
Difficile de se remettre dedans après avoir passé la fin de semaine à brûler le sofa par les deux bouts. C'est fou à quel point on peut devenir larvaire à force de ne rien faire. Malgré un souper familial vendredi et une fête amicale samedi, je pourrais quand même accuser dimanche et lundi d'enlèvement. Alors je nage dans un espèce de formol ce matin, à tenter de remettre mes idées dans le bon ordre, ne sachant pas trop par où commencer.
Je pourrais vous parler de l'histoire de Nancy Michaud, cette mère de famille/attachée politique enlevée et tuée à Rivière (not so) Ouelle mais Pat Lagacé en a glissé
quelques paragraphes qui sont diablement plus efficaces que le moindre des mots que je pourrais enligner en ce lendemain de trois/quatre veilles. Je pourrais vous entretenir aussi du Myanmar et de sa toute dernière tragédie mais je ne pourrais jamais approcher la justesse du
reportage que l'équipe de Moblogic a créé hier. D'ailleurs, saviez-vous que le nom Myanmar, amplement utilisé par les médias d'ici est en réalité le nom donné à ce pays par la junte militaire? Malgré la dictature, les habitants, eux, continuent d'appeler leur pays la Birmanie. Va pour la Birmanie alors.
J'aurais pu aussi faire dans le léger et vous causer de lip dub à la
Chiquita banana ou même d'un mélange
Woody Allen. Mais je n'en ferai rien. Parce que j'ai les idées dans le formol en ce
lundi mardi matin.
Par contre, j'ai envie de vous glisser un petit mot sur le
Manifestes en série d'hier soir. Son titre:
Nourrir le pays. Je ne relaterai pas toute la beauté des images et la justesse du propos derrière ce dernier Manifeste. Je suis vendu,
punto finale. Mais j'ai eu cette réflexion (wow!, on prend une photo?) en constatant qu'on avait, Chiiiiirie et moi, emprunté ce virage de consommation alimentaire réfléchie depuis un bon bout de temps: avoir des principes, ça coûte cher.
L'alimentation conscientisée coûte cher en ce moment parce qu'en plus de subventionner des industries non-équitables et non-biologiques à grands renforts de taxes et d'impôts, ceux qui achètent localement, équitablement et biologiquement paient plus cher leurs aliments que ceux qui paient pour la scrap
made in China en vente au Dollorama. Manger intelligemment, un sport de riche alors? Je ne crois pas puisque les plus riches ne sont pas toujours les plus conscientisés. Mais je ne voudrais pas généraliser.
Par contre, par nos gestes de consommation réfléchie et surtout tant que nos gouvernements ne mettront pas l'épaule à la roue, nous sommes à nous seuls en train d'instaurer un nouveau système de consommation intelligente, un système qui fera un jour baisser les prix pour que certains riches paient encore moins cher pour leurs produits et soient encore plus riches. Chiant? Toujours les mêmes qui paient? Ça arrive souvent, mettons. Mais dans le cas présent, je me couche à chaque soir un peu plus heureux (et un peu plus pauvre) d'avoir contribué à cette métamorphose nécessaire.
Bon mardi!