30 janvier 2009

Ceci n'est pas une vidéo drôle

J'ai le droit de ne pas filer sur mon blogue? Je me l'impose. Ce carnet est de moins en moins un carnet littéraire et de plus en plus un fourre-tout virtuel. Pas pour rien que Mélodie Nelson parlait de mon blogue comme un endroit divertissant et rempli de vidéos rigolos (ou whatever). Le gars plus drôle que son ombre, celui par qui Youtube arrive, celui dont les dipatismes se retrouveront sur toutes vos lèvres Mesdames...

J'ai le droit de pas filer ici? Je demande ça comme ça mais je vous le demande pas vraiment. Si vous croyez que c'est pas l'endroit pour que je m'épanche, si vous pensez que la suite de ce billet va vous emmerder, vous faire ronfler, vous inquiéter même, gênez-vous pas pour aller zyeuter des vidéos drôles ailleurs en attendant. Vous reviendrez lundi, je vais tâcher de m'accrocher un sourire à la gueule, promis.

Aujourd'hui, c'est de la merde. Depuis un bout de temps en fait. Le trou qui s'ouvre sous les pas. Du vide et du sec, comme la baguette de pain au fond de ma boîte à lunch ce midi. De l'épuisé, comme les poitrines de poulet en spécial à l'Intermarché cette semaine. Un beau gros point d'interrogation au milieu du front. Et vous savez que du front, y en a en masse. Vous voyez où je m'en vais. Vous pouvez toujours arrêter de lire ici, moi je dis ça de même.

Une hésitation, un ballant, le pied au bord du gouffre et le vent dans le dos. Je saute, je saute pas? Je me laisse tomber en fermant les yeux et en me bouchant le nez? Et si je me cassais la gueule? Et si ça faisait mal à l'atterrissage? J'avais à l'esprit cette image des gens qui sautaient dans le vide, désespérés, du haut des tours à New York le 11 septembre 2001, pour fuir les flammes. Je voyais cette image comme une métaphore de l'hésitation. Mais ça ne fonctionne pas. Y en avait pas du tout, d'hésitation. Je ne comprends toujours pas comment on peut se jeter dans le vide en sachant très bien que tout ce qui nous attend plus bas n'est que la dureté du béton. Mais je me suis aussi dit que vous ne comprendriez pas non plus tout ce que j'essayais de mettre en mot, risquant de me faire accuser de tentatives inimaginables et sans retour. Je ne suis pas un manipulateur. N'appelez pas les flics, Urgence Santé ou l'Institut Pinel en renfort. Je le répète, je ne suis pas le genre à me trancher les veines et ne le serai jamais. On fait juste jaser entre nous autres là...

Je vais pas merveilleusement bien et j'avais envie et besoin de vous le dire. Parce que je suis comme ça. Parce que je suis complet. Rempli de plus et de moins. Un peu tout croche, un peu mêlé, un peu perdu. Même si y a rien à comprendre dans mes comparaisons et mes tristes dess(e)ins, j'avais juste envie d'en parler. J'avais peut-être juste envie de me faire dire que ça va aller aussi? Ou peut-être que j'étais juste assez peureux pour ne le crier que par le bout de mes doigts.

Il est trop tard pour arrêter de lire maintenant. Vous savez tout.

Life target="_blank"

23 commentaires:

Violaine a dit…

C'est ton blogue, t'en fais ce que tu veux. En attendant que ça aille mieux, je pense que tu peux compter sur la sollicitude de tes pairs et de tes lecteurs pour te comprendre et te donner une tite bine sur l'épaule...

Anonyme a dit…

Une tite bine ou un gros câlin...

Gab xxxx

Pascal Henrard a dit…

Voilà, j'ai lu, je sais tout. Mais je sais surtout que c'est foutument bien écrit. Ça ne console pas. Mais j'imagine que ça fait du bien.

garamond335 a dit…

La déprime, quand on est jeune, beau et en santé, c'est pas aussi grave que c'en a l'air.
Imagine-toi à 70 ans, retraité, avec un fonds de pension qui fond à vue d'œil, un diagnostic de cancer de la prostate, un cœur pas trop fiable et un gros découragement rien qu'à lire les nouvelles chaque jour...
Allons ! un peu de nerf mon Patrick !
Le monde t'appartient !

Mélodie Nelson a dit…

Terminées les baguettes dures dans le fond de ta boite à lunch!

Patrick, Patrick, faut plus de courage pour écrire dans son blogue que ça ne va pas, que pour écrire sur sa dernière baise. Tu n'es pas obligé d'être drôle. Mélodie Nelson donne des ordres à personne et faut pas se mesurer à son jugement. Ton blogue reste intéressant, et tellement vrai, avec ta noirceur affichée.

Je ne sais pas pourquoi tu ne vas pas bien, je ne sais pas si toi tu le sais, pourquoi, mais c'est aussi l'hiver, et si toi ça te donne envie de sauter, moi longtemps ça m'a donné envie de tomber, dans la neige, jusqu'à avoir très très froid, pour ressentir quelque chose, comme un wake-up call ou whatever. Je me suis jamais vraiment assise ou couchée dans la neige assez longtemps pour devenir bleue (ça serait pas sexy), mais j'aimais bien sortir nu pieds, quelques secondes, sans manteau, quand il neigeait très fort, et que partout le blanc, ça faisait plus vide que le vide qu'on peut ressentir. Je te souhaite d'aller mieux bientôt, mais tu peux écrire autant de fois que tu le veux dans ton blogue, tous les jours de la semaine, de suite, que tu ne vas pas bien.

Je vais prier pour toi et je ne dis jamais ça en blague.

Je déteste, déteste, déteste faire psycho pop, mais aujourd'hui fais dodo longtemps longtemps, laisse tomber ce qui est de trop dans ta vie (et ce n'est pas tout qui est trop, c'est sûr), lève-toi que pour un jus de fruits hyper vitaminés avec antioxydants et tout (placebo ou non, ça rend supposément plus en santé et heureux et tout, c'est pas une baguette magique, mais les jus de fruits, ça goûte de bon, de toute façon, et quand ça goûte bon ça rend un peu heureux aussi, je suis super profonde, je sais, on m'a déjà dit). Et as-tu déjà passé un 48 heures devant une série télévisée? Ça fait du bien de pas penser à soi, de pas penser à ce qui ne va pas (ça ne s'appelle pas une fuite, ça s'appelle une série télévisée). Weeds, c'est super bon, cynique, noir, drôle. Hotel Babylon c'est luxueux, sale, séduisant et secret.

Et tu peux sauter. Mais juste un peu. Parfois ça fait du bien de se laisser comme ça à sauter. Mon passé de fille pseudo-spirituelle qui lisait Paulo Coelho à treize ans (j'ai comme un début de honte d'écrire ça sur ton blogue) t'affirme qu'après, un jour, tu iras mieux, vraiment.

Prends soin de toi.

Là là je retourne courir après des enfants qui gueulent, mais je te jure, je vais prier pour toi pendant la journée.

Mélodie xxxx

Narvik a dit…

La pire des armes je crois c'est le silence, et ici je vois que tu fait bien le contraire. Je trouve ça génial comme texte qui donne un reflet de l'état d'âme des gens en général en cette dernière semaine d'un mois de Janvier. Je suis bien content moi de ton blog regarde quand je lis ici tes écris et que je regarde tes vidéos je suis chanceux de pouvoir participer a ça parce que c'est toujours captivants et constructifs. Ça donne confiance et exemple écrire comme tu fais,Merci!

Patrick Dion a dit…

Violaine: Oui, je sais. Et je me compte chanceux de bénéficier d'une telle complicité. Je suis content de mettre un blogue sur ton nom (que je connaissais depuis longtemps et que je regrettais de ne plus pouvoir lire).

Gab: J'vais prendre ton hug. Z'êtes loin...

Pascal: Merci cher ami. J'suis content de t'avoir croisé de nouveau cette semaine.

Garamond: Tu sais, la détresse est dans l'oeil de celui qui la porte. Sans enlever la portée de ton mal (ou du mal dont tu parles), la souffrance de chacun est proportionnelle à notre capacité à la supporter. Merci pour l'encouragement.

Mélodie: Un bien joli commentaire de ta part. Tu sais, ce n'était pas une boutade que je te faisais. Ce n'était une réflexion que je me faisais "à voix haute". Parce que tu n'es pas la seule à dire ça, ça a toujours été le cas. "Ah oui, Patrick va toujours bien, il sourit tout le temps, y est tellement drôle, et bla bla bla." Ce qui fait que je me donne rarement le loisir de manquer à l'image qu'on se fait de moi. Et quand je le fais, les gens se demandent tout à coup quel genre d'extra-terrestre débarque dans leur contrée. Malheureusement, je suis quelqu'un de noir, cynique, voire torturé, la plupart du temps. Dans ma tête. Dans mon coeur. Mais je ne me donne pas le droit à l'imperfection. Alors je m'arrange pour ne pas que ça paraisse et je vis ma discorde intérieure avec moi-même. J'avale pis je digère tout seul. Non je ne sais pas pourquoi je ne vais pas bien. En fait, je blâme un peu tout ce qui m'entoure. Je fuis. J'ai tendance à me cracher dans les mains et recommencer à neuf tout le temps. Parce que j'ai une facilité de le faire. Mais je me dis aussi que c'est pas ça la vie. Tu vois, je suis coincé entre ce que je voudrais être et ce que je suis. Alors merci pour tout, y compris les prières. Même si je suis habituellement le genre à pouffer de rire ou partir à courir. Parce que je les sens sincère. Et parce que Dieu (ou Paul Coelho) n'a rien à voir là-dedans.

Narvik: Je me compare pas à personne. Je suis pas celui qui déprime parce que c'est la fin janvier. C'est plus complexe qu'une dépression de fin d'hiver mon affaire. Mais merci de traîner dans le coin.

petitpois a dit…

Les choses finissent par passer. Les bonnes comme les mauvaises. Je ne sais pas quoi te dire. Je suis pourrie en «donnage de conseils» tout comme en «remontage de moral». Je te dirais tout de même que t'es quelqu'un de génial, parce que c'est vrai, même si je ne te connais pas.

&, life is a state of mind.
Je trippe pas sur l'anglais mais j'ai toujours eu un faible pour cette phrase.

Anonyme a dit…

Ça passera parce que tout passe...mais en attendant t'es face à un miroir et le reflet te fait un clin d'oeil menaçant.
Y reste ton blog. Ton vide-mémoire, ton vide trop-plein.
Y reste que face à toi-même tu ne sembles pas te voiler la face de tes imperfections. C'est déjà ça.

Mais tu as raison. C'est destructeur d'éviter d'exprimer la juste émotion qui t'habite quand elle t'habite. On vit à l'heure ou les masques sont acceptés même s'ils sont faux. On est à l'heure ou les filles brandissent leurs faux ongles et leurs siens siliconés comme des armes de séduction à toute épreuve. On est à l'heure ou nos zones d'ombre doivent rester éteintes faute de pouvoir se permettre de les exprimer. On est à l'heure des gros mensonges.
L'homme de vérité et de transparence que tu es souffre silencieusement.

Ta vie te fuit. Mais ça passera parce que tout passe.

Courage. T'es aimé, lu, cité, apprécié. C'est peu en attendant d'être suffisant.

bise consolatrice.

iikabliss

Pleiada a dit…

Tu as trouvé le bon ton.

Patrick Dion a dit…

Petite: Merci. Mais tu sais comme moi que les conseils n'y changent rien. Quand on se sent mal, tout ce qu'on veut, c'est que ça passe, maintenant.

iikabliss: Bizarrement, je ne veux pas que mon blogue devienne un journal intime où j'épanche mes travers et mes états d'âme. Il est aussi là le paradoxe. J'aime pas lire les gens qui se triturent le couteau dans le bobo et j'ai pas envie de devenir celui qui se regarde le nombril en trouvant que c'est donc pas facile. Mais tsé, je suis pas blanc comme neige, transparent et plein de vérités comme tu l'imagines. Je dirais même que je donne parfois pas ma place dans les conneries humaines. Mais merci à toi aussi de ta présence dans ces pages. Ça fait du bien, justement, de se sentir apprécié.

Pleiada: Ce compliment venant de toi me rend bouche bée. Toi qui n'es pas fervente des épandages fielleux de l'âme humaine sur le Net, j'en suis renversé.

Epicure a dit…

Oui tu as le droit de ne pas filer sur ton blogue, même si c'est triste un blogueur qui ne file pas. Parfois le simple fait de prendre le temps de "crier sur le bout des doigts" (comme tu l'écris), ça fait la job.

Continue d'écrire ici ce que tu as envie, depuis le temps que je te lis (il y a très très longtemps) je n'ai jamais eu à me plaindre!

Doparano a dit…

Non seulement t'as le droit de pas filer sur ton blogue mais tu fais bien de nous le dire, comme ça on peut te faire un calin virtuel, même si c'est loin de faire autant de bien qu'une tappe sur l'épaule ou d'une caresse dans le dos. Saches que nous(moi) pensons à toi.

xx

iikabliss a dit…

@ Patrick Dion: Oui je crois que tu peux donner ton opinion et même me conseiller. C’est d’ailleurs ce que je dois rechercher puisque j’ai ouvert un carnet. Forcément si je me suis barrée les pieds par chez toi, je dois te trouver quelques qualités inspirantes. Alors…tire tes conclusions :-)

Heureuse d’ailleurs que tu aies débarqué sur le paillasson et osé transmettre ton avis.

Je copie ce commentaire et te répondrai sur ton blog. J’ai pas encore trouvé la meilleure façon de répondre adéquatement aux gens qui ont la délicatesse de laisser leurs traces.

Patrick Dion a dit…

Épicure: Merci. C'est pas triste un blogueur qui ne file pas. Ça fait juste un blogueur qui ne file pas, au même titre qu'une secrétaire qui ne va pas bien. Dans les deux cas, ça revient...

Do: Merci! Je les prends tous!

iikabliss: C'était la meilleure façon. Merci à toi aussi pour ta délicatesse.

Daniel Rondeau a dit…

Bon, bien sûr, je «prends le message» 2 jours après.

T'appelles.
Tu passes sans appeler.
M'en crisse.
On regardera pas le Superboule ensemble.

Patrick Dion a dit…

Dan: 2 jours, 1 mois, 1 an, c'est pas grave. Je savais que tu étais là. C'est ça qui compte. Mais j'étais pas très très volubile.

camionneuse a dit…

Janvier empire tout, je sais, je carbure à l'Omega Joy et à la photothérapie. Ça marche, la prochaine fois qu'on prend un drink, si tu trouves qu'il a un drôle de goût de poisson, c,est moi qui t'aurai versé 3 capsule d'Omega Joy. Ça prends 3 semaines avant de faire effet.

Tu dis que c'est plus profond, mais tu sais, quand on voit noir, c'est difficile de faire la part des choses. As-tu écouté la première heure de Languirand hier?

Je t'envoie un gros soleil et plein de rayons pour te fustiger de bonheur!

Courage!

Quand tu iras mieux, tu pourras toujours faire une thérapie plus en profondeur!

Patrick Dion a dit…

Merci Sandra. J'espère que tu as rapporté tout plein de soleil de Californie!

Marie-Julie a dit…

Je viens juste de lire ce billet... J'espère que tu vas mieux!
@Sandra: Omega Joy? Dis, tu en mets dans mon drink à moi aussi???

Dominic Arpin a dit…

Passer ses journées enfermé dans un bureau sombre sans fenêtre avec une connexion internet à chier, ça ne doit pas aider pour le moral. Imagine en plus quand la première chose que tu vois en levant les yeux de ton clavier, c'est ma face! Tu peux ben être déprimé!

Tiens, il faudrait qu'on se prenne un tonneau de bière à deux et qu'on refasse un peu le monde, genre pas plus tard que demain au Yulblog. Seems like a plan to me!

Allez Flipper, smile! Je pense à toi.

mandoline a dit…

J'vais tout faire pour être la ce soir, un vrai calin c'est surement mieux que les mots maladroits que je pourrais avoir à ton endroit! :) xxxxxx

(Psss : Ma vérification de mots était : Chest!) Mouahahahaha

Narvik a dit…

Je voulais pas te comparer a personne,j'aimerais bien avoir juste la chance de pouvoir t'encourager et te donner un coup d'pouce.