7 juillet 2004

Le nez rouge

Je vis dans l'extrême. Toujours. Soit que je me retienne à deux mains (la laisse autour du cou, des menottes aux poignets, enfermé dans un cachot à double tour, la clé de la serrure jetée au loin), soit que je me lance tête baissée (yeux fermés, bouche bée, un pied mariton) comme un fou, un imbécile heureux, oubliant tout autour de moi (mes craintes, mes envies, mes peurs, la Terre qui tourne, les toasts dans le grille-pain). J'en mets à profusion, j'en beurre épais (c'est pour aller avec les toasts j'imagine). Puis tout d'un coup, Hop !, je reviens à la vie. Je ressuscite du cerveau. J'allume de la chambre à neurones pis là j'me sens deux fois plus craintif. J'suis comme ça en amour, au travail, au repos et dans les loisirs. C'est donc pas de la planète Mars que je viens mais de la barre du même nom.

En ce moment, j'ai l'impression que j'en fais trop. Et que ça va m'exploser au visage. Je n'ai qu'une envie dans ces moments-là. C'est de foutre les brakes. Mais étant donné que je suis un extrémiste de la pire espèce, je ne fais pas qu'accoter mon pied sur la pédale des freins ! Non non monsieur madame les ptits chiens les ptits zoiseaux ! Je crisse la pédale au plancher. Pis qu'est-ce qui arrive quand on fout subitement les brakes au fond ? Ben on s'pète le nez sur le winshine... sur le winshire... sur le winshune... sur le dash ! Alors si vous me voyez arriver avec un nez rouge d'ici une couple de jours, c'est pas parce que je teste mon imitation de Bozo le clown (ou de Jacques Parizeau).

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