15 avril 2008

De la fumée (au) secondaire

Ça va faire un an et demi que j'ai arrêté de fumer. Et ça se passe presque toujours bien. Je dis presque parce que le plus dur, pour un vrai fumeur, celui qui aime ça jusqu'au trognon du botch, celui qui la dévore jusqu'à la toute dernière bouffée, celui qui l'aime et l'adore... excusez, je m'emporte. Le plus dur donc, c'est quand le vrai fumeur qui n'en est plus un croise des banalités quotidiennes qui lui font penser à la cigarette et au plaisir que ça lui procurait. Des publicités des fabricants de tabac, des scènes de film où un acteur en grille une (et Dieu sait que la cigarette n'a jamais été aussi omniprésente à l'écran), les gens que l'on croise dans la rue et même les annonces pour nous aider à arrêter de fumer sont tous autant des obstacles qui rendent notre quotidien d'ex-fumeur un peu plus pénible à surmonter. Ça ne dure jamais longtemps, qu'une fraction de minute. La pensée d'en griller une s'envole par la suite en fumée. N'empêche que les secondes s'égrainent souvent trop lentement à défendre son territoire inconscient.

J'attendais au terminus de Longueuil hier matin. Habitué que je suis à travailler de chez moi, je ne connais pas vraiment les horaires d'autobus et de métro du merveilleux bourg de Champlain. Résultat, j'arrive un peu trop tôt et mon lift n'y sera pas avant une quinzaine de minutes. Au milieu d'avril il fait encore un peu froid le matin. Je décide donc de patienter à l'intérieur du terminus. Je me plante à la fenêtre du quai B. Enfin je crois que c'est le quai B, j'en suis pas sûr, en banlieue, les quais se suivent et ne se ressemblent pas. Peu importe, je m'accote à la vitrine, Karkwa dans les oreilles, et enligne le pont Jacques Cartier qui fait de l'à-plat-ventrisme devant le centre-ville de Montréal. Je verrai mon chauffeur arriver de loin, sa voiture étant encore la seule au Québec à être affublée de son rack à ski. Oui, je crois que tu peux l'enlever maintenant Mister...

Immobile dans les rayons du soleil, je regarde défiler tous ces kids de 13, 14 ou 15 ans, clope au bec, s'étouffant sur des bouffées à répétition, question de bien sucer leur asphalte en bâton jusqu'à la fin. Et je me dis que le nombre de fumeurs entre 12 et 18 ans a réellement dramatiquement augmenté depuis quelques années. Les jeunes fument de plus en plus alors que les adultes fument de moins en moins. Réaction à l'autorité? Envie de faire le contraire de ce qui leur est enseigné? Envie de rébellion, d'être trendy et cool? Sais pas. La seule chose que je sais, c'est que lorsque je croise un kid avec la sucette nicotinique aux lèvres, je vis un calvaire momentané à vouloir la leur arracher des lèvres et me l'enfourner entre les miennes.

Si une nouvelle loi interdit la publicité du tabac sous n'importe quelle forme, si les producteurs cinématographiques doivent composer avec de nouvelles lois de placements de produits, s'il sera interdit d'afficher à la vue de tous les cigarettes et autres cigares au dépanneur du coin à partir du 1er mai, pourquoi ne pas prendre de chances et supprimer tous les kids âgés entre 12 et 18 ans, question que je ne succombe pas à la tentation? Ben nonnnnn, je rigole! Je ne remplacerais mon fils pour rien au monde. Sauf peut-être un carton d'Export'A Medium...

3 commentaires:

Renart L'éveillé a dit…

Il y a une bonne chose avec ce billet, c'est que je me rends compte que mon addiction à la nicotine, surtout psychologique, est beaucoup plus loin derrière, malgré le fait que ça ne fait pas encore un an et demi que j'ai arrêté. Et je ne veux surtout pas être baveux... hin hin!

Patrick Dion a dit…

Ça me dit que je devrais rester enfermé plus souvent! ;-)

petitefille a dit…

Ah, je trouve ça rough aussi. J'ai pas fumé longtemps, mais DIEU QUE J'AIME ÇA! Mes amis cooool fument des cigares. Pu capable, moi. J'adore le goût des cigarettes, tirer une bonne bouffée de cancer gazeux... Voir quelqu'un en griller une, en attendant l'autobus, me rappelle à quel point c'était MON moment de la journée avec mon clou de cercueil, beat trop fort dans les oreilles, décrochage du stress et de l'école. Une chance que j'ai pas l'âge de m'en acheter! Me reste encore 2 mois pour me débarasser de cette envie viscérale de m'allumer une top.