11 novembre 2008

Jour du souvenir

Il en a coulé de l'eau sous les ponts depuis la Première Grande Guerre. En fait, ces mêmes ponts ont dû être rebâtis quelques fois depuis toutes ces années. Et y a pas que les ponts qui ont été rafistolés, notre société aussi l'a été.

Autrefois, au temps de la pensée unique, quand la religion et le gouvernement décidaient pour le bon peuple, le troupeau suivait, sage, sans trop se poser de questions. On se levait tôt, on faisait notre prière à l'aube, on trayait les vaches, on allait aux champs, on rentrait au crépuscule, on récitait le bénédicité à table, on mangeait une plottée en famille et on allait se coucher, (quasi) heureux. De toute façon, ça importait peu qu'on le soit un non. C'est le bonheur du village et de la société qui importaient. Les lendemains étaient identiques, les jours se suivaient et se ressemblaient. On était envoyé sur Terre par Dieu pour procréer, pour élever sa famille et devenir un bon chrétien. Fallait gagner son ciel à la sueur de son front et de ses actions.

Quand les pays occidentaux se faisaient la guerre, les gouvernements nous envoyaient au front pour protégér la liberté des autres. On tuait parce qu'on nous le demandait, sans toujours comprendre les stratégies derrière la guerre. Dans certains pays encore barbares, ça na pas beaucoup changé. On se bat encore contre des démons qu'on ne connaît pas. On n'a pas à regarder plus loin que le bout de notre sud.

Le jour du souvenir ne représente pas grand chose pour moi. Je sais que les hommes se sont fait la guerre, je comprends qu'il faille se rappeler pour ne pas oublier les atrocités et la haine, je pige que les anciens combattants n'ont pas voulu donner leur vie en vain. Mais dans le monde individualiste dans lequel on vit aujourd'hui, dans ce pays qui joue à se regarder le nombril, y a plus personne qui est prêt à se sacrifier pour son pays. Moi le premier. Si jamais on venait à attaquer ma liberté, je fuirais, j'irais ailleurs, j'apprendrais l'espagnol, le chinois ou l'arabe et je me ferais une nouvelle vie dans une autre contrée. Peureux? Assurément. De toute façon, la Terre est mon pays et tous les hommes sont mes frères. À mon avis, il n'y a rien de plus précieux que la vie, pas même la liberté. Mais c'est toujours plus facile à dire quand on est libre, non?

3 commentaires:

Galad a dit…

C'est exactement la pensée que j'ai eu en me réveillant ce matin.

Tu vois, Pat, c'est pour ça que je n'ai plus besoin d'écrire. Vous le faites (et tellement bien) à ma place!

Bise xx

Patrick Dion a dit…

Merci Didi. Mais je m'ennuie de tes écrits moi!

mandoline a dit…

Chapeau! Superbe billet! xx