31 mai 2008

Le mouton jaune brun

Je viens d'apprendre par Steve Proulx que le réseau TQS aurait approché Stéphane Gendron ainsi que le Doc Mailloux pour une collaboration à l'émission L'avocat du diable. Je pourrais qualifier cette décision de "boiteuse" mais ça serait jouer dans la facilité.

TQS considérait supprimer, il y a à peine un mois, son département de nouvelles au grand complet. C'était d'ailleurs hier que la majorité des journalistes quittaient le diffuseur. TQS avouait par contre dernièrement vouloir continuer à faire de l'information, mais de façon différente. Avec cette dernière nouvelle, on voit très bien vers quelle différence le mouton brun se dirige.

Hé bien quant à moi, si la différence doit passer par le jaunisme et la diffamation, ma télé demeurera muette au Canal 5.

30 mai 2008

Dipatisme



Comme dirait le plat Tupperware, après une couple de semaines passées dans le frigidaire, tu sais plus trop ce qui se trouve sous le couvercle de l'anonymat.

29 mai 2008

Indiana Jaune

Z'avez vu le dernier Indiana Jones? Le mystère de la boule de cristal à la tête du royaume de Jéhovah (ou quelque chose comme ça). Le film était attendu depuis plus longtemps qu'un été québécois (c'est peu dire). Populaire le vieux schnock? Plus que jamais. Et après seulement une semaine sur nos écrans, il en existe déjà une parodie.

Le Comité de la Claque est un groupe d'humoristes français qui sévissent sur le Web depuis plusieurs années. Ces petits rigolos se spécialisent en fausses pubs et en parodies de toutes sortes. Leur plus récent coup de génie, vous l'aurez deviné, est cette parodie de la bande-annonce du tout dernier Indiana Jones. Leur version s'intitule Indiana Jones et la prostate enflammée et bien qu'elle soit un peu crotte-pipi-caca-poil, elle vaut vraiment la peine que vous y jetiez un coup d'oeil.



L'original est ici

Tagueuuu

Parce qu'on me tague de nouveau (mais surtout parce qu'on me taxe de chiche), je réponds à cette foutue tague. Direz pas que chu pas fin après! PVI, je déteste ces tagues! ;-)

Règlements:

1- Mettre le lien de qui m’a taguée (Done)
2- Mettre le règlement sur mon blogue (Check)
3- Répondre aux 6 questions suivantes (C'est plus bas)
4- Taguer 6 personnes à la fin du billet en mettant leur lien (Êtes-vous malades dans tête? Je l'ai dit que j'haïssais ça les tagues. Je suis pas pour tyransmettre cette bébitte par-dessus le marché)
5- Avertir directement sur leur blogue les personnes taguées (Voir plus haut)


Question 1 : Un aliment ou produit que je n’aime pas du tout

Tous les organes (et je ne parle pas de l'instrument de musique). Les rognons, le foie, le boudin, la cervelle, le gésier, je trouve tous ces morceaux absolument dégueus!

Question 2 : Mes trois aliments favoris

Difficile de trancher. J'aime trop de choses. Je suis un gourmand, un épicurien voire un épicurieux. J'aime essayer plein de choses. J'aime les aliments qui me surprennent. Je suis autant sucré que salé ou épicé.

Question 3 : Ma recette favorite

Je fais le meilleur couscous royal en ville. Garanti ou je vous rembourse. Il n'y a aucun marocain qui m'accote. Demandez à n'importe qui ayant goûté ma recette. Ma recette de saumon au cari rouge est aussi difficile à battre. Et je viens de mettre le doigt sur un ragoût tunisien pas piqué des vers pantoute!

Question 4 : Ma boisson favorite

Je craque pour Bacchus. En fait, c'est probablement le seul dieu que j'adore. Surtout dans sa robe rouge.

Question 5 : Le plat que je rêve de réaliser et que je n’ai toujours pas fait.

Aucun. J'ai le guts du gars qui essaye tout. Et j'ai le pif pour bien ajuster les bons ingrédients aux bons endroits.

Question 6 : Mon meilleur souvenir culinaire

Je me rappelle, il y a de cela quelques années, les excursions aux Fêtes Gourmandes de l'île Notre-Dame. C'est là où j'avais entre autres goûté pour la première fois à du serpent et à de l'alligator. Pourquoi ce festival n'existe-t-il plus d'ailleurs? Je me souviens aussi du cochon d'inde ingurgité au Pérou. Il était mignon, comme ça, dans mon assiette, avec ses petites dents pointues. Je planifie aussi me créer tout un souvenir alimentaire en mangeant Fido lors de notre escapade au Viêt Nam en août prochain.

Voilà!

28 mai 2008

En deux temps

Elle est belle. Elle est cool. Elle est branchée. Elle flashe de toute sa parure. Elle en met plein la vue et elle a un corps du tonnerre dans ses dessous estivaux. Elle coule un parfum dans l'olfactif de sa faune bigarée. Montréal.

C'est une salope aussi. Une pute qui se fait un fix dans la nuit noire. Une sans-abri qui émane des airs d'après-guerre nucléaire entre deux hivers. Une malade mentale qui crie l'incompréhension de certains jours. Y a pas que moi qui n'y pige rien parfois.

Ma ville. Amour/haine. Beauté/laideur. Deux images, deux émotions, deux saisons. Montréal en deux temps.



Comme mon Nain en 2 temps. Le premier, juché, fier, sur son vélo dimanche dernier, heureux d'être, tout simplement. À sa place.



Puis un deuxième temps, au souper, le lendemain. Les tortillas sortant du four, bouillants. Lui, revenant les mains agitées et pleines, tout l'appétit du monde dans les yeux.

- Fais attention P'pa. C'est chaud, c'est ex-trê-me-ment chaud
- Ah oui? Extrême-ment-chaud? Comme dans Super Pingouin?
- ...

N'empêche que dans toutes les niaiseries qui peuvent sortir de ma bouche, le bonheur se livre toujours, vaincu, sur son visage.

27 mai 2008

La poignée



Ça y est. Out goes le petit Bernier d'Amérique. Il ira, à compter d'aujourd'hui, picosser dans un autre Joe Louis. On l'accuse d'avoir "égaré" un document hautement confidentiel appartenant au gouvernement canadien. Une brèche dans la sécurité dans notre beau grand pays A mari usque ad mare. Vous voulez mon avis (j'imagine puisque vous lisez ces lignes)? Le papier qu'il a perdu était sans doute le menu de Pizza Hut. Sa relation avec Julie Couillard? Ben non! Ses nombreuses frasques et gaffes ministérielles? Jamais!

"Aucun rapport avec sa démission", ajoute Papa Castor, notre bon vieux Stephen 1er.

Alors que tous et chacun au Parlement de la verte et plate capitale du plussse beau pays du monde s'époumone à savoir ce que contenait le fameux document égaré, je ne peux m'empêcher, de mon côté, de me demander quand le gouvernement fédéral arrêtera de me prendre pour un cave en tentant de me faire avaler n'importe quoi.

Tout d'abord, j'ai toujours trouvé hypocrite d'expliquer un renvoi par le mot démission. Quand ton boss t'oblige à signer une lettre de renvoi démission, ben C'EST une foutue démission un foutu renvoi (j'en suis tout mêlé). Check mon homme, tu t'es gouré, tu te fais renvoyer. C'est pas plus compliqué que ça. Ça fonctionne comme ça dans la vie de tous les jours pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas comme ça pour les businessmen et les haut-gradés parlementaires? Not good, out ya go!

Deuzio, Monsieur Harper, avouez-le donc que vous le mettez à la porte à cause de l'histoire de Julie Couillard. Répétez après moi: Ça a rapport, on s'est planté, on est désolé. Maintenant, on passe à autre chose. Merde! C'est insultant à la fin se faire prendre pour un abruti. Je n'ai pas de poignée dans le dos et et je n'ai aucune envie de m'en faire pousser une! Arrêtez de prendre vos électeurs pour des crétins.

Quoique, en y pensant bien, à force de réélire des gouvernements qu'on a juré ne jamais reporter au pouvoir, faut pas rester surpris qu'ils nous traitent ensuite comme des idiots.

26 mai 2008

I see dead people

Depuis mon tout jeune âge, je devine la fin des films et des romans. C'est un peu plate de toujours se douter à l'avance comment tout se termine. Ça doit expliquer pourquoi la plupart des blockbusters américains me laissent de glace, tout cousus qu'ils sont de leur fil blanc (de leur câble fluorescent devrais-je dire). Je me rappelle par contre très bien que les Dix petits nègres d'Agatha Christie m'avaient totalement semé dans le labyrinthe de mes suppositions.

Il y avait aussi le film The Sixth Sense, réalisé en 1999 par M. Night Shyamalan et mettant en vedette Bruce Willis, qui m'avait laissé complètement pantois. I see dead people, répétait Cole, le jeune garçon brillamment joué par Haley Joel Osment. Et moi, trop occupé à les voir aussi, ces fameux dead people, je ne m'étais pas du tout aperçu où me propulsait ce scénario à la vitesse des frères Lumière, à l'autre bout de mes élucubrations. Je me souviens m'être esclaffé si fort dans le cinéma lorsque la bague du personnage de Willis roule par terre, après avoir finalement compris dans quel bateau on m'avait mené. Depuis ce jour, j'aime tous les films de Shyamalan. Même le très catho Signs et le très moralisateur The Village m'ont conquis. C'est peu dire.

Le 12 juin prochain, c'est au tour du film The Happening de prendre d'assaut les écrans de nos salles de cinéma. Après avoir vu la bande-annonce, je sais d'ores et déjà que je ferai partie de ceux qui courront voir ce film sur grand écran. Le synopsis? Aucune idée. Déjà dans la bande-annonce, ça part dans tous les sens. Les acteurs crèvent l'écran et les personnages crèvent à l'écran. C'est tout ce que je sais pour l'instant. D'après l'IMDB, le film relate l'histoire d'une famille qui fuit une catastrophe naturelle qui s'attaque à l'humanité toute entière.

À la manière d'Improv Everywhere et leur freeze mob à la gare Central Station de New York, un groupe d'australiens a tenté une expérience similaire, basé sur le scénario du film: à Go!, tout le monde se jette par terre et meurt durant cinq minutes. Incrédule comme je suis, je m'imagine rire à gorge déployée si je me faisais prendre au beau milieu d'une telle situation. Pour les autres par contre, ça doit être légèrement freakant!



via iPub

23 mai 2008

Une autre pub

Mais celle-ci, c'est pour une bonne cause: la mienne! ;-)

Demain à 18 heures sera présenté le tout premier Gala Blogu'Or. J'en parle d'ailleurs sur Branchez-vous! aujourd'hui. Et on est tous fébrile comme des gazelles qui se font brouter par des lions.

Allez-vous y être? À votre place, je ne manquerais pas ça pour tout l'Blogu'or du monde. Parce que j'étais présent dans deux nominations, parce que j'y fais une présentation et parce que j'y fais aussi un numéro. Voilà trois excellentes raisons pour venir rire de moi. Voilà trois merveilleuses raisons pour moi de paraître ridicule, tout de mon 3D vêtu. Mais vous savez, si on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas une rizière (proverbe vietnamien).

Je vous y attends donc tous demain (ben non, j'y serai même pas pour vrai, je vais être chez nous!). En attendant, vous pouvez jeter un œil sur mon magnifique personnage dans la fantastique bande-annonce qui suit. Encore une fois, un immense bravo pour cette initiative de La Fêlée et de l'Ex-Ivrogne. Z'ont même réussi à me rendre présentable. À demain!

Saloperie de pub!

Mais pas toujours. J'étais à rédiger une recherche sur le merveilleux monde de la publicité quand je suis tombé sur ce bijou d'humour qui égratigne délicieusement le fabuleux univers du rêve en canne!

22 mai 2008

Un coeur dans la pomme

Mon premier ordinateur était un Mac. C'était en 1993. C'était la bombe de l'époque. 8 Mb de RAM, 250 Mb de disque dur, un lecteur CD 4x, un fax/modem de 14 400 bps. Le gros luxe quoi. Photoshop ne prenait que 3 minutes à démarrer.

4 ans plus tard, j'ai connu le monde du PC. Je me suis aperçu que je pouvais jouer à une tonne de jeux. Les heures que j'ai passées à résoudre les énigmes de Myst. Wow! N'en fallait pas plus pour me convertir. Windows 95 plantait peut-être souvent mais c'était le prix à payer pour jouer à une foule de jeux tous plus géniaux les uns que les autres. J'ai ainsi batifolé dans les plates-bandes de Microsoft durant plusieurs années. Mon boulot m'obligeant à posséder un PC, j'ai vécu les montagnes russes de la firme de M. Gates. Win95, on descend, Win98, on monte un peu, 2000 on monte encore plus, XP, ça s'en vient, lâchez pas, Vista, c'est la descente infernale, le nez au vent, les babines soufflées par la force G de la chute. Ouch! Méchante dégringolade. Loin de moi Satan!

Quand est venu le temps de changer mon ordinateur au mois de septembre dernier, j'ai succombé à la tentation de revenir à mes premiers amours. Les grands insécures font ça des fois. J'ai sacré à quelques reprises les premiers temps, mon Mac ne me laissant prendre aucune décision. Pas moyen de tricher. Je vous dis, une vraie histoire de couple. Puis, comme dans la vraie de vraie vie, j'ai appris à lâcher prise, j'ai commencé à faire confiance et à m'abandonner à la bête. Depuis, je surfe sur un nuage de bonheur, le bit au vent.

Le réalisateur américain Dennis Liu vit aussi une véritable histoire d'amour avec son Mac. La preuve, cette vidéo tout à fait géniale intitulée Apple Mac music video, mettant en vedette le bureau de son Mac qui danse sous la chanson pop Again & Again du duo de L.A., The Bird and the Bee. C'est frais, c'est groovy et ça vous en met plein la vue. Comme mon iMac.

20 mai 2008

I'm not there

Je ne suis pas un fan de Bob Dylan. En fait, je ne le connais presque pas. Je ne suis pas de la génération folk. Je ne pigeais rien aux protest songs des années 70 parce que la seule chanson de contestation que je connaissais dans ce temps-là était celle de mes pleurs qui signifiaient à ma génitrice mon mécontentement au fait que le lait dans mon biberon était trop froid.

Mais ça ne m'a pas empêché d'écouter I'm not there ce soir, une fable cinématographique sur la vie du chanteur. Et Dieu que j'en suis heureux.

I'm not there, c'est une envolée lyrique en six actes, couvrant six différents traits de Bob Dylan, interprétés de six façons différentes par six acteurs qui crèvent littéralement l'écran. Les six visages de Bob Dylan sont Christian Bale, Cate Blanchet (hé oui, une femme), Heath Ledger (creepy), Richard Gere, Ben Whishaw et Marcus Carl Franklin, interprétant à tour de rôle et de façon magnifiquement et faussement juste (c'est une fable, ne l'oublions pas) le personnage plus grand que nature qu'est Dylan. Pas besoin d'être fan du chanteur pour apprécier ce film à sa juste valeur. Honnêtement, c'est fort probablement le film que j'ai le plus apprécié cette année. Réalisation, photographie, montage, bande sonore, tout a été mis en œuvre pour en mettre plein les sens. Et que dire de la surprenante présence, en avant-plan, de Charlotte Gainsbourg? Un délice!

Et je me dis après coup que ça serait intéressant de me séparer en six identités distinctes, comme ça. J'aimerais épier les six faces prédominantes de mon caractère, les voir vivre par elles-mêmes. Lesquelles émanerais de moi? Lesquelles me cerneraient le mieux? L'artiste, le rebelle, l'insécure, l'obstiné, l'ultra-sensible, le boulimique d'amour? Qui suis-je et comment réagirais-je si j'étais séparé en toutes ces parties distinctes? Et serais-je surtout plus intègre si je n'étais pas un?

Formol équitable

Difficile de se remettre dedans après avoir passé la fin de semaine à brûler le sofa par les deux bouts. C'est fou à quel point on peut devenir larvaire à force de ne rien faire. Malgré un souper familial vendredi et une fête amicale samedi, je pourrais quand même accuser dimanche et lundi d'enlèvement. Alors je nage dans un espèce de formol ce matin, à tenter de remettre mes idées dans le bon ordre, ne sachant pas trop par où commencer.

Je pourrais vous parler de l'histoire de Nancy Michaud, cette mère de famille/attachée politique enlevée et tuée à Rivière (not so) Ouelle mais Pat Lagacé en a glissé quelques paragraphes qui sont diablement plus efficaces que le moindre des mots que je pourrais enligner en ce lendemain de trois/quatre veilles. Je pourrais vous entretenir aussi du Myanmar et de sa toute dernière tragédie mais je ne pourrais jamais approcher la justesse du reportage que l'équipe de Moblogic a créé hier. D'ailleurs, saviez-vous que le nom Myanmar, amplement utilisé par les médias d'ici est en réalité le nom donné à ce pays par la junte militaire? Malgré la dictature, les habitants, eux, continuent d'appeler leur pays la Birmanie. Va pour la Birmanie alors.

J'aurais pu aussi faire dans le léger et vous causer de lip dub à la Chiquita banana ou même d'un mélange Woody Allen. Mais je n'en ferai rien. Parce que j'ai les idées dans le formol en ce lundi mardi matin.

Par contre, j'ai envie de vous glisser un petit mot sur le Manifestes en série d'hier soir. Son titre: Nourrir le pays. Je ne relaterai pas toute la beauté des images et la justesse du propos derrière ce dernier Manifeste. Je suis vendu, punto finale. Mais j'ai eu cette réflexion (wow!, on prend une photo?) en constatant qu'on avait, Chiiiiirie et moi, emprunté ce virage de consommation alimentaire réfléchie depuis un bon bout de temps: avoir des principes, ça coûte cher.

L'alimentation conscientisée coûte cher en ce moment parce qu'en plus de subventionner des industries non-équitables et non-biologiques à grands renforts de taxes et d'impôts, ceux qui achètent localement, équitablement et biologiquement paient plus cher leurs aliments que ceux qui paient pour la scrap made in China en vente au Dollorama. Manger intelligemment, un sport de riche alors? Je ne crois pas puisque les plus riches ne sont pas toujours les plus conscientisés. Mais je ne voudrais pas généraliser.

Par contre, par nos gestes de consommation réfléchie et surtout tant que nos gouvernements ne mettront pas l'épaule à la roue, nous sommes à nous seuls en train d'instaurer un nouveau système de consommation intelligente, un système qui fera un jour baisser les prix pour que certains riches paient encore moins cher pour leurs produits et soient encore plus riches. Chiant? Toujours les mêmes qui paient? Ça arrive souvent, mettons. Mais dans le cas présent, je me couche à chaque soir un peu plus heureux (et un peu plus pauvre) d'avoir contribué à cette métamorphose nécessaire.

Bon mardi!

16 mai 2008

Where the @&*$#! am I?


Dîner avec les cravates hier, dans le coin d'un Montréal que je ne connais pas, le Montréal d'un Canada qui parle la langue de Shakespeare, le Canada des biens fringués où même les goths et les punks arrivent à être à la mode. On a pas toujours besoin de se rendre à l'autre bout de la planète pour baigner dans une autre culture.


Mais revenons-en à la culture d'ici. Celle du groupe de l'heure au Québec, celle avec un C aussi majuscule que majestueux, à l'image de leur dernier album intitulé Le volume du vent.

À la manière des concerts à emporter de la Blogothèque, P45 nous convie à un Dans ton salon tout spécial où Karkwa nous offre une performance empreinte de spontanéité. Merci, tout simplement.


Dans ton salon Karkwa de P45 sur Vimeo

15 mai 2008

La vedette n'est pas juste un bateau


WebTV Hebdo n'est pas né qu'il subit déjà les critiques de quelques détracteurs, certains y allant même d'attaques personnelles à l'endroit d'un de ses créateurs. Avoir sa face régulièrement médiatisée ne doit pas être chose facile. Tout ce que tu fais, tout ce que tu dis, tout ce que tu manges est scruté à la loupe. Mais je n'arrive tout de même pas à saisir l'entêtement de certains à porter des jugements gros comme un discours de Vincent Lacroix, par l'image qu'ils voient d'une personnalité à la télé.

J'en parlais justement à Chiiiiirie en faisant du balcon hier soir et j'en suis venu à une conclusion étrange. Au Québec, on entretient une relation vraiment particulière avec nos vedettes. La majorité des fans d'un artiste le laissent en paix. Une poignée de main, un sourire, un autographe, n'en faut pas plus pour les rendre heureux. Les artistes eux-mêmes le savent et ne s'en plaignent pas du tout. Au contraire, grâce à cette distance que créé leurs fans, ils sont libres de bouger où qu'ils déambulent. Libres d'aller au resto, libres d'aller prendre un verre, libres de fouiller leur nez comme bon leur semble. On ne peut en dire autant des vedettes en France ou aux États-Unis où celles-ci sont constamment assaillies par des groupies en délire. Au Québec, on laisse tellement nos vedettes en paix qu'on se permet même de les envoyer chier sur la place publique, parce qu'on ne leur aime pas la face ou parce qu'on les trouve prétentieux. Mon avis sur le pourquoi du pourquoi? Les gens sont secrètement jaloux du succès de leurs confrères et consœurs qui foncent. Qui a dit que nous devions être un petit peuple soumis?

En répondant en commentaire à quelques détracteurs de WebTV Hebdo sur le billet de Technaute, je me suis aperçu que peu de gens savent ce qu'est en réalité une Webtélé. Selon Wikipedia, il s'agit d'un site Internet dont les contenus sont à dominante vidéo. C'est un peu flou comme définition. J'irai donc de la mienne, en expliquant du même coup ce que sera la mission de WebTV Hebdo. Je vous retranscris donc ici une partie de ce commentaire.

Maintenant, pour répondre en bloc à tous et chacun, laissez-moi faire un rapide survol de ce qu’est la Webtélé. En fait, je vous dirais en premier lieu ce qu’elle n’est pas. Tout d’abord, la Webtélé n’est pas Youtube. Youtube est un portail de diffusion de contenu. Juste pour le fun, demandez donc à un néophyte de dénicher une série web qui a une chaîne sur Youtube? Si vous savez comment, tant mieux. Mais que se passe-t-il alors avec les webséries hébergées chez Vimeo, Blip, Veoh, Viddler, Nerve et j’en passe? N’ont-elles pas droit de diffusion parce qu’elles sont hébergées ailleurs? Contrairement à ce que certains semblent penser, la Webtélé n’est pas non plus un portail où il est possible de se connecter sur les différents diffuseurs standards tels que Radio-Canada, TVA ou ABC. N’en déplaise à Actarus (pseudonyme d'un détracteur), Planet Fools n’est pas une Webtélé, ni un guide de Webtélé. C’est un portail qui recense les différents diffuseurs câblés et hertziens mondiaux (et autres bébelles tels que jeux, etc.).

Les Webtélés sont des séries créés par et pour le Web. Ce sont des capsules qui durent entre 2 et 10 minutes et qui reviennent à une fréquence régulière, habituellement hebdomadaire. Les Webtélés NE SONT PAS des plates-formes de diffusion mais bien des créations au contenu original. Nous en sommes présentement aux balbutiements dans ce nouvel univers. Au Québec, on en recense présentement environ une trentaine. Par contre, l’Europe et plus particulièrement les États-Unis en dénombrent pas mois de 4000 selon l’engin de recherche du logiciel Miro. Combien??? Vous avez bel et bien lu. 4000! Et ce nombre ne reflète qu’un seul engin de recherche. De tout ce nombre, peut-être le quart valent le détour. Vous avez envie de vous taper les 4000 pour savoir laquelle vaut ce détour? Je ne pensais pas non. Et maintenant, vous vous demandez toujours si un site comme WebTV Hebdo a sa place ou non?

14 mai 2008

La maladie de la vache écolo-folle

Je sais que mon discours environnemental fait parfois chier le peuple. Mais pas juste le mien. Celui de tous les verts, j'en suis persuadé. À moins que vous en soyez un vous-même, vous en conviendrez. Je ne veux surtout pas être raciste mais je crois qu'à force de montrer nos faces vertes, on écoeure les gens des autres couleurs...

Je sais que je répète toujours le même discours: Sauvez la planète! Amènez vos propres sacs quand vous magasinez! Fermez l'eau du robinet! Les lumières, c'est pas des trous de cul de poules, ça se ferme! Oups, excusez, je dérape. Je parlais à mon Nain.

Les écolos-granos-enviros sont par définition des êtres chiants et fatiguants. Je le sais, j'en suis un. Et je suis même pas un freak. Vous imaginez si j'étais un fou de macramé en plus? Les écolos sont chiants et fatiguants parce qu'ils sont comme des parents qui disent toujours quoi faire à leurs enfants! Fais ci, fais pas ça, mange du carton, recycle tes vieilles jokes, composte ta grand-mère. Dieu qu'on est insupportable.

Imaginez alors à quel point je saute de joie quand j'aboutis sur un site écolo-drôle où la morale de l'histoire glisse aussi bien que Popa dans Moman. Quoique mon Popa est mort et enterré et qu'il glisse en conséquence beaucoup moins bien qu'avant dans Moman. Mais bon, passons. Z'avez compris ce que je voulais dire: On est heureux d'entendre un discours différent.

Et c'est exactement le cas d'un tout nouveau site commandité par la chaîne américaine spécialisée Animal Planet qui présente une douzaine de très courts-métrages d'animation mettant en scène des animaux en pâte à modeler. Sur Animals save the planet, ces amusantes bestioles nous rappellent sur fond humoristique, les gestes que l'on peut et surtout que l'on doit poser au quotidien pour faire de cette la planète un plus bel endroit où vivre. Les capsules, créées par les studios Aardman (ceux-là même qui ont créé les films d'animation Wallace et Gromit ainsi que Chicken Run), sont des bijoux d'ingéniosité et certaines sont carrément jouissives. Moi je l'aime le mouton qui broute! En fait, je trouve même qu'il me ressemble...

13 mai 2008

Trésors urbains

En rentrant du souper de fête de mon ami né à la même date que moi mais qui a un an de moins que moi et que tout ça on l'a ignoré si longtemps samedi dernier, on déambule sur la rue Rivard entre Rachel et Marie-Anne jusqu'à ce qu'on tombe nez à nez en plastique avec une bande de joyeux lurons sans Blanche-Neige.

Qui a dit que Montréal ne cachait pas de nombreux trésors et qu'elle n'avait pas non plus un immense sens de l'humour?

12 mai 2008

Liberté je crie ton nom

Grâce aux Jeux Olympiques, les chinois pourront peut-être retrouver la liberté de parole.

Mais seulement au détriment de la liberté de bouger!

Aouch!

Pour d'autres photos et le reste de l'histoire, c'est ici.

Le gros cave

Je ne tripe pas sur Jean-François Mercier. Je n'aime pas son humour et je n'aime pas le personnage. Je trouve que ce dernier porte malheureusement bien le titre de son site Web, Le gros cave. Et là je ne parle pas de Jean-François Mercier l'homme. Je me doute bien que le gars n'est pas nécessairement comme ça dans la vraie vie. Je parle du personnage public, de l'image qu'il laisse derrière lui à la radio, à la télévision et sur son site Web.

Mais je dois avouer qu'il m'en a mis plein la vue hier soir lors du Gala des Oliviers. Wow! Vous avez vu et entendu cette attaque à l'endroit des producteurs de disque et de la pôôôvre Marie-Hélène Thibert, qui scandait dernièrement sa pauvreté à Tout le monde en parle.

Vous l'avez manqué? No problem! Vous savez ce que je dis? Vive Youtube! Mesdames et Messieurs, il me fait donc plaisir de vous présenter cette pièce d'anthologie. Chapeau Monsieur Mercier!


9 mai 2008

Enfin!

Oui! Enfin! Après des semaines à me ronger l'intérieur des joues et à me faire des noeuds dans la langue pour ne pas vous révéler ce qui m'emballe, je peux finalement lever le voile sur ce nouveau projet qui me tient tant à coeur.


Après seulement deux mois de chroniques sur le blogue de Dominic, WebTV Hebdo devient un tout nouveau portail sur la Toile québécoise. Issu de la tête et du coeur de Dominic Arpin, Maxime Fleurant, Jessica Paré, Patrice Spencer et moi-même, WebTV Hebdo devient le premier et unique portail francophone de Webtélés d'ici et d'ailleurs. Pour plus de détails, je vous invite à aller visiter la toute dernière chronique sur le blogue de Dominic. Le site sera en ligne d'ici environ un mois. En attendant, je vous invite aussi à vous inscrire sur la liste d'envoi du site et à joindre les rangs du groupe Facebook.

C'est un grand honneur pour moi de m'associer à ces gens mais plus particulièrement à Dominic, un ami et un journaliste d'avant-garde qui s'est toujours positionné sur la ligne de front pour qu'émergent les talents du Web québécois. Et tout ça avant même que la plupart de ses confrères daignent jeter un oeil à ce qui buzze sur Internet.

Maintenant, c'est à votre tour de prendre part à cette merveilleuse aventure avec nous. Parce que WebTV Hebdo, c'est un peu vous autres aussi.

8 mai 2008

Simard s'en suive

On est jeudi, il est 19h45. Joue à TQS l'entrevue que Nathalie Simard accordait hier à Jean-Luc Mongrain. Je suis probablement le seul extra-terrestre à des kilomètres à la ronde à ne pas être rivé à mon écran pour regarder cette entrevue.



L'histoire de Nathalie Simard, moi, je m'en torche. Royalement. Elle ne me fait ni chaud, ni froid, ni tiède, ni bouillant, ni congelé, ni vaporeux (je pense avoir fait le tour). En fait, je suis surtout écoeuré de l'hyper-médiatisation de la chanteuse déchue. J'ai mon voyage (à Punta Cana)!

Et je suis inondé de questions quand je regarde tout ça de mon oeil de bébitte intersidérale. Comment en est-on arrivé là? Qu'y a-t-il de si extraordinaire dans son histoire que la province entière s'accroche à elle, à ses propos, à ses frasques, au moindre bruit expulsé de son corps comme des inspecteurs d'impôt sur d'honnêtes contribuables, comme des sangsues sans bon sang? Vivons-nous dans un pays où il y a tellement peu de choses qui se passent que l'on doive absolument inventer la nouvelle?

Image Ygreck.ca

6 mai 2008

La chute de l'Amérique

L'introduction de la série d'Hugo Latulippe, Manifestes en série, me donne la chair de poule. Bercée par une musique qui vous vrille les tripes, on y entend le réalisateur nous donner sa vision, via une prose magnifique, de la merde sociale et économique dans laquelle on patauge. Vers la fin de l'introduction, on entend Hugo dire ceci:

Nous sommes nombreux à rêver de la chute de l'Amérique.





J'assistais le mois dernier au lancement de la série au cinéma Ex-Centris. Il y avait, à la fin de la projection, une période de questions. Une femme s'avança au micro et s'avoua gênée et outrée de cette citation particulière. Cette ligne, quant à moi, m'avait fait sourire. J'adorais les images qu'elle avait provoquées à mon esprit. Et malgré toute la poésie dont elle fait preuve, il y a quand même un fond de vérité derrière celle-ci. Notre système économique tel qu'on le connaît ne fonctionne plus. Quelque chose doit arriver, un grand chambardement doit se produire afin que notre planète puisse survivre à nos niaiseries, pour nos enfants et nos petits-enfants.

Il y a longtemps que je voulais vous partager le documentaire The story of stuff, une production en-ligne signée par l'activiste Annie Leonard. Là ou le film The Corporation pêchait par sa longueur, The story of stuff demeure une animation courte, précise, directe et terriblement forte et efficace. C'est un vrai petit bijou de légèreté qui traite d'un sujet tout à fait à l'opposé. Où est ma place dans cette roue capitaliste sauvage? Quelle différence puis-je faire à mon échelle d'être humain?

Est-ce que le mini-documentaire d'une vingtaine de minutes fait preuve de nouillerie pour autant? Pas du tout. Pourquoi faire d'un sujet sérieux un film plate? Sur fond d'humour, on nous conscientise sur un phénomène de plus en plus alarmant: la prise de possession de la Terre par les gros entrepreneurs occidentaux!

Heureusement pour nous, la conclusion demeure qu'il n'est jamais trop tard pour faire notre part. Allez hop! Au boulot! Y a une planète à sauver!


Cliquez sur l'image pour visiter le site du film

5 mai 2008

Je suis plein de préjugés

Le titre le dit. Je suis plein de préjugés. La preuve...



Vous les trouvez cute, vous autres, ces deux rouquins de Dieu? Bon, admettons qu'il y en ait pour tous les goûts dans la nature. Une moufette, un béluga ou Nathalie Simard finit toujours par trouver son partenaire (ou son gérant).

Mais ça vous brancherait vraiment de trouver Celui ou Celle que Dieu ait choisi pour vous? Je le sais pas pour vous autres mais, de mon côté, qu'un vieux bonhomme barbu avec un bâton s'amuse à jouer à Réseau Patate dans mes plates-bandes, ça me donne de l'urticaire. Pas sûr que j'aie envie que le corps du Christ dorme à mes côtés. Imaginez la Cène (hé hé).

- Chérie?
- Oui mon agneau (de Dieu)?
- Me semble que ça fait longtemps qu'on s'est fait des bisous?
- Ah non, pas ce soir Jésus, j'ai une auréole de douleur tout le tour de la tête. C'est comme une couronne d'épines.
- Pas encore ce soir? Ça fait deux semaines qu'on s'est pas câlinés. Je te crois pas!
- Crois-moi, crois-moi. Heureux ceux qui croiront sans avoir vu.
- Hey, t'as pas le droit! C'est MON punch line ça... Chérie?
- Hmmm?
- Tu veux mettre tes doigts dans mes trous?
- ...

3 mai 2008

Blogu'Or 2008

Je regarde ceci et ça me fait penser à cela.

Me rappelle le peu de place qu'avait le blogue dans la sphère médiatique il y a quelques années à peine et regarde le chemin parcouru depuis ce temps. Shit, les heures filent de façon exponentielle. Wow!, que je me répète. J'ai fait partie de ça. Puis soudain, vertige... Lorsque j'examine le chemin parcouru, me demande au fond si je n'étais pas caché dans une quelconque grotte tellement j'ai l'impression d'avoir tout manqué. J'ai beau croiser une quantité phénoménale de blogues à toutes les semaines, je garde toujours cette étrange impression de naviguer en surface.

J'avais glissé un mot sur le Gala Blogu'Or 2008 il y a de cela une couple de semaines sur Branchez-vous. Parce que j'aime le concept qui ramène le blogue là où il doit être, dans la cour des blogueurs. Pas les faux blogues médiatiques qui sont contrôlés par des lignes éditoriales et où les commentaires peuvent être censurés au moindre emportement mais les vrais blogues, les carnets résistants, ceux de Monsieur et Madame Tout-le-monde qui font ça à partir de leur salon, de leur chambre ou de leur sous-sol. Comme des partys de ptits jeunes où tout le monde est invité à venir semer la zizanie dans la bonne humeur et où seulement quelques-uns vont vomir dans les bosquets à la fin de la soirée. Vous savez, ce genre de party où y a pas juste les chips qui sont... fournies.



Les nominations pour le Gala sont en ligne depuis ce matin. Et à ma grande surprise, je fais partie du tas. Dans la catégorie Meilleure blogue masculin avec mon blogue personnel et dans la catégorie Meilleur blogue techno avec Blogosphère. Surpris, honnêtement, parce que même après plusieurs années à errer dans les parages, je suis demeuré plutôt low profile. Si je me compare à plusieurs autres blogueurs, je commente peu. En conséquence, les gens commentent peu chez moi. Alors, je n'ai qu'une vague idée de la perception des gens à mon endroit. En fait, la dernière idée que j'avais de la perception des autres était complètement dans le champ. Je ne sais pas qui m'a mis en nomination mais j'apprécie grandement cette marque d'affection. Je l'ai toujours dit et je le répète encore. On écrit pour se faire aimer. Et c'est une belle façon de se faire donner une tape dans le dos pour continuer. Mais pour ne prendre aucune chance, j'ajouterai ceci: Merci Chiiiiirie, t'es fine de m'avoir mis en nomination...

1 mai 2008

J'ai mal à ma nonne



Il était une fois une congrégation appelée la Congrégation des Pets de Soeur. Contrairement aux moines qui trempaient celui-ci dans le fromage, les religieuses de la Congrégation des Pets de Soeur enfarinaient plutôt des petits biscuits (dont la célèbre recette de biscuits Hosanna-Nah) pour remplir leurs coffres et ainsi joindre les deux bouts (on n'a aucune idée à ce moment de l'histoire de quels bouts il s'agit, déduisons-en donc que le narrateur parle des pieds et des mains des nonnes (comme dans l'expression faire des pieds et des mains pour joindre les deux bouts (que l'on pourrait simplifier en disant faire des pieds et des mains pour les joindre mais je pense qu'on s'égare ici (ah oui? Mais dans quelle ville sommes-nous rendus alors?)))).

Un jour, la Mère Supérieure de la Congrégation (la Mère inférieure étant absente et la Mer intérieure étant au cinéma), dans un élan d'avarice (elle en avait plein les cuisses), tenta de subtiliser les recettes annuelles. Et je ne parle pas ici des recettes monétaires mais bien des culinaires, celles des petits biscuits. C'est alors que Soeur Berthe (son nom a été changé pour préserver son anonymat (son identité s'appelait auparavant Berthe LeSieur)) la prit (ou la prie, c'était une soeur pieuse) la main dans le sac (de biscuits). Elle devait avoir un petit creux, pensa-t-elle. Mais Soeur Berthe savait dans son for intérieur (celui de Chambly n'étant plus en service) que le seul creux que la Mère Supérieure possédât se nommait Roger et qu'il était plutôt gros (ou mon Gros Pluto, surnom affectueux qu'elle lui donnait lorsqu'ils étaient en voyage à Walt Disney).

Soeur Berthe exigea sur le champ (elles durent se précipiter illico (dans le sens de tout de suite, pas dans le sens du service numérique de Vidéotron) à l'extérieur de la bâtisse) de la Mère Supérieure qu'elle restitue les recettes. Mère Supérieure qui était sourde avait compris qu'il fallait qu'elle régurgite les recettes et vomi sur le champ les petits biscuits. Une chance, toujours, qu'elles étaient à l'extérieur de l'établissement puisqu'on sait qu'à l'intérieur du couvent, on couve des maladies. Toujours est-il qu'après avoir répété de nouveau (De nouveau, de nouveau, de nouveau, de nouveau, de nouveau (ok on a compris)), Mère Supérieure, de ses airs identiques à elle-même, refusa net d'obtempérer (elle s'était lavée le matin-même). Soeur Berthe l'implora au nom de Jésus, de Marie, de Joseph et surtout de Roger de redonner les recettes à la congrégation. Elle jura (ostie de câlisse de tabarnac) du même coup (c'était la première fois qu'elle la frappait) qu'elle ne divulguerait rien aux autres religieuses et qu'elle apporterait avec elle ce lourd secret dans sa tombe (elle pourrait en conséquence devenir Notre-Dame-de-Lourdes), un secret de toute façon assez fort pour lui mais conçu pour elle.

La condition étant bien sûr que Mère Supérieure rendit les recettes, elle promit de ne révéler à personne le pot-aux-roses (et Dieu sait que les Soeurs raffolent des poteaux roses). Mère Supérieure trouva effrontée la proposition de Soeur Berthe. Comment une soeur inférieure pouvait-elle se permettre d'aboyer des ordres (Wouf Wouf, donne la patte! Gna gna, t'as pas dit Jean dit) à sa Mère Supérieure? Comment pouvait-elle même lui soumettre des conditions?

Mais après trois ou quatre pirouettes, une triple boucle piquée et une roue (au plus haut d'essieu), Mère Supérieure prit sur elle-même (parce que prie sur elle-même, ça lui aurait fait mal) et tendit les recettes à Soeur Berthe. Elle lui demanda toutefois de remplir sa promesse et de ne rien révéler à personne, même si cette condition était drôlement effrontée de la part d'une soeur de deuxième rang.

Le calme se rappropriât l'espace, tout rentra dans l'ordre (religieux) et c'est exactement à ce moment dans l'Histoire que naquit l'expression Imposer une condition cynique à nonne.