On paye en vitesse, on quitte le Bistro et on se dirige vers le métro Beaubien. La représentation est à 20 heures, au Théâtre Corona, et on est plutôt loin de l'endroit. Mais les wagons de la ligne orange filent un parfait bonheur et nous déposent sur le quai de la station Lionel-Groulx une bonne vingtaine de minutes à l'avance. Quelques rapides pas de danse sur le pavé de la rue Notre-Dame nous déposent au Corona. La file où l'on doit ramasser les billets réservés est par contre interminable. En plus, le gars derrière nous est totalement exubérant et vante ses multiples talents et prouesses à la jeune asiatique qu'il a visiblement envie de se faire avant la fin de la soirée. "Ta gueule, tu me les casses!"
On obtient finalement nos billets à 20h10. Par chance, le spectacle n'est pas encore commencé. On nous place dans une banquette en demi-cercle aussi exiguë qu'un siège arrière de Volkswagen Coccinelle 1942. On se retrouve avec 3 inconnus à se malaxer les jambes sous la table. Si ça continue comme ça, la soirée va être longue à faire des papattes pilées. Alors que je chiale intérieurement, les lumières s'éteignent, les murmures de la foule suivent la même tendance et un annonceur sorti de nulle part commence à jouer au rigolo: "Mesdames et Messieurs bonsoir. Il est permis de prendre des photos avec un flash parce que la vie de nos artistes ne nous tient pas vraiment à coeur". Je rigole, je sens que je vais finalement passer un très bon moment.
La pièce/cirque/poésie/spectacle de danse/show musical TRACES commence...
J'ai l'impression de me retrouver dans un jeu vidéo, un espèce de Myst-like. Des images sont projetées sur un décor urbain dépouillé mais évocateur. La danse, la musique, les prestations artistiques, les acrobaties, les projections, l'humour, TOUT y est. TOUT y est en majuscule. Je suis conquis. Je garde le silence mais à l'intérieur de moi, j'applaudis à tout rompre. J'ai le moton, le frisson, la boule dans la gorge, le noeud dans l'estomac. C'est trop d'émotions à la fois. À ce moment exact, je me dis que je suis heureux d'être en vie, que je suis chanceux de pouvoir assister à ça. Ge, regarde-moi pas, j'ai les yeux trop brillants. Ça crie en-dedans de moi, ça veut sortir, j'ai la création qui déborde. L'espace d'un instant, j'ai envie de retourner sur les planches, de composer de nouvelles musiques, de créer des films, d'écrire des histoires. Le génie des autres m'inspire. Un jour, quand je serai grand, je serai comme eux.
Puis, le metteur en scène claque des doigts. C'est fini. Les lumières s'allument, les gens se lèvent, les rues s'animent, les métros défilent, les bus arrivent à l'heure. Le sommeil appelle ceux qui l'ont boudé depuis deux jours et le fatiguant de tantôt va aller mettre son pipi dans la petite chinoise. Des fois, on voudrait juste que le temps s'arrête un peu.


5 commentaires:
Woh! Ça c'est ce que j'appelle du «pole dancing» :P
WOW!! Je comprends pourquoi tu avais les yeux brillants!! Impossible de cligner des yeux en les regardant. Ils sont fantastiques, tellement habiles et simplement hallucinants!!
Et dans ton vidéo, la toune qui joue, (Talk Show Host de Radiohead) est très bien choisie. Je ne sais pas si c'est aussi cette toune qui jouait pendant le spectacle "live", mais... WOW. Je n'ai pas d'autres mots!!
M-E: Pis ils était même pas tout nu!
Ness: C'était exactement le même set-up. Même toune, même frissons. La playlist du show était d'ailleurs débile. Va les voir vite avant qu'ils ne s'envolent vers d'autres cieux. Et dans cette salle en plus, c'est vraiment prenant.
Wouah ! C'est beau , magique !!
Helena: Oh oui ça l'était.
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