17 décembre 2008

Matelas r'tourner moé!

Je vous contais dernièrement mes mésaventures avec les oreillers. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que j'ai aussi tout plein de péripéties de matelas à raconter.

Ma blonde est chialeuse, mais on s'y fait, c'est dans la nature des blondes, même quand elles sont brunes. Ceci explique peut-être cela, allez savoir. Non non, n'y allez pas, c'est une façon de parler. Ma chialeuse préférée n'aimait pas mon matelas double de vieux garçon, criant scandale qu'il creusait des vallons au centre et qu'elle se sentait toujours débouler dans ma direction. Moi je dis que c'est plutôt l'attraction folle que j'exerce mais bon, c'est pas dans ma nature de m'obstiner, vous me connaissez. Après moults débats, donc, je lui ai donné la permission de changer mon compagnon de fortune et de s'en acheter un à son goût. Moi, gentil petit puppy tout cute, la queue entre les jambes (c'est là que ça va), j'acquiescerais à son choix peu importe celui-ci. Oui je sais, je suis merveilleux, pas besoin de le souligner.

Je dois avouer que son premier choix m'a fait réellement plaisir. Un matelas tellement hi-tech, c'est juste s'il ne volait pas (ah non, c'est le vendeur qui nous a volé, j'oubliais). J'ai vécu dans ce nouveau matelas les plus belles années de sommeil de ma vie. Je m'endormais tôt le soir, pouce en bouche couché sur le dos, mains jointes sur le ventre, comme à l'heure de mon dernier repos, puis me réveillait exactement dans la même position le lendemain matin. Le nirvana du dodo quoi. Sauf que ma jouissance fut de courte durée. La madame, dans toute sa chialerie professionnelle et malgré les milliers de bidous que la chose venait de lui coûter, n'a pas apprécié que notre nouveau nid d'amour, aussi chaud et confortable qu'il pouvait l'être, creusait un moule de nos corps dans la mousse de surface. Résultat, deux formes immobiles imprimées dans la face du matelas. Pas moyen de se balancer dans le mou ou de changer de place, nous étions prisonniers de nos cocons. Moi, j'ai plutôt aimé. C'est tranquille un cocon quand ta blonde dort à 4 pieds de distance. Mais elle a plutôt réagi négativement. Oui je sais, vous vous dites vous aussi qu'elle est chialeuse... En tout cas...

Résultat donc, retour du matelas chez le distributeur qui, heureusement, devait honorer une garantie d'échange-satisfaction d'une période de 3 mois. Exit la mousse de polyuréthane, welcome la mousse de latex. On a changé quatre trente sous pour deux piastres. Ça coûte cher les échanges dans le monde du dodo. L'avantage du latex est qu'il n'a pas de mémoire. Exactement comme moi. Sauf que lui n'a pas la mémoire des corps alors que moi, si. C'est la mémoire du reste que je n'ai pas et c'est l'histoire de ma vie. Mais c'est pas de ça qu'on parle.

Le problème avec le nouveau matelas, c'est qu'on dort mauditement plus mal qu'avec le précédent. Au bout de trois semaines, on avait même envie de retourner la marchandise une fois de plus au vendeur. Sauf que quand t'es rendu à ton deuxième matelas à retourner, c'est un peu plus gênant. Ni elle ni moi n'osons faire le move, de peur de passer pour deux girouettes (ou plutôt deux hibous) qui font la grève du sommeil. Alors on chiale, dans le vide, pour le fun et pour que ça fasse du bien. Voici d'ailleurs la retranscription de notre toute dernière discussion sur l'oreiller à ce sujet.

Elle: Ahhhh! Je suis tannée de pas dormir. Je suis tannée de me réveiller toute la nuit, toute croche, inconfortable. Je suis tannée d'avoir mal partout quand je me réveille.
Moi: Ben arrête de chialer pis va le reporter le maudit matelas.
Elle: Non, j'ose pas. Je me suis quand même attaché à lui depuis le temps. Je l'aime maintenant.
Moi: Tu le détestes assez pour ne pas vouloir le garder mais tu l'aimes trop pour t'en défaire? Désolé de te dire ça ma vieille, mais t'as carrément le syndrôme de la femme battue avec ton matelas.
Elle: T'es con!
Moi: Ben oui!

Faut avouer qu'on est cute tout de même...

5 commentaires:

Anonyme a dit…

En tous les cas: change pas de blonde, elles sont toutes pareilles ! je le sais, j'en ai passé quatorze en douze ans.
Avez-vous pensé à revirer le matelas de bord ? à y mettre un plywood en-dessous ? à prendre des somnifères, à vous saouler la gueule tous les soirs ?
Il doit y avoir une solution... Tiens ! mettez le feu dedans !

Garamond

petitpois a dit…

Haha
Belle p'tite tranche de vie.
& je sais pas si c'est parce que j'suis encore une jeunesse (hé hé!) mais je pourrais dormir sur des briques que je ne verrais pas la différence
Ah la vie :)

Marie-Julie a dit…

Maudit que ça fait de bons billets quand on a le temps de penser à de délicieuses futilités (pas si futiles que ça: c'est TRÈS important d'entretenir une bonne relation avec son matelas)! Merci pour la pause! Je retourne travailler... bien calé sur mon matelas hyper-confo! lol

Patrick Dion a dit…

Garamond: La question est: Doit-on sortir du lit avant de mettre le feu?

PetiteBaveuse: ;-) Je disais exactement la même chose avant de changer de matelas. Comme si tous mes rêves s'étaient effondrés avec l'entrée de cette saloperie de bestiole dans ma maison!

MJ: En fait, c'est TRÈS important d'entretenir de bonnes relations avec ce qui se trouve SUR ton matelas. De toute façon, j'ai le droit d'être futile. Je suis le meilleur exemple de futilité. Et j'adore ça! ;-)

petitpois a dit…

Petite baveuse?!
Moi?!?
Pfff...
N'importe quoi...
Hahah :)