29 décembre 2008

Renaissance

Je me rappelle d'une autre vie, une vie où je m'enfonçais dans les sables mouvants de la quotidienneté, du vide matériel, une vie où l'espoir mourrait à petit feu depuis des années, depuis des décennies, des siècles, une seconde de trop à la fois.

C'était des années de morosité, des années de grisaille, des années à ne pas savoir qui j'étais, à m'oublier dans l'autre, à avaler l'air simplement parce que l'instinct de survie était plus fort que celui de mort. C'était un temps où la résignation de mon être incombait chacun de mes pas. Pris dans une spirale, sans possibilité de fuite. J'avais choisi la voie d'accotement, une voie de contournement, un trafic à contre-sens de mon essence. Impossibilité d'extirper ma carcasse pourrie de cet amas de ferraille qu'était mon existence. Je m'oxydais le corps à tuer le temps, résigné. Pas de force, pas de courage, surtout pas assez de couilles et malheureusement pas de vision du meilleur à venir. Le néant avant le néant.

Puis, l'Événement extérieur. Bang! Comme le poing sur la gueule qui te fait visiter le plancher. Des flashbacks de souvenirs. Et, enfin, une ouverture, béante, une sortie de secours, un cri déchirant, un maelström d'émotions contradictoires, une naissance. Inspirant. Inspirer. Une atmosphère viciée mais où je pouvais, pour une nouvelle fois, respirer. Un temps nouveau, comme un clic de l'horloge ou un déclic du cerveau.

La mort du paternel. Son grand départ. Mais le mien aussi. Son arrivée au fil de la vie justifiait mon éveil. Je ne voulais pas de ce vide. Je renaissais, incroyablement. La mort de l'autre ouvrait la porte de ma vie.

Y aura toujours une fleur qui poussera entre les immondices de l'existence.

Pour 2009, je vous souhaite un renouveau. À ceux qui aiment la vie, à ceux qui la goûtent jusqu'à la lie, puissiez-vous partager le bonheur que vous avez de respirer. À ceux qui désespèrent à espérer, à ceux dont les nuits s'allongent à ne laisser poindre qu'une pâle lueur de soleil à tous les jours, puissiez-vous trouver votre fleur cachée sous les pourritures qui vous accablent. Elle y est, croyez-moi.

26 décembre 2008

Le saigneur soit avec vous

J'ai été élevé dans un cadre religieux plutôt stricte. Messes, sacrements, culpabilité judéo-chrétienne, châtiment divin, assis, à genoux, debout, amen! Ça doit expliquer pourquoi je suis tant en réaction à toutes les formes de religions mais particulièrement à l'Église Catholique encore aujourd'hui.

À ce que je viens de voir, je ne suis pas le seul. Plus tôt cette année, l'animateur Bill Maher orchestrait une croisade cinématographique intitulée Religulous (religion + ridiculous) où il met à jour, à sa croustillante façon, le mensonge religieux, où il tente d'ouvrir les oeillères des américains sur la grande mascarade de Jésus et des hommes. En résulte une centaine de minutes où l'ex-comédien s'amuse solide à démanteler les croyances aveugles de certains, comme cet hurluberlu qui a recréé un musée où le créationnisme et l'évolution, les dinosaures et les hommes des cavernes se côtoient dans la joie et l'allégresse. C'est drôle et malheureux à la fois, surtout quand on sait que ce film ne sera vu que par une poignée d'athées qui auront déjà percé le grand mystère de la Foi.

Bien que je sache qu'on verse légèrement dans l'illégalité, je vous transmets quand même les hyperliens vers le film, en deux parties. Hey, don't shoot me. I'm just the messenger (c'est pas ça que Jésus disait?).

Allez, Joyeux Noël quand même. Célébrons la "naissance" du Christ!

Part 1
Part 2

23 décembre 2008

Clin d'oeil

Non, pas le magazine de feufilles. Un vrai clin d'oeil, comme dans "Eille, vous savez pas ce que vous avez manqué?!"

Sauf que vous avez pas manqué grand chose, hein, parce que c'est le Temps des Fêtes et qu'y a rien à foutre et rien à lire sur la blogosphère puisque tout le monde en parle est absent. Mon lecteur de fils RSS est aussi vide que la mangeoire du colibri dans la cour. Juste des restants de graines à se mettre sous la dent, c'est poche quand tu ratisses pas la Catherine...

Le clin d'oeil était en lien avec le titre de mes deux récents billets, Enrichir les riches. La première fois que tes doigts te fourchent, ça s'appelle un lapsus du clavier. La deuxième fois que ça arrive, tu ne peux plus nier que c'est ton inconscient qui te bombarde de vérités. Et c'est exactement ce qui m'est arrivé.

Alors que mon billet était fin prêt à être publié, je lui ai étampé le titre Enrichier les riches, un minuscule e venant s'immiscer en plein milieu du verbe, petite voyelle baveuse et grimaçante, changeant du même coup la signification complète de mon entête. J'avais trouvé ça rigolo, sans plus, me préparant nonchalamment à apporter la correction, m'avouant même que je devrais peut-être laisser l'inscription comme telle. Hésitation, inaction... Mais bon, vous me connaissez, je ne voudrais surtout pas me faire pointer d'un doigt accusateur et me faire clouer au pilori du jeu de mot poche. Je l'ai donc changé, l'ai glissé sous silence. Fui-fui-fui dans la neige blanche.

Lorsque j'ai écrit la suite du premier billet, avant-hier, j'ai fait exactement la même erreur, attribuant un e mal placé au verbe enrichir, m'avouant du même coup vaincu par l'attaque inconsciente de toute cette merde d'affaires de riches (Jamais deux sans trois, je viens exactement de faire la même erreur en écrivant enrichie au lieu de enrichir). On en sort pas.

Alors voilà, au lieu de le passer sous silence, j'en ai fait un billet complet. On dira après que j'assume pas mes ridiculeries (on dira certainement que je n'ai rien à dire par contre, la paix dans le monde, l'injustice sociale et l'imbécilité chronique stridulant par leur absence). Maintenant, pour le lynchage, ça sera par là. ------->

21 décembre 2008

Enrichir les riches, la suite

V'là tu pas que le gouvernement Harper en rajoute une couche avec 4 beaux milliards tout frais imprimés. Là, ça commence à goûter un peu surette dans ma bouche. Qu'un gouvernement américain aide des entreprises américaines, ça passe (à la limite, c'est pas de mes affaires). Mais qu'un gouvernement canadien aide de pôvres hommes d'affaires américains à passer au travers le Temps des Fêtes, ça me créé un putain de malaise. Parce que, hein, faut pas se leurrer, le cash qu'on leur remet aveuglément (ça demeure un chèque en blanc, qui les obligera à remplir leurs promesses?) ne leur permettra de tenir que quelques semaines tout au plus. On vient d'inventer la Guignolée des Affaires maintenant? Les dindes, c'est nous autres là!

Et si on prenait ces 4 milliards et qu'on les injectait dans l'éducation et la réadaptation de ces milliers d'hommes et de femmes sans-emploi afin qu'ils se trouvent une nouvelle place sur le marché du travail plus rapidement? Il est temps qu'un clash se produise, il faut que ça change. Il est clair que le capitalisme tel qu'on le connaît ne fonctionne pas. Et si on fermait les valves? Et si on essayait de faire les choses différemment pour une fois? Et si on essayait un nouveau modèle? Comme disait Hugo Latulipe dans l'intro de sa magnifique série documentaire Manifestes en série, Nous sommes nombreux à rêver de la chute de l'Amérique. Et si c'était à l'aube de 2009 que ça devait se produire?

Edit

Isabelle me laisse en commentaire un lien sur une vidéo du cinéaste Michael Moore qui se prononce sur le sujet et qui met le doigt pile poil sur une solution!

19 décembre 2008

Enrichir les riches



Arghhh! Je ne sais trop quoi penser de tout ça. Ça fait plusieurs fois que je me la pose, cette foutue question: Les gouvernements devraient-ils arroser les poches des grands manufacturiers automobiles américains et renflouer leurs coffres de moults bidous?

Ça me pue au nez qu'une bande de pleins aux as se fasse encore une fois border et mettre une suce au bec avant d'aller au lit de la faillite, pour s'assurer qu'ils feront des beaux rêves tout garnis pour les années à venir. Quand on sait à quel point ces industries ont vécu de grasses années, à shooter les veines de leurs actionnaires à coup de milliards, au détriment d'une planète qui étouffait et d'une classe sociale d'ouvriers qui se tuaient à l'ouvrage pour bourrer leurs coffres, leurs poches et notre naïveté. Me fait chier qu'ils s'en sortent encore une fois avec le bon bout de la carotte. Ça me fait grincer des dents que ça soit encore une fois les plus forts qui remportent la palme.

D'un autre côté, ces industries sont ironiquement le poumon économique d'une Amérique sous perfusion. Ces sales business nourrissent une large partie de la population, directement et indirectement. À combien se chiffrent les retombées de ces géants exactement? Je n'en ai aucune idée mais juste à penser que la vie de tous ceux qui s'en abreuvent pourrait s'écrouler, ça me fout un peu le vertige.

Can't live with them, can't live without them ajouterait le plus macho des économistes. Mais ce n'est pas moi. Moi je ne suis que le simple témoin d'une situation plus grande que mon contrôle, je ne suis que le pauvre bougre qui se questionne et qui se doute que la réponse est beaucoup plus complexe qu'un simple oui ou un simple non.

Y a pas un manufacturier de vélo au bord de la faillite?

17 décembre 2008

Matelas r'tourner moé!

Je vous contais dernièrement mes mésaventures avec les oreillers. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que j'ai aussi tout plein de péripéties de matelas à raconter.

Ma blonde est chialeuse, mais on s'y fait, c'est dans la nature des blondes, même quand elles sont brunes. Ceci explique peut-être cela, allez savoir. Non non, n'y allez pas, c'est une façon de parler. Ma chialeuse préférée n'aimait pas mon matelas double de vieux garçon, criant scandale qu'il creusait des vallons au centre et qu'elle se sentait toujours débouler dans ma direction. Moi je dis que c'est plutôt l'attraction folle que j'exerce mais bon, c'est pas dans ma nature de m'obstiner, vous me connaissez. Après moults débats, donc, je lui ai donné la permission de changer mon compagnon de fortune et de s'en acheter un à son goût. Moi, gentil petit puppy tout cute, la queue entre les jambes (c'est là que ça va), j'acquiescerais à son choix peu importe celui-ci. Oui je sais, je suis merveilleux, pas besoin de le souligner.

Je dois avouer que son premier choix m'a fait réellement plaisir. Un matelas tellement hi-tech, c'est juste s'il ne volait pas (ah non, c'est le vendeur qui nous a volé, j'oubliais). J'ai vécu dans ce nouveau matelas les plus belles années de sommeil de ma vie. Je m'endormais tôt le soir, pouce en bouche couché sur le dos, mains jointes sur le ventre, comme à l'heure de mon dernier repos, puis me réveillait exactement dans la même position le lendemain matin. Le nirvana du dodo quoi. Sauf que ma jouissance fut de courte durée. La madame, dans toute sa chialerie professionnelle et malgré les milliers de bidous que la chose venait de lui coûter, n'a pas apprécié que notre nouveau nid d'amour, aussi chaud et confortable qu'il pouvait l'être, creusait un moule de nos corps dans la mousse de surface. Résultat, deux formes immobiles imprimées dans la face du matelas. Pas moyen de se balancer dans le mou ou de changer de place, nous étions prisonniers de nos cocons. Moi, j'ai plutôt aimé. C'est tranquille un cocon quand ta blonde dort à 4 pieds de distance. Mais elle a plutôt réagi négativement. Oui je sais, vous vous dites vous aussi qu'elle est chialeuse... En tout cas...

Résultat donc, retour du matelas chez le distributeur qui, heureusement, devait honorer une garantie d'échange-satisfaction d'une période de 3 mois. Exit la mousse de polyuréthane, welcome la mousse de latex. On a changé quatre trente sous pour deux piastres. Ça coûte cher les échanges dans le monde du dodo. L'avantage du latex est qu'il n'a pas de mémoire. Exactement comme moi. Sauf que lui n'a pas la mémoire des corps alors que moi, si. C'est la mémoire du reste que je n'ai pas et c'est l'histoire de ma vie. Mais c'est pas de ça qu'on parle.

Le problème avec le nouveau matelas, c'est qu'on dort mauditement plus mal qu'avec le précédent. Au bout de trois semaines, on avait même envie de retourner la marchandise une fois de plus au vendeur. Sauf que quand t'es rendu à ton deuxième matelas à retourner, c'est un peu plus gênant. Ni elle ni moi n'osons faire le move, de peur de passer pour deux girouettes (ou plutôt deux hibous) qui font la grève du sommeil. Alors on chiale, dans le vide, pour le fun et pour que ça fasse du bien. Voici d'ailleurs la retranscription de notre toute dernière discussion sur l'oreiller à ce sujet.

Elle: Ahhhh! Je suis tannée de pas dormir. Je suis tannée de me réveiller toute la nuit, toute croche, inconfortable. Je suis tannée d'avoir mal partout quand je me réveille.
Moi: Ben arrête de chialer pis va le reporter le maudit matelas.
Elle: Non, j'ose pas. Je me suis quand même attaché à lui depuis le temps. Je l'aime maintenant.
Moi: Tu le détestes assez pour ne pas vouloir le garder mais tu l'aimes trop pour t'en défaire? Désolé de te dire ça ma vieille, mais t'as carrément le syndrôme de la femme battue avec ton matelas.
Elle: T'es con!
Moi: Ben oui!

Faut avouer qu'on est cute tout de même...

15 décembre 2008

Dipatisme

Doublevé respire de soulagement aujourd'hui. Qui vole un 9, vole un boeuf est une expression inventée!

14 décembre 2008

Connais-tu ton Mozart?

Méga-nain doit préparer une pièce de théâtre pour Noël. Pour l'occasion, il a dû éplucher une discothèque complète de grands classiques de la musique: Beethoven, Camille Saint-Saëns, Mozart et une foule d'autres morts-vivants. Du coup, il se croit maintenant un génie culturel. J'ai pas osé le frotter, de peur qu'il commence à perdre des couches de peaux mortes...

À chaque fois qu'il apprend quelque chose de nouveau, c'est immanquable. Je deviens le con de service, l'ignorant qui n'a aucune connaissance de l'univers, l'abruti qui a le quotient intellectuel d'un berger allemand. Bref, je ne connais rien. Et dans ce temps-là, l'ado de service aime en beurrer épais pour montrer que lui, il en sait des chôôôses.

Nous sommes à souper au restaurant asiatique, vendredi soir, à s'enfiler des nouilles comme d'autres s'enfilent des Thaïlandaises. C'est alors qu'il en profite pour m'étaler l'étendu de ses nouvelles connaissances.

Lui: J'aime beaucoup Camille Saint-Saëns, surtout Danse Macabre. C'est génial cette pièce.
Moi: Ah oui? Cool. Et le Requiem, t'as accroché finalement sur le Requiem de Mozart?
Lui: Oui j'aime beaucoup. Beaucoup plus d'ailleurs que la Symphonie numéro 40.
Moi: Symphonie numéro quaranteeeeeee....
Lui: Ben oui, tu sais, la symphonie numéro 40 de Mozart! Tu la connais pas?

(Arrogante petite bestiole!)

Moi: J'imagine que je reconnaîtrais l'air mais tu sais, je connais pas toutes les symphonies par leur petit numéro!
Lui: Ben voyons P'pa! Duh! La symphonie en ré mineur! Franchement!
Moi: Henri Mineur? (Je lui tends la main) Enchanté, Patrick Dion.

Ça lui a cloué le bec pour trois délicieuses minutes...

13 décembre 2008

Montées de lait

Inspiré par un billet du podcasteur, l'humoriste Martin Petit dressait cette semaine un genre de palmarès, un best-of des meilleures montées de lait des dernières semaines issues de la blogosphère québécoise.

Le jeu en valait la chandelle. Il y a de jolies perles dans le tas. Celle de Mike Ward, entre autres, qui soulève une question que je me pose depuis belle lurette. Mais notre pauvre Martin, légèrement trop rapide sur la gâchette, ne pouvait se douter que Foglia pondrait la plus délicieuse montée de lait d'entre toutes ce matin-même. C'est ici que ça se passe, et c'est totalement jouissif.

12 décembre 2008

Grand corps mourant

Même si ma poésie est morte de palabres métastatiques sournoises et empoisonnées, même si mon verbe gémit en silences furtifs, j'aime toujours autant les arabesques de la langue et la complainte des mots, qu'elles soient teintées de douceur ou armés de béton.

Un exemple d'urbanité poétique auquel je ne me suis jamais identifié par contre est le slam. Sans aucune raison apparente, je suis incapable de m'y attacher. Ivy, Queen KA, Grand Corps Malade, autant de noms qui auraient pu réconcilier la fibre de deux passions qui m'habitent, la musique et la poésie. Néant.

Jusqu'à ce que je tombe sur Grand Corps Mourant, faux slammeur français qui parodie l'art des mots à l'art de la dérision. Ça donne envie de se réconcilier avec les rimes douteuses.

11 décembre 2008

Mes niaiseries

Quand je vous disais que je profitais de mes "temps libres" pour tourner des capsules et avoir l'air niaiseux, je ne blaguais pas.

Voici justement celle que je viens tout juste de mettre en ligne sur WebTV Hebdo. Oui je sais, le blond me va plutôt bien.

10 décembre 2008

Mettre ses tripes sur la table

Mon shift à TVA s'est terminé vendredi passé. Je suis en "vacances" de VLOG jusqu'au 5 janvier. Je profite donc de ces quelques jours de décembre pour plancher sur les dernières corrections et ajouts de mon roman qui n'en finit plus de finir. Sauf que là, j'ai pas le choix. J'ai promis un point final en décembre afin de l'envoyer à l'E.P., l'Éditeur Potentiel, le plus rapidement possible. There ain't no turning back comme disent les morts dans leur cercueil, faute de place pour se revirer sur un dix cennes!

Plusieurs écrivains et auteurs répètent que l'écriture leur est nécessaire pour vivre, qu'elle est exutoire, qu'elle fait du bien, qu'elle leur apporte réconfort, qu'elle fait prendre conscience ou qu'elle exorcise, qu'elle fait sortir les vidanges le méchant.

Mais comme je l'ai dit ici à quelques reprises (enfin me semble, j'm'en viens vieux pis j'ai plus de mémoire), l'écriture ne me fait pas un pli sur la poche. Ni celle de devant, ni celle du dessous, ni celle sous l'oeil. Pas de bien, pas de mal, pas de pleurs et de grincements de dents. Écrire ne me fait rien pantoute! Pas une miette. Pourquoi? Je n'en ai aucune idée. Et ça ne devrait pas être le cas, surtout que mon roman parle d'amour, de peine, de haine, de vengeance et de désespoir. Ça me fait sweet fuck all à l'âme d'écrire tout ça. Rien, ziltch, nada, niet. Un beau gros vide joufflu avec des picots roses.

Non c'est pas vrai. Ça me fait plutôt rire un peu. Voilà pourquoi.

Quand vient l'heure d'écrire, je repousse toujours le moment jusqu'à la toute dernière seconde. Tout est une bonne raison pour ne pas m'y mettre. Je fouine sur le Web, je réponds à mes courriels, je vais perdre du temps sur Facebook, je publie un billet pour WebTV Hebdo, je lis les blogues de mes contemporains, je me filme à faire des pitreries devant la caméra et je monte les capsules pour le fun ou j'écris tout bonnement ici. Mais quand tout ça a été fait, quand il n'y a plus de vaisselle, plus de ménage, pas de souper à faire, quand j'ai épluché tous les sites pornos gratuits, alors là, je me relève les manches, j'ouvre mon document Word et je me mets à écrire. Et j'écris sans arrêt, sans respirer, comme une urgence de vivre, comme un caféinomane chez Second Cup, comme une laveuse frontale à spin! Et ça m'apporte rien d'autre que la satisfaction d'avoir mis de beaux mots les uns à la suite des autres.

Vous devez vous demander pourquoi je tiens tant à écrire un roman alors? C'est simple, parce que je veux que votre amour pour moi transcende les âges. Putain de besoin d'amour démesuré non?

8 décembre 2008

Merci voisin!

Je viens d'apprendre qu'Amir Khadir a remporté le comté de Mercier. C'est pas chez nous, c'est à côté. Juste juste à côté, de l'autre bord de la track. C'est pas chez nous mais ça me touche quand même. Parce qu'un peu à la façon d'Obama mais à une minuscule échelle, l'espoir d'un changement nourrit, la promesse d'un jour nouveau pointe son nez. Et j'ai foi de lendemains plus verts et plus humains. Merci voisin!

Les arpents froids

Après avoir arpenté les quatre coins de l'école Père-Marquette à la recherche de la porte des étoiles, j'ai grappillé les quelques miettes d'énergie qu'il me restait pour escalader les marches me menant au salut de notre belle province (et je ne parle pas de la poutine quoique c'est pas le gras et les grumeaux qui manquent à l'Assemblée Nationale).

Premièrement, y avait pas un chat au bureau de vote. S'ils n'avaient pas été gelés, on aurait probablement entendu les criquets tonitruer leur ennui en ce jour d'élection. C'est qu'en plus d'être plate, cette élection-ci se fait déclasser par un sujet encore plus intéressant aujourd'hui et j'ai nommé la température. Hé oui, Mère Nature était sur toutes les lèvres, surtout les gercées.

Deuxièmement, je sais pas si c'est parce que mon cerveau était resté coincé dans la zone négative du thermomètre mais j'avais l'air du gars qui n'avait jamais voté de sa vie. Arrive à la table des scrutateurs, passe devant un gars qui est déjà en train de voter dans l'urinoir l'isoloir, fais ma marque dans le rond prévu à cet effet en ayant l'impression que l'espace prévu est aussi gros qu'une tête d'épingle (c'est quoi cette connerie de faire un espace si minuscule?), remet mon coupon de vote à la scrutatrice au lieu de mon talon. J'avais la gueule d'un newbie du vote! Pourtant, me semble qu'on pratique pas mal ces temps-ci!

J'ai oui-dire qu'Amir Khadir et Françoise David auraient d'excellentes chances de remporter dans leur comtés. Cool! Mais je ne devrais pas crier Victoire! tout de suite. Faudrait quand même pas mettre le Charest devant les boeufs.

5 décembre 2008

La Chute, version coalition

Le film allemand de 2004 Der Untergang (La Chute) présentait les derniers jours d'un Hitler affaibli durant la Seconde Guerre Mondiale. Une des scènes du film montre le Fürher, généralement stoïque, perdre les pédales devant ses généraux. La scène a été reprise et parodiée maintes fois sur Youtube. La guerre Blue-Ray/HD-DVD, Vista de Microsoft et même la crise immobilière américaine ont entre autres fait rigoler les internautes. N'en fallait pas plus pour que des petits comiques reprennent l'idée et accouche d'une version pan-canadienne sur des airs de coalition. Voici donc Harper's dictatorship. Et c'est délicieux d'impertinence.

4 décembre 2008

Connecter

Je vous avais parlé en septembre du site Fifty people one question où une équipe de cinéma arrêtait des passants dans une rue de la Nouvelle-Orléans et leur posait tous la même question: Que voulez-vous qu'il vous arrive d'ici la fin de la journée? Le résultat, une expérience qui permet de constater à quel point les aspirations se ressemblent. Les gens connectent beaucoup plus qu'on le croit.

La semaine dernière, l'équipe récidivait une fois de plus dans les rues de New York. Je ne sais pas exactement ce qui me touche dans ce genre de film. Est-ce justement le fait de constater qu'on se ressemble tellement qu'il est possible de connecter et de se comprendre? Est-ce plutôt l'ouverture de ces gens devant la caméra. Ou est-ce tout simplement le montage serré, les sourires croqués sur le vif ou la belle photographie? Je ne sais toujours pas. Mais j'achète.



via Rocketboom

3 décembre 2008

Proposition 8

On n'en est pas à un premier paradoxe américain près. Après avoir fait un pas de géant en élisant le premier président de race noire, le bon peuple du sous-sol canadien rejetait le même soir la proposition 8 donnant aux gais et lesbiennes le droit de se marier.

N'en prenait pas plus pour que le portail Funny or die en fasse une comédie musicale, Proposition Eight, mettant entre autres en vedette nul autre que Jack Black dans le rôle de Jésus. Ceci est son cor (anglais), livré en 30 minutes ou c'est gratuit.

See more Jack Black videos at Funny or Die

2 décembre 2008

Consommaction

La semaine dernière, un gardien de sécurité se faisait piétiner à mort dans un Wal Mart de Long island dans l'état de New York, durant la plus folle journée de magasinage de l'année, le Black Friday. Le Black Friday, c'est pire que le Boxing Day. Des spéciaux "jamais vus" (semble-t-il). Mais bon, on sait bien qu'offrir 70% de rabais sur un article à 1000$ quand il se vend à tous les jours 350$, c'est pas un bien gros rabais. N'empêche que ça pogne pareil, surtout chez les acheteurs de matelas et d'électronique.

On décrie tous cette folie de la surconsommation américaine, on pointe tous du doigt ces mongols à batterie qui se précipitent comme des malades à l'intérieur d'un Wal Mart à 5 heures du matin après avoir passé la nuit à attendre à l'extérieur des portes, simplement pour sauver 5 piastres sur un putain de DVD ou même 200 sur une télé foule HD. Sauf qu'on fait nous aussi parti de ce monde-là. Le pauvre gardien qui est mort piétiné vendredi passé, c'est un peu de notre faute à nous aussi.

Êtes-vous vraiment surpris par cette consommation à outrance? Pas moi. On bouffe des cossins comme des fous, on achète toujours plus, on achète des trucs même quand ils sont encore utilisables, simplement parce que ça coûte moins cher d'en acheter des nouveaux que de faire réparer les défectueux. Y a pas quelque chose qui cloche coudonc?

Bien sûr, les publicitaires y sont pour quelque chose. Évidemment que la société y a à voir. Mais c'est nous la société! N'avez-vous pas remarqué qu'on fait tous ça dans nos vies de tous les jours? Ne vous êtes-vous pas aperçu qu'on consomme aussi à outrance une multitude de bébelles autres que des bien matériels sans qu'on s'en aperçoive?

Que dire de toutes ces chaînes télé sans fin offertes par le câble? Une pour la cuisine, une pour le soccer, quatre pour les nouvelles, trois télés généralistes, une pour matante Germaine, une pour Kevin full chill yo, et bientôt, qui sait, une pour Fido pour l'empêcher de se morfondre seul à la maison durant ces trop longues journées? Comment ça se fait qu'on trouve encore le moyen de dire qu'y a donc rien à regarder à tivi à soir? Comment se fait-il qu'on s'écoeure d'écouter un nouvel album deux semaines après l'avoir acheté? Y a tellement de nouveaux groupes de musique qui voient le jour. C'est sûr qu'on trouve le moyen de dire que la musique sur notre iPod est donc ben plate! Même chose du côté de la littérature. Y a plus de cinq cents nouveaux romans qui voient le jour au Québec à chaque année. On flushe un livre qu'on aime pas après trente pages. Est-ce normal? On n'a jamais eu autant accès à de l'information et de l'opinion, que ça soit via les blogues, les sites de nouvelles et d'actualités, les webtélés, les portails vidéos, assez pour ne pas avoir le temps d'en faire le tour. Comment ça se fait qu'on chiale quand même après les médias en les accusant de créer de la nouvelle? On bouffe à outrance, on boit à outrance, on s'amuse à outrance, on cruise à outrance, on baise à outrance, on recommence over and over again à outrance. On consomme nos amitiés, nos amours, nos jobs, nos vies entières.

Maintenant, comment on fait pour sortir de cette spirale infernale? On n'en sort pas...

1 décembre 2008

Bienvenue au MApple store!

Vous l'avez lu hier, j'ai un Mac et je l'aime. Comme un fou. Je ne changerais ma bête pour aucun PC au monde. Sauf que j'aime aussi l'humour croustillant. L'épisode des Simpsons d'hier mettait en vedette la famille du même nom arpentant les allées d'un faux Apple Store, le Mapple Store. Résultat, 5 minutes de pure jouissance animée contre la Pomme et Steve Jobs que vous pouvez retrouver sur Youtube. Dépêchez-vous d'y aller pendant qu'il en reste.