Je me rappelle d'une autre vie, une vie où je m'enfonçais dans les sables mouvants de la quotidienneté, du vide matériel, une vie où l'espoir mourrait à petit feu depuis des années, depuis des décennies, des siècles, une seconde de trop à la fois.
C'était des années de morosité, des années de grisaille, des années à ne pas savoir qui j'étais, à m'oublier dans l'autre, à avaler l'air simplement parce que l'instinct de survie était plus fort que celui de mort. C'était un temps où la résignation de mon être incombait chacun de mes pas. Pris dans une spirale, sans possibilité de fuite. J'avais choisi la voie d'accotement, une voie de contournement, un trafic à contre-sens de mon essence. Impossibilité d'extirper ma carcasse pourrie de cet amas de ferraille qu'était mon existence. Je m'oxydais le corps à tuer le temps, résigné. Pas de force, pas de courage, surtout pas assez de couilles et malheureusement pas de vision du meilleur à venir. Le néant avant le néant.
Puis, l'Événement extérieur. Bang! Comme le poing sur la gueule qui te fait visiter le plancher. Des flashbacks de souvenirs. Et, enfin, une ouverture, béante, une sortie de secours, un cri déchirant, un maelström d'émotions contradictoires, une naissance. Inspirant. Inspirer. Une atmosphère viciée mais où je pouvais, pour une nouvelle fois, respirer. Un temps nouveau, comme un clic de l'horloge ou un déclic du cerveau.
La mort du paternel. Son grand départ. Mais le mien aussi. Son arrivée au fil de la vie justifiait mon éveil. Je ne voulais pas de ce vide. Je renaissais, incroyablement. La mort de l'autre ouvrait la porte de ma vie.
Y aura toujours une fleur qui poussera entre les immondices de l'existence.
Pour 2009, je vous souhaite un renouveau. À ceux qui aiment la vie, à ceux qui la goûtent jusqu'à la lie, puissiez-vous partager le bonheur que vous avez de respirer. À ceux qui désespèrent à espérer, à ceux dont les nuits s'allongent à ne laisser poindre qu'une pâle lueur de soleil à tous les jours, puissiez-vous trouver votre fleur cachée sous les pourritures qui vous accablent. Elle y est, croyez-moi.
29 décembre 2008
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9 commentaires:
Touchant ce billet et inspirant.
Je crois que ce n'est pas tant ce qui nous arrive qui importe, mais ce que nous décidons d'en faire.
Puisse 2009 être un cru mémorable!
Bonne année!
Vraiment très intéressant comme texte , c'est riche du coeur pleins de courages, ça donne une lecture très stimulante. Bravo!
CdF: Merci. Elle le sera, j'en suis assuré.
Narvik: Merci.
& je te souhaite du nouveau pour 2009. Ouais.
En espérant qu'il y ait de la place pour espresso.
Gracias senor.
Même si c'est une fleur de sel ou une rose des sables... elle vaut la peine d'être trouvée.
Je te voeux un berceau à la grandeur de ta renaissance...rien de moins que le monde!
Linda xxx
Merci, très intéressante réflexion. Me fait réfléchir.
Profond comme texte! Je vais mediter ca sur la plage aujourd'hui ;-))On se voit lundi l'ami! Crois-moi ou non, mais j'ai presque hate!
PS: Y a pas d'accent sur le clavier...
super texte mr Dion!
PetitBlédInde: Yeah! Vive le café!
Linda: Merci et j'espère surtout que les barreaux n'en seront pas trop serrés.
GMAnonymes: Merci à vous.
DomDom: C'est qu'on s'ennuie quand même! Incroyable mais vrai.
L-P: Merci M'sieur L-P.
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