Plusieurs écrivains et auteurs répètent que l'écriture leur est nécessaire pour vivre, qu'elle est exutoire, qu'elle fait du bien, qu'elle leur apporte réconfort, qu'elle fait prendre conscience ou qu'elle exorcise, qu'elle fait sortir
Mais comme je l'ai dit ici à quelques reprises (enfin me semble, j'm'en viens vieux pis j'ai plus de mémoire), l'écriture ne me fait pas un pli sur la poche. Ni celle de devant, ni celle du dessous, ni celle sous l'oeil. Pas de bien, pas de mal, pas de pleurs et de grincements de dents. Écrire ne me fait rien pantoute! Pas une miette. Pourquoi? Je n'en ai aucune idée. Et ça ne devrait pas être le cas, surtout que mon roman parle d'amour, de peine, de haine, de vengeance et de désespoir. Ça me fait sweet fuck all à l'âme d'écrire tout ça. Rien, ziltch, nada, niet. Un beau gros vide joufflu avec des picots roses.
Non c'est pas vrai. Ça me fait plutôt rire un peu. Voilà pourquoi.
Quand vient l'heure d'écrire, je repousse toujours le moment jusqu'à la toute dernière seconde. Tout est une bonne raison pour ne pas m'y mettre. Je fouine sur le Web, je réponds à mes courriels, je vais perdre du temps sur Facebook, je publie un billet pour WebTV Hebdo, je lis les blogues de mes contemporains, je me filme à faire des pitreries devant la caméra et je monte les capsules pour le fun ou j'écris tout bonnement ici. Mais quand tout ça a été fait, quand il n'y a plus de vaisselle, plus de ménage, pas de souper à faire, quand j'ai épluché tous les sites pornos gratuits, alors là, je me relève les manches, j'ouvre mon document Word et je me mets à écrire. Et j'écris sans arrêt, sans respirer, comme une urgence de vivre, comme un caféinomane chez Second Cup, comme une laveuse frontale à spin! Et ça m'apporte rien d'autre que la satisfaction d'avoir mis de beaux mots les uns à la suite des autres.
Vous devez vous demander pourquoi je tiens tant à écrire un roman alors? C'est simple, parce que je veux que votre amour pour moi transcende les âges. Putain de besoin d'amour démesuré non?


13 commentaires:
Besoin d'amour.
De façon démentielle.
C'est ça le petit problème dans ma vie (entre autre).
Vos commentaires m'inspirent. Ça fait réflechir. Mille fois merci.
Y'a beaucoup d'autres manières bien plus faciles que l'écriture pour se faire aimer: tricoter des foulards à ses amis, pelleter leur entrée, dire toujours oui à tout le monde, etc.
Je réagis moi aussi quand j'entends les gens dire qu'ils "doivent" écrire, que c'est plus fort qu'eux, que ça leur manque atrocement quand ils ne le font pas. Mais je réagis aussi quand d'autres disent que c'est atrocement douloureux et que ça les tue... même s'ils continuent.
L'écriture, c'est de l'art, oui, du moins dans certains cas plus que dans d'autres. Mais c'est aussi et surtout du travail. Pis du travail, des fois c'est l'fun, des fois c'est platte et des fois ça ne nous fait pas un pli.
La meilleure raison pour écrire selon moi c'est parce que c'est ce qu'on sait faire de mieux.
Mais bon, chacun a ses raisons et les lecteurs eux, ont d'autres motivations. ;-)
Mais t'es tellement attachant, toi!
En effet... gros besoin d'amour ;) que nous partageons tous d'une façon ou d'une autre.
Pour ma part, c'est un besoin, écrire. Je n'en mourrai pas, mais je ne m'en priverai plus jamais. Communiquer est un acte essentiel, nécessaire à la nature humaine.
Et je terminerai sur cette phrase lue voici quelques jours et qui m'a réconciliée avec le fait d'avoir un blogue : La créativité (sens élargi de créer) n'est pas un mouvement solitaire. C'est là son pouvoir.
Bonne journée !
Moi, j'écris parce que j'aime ça créer des personnages, les voir évoluer, suivre l'histoire comme si ce n'était pas moi qui l'écrivait !
J'écris quand je me sens en forme, sinon, je fais d'autre chose...
Chacun a ses raisons...
Garamond
Petitpois: Réciproquement! Au plaisir!
Martine: Touché! Quel excellent et pertinent commentaire. T'as raison, c'est du travail. Y en a qui travaillent fort et bien, y en a qui botchent la job, y en a qui ont pas d'autre choix que faire ça, y en a pour qui c'est une vocation et y en a finalement pour qui c'est heureusement (ou malheureusement) la seule chose qu'ils savent faire. Merci!
Violaine: Oui, attachez-moi kekun! ;-)
Morgane: Le pire c'est que je connais plein d'auteurs qui ne l'admettent pas qu'écrire, c'est beaucoup pour se faire aimer. Étrange.
Garamond: Mais je parle aussi d'écrire pour un public, pas de faire se dérouler une histoire rien que pour soi.
Martine a raison (elle a très souvent raison), écrire c’est un travail.
Il y a autant de façons d’écrire qu’il y a d’auteurs. Aucune n’est meilleure qu’une autre. C’est le résultat qui compte.
Que certains en fassent quelque chose de mystique me turlupine. Les muses, les personnages qui prennent possession de l’âme de l’auteur, l’inspiration divine... gimme a break! Écrire requiert discipline, efforts et temps. C’est pas plus compliqué que ça.
Isabelle: Je ne parlais pas de façons mais beaucoup plus de raisons de le faire. Et je crois toujours que le besoin d'amour en est un.
Patrick: C'est clair, je ne pense pas assez à l'amour :-)
Étant comédienne, je vois l'écriture comme quelque chose de tangible dans un monde si superficiel. C'est ma raison de prendre la plume... ou de pitonner le clavier. Est-ce pour me faire aimer pour mon cerveau au lieu de mon corps? Peut-être... ;-)
Ah que j'aime ça! j'aime cette facon bien assumé d'écrire OUI J'AI BESOIN D'AMOUR! Beaucoup de gens se le cache à eux même bien souvent, je fais comme toi Patrick, je le cris tout haut ce besoin et tu sais quoi? C'est justement la meilleure facon pour ouvrir la porte de notre coeur et se laisser....aimer! ;-)
Patrick et Isabelle: Vous me faites passer pour une grande sage. J'aime ça! ;-)
Je veux juste préciser que je parlais de l'écriture de roman, de nouvelles ou d'essais. L'écriture du blogue ou du journal intime (publié sur le Web ou non) ou de poèmes qu'on écrit pour soi-même, c'est une autre histoire. Les motivations ne sont pas les mêmes, de toute évidence.
Sur le "plaisir" relié à l'écriture, je vous suggère d'aller entendre un écrivain que j'aime beaucoup, Ian McEwan, interviewé sur le sujet par Charlie Rose:
http://www.charlierose.com/view/clip/9489
Et bien sûr, dans la même série d'entrevues, la déesse d'entre les déesses, Margaret Atwood, sur la difficulté d'écrire:
http://www.charlierose.com/view/clip/9503
Commentaire un peu plus pertinent (j'espère):
J'écris parce que c'est plus intéressant que ce qu'il y a autour. Ça évite d'écouter dans un cours de bio ou de faire un devoir de chimie. J'écris parce que je suis à chaque fois convaincue que ça va me mettre les idées en ordre. C'est toujours le contraire.
J'écris aussi, et ça faut pas le cacher, pour les commentaires que je reçois. Pour les «Tes mots me touchent», pour les «T'as une jolie plume». Ça fait chaud au coeur, qu'on se l'avoue ou non. Ça re-booste un peu sa confiance en soi, même si c'est d'une façon virtuelle et peut-être même un peu artificielle.
Si j'écris pour survivre? Absolument pas.
Si ça me fait mal écrire? Absolument pas.
Si ça fait de moi une artiste-pute, une fausse artiste, une même pas vraie écrivaine tsé? Peut-être.
Mais ce qui est sur, c'est que j'écris comme d'autre griffone. Parce qu'il y a des mots dans ma tête, que je me raconte sans cesse des histoires et que dans le fond, c'est tout simplement naturel.
Voilà, je tenais à le dire :)
Isabelle: Mais nous, on aime les 2! :-P
Diane: Faut pas avoir peur des mots! La plupart des écrivains se le cachent à mon avis.
Martine: Merci encore une fois pour les précisions et pour les liens. De la lecture sur l'écriture. J'aime!
Sandrine: Et oui, ces fameux commentaires. Ce sont des marques d'amour pour l'écrivain de l'instantané qu'est le blogueur. Faut pas s'en cacher. On les aime, on en a besoin. Des tiens, des leurs. Merci.
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