Il y a une marge entre prédire la fin du journalisme comme métier et la transformation des journaux utilisant le papier. Pourtant, ça c'est fait. Selon eux, les journalistes sont des dinosaures voués à disparaître au profit du «journaliste citoyen». Quelle bonne blague.
Moi, je suis en accord avec Dumas lorsqu'il dit qu'un journaliste, c'est quelqu'un qui enquête. C'est son MÉTIER. Un blogueur peut bien dénicher une nouvelle, ce n'est pas son métier, il l'a trouvé un peu par hasard. Et quand il la trouve, il la balance en ligne sans vraiment vérifier les faits et cie.
Je généralise ici. Il se pourrait bien qu'un blogueur fasse un meilleur travail qu'un journaliste. C'est possible. Ma blonde fait un risotto à se fendre le nombril tellement il est bon, son risotto. Elle n'est pas chef dans un restaurant branché. Non. Mais elle fait tout de même un sacré risotto (et ceux qui me connaissent savent que j'ai le palais plutôt fancy merci). Elle pourrait remplacer un bon nombre de chef montréalais si elle le voulait.
Mon exemple sert à illustrer qu'un blogueur peut être un très bon journaliste. Mais ce n'est pas la majorité d'entre eux. Et les blogueurs ne remplaceront pas les journalistes professionnels.
Un journaliste, ça créé du contenu. Ça cherche, ça réfléchit, ça met en contexte. La plupart des «spécialistes» du web se contentent de reprendre du contenu écrit ailleurs, de le citer et ensuite finir par une tite phrase. C'est ça nos «spécialistes gourous du web». Des copieux-colleux qui s'amusent à se trouver intelligents en citant les autres. Qui s'amusent à casser du sucre sur les autres aussitôt que l'on sort de leur sphère web.
Toute cette géguerre vient du fait que certains blogueurs ont été refusés pour couvrir des événements en tant que journalistes. Ne vous inquiétez pas, les blogueurs qui possèdent un profil journalistique feront leur chemin parmi les autres journalistes. Certaines habitudes ou réactions prennent du temps à modifier. C'est normal. Faut pas capoter pour ça. Il faut faire de l'éducation et montrer son savoir-faire plutôt que de pleurer et dénigrer.
J'aime les journalistes et leurs textes. Et je n'ai aucun doute qu'ils continueront à me faire réfléchir très longtemps encore. Peu importe le média qu'ils utiliseront.
Intéressant point de vue Alex et merci de le partager. Je suis d'accord avec toi. Il y a des copieux-colleux à outrance sur la sphère. Y a des blogueurs qui publient de la merde et qui ne vérifient pas la véracité de leurs nouvelles. Mais il ne faut pas oublier qu'il existe des journalistes et "chroniquailleux" qui écrivent aussi de la merde. Le métier est en pleine restructuration et c'est important de s'adapter. De ce fait, je vais continuer à lire Dumas et Foglia et tous les autres parce que leur opinion m'importe, parce que j'aime l'angle qu'ils vont donner à un sujet. Mais je vais aussi m'intéresser aux trouvailles que certains blogueurs auront dénichées et approfondies. Les deux médiums doivent devenir complémentaires.
Je viens de le lire, Patrick,... sur le web. Je ne pense pas que des phrases du genre "Le prochain scandale des commandites n'éclatera pas sur Twitter, ni sur Facebook, ni sur un site web obscur" ne soit d'une quelconque utilité.
Je ne conteste pas le travail des journaliste, loin de là. Mais il me semble que la nostalgie "d'un endroit magique et bordélique où s'alignaient de grosses machines à écrire en métal, perdues au milieu d'un fatras de feuilles jaunies, de cendriers archi pleins, de crayons gras et de photos en noir et blanc" est un peu vaine.
En fait,Dumas confond le support sur lequel oeuvrent les journalistes et le fait qu'ils soient payés pour exercer leur métier.
Supposons (supposons, j'insiste) qu'il dise vrai quand il affirme que les meilleurs blogueurs (d'information) sont sur Cyberpresse. C'est p-ê parce qu'ils mettent tout simplement plus de temps à rédiger leur article... parce qu'ils sont payés pour le faire!
L'argent, c'est le nerf de la guerre.
Il serait aussi temps que des gens comme Dumas (qui devrait prendre le temps de l'apprendre comme il est payé pour écrire ses chroniques) qu'il y a une différence entre journalistes et chroniqueurs, et qu'il y a à peu près autant de sortes de blogues qu'il y a de blogueurs...
Le mouvement vers le web est irréversible. Les journaux en papier vont mourir petit à petit. Les journalistes à salaire, eux, vont se faire publier sur le site Internet de leur journal, tout simplement.
Il y a, sur le web, des blogueurs très sérieux, très professionnels, comme Facal, Cayouette, Chantal Hébert, etc...
L'avantage inoui du web : moi, en tant que lecteur, je peux intervenir !
Je peux y mettre mon grain de sel.
Les lettres à l'éditeur, ce n'est pas du tout un échange comme on peut en lire sur le web.
Il ne disait pas que les chroniqueurs comme Foglia étaient des blogueurs. Il disait simplement que les meilleurs blogueurs sont ceux (entre autres) de Cyberpresse. Donc, il fait référence à Lagacé, Hêtu, Lortie et cie.
Dire qu'on ne peut par réagir sur le site de Cyberpresse à la Chronique qui a donné lieu à ce billet. C'est assez ironique, ne trouvez-vous pas?
Ce n'est pas le journalisme que défend Dumas, c'est une certaine forme de journalisme dans une certaine forme de média. Les journalistes subissent beaucoup de pression pour se transformer parce que cette forme de journalisme et de média sont de moins en moins rentables. Le problème dans le cas de Dumas, c'est que la frustration et la colère sont de très mauvaises conseillères.
J,aurais vraiment aimé pouvoir écrire cela sur le site de Cyberpresse. Mais Dumas est un journaliste. Ça ne se fait pas, commenter ce qu'écrit un journaliste. C'est même un grave crime de lèse-majesté.
Pour toi Pascal Henrard et les autres qui ont pas lue sont article
http://www.cyberpresse.ca/arts/200904/04/01-843512-le-plus-beau-metier-du-monde.php
Tant qu'a moi ils peuvent bien crever ca fais quasiment 10ans que je lie plus les journaux je trouve tout sur internet et plus vite que ces speudo connaisseur qui radote et copie des news qu'on connais deja depuis 100ans.
Lagacé, Tremblay se petaient les bretelles a grand coup de primeur sur le divorce de Bernie Ecclestone le grand manitou de la F-1.
Bien caliss ils ont sortie la news dans la Presse et sur Cyberpresse le 22 Novembre.
Les vrais fans de course on savait la news depuis le 15 et c'est avec plaisir que j'ai envoyé le lien sur le blog a Lagacé pour lui dire d'arretter de se peter les bretelle sur une vieille nouvelle.
Il y a des limites que les journalistes prenne monsieur et madame tout le monde pour des cruches, sont pas des indispensable dans la societe.
Qui debarque de leur grand chevaux et qui essaient juste de passer leur tete enflé dans une porte ca va deja etre beau.
J'ai autant besoin de Dumas pour me parler de Start Epedemie, Loft Story , Annie et ses hommes, que ma fille a besoin de la pilule contraceptive elle a 2 mois.
Je trouve ça bidonnant de voir un journaliste qui dénigre le blog et autres. Il devrait simplement voir ça comme un nouvel outil de travail et possiblement aussi une nouvelle vitrine pour son travail.
Bon billet Sieur Dion.
Je ne remettrai pas ici en cause la pertinence des journalistes (lorsqu'ils le sont) ou celle des blogueurs (idem), mais j'appuie et je soupire : toutes ces histoires sur le contenant alors qu'il devrait avant tout chose être question de contenu. Bien que je sois la première (ou parmi les premiers) à sourciller devant l'utilisation abusive de l'expression "citoyen journaliste", je me réjouis cependant que des citoyens aient la possibilité de prendre la parole (euh, ou le clavier) en se soumettant ainsi eux-mêmes à une lecture et une analyse critique de leurs textes. Si ça permet de nourrir de sains débats et d'échanger, je trouve, en effet, que tous en sortiront gagnants. Je comprends bien les arguments de rigueur, etc. lié au travail du journaliste, mais je m'inquiète davantage de l'esprit critique absent ou déficient chez le lecteur. L'angle choisi ou alors le moment privilégié pour sortir une information font partie des éléments sur lesquels il faut s'attarder. Et puis, ce n'est pas parce que c'est publié ou diffusé que c'est vrai, n'est-ce pas?
Après avoir invité tout le monde à lire le point de vue de Patrick Dion, je me décide enfin à le commenter.
Je trouve qu'on sous-estime un peu trop le travail des blogueurs. Il y a sûrement des copieux-colleux mais je doute que ce soit la majorité. Plusieurs blogueurs prennent la peine de faire des recherches, vérifier les sources comme certains journalistes. Si on me permet de me citer comme exemple, je vérifie toujours les doctrines, si l'article de loi est abrogé, etc... et je ne crois pas la seule blogueuse (ou blogueur) à avoir ce type de rigueur, loin de là. Toute la crédibilité du blogueur repose là-dessus. La survie d'un blog repose sur son lectorat et sa crédibilité. Je trouve ça triste, de la part de Dumas, sentant la soupe chaude, d'en être rendu là. Un peu comme un clown qui se rend compte qu'il ne fait plus rire. On aurait tellement intérêt à collaborer tous ensemble, journalistes, blogueurs, twitteux, plutôt que de tenir des propos comme «ma plate-forme est plus forte que la tienne». Il n'y aurait aucun perdant et la seule gagnante serait l'information,
Je préfère encore acheter "ma" Presse en papier qui tache, parce que j'aime pas ça lire un journal en ligne. Ça m'empêche pas d'être abonnée à 1000 liens RSS et d'avoir un blogue.
Je suis la première à m'attrister des difficultés des plate-formes conventionnelles et je ne crois pas avoir entendu quelqu'un dire que les journalistes n'avaient plus leur place, leur travail est essentiel. Le jupon d'Hugo Dumas dépasse pas mal dans sa chronique, regarder les autres avec mépris ne rend pas sa cause sympathique.
Pascal: Bah, je crois qu'il a tout de même raison au niveau des prochains scandales. Il en coûte cher pour mettre à jour des scandales tels que celui des commandites et un blogueur n'aura ni la patience ni le portefeuille assez solide pour mener une longue enquête journalistique. Mais je ne fais que penser à la manif de Montebello pour montrer qu'il existe un endroit où tout ça peut coexister.
Daniel: Comme je disais à Pascal, l'argent y est pour beaucoup. Il est vrai qu'on s'appliquera beaucoup plus à la rédaction d'un long texte, qu'on fouillera la recherche plus en profondeur et qu'on aura une rigueur journalistique sans fin si on est payé à temps plein pour le faire.
Anonyme: Je crois en effet que le papier disparaîtra. Je crois qu'un support autre (kindle, écrans minces et transportables) branchés sur le web sont appelés à remplacer la pulpe. Mais le métier de journaliste, même s'il est appelé à se modifier, est là pour rester. Les gens que tu me cites se sont plutôt bien adaptés à la réalité du web. Mais ils demeurent des journalistes avant tout.
aulitivier: Son article était nébuleux quant à ce point. S'il voulait faire référence à Lagacé, il n'avait qu'à le nommer. Mais il stipulait que les meilleurs blogueurs sont ceux des médias imprimés. Je persiste à dire que la majorité des chroniqueurs qui écrivent sur les plate-formes de Canoë, Châteleine, Cyberpresse ou "name it" ne sont pas des blogueurs. Ce sont des chroniqueurs qui écrivent sur le web.
Michel Monette: C'est exactement ce que je veux dire quand je stipule que les chroniquers web ne sont pas des blogueurs. Il n'y a aucune place pour l'échange. La plate-forme a changé. On est passé du papier à l'écran. Mais la forme d'écriture est identique.
Bill: Je ne conteste pas les écrits de Dumas, de Lagacé ou de Tremblay. Au contraire. J'aime les lire, que je sois d'accord avec eux ou non. Je continuerai de les lire parce qu'il sont nécessaires dans le paysage médiatique. Mais j'avance que je ne les dénigre pas parce qu'ils écrivent dans un journal papier, bien que la forme que je préfère soit le web.
Général Tao: Voilà! C'est un outil supplémentaire qui offre une foule de nouveaux avantages. Aussi bien savoir l'utiliser.
Guylaine: D'accord. C'est de la démocratisation de l'information. Même si elle est parfois mal utilisée, même si elle manque parfois de rigueur, elle a au moins l'avantage d'amener de nouveaux points de vue sur un débat.
Natalie: Je crois, au contraire, qu'il y a beaucoup de copieux-colleux. Mais si on retrouve, pour 5 copieux-colleux, un blogueur à la langue bien pendue, aux écrits pertinents et à la rigueur exemplaire, alors le jeu en vaut la chandelle. Il est fini le temps où 30 journalistes informaient la population. Des bons journalistes, qui le font à temps plein, payés ou non, se comptent maintenant par milliers.
Épicure: De ton côté, tu as appris à utiliser les deux et ça ne t'enlève rien. Et c'est ça qu'on doit retenir de l'exercice.
Il ne faut pas se le cacher, les journaux, tel qu'on les connais, vont disparaitre d'ici 10 à 20 ans, et ca commence déjà. Avec la venue des ultra-portables et du e-Ink, le papier va laisser sa place au monde en-ligne.
Il y a un video interessant sur youtube laissant voir un monde fictif ou monsieur et madame tout le monde vont être "journalistes" et permettront une couverture globale et immédiate de l'actualité sur le web.
AH! le voici: http://idorosen.com/mirrors/robinsloan.com/epic/ols-master.html
Merci GAS!
J'aime bien ton billet.
Et en passant, tu avais ri de moi, quand je m'étais inquiété pour toi, dans ton billet sur Dédé Fortin, je pensais à toi quand j'ai lu dans un journal en papier, cette nouvelle : Demi Moore empêche un suicide grâce à Twitter.
En 140 caractères, elle a cru bon sonner l'alerte et elle avait raison. Pas si twit que ça Twitter.
C'est moi l'avant dernier message. Je m'étais pas connecté.
Enregistrer un commentaire