On n'en a que pour Star Académie aujourd'hui. Tout y passe. La sobriété de la robe de Julie par-ci, les gueling-gueling des guitares sirupeuses par là, le scandale de la toune française, les drapeaux du Québec en fond souverainiste, les voix poches, les réactions nulles. Bref, c'est comme si la Terre s'était mise à tourner d'une nouvelle façon depuis hier soir.
Vous savez, sans vouloir mordre la main qui me nourrit, moi, Star Académie, zzzzzzz, très peu pour moi. Pouet pouet pouet. Et pas seulement parce que je n'aime pas le concept. D'envoyer au firmament étoilé un nobody de nowhere qui n'a dans son bagage qu'une jolie voix et une belle gueule alors que des milliers de vrais musiciens talentueux, inspirés et innovateurs bouffent des beurrées de beurre de pinotte pis du Kraft Dinner, ça me créé un malaise. Mais outre ça, l'idée-même derrière l'émission ne me dit rien du tout. Le concept me fait bailler. Rontupu. Plus plate que ça, t'es à Monsieur Showbiz.
Alors pendant que Madame regardait les frous-frous de Julie au salon, j'étais à la chambre du nain à regarder Tout le monde en parle durant une excellente première heure. Une seule et unique heure parce qu'à 21 heures, je me suis dirigé vers Télé-Québec, pour le long-métrage québécois Toi avec Anne-Marie Cadieux (non mais, quelle actrice !). Avec Star machin, Tout le monde en bla bla et les Grammy's hier soir, Télé-Québec devait avoir un auditoire d'une seule personne. Et c'était moi.
Toujours aussi magnifique, Anne-Marie s'adressait directement à moi dans ce rôle d'une femme qui plaque tout, le mari, la grosse job, la belle maison, le cash et la grosse vie sale pour se sentir vivre de nouveau. Et c'est l'histoire de ma vie, ça, recommencer à zéro parce que la lourdeur du quotidien pèse trop sur mes épaules. Et je la comprenais, cette pauvre fille qui perd tout (dont elle-même), je sentais sa détresse de ne plus se comprendre, de ne pas savoir ce qu'elle voulait de la vie ou comment faire pour l'obtenir. Je savais ce malaise de n'avoir envie que de VIVRE en majuscules. Parce que quand tu sens que tu meurs à petit feu, faut parfois prendre les grands moyens et sauter dans le vide. Parce que quand tu t'éteins, y a qu'un feu immense qui peut te rallumer.


12 commentaires:
J'me suis toujours dit qu'un jour je vais devoir tout plaquer. Pour repartir sur du neuf, de nouvelles bases, afin de savoir qui je suis.
& j'me suis dit par le fait même que si tant de gens plaquaient tout pour recommencer à zéro, c'est qu'il était presque plus facile de faire que de regarder ses bobos et essayer de les guérir.
M'enfin, j'crois.
Partir sans regarder derrière. Se reconstruire sans crainte du futur. Il vient un temps ou c'est nécessaire.
Tout ton blahblah télé.....sonne creux. Rien à cirer de tout ça. Je ne crois pas que ce genre de conversation soit forcément le lot de tous le lundi.
Oui Toi. Fait le même effet que "If" superbement chanté par Leonard.
tout plaquer pour aller voir ailleurs si on y est... c'est courageux... mais
plus facile quand personne ne dépend de vous..?
PetiteJeune. Malgré toute ta jolie et jeune naïveté, t'as foutrement raison.
iika: Comment ça mon blahblah télé sonne creux? Y a rien de creux à donner mon opinion sur les soirées qui meublent le dimanche soir de la majorité des québécois?
Dodinette: Pas si courageux que ça dans mon cas. Au contraire, ça a toujours été plus facile de fuir.
@Dodinette: Quand on n'est plus bien dans une relation ou dans un boulot la seule porte de sortie pour être capable de se tenir droit et surtout de se regarder dans les yeux devant un miroir c'est de tourner le dos à ce qui nous étouffe ou nous rend malheureux. Patauger dans la fausseté ou "essayer" de s'adapter dans le malaise c'est simplement du sabotage à son propre bonheur.
J'aimerais pouvoir croire que les relations amoureuses peuvent durer toute la vie mais c'est de la foutaise. C'est de l'idéalisme chrétien passé date.
J'aimerais aussi croire qu'une fois "casé" dans un boulot j'y resterai toute la vie mais c'est encore de la foutaise.
"Quand le lit est fait, on ferme la porte."
@ Patrick : À ce que je sache TU représentes bien mal "la majorité des québecois". Ou je me gourre totalement. Ou j'ai mal lu le contenu de ton carnet. Ou tu t'encanailles...et ça, j'en doute.
..."Le naturel machin machin..." ;-)
Je pense qu'on peut se reconstruire sans tout détruire. Faire des petites pauses dans le quotidien avant d'avoir envie d'appuyer sur arrêt... Savoir que si on ne peut pas régler le problème ici et maintenant, il nous suivra partour quoique l'on décide de recommencer.
À ceux qui veulent tout lâcher, je suggère la lecture de «l'éloge de la fuite» de Henri Laborit...
Quant à Star Acad, je l'ai regardé de 9:45 à 10:03 PM pour voir beau Dommage, point !
iika: Je suis d'accord pour l'amour et le boulot ad vitam aeternam. Mais moi je fais jamais mon lit! Je fais quoi alors? ;-)
Au niveau télé, je fais encore plus partie de la majorité des québécois télévores parce que j'y travaille, c'est mon pain et mon beurre. Et à l'instar de 5 autres millions de personnes, le dimanche soir, je la regarde.
Bibco: Malheureusement, on ne peut pas tout le temps reconstruire. Oui, on part souvent, on fuit, pour les mauvaises raisons. Mais je pense aussi, comme iika, que l'amour fait son temps. Ce temps est très relatif d'une relation à une autre. Mais arrive un jour où on a fait le tour du jardin. Alors là, faut partir. L'amour éternel n'existe pas.
Garamond: Merci pour la suggestion. Mais c'est pas fini, c'est rien qu'un début... :-P
Pat J'aime tellement te lire. Tes mots expriment si bien ce que je pense. T'es vraiment un indispensable :-)
@ Garamond (encore!)
C'est pas de la fuite. C'est juste sauver sa peau avant d'en venir à détester l'autre et de se résigner à vivre le reste de ses jours tristement. Au seeecours...j'étouffe!!!
C'est se responsabiliser de quitter quand on n'en peut plus. Quitter Amour ou Boulot ou mettre fin à une amitié c'est triste sur le coup mais tout le reste à venir...Imagine tout le reste à venir...
Prendre la décision de quitter demande du courage. Dire les choses tel qu'elles sont encre plus aussi.
...et cela s'appelle vivre au lieu de subir.
~ ~ ~ ~ ~
@Patrick Dion : Tant mieux si tu ne le fais pas, tu ne t'encannailleras jamais. Phew...;-) Ca doit être un écho à ton adolescence "molle" ;-)
La télé oui. C'est d'ailleurs tes impôts (vive la télé pulbique) qui paient ma bagnole, ma maison, mes voyages...meeeerci beaucoup sauf que la télé pas besoin de la voir pour y bosser. L'adéquation n'est pas systématique enfin pas forcément.
Merci Cécile! Venant de toi, ça me flatte deux fois plus!
Marika: Content de te rencontrer en "vrai". Content de voir aussi que t'as redémarré un carnet. Tu travailles à la télé payée par les impôts? On se connaît alors, même si je n'y suis plus? Mais tu vois, moi je l'aime ma télé. Pas au complet, pas partout, mais des petits bouts à gauche et à droite, comme dans le cas de Tout sur moi, savent renouer mon amour pour le médium.
Bien sur que tu l'aimes ta télé n'empêche que tu y trouves ton compte à télé Quebec.
Un collegue te connait bien.
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