4 décembre 2005

À l'aveuglette

Nous sommes en 2005 après Jésus-Christ. Nous croisons Pat Dion qui a eu la chance de réaliser tous ses fantasmes. Tous ? Non ! Un fantasme peuplé d'irréductibles pensées résiste encore et toujours au réaliseur. Et la vie n'est pas facile pour les images d'orgies romaines des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petitbonum... Oups, je m’égare là...

J'ai eu la chance, contrairement à la plupart des gens que je connaisse, de réaliser presque tous mes fantasmes. Et je dis bien presque. Il y en a un que je n'ai jamais réalisé. Un tout petit fantasme tout simple et tout bête. Vraiment rien d'extravagant: pas de jambes en l’air à ne plus compter, pas de déguisements tous plus inimaginables les uns que les autres, pas de lieux totalement féeriques, pas de cuir, de latex ou de gros bourreau poilu. Non, rien de ça. La quasi-platitude totale quoi. Mon fantasme presque ronflant est de baiser avec une inconnue rencontrée au détour d'un hasard quelconque sans qu'aucun mot ne soit échangé. Pas un "Chuttt", pas un "Ah ouiiii", pas un "Chez toi ou chez moi ?". Rien du tout. Nada ! Le silence en guise de pré-préliminaires… Bon où est-ce qu'il s'en va avec ça vous demandez-vous ? Là où je veux en venir (ah non tu viens pas déjà ?), c’est que ce fantasme-là ne se réalisera assurément jamais. Pourquoi ? Simplement parce que je suis parfois myope-pop-pop, comme une taupe-taupe-taupe ! Je ne vois rien du tout ! Un aveugle dans un champ de braille. Même les invitations zéro subtiles me passent sous le nez à vitesse grand V ! La preuve: Vous auriez beau me mettre une immense bannière sous les yeux que je ne serais même pas capable de la déchiffrer ! Comment alors décoder un regard si je ne suis même pas foutu de décoder ceci :

- Tu veux venir prendre un café pour terminer la soirée ?
- Euhhhhh… (ajouter ici l’image du doigt dans le nez)

Bon ok, j’exagère un peu. Mais si peu. J’ai parfois l’impression que j’ai vraiment un bandeau autour des yeux. Et croyez-moi, je ne m’en sers pas du tout pour un trip BDSM.

17 commentaires:

Patrick Brisebois a dit...

.

Mamathilde a dit...

Ouais... Me semble t'avoir vu faire quelque chose du genre quand tu t'imitais toi-même hier. C'était une prémonition?

*La Souris* a dit...

Quoi, tu veux dire que depuis que tu as annoncé ça vendredi soir, tu l'as pas encore réalisé? Shame on you!!!

Linda a dit...

Ton fantasme est toujours possible faut seulement éviter les femmes souffrant de presbytie.

Anonyme a dit...

Moi ça m'est arrivée l'hiver dernier, dans une file au Mc Do, j'étais pompette, le gars derrière moi itou je pense. On a bouffé ensemble et puis je suis allée chez lui après...mais peut-être que ça ne compte pas, car entre deux bouchées de hamburger, on s'est échangé quelques mots, quand même...Ce genre de truc arrive juste aux gays de toute façon...mais c'est très sain de fantasmer, c'est mieux que de bouffer du Mc Do!

L'autre Catherine a dit...

S'approcher "sans se parler"?!
Avec une meuf?

Pendant, je dis pas.
Mais avant? J'ai de fort doutes quant à la réussite de l'entreprise.

Une fille c'est une fille et un mec, un mec. Scientifiquement démontré.

Z'ainsi, une nana cela veut minimalement s'exprimer. T'as pas le choix, tu vas devoir lui laisser vendre sa salade avant de procéder au culbutage.

Donc.
1. Ou tu modifie/altère ton fantasme en y ajoutant du son.
2.Tu accepte - Au moyen d'une psychothérapie - que jamais tu ne vivra celui-ci.

Pas la psychothérapie. Ton fantasme à mute.

L'autre Cath

p.s. Mais c'est vrai que tu es myope.
p.p.s. Pourquoi je dis ça? juste pour m'amuser.

Patrick Dion a dit...

Pat B.: C'est ton point G ça ?

Linda: J'connais pas de curé alors assurément aucune femme qui vient d'un presbytère.

L'autre Cath: Le culbutage c'est pour la fille ? Pour le gars, c'est le cycle du rincage ? Mais j'ai pas de problème à y ajouter du son. J'peux y mettre du son d'avoine, du son de blé et même du vrai son de ti-zoiseaux cui-cui !

Anonyme a dit...

Attention Patrick! Ne joue pas à la céréale!

Céréale Killer

swan_pr a dit...

ça pourrait se passer dans une librairie, aux allées très étroites. voilà pour le silence. vous êtes dans le même rayon, voilà pour les points en commun. rien à dire. tout à faire.

Josée-Martyne a dit...

...et en mots, le fantasme, il fonctionne, dis ? Viens... je te prends par la main...

L’attrait. Le désir. L’envie. La folie. Le jeu.
La fièvre. Courir après l’ombre de la jouissance.
L’attraper et s’en délecter. Comme on mange le fruit mûr !
Il était mûr. J’étais affamée.
Une rencontre comme il s’en fait peu. Sans mots.
Tout dans le regard, l’accord par les yeux.
Je m’avançais vers l’endroit où il était attablé.
Je l’ai aussitôt remarqué. Le démon tentateur.
Tout, des manières jusqu’au trait négligé avec lequel il vidait son verre.
Tout était confondu, connoté dans le moindre détail, tout se rapportait à moi.
J’étais le verre, j’étais l’air, le feu, l’eau, j’étais subjuguée par l’allure.
Apex. Le mot en lui-même. La douceur de ce qu’il évoque. L’orgie de sens qu’il déclenchait en moi. Les mots, dans un contexte semblable, sont malvenus.
J’ai croisé son regard, compris l’affirmation qui s’y dissimulait.
Lorsqu’il a réglé l’addition, je l’ai simplement pris par la main. Mes pas n’en étaient plus, je transpirais l’aisance, la confiance de celle qui a gagné avant même d’engager le combat. Je le savais à moi. Je savourais mon calme flegmatique.
Le noir, total. Ne plus se souvenir ni du pourquoi ni du comment.
Un lit, simplement. Une chambre. Petite. Proche. Lui, moi. L’équation résolue.
Il souriait quand je lui ai pris la main pour qu’il me dénude. Lentement. Comme s’il déshabillait une fleur fraîchement coupée, comme s’il devait porter attention au moindre mouvement, le graver, le garder en lui, poursuivre le stigmate de cette rencontre. Ses longs doigts fins m’effleuraient involontairement et pourtant, les frissons qui s’éveillaient sur ma peau étaient si pesés, si présents, si désirés qu’ils n’étaient autres que le fruit de son ardeur à me faire languir. J’étais là, nue, au beau milieu d’une pièce sombre, un inconnu me scrutant, détaillant les moindres courbes de mon corps, se délectant de cette gêne nouvelle qui naissait sur mes joues. Le rappel d’une entente tacite entre l’inconnu et moi : le silence. Ne pas briser le silence. Agir. Cesser d’être pétrifiée, sortir de ma peau, sortir de mon être, exacerber mon désir. Poursuivre la folie comme elle m’a poursuivie. Renaître dans les sillages du silence. Laisser aller mes appréhensions. Aller jusqu’au bout de l’idéal.
D’un regard, d’un seul regard, j’ai compris. J’ai entendu. Je me suis agenouillée devant lui docilement, mendiant presque le plaisir de découvrir sa chair gonflée, suppliant silencieusement la permission d’acheminer son sexe en moi, caressant des yeux sa forme naissante, l’ampleur de son renflement dans des pantalons devenus soudainement trop étroits. D’un coup de main pratiquement invisible, il se déshabilla devant moi, ne me quittant du regard que le temps de passer son chandail. La déliquescence de mes sens pudiques était à son apogée, comblée par l’odeur de son sexe érigé devant moi, prêt à être totalement absorbé par ma gorge assoiffée. Et juste au moment où je m’élançais vers lui, au moment même où mes lèvres touchaient le désir, il me retint doucement, une main solidement plaquée au front. Nos regards, encore. La soif de ma part, l’amusement de la sienne. Il se dandinait devant moi, paradait son sexe sans scrupule devant mon visage rougi, frôlait sciemment mes joues, mon front, mon nez, dirigeait son gland sur ma langue pendante puis se retirait, revenait rapidement se perdre dans mes cheveux, tournait autour de moi comme un vautour autour de sa proie, prenant un soin méticuleux de ne jamais trop corrompre son sexe incroyablement gonflé avec ma bouche offerte, frémissante. Puis soudainement plus rien. Seul son corps devant le mien. Et le silence. L’une des dernières choses que j’ai aperçu : son sourire, si démoniaque, si doux…et ses yeux. Déterminés. Pervers. Puis sa démarche décidée quand il s’est dirigé vers le lit, prenant une taie, enlevant l’oreiller rapidement, presque brutalement, roulant le tissus sur lui-même. Puis l’odeur de la force, l’odeur de l’inconnu, de la peur confiante. Lorsqu’il enveloppa ma tête de son bandeau improvisé, il a prononcé un des seuls mots que je n’ai jamais entendu de sa bouche. Un seul mot et j’étais transie, abandonnée, confiante, soumise. Un mot sorti tout droit d’une bouche magnifique, à la voix d’or, chaude, masculine. « Aies confiance. » Puis le noir total. Plus rien. Que des sens.

Patrick Dion a dit...

Swan: Le problème avec la librairie, c'est que c'est ouvert en plein jour et qu'y a habituellement plein de monde. C'était pas un fantasme d'exhibitionniste que j'avais ! ;-)

Intellextuelle: Un simple lien, ça te tentait pas ? :-P

swan_pr a dit...

*soupir* c'est peut-être la propiétaire, peut-être qu'a peut fermer pour qq minutes? c'est peut-être une librairie francophone sur Des Sources, pas trop de monde tsé?

Josée-Martyne a dit...

Je comprends maintenant pourquoi il ne s'est jamais réalisé ton fantasme : tu parles tout le temps.
;-)
À partir de maintenant, quand je voudrai donner ce texte à quelqu'un qui le MÉRITE, je vais le mener, en rétroLIEN, jusqu'ici.
Nananananana.

Annie-Sandra a dit...

Tu as déjà essayé avec une fille qui parle une langue que tu ne parle pas du tout?

Patrick Dion a dit...

Non... Tu parles en quoi toi déjà ? :-P

Mais ça se peut que t'aies entendu parler de ça la fin de semaine passée parce que le barman sosie l'a déjà fait lui.

Pascale a dit...

Celles qui ne parlent qu'une seule langue à Montréal et que ce n'est ni le français, ni l'anglais, ni l'espagnol (Pat est polyglotte, c'est embêtant), il y en a sûrement oui...mais de plus de 50 ans (Pat préfère les jeunes, c'est embêtant).
Faudra que tu sortes du pays je pense (Pat est chômeur maintenant, c'est embêtant), mais au Maroc (c'est ta prochaine destination, non?), fais attention quand même...tu pourrais être forcé de te marier après...:-p

Rick a dit...

Je pense que c'est possible ton fantasme... faudrait seulement rencontrer une muette...

Parce que je vais dire comme l'autre Catherine :
''S'approcher "sans se parler"?!
Avec une meuf? ''

I-R-R-É-A-L-I-S-A-B-L-E